‹ Traite d'anatomie generale appliquee a la medicineChapitre 10 sur 101 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

tats d'une fixité constante et facile à prévoir qu on en connaît la loi. Il n'y a donc rien en physiologie et même pathologie qui ne s'enchaîne logiquement. Cependant, faute d'unjiucàtion scientifique préliminaire., que de fois nous nous laisso^éduire par l'art avec lequel certaines questions médicales sont pritées plutôt que par des démonstrations précises et par le simple ticé delà vérité.

L'anatomie générale emprunte les procédés dalysc de l'analomie descriptive, de l'observation médicale, de nbryogénie, de la physiologie, etc. Lorsque, suivant une seule direm, elle ne peut atteindre son but qui est essentiellement de déterm^r la nature intime et les propriétés des parties constituantes des-gétaux et des animaux, ces moyens multiples, dont elle use, lui perntent d'arriver au même résultat par des chemins détournés. En se phnt sous différents points de vue, elle établit un certain nombre de pports, véritables équations qui lui donnent la solution des probnes.

Nous verrons en effet à chaque instant de quels îours seront pour nous l'anatomie comparée, l'embryogénie et ime la pathologie, si souvent invoquée par Bichat, pour déterminer s caractères des éléments et des tissus ; mais l'organisme humain esnolre véritable objectif; c'est lui qu'à tous les points de vue il est ^portant de bien connaître, car sa description sera toujours le poii de départ de toute étude anatomique.

J'ai voulu résumer pour le médecin ce qu'il doit saoir d'une science qui représente la partie la plus élevée de ses coniissances. Elle doit lui servir de guide non-seulement dans Étude de l'anatomie et de la pathologie, mais encore dans la praliae médicale. Quand les leçons de l'école seront loin de lui, que Is détails sans nombre qu'il faut apprendre s'effaceront de son esprit,ît même quand il se trouvera face à face avec l'imprévu, alors l'aiatoraie générale, qu'on n'oublie pas quand on en a saisi une fois la néthode, inspirera ses résolutions çt guidera sa conduite. Elle représ'.nte en effet une sorte de philosophie de la médecine trouvant partent son application.

XIV PRÉFACK.

J'ai cherché à étAssi bref et aussi clair que possible, adoptant une forme telle qur^vre pût être lu par tous les étudiants. Or, ce n'est pas en comj^nt des auteurs que j'aurais pu espérer obtenir ce résultat, mais pies recherches personnelles dont on retrouvera la trace dans chacdes chapitres.

Les doctrines rîcales sont nécessairement dominées par l'anatomie générale, ^el qui croit pouvoir se passer de cette science, à la première difilté va aussitôt lui demander conseil. Il importe donc que les failli servent à l'établir soient sévèrement contrôlés. Aussi n'ai-je pa^int de discuter quelquefois jusqu'aux opinions des auteurs quW le plus d'autorité et que j'honore le plus. Là où j'ai cru trouvei^rreur, je l'ai attaquée sans restriction ; mais, dans ces discussionji^ives peut-être, que le lecteur ne se méprenne pas et ne voie pas au^ chose que le désir ardent d'arriver à la vérité. J'ai toujours été ippé par les conséquences funestes qu'avaient sur la pratique morale elle-même des théories fausses, perpétuées par la tradition e^nracinées par la routine. Alors que le médecin hésite devant Tincipu, souvent il trouve dans ces sortes de croyances des explications.ciles qui le dispensent d'une observation rigoureuse. Que de victics certaines théories n'ont-elles pas à se reprocher ! Aussi en paille matière la discussion libre est plus qu'un droit : elle s'impose, fsi ce livre renferme quelques opinions qui m'appartiennent, en h livrant à la publicité je me soumets d'avance à toute la rigueur dia critique.

Au poii de vue médical, les divisions de Bichat ont une importance majure ; néanmoins ces divisions, qui forment la base môme de l'anatomi générale, ont été complètement délaissées par les auteurs d'anatonîe et par les médecins. On leur a préféré des subtilités histologiques Cependant un professeur éminent, seul de l'école française, Ch. RoHn, n'a cessé de protester contre Tengouement de nos compatriotes :iui les poussait à accepter des travaux puériles et éphémères à côté des œuvres de ces autetirs allemands qui ont élevé l'histologie A un a haut degré de perfection. Il a montré dans ses diverses publicatiois, dans ses leçons â la Faculté de médecine de Paris, que les

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méthodes de l'anatomie générale n'avaient point changé depuis sa fondation. L'histologie ne fait que couronner une œuvre immense et solidement assise.

Malgré l'appui de son autorité et le soin que j'ai eu de tout contrôler par l'observation directe, ce n'est pas sans appréhension que j'entreprends une tâche élevée et pleine d'obstacles. Si j'ose l'aborder, c'est que dans les livres écrits sur la même matière je trouve une philosophie différente de celle qui m'a toujours dirigé. En les lisant j'ai rencontré bien des lacunes et quelquefois des erreurs. J'ai cherché à combler les premières, à corriger les secondes, et le résultat que je crois avoir^obtenu me donne un peu de confiance. Mais j'en trouve surtout dans cette idée que les sciences que nous étudions ont, comme les autres, des vérités absolues et des démonstrations qui ne changent pas suivant le caprice du jour. Je puis -dire aussi qu'en dehors des preuves directes, les années que j'ai passées à observer les malades n'ont fait qu'affermir mes convictions. J'ai pu voir par cette expérience quels services m'ont rendus ceux qui m'ont guidé au début de ma carrière médicale, et ont placé entre mes mains de si puissants moyens de recherche. C'est au professeur Robin et à son regretté disciple Gh. Legros que je m'adresse, et je leur dédie ce livre comme un témoignage de ma reconnaissance.

Cet ouvrage est divisé en deux parties : la première comprend les éléments analomiqucs, la seconde les tissus. Je n'ai pas à parler des liquides de l'organisme, pour lesquels je renvoie aux Leçons sur les humeurs (Ch. Robin, Paris, 1871). Ayant à donner le développement de chaque tissu et de chaque élément, j'ai cru devoir placer dans un des premiers chapitres un exposé rapid.e des phénomènes généraux de la formation embryonnaire. Le lecteur pourra, à propos de chaque cas particulier, se reporter à cette description.

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