XII PRÉFACE
et s'élevant jusqu'à sa théorie matérialiste de la vie, laissa, comme traces de ses efforts dans toutes les branches des sciences médicales, des œuvres considérables : comme les Recherches sur la vie et la mort^ Y Anatomie générale y TA wafom te desmphve; ce qui prouve bien que pour atteindre ces vastes conceptions, et surtout pour leur donner un point d'appui et les faire vivre, il faut joindre à la puissance de l'imagination la foi'ce du raisonnement, la rigueur dans la méthode, et cette étonnante facilité à surmonter tous les obstacles que possède seul le génie.
Les sciences biologiques ont donc elles aussi des sortes de formules, qui, souvent établies à priori comme de simples hypothèses, se trouvent ensuite vérifiées par l'ensemble des observations et peuvent alors ouvrir une voie nouvelle de découvertes. Les autres ne procèdent pas autrement; seulement la simplicité des phénomènes dont elles traitent est compatible avec des démonstrations rigoureuses. Mais dans l'étude de la vie, s'il faut dès les premiers pas laisser le raisonnement précis des mathématiques, on doit reconnaître avec A. Comte que c'est seulement la faiblesse de notre intelligence qui nous y oblige. « L'univers, disait de Blainville, ne présente sous le rapport statique que des phénomènes géométriques et sous le rapport dynamique que des phénomènes mécaniques. »
La vie ne crée pas des éléments nouveaux ni des forces différentes, elle ne fait que modifier des mouvements. Il ne peut donc y avoir deux méthodes générales dans les sciences, pas plus qu'il n'y a deux matières, les unes ne consistant que dans la simple accumulation des fails, les autres dans le raisonnement (1).
Si les manifestations de la vie varient à l'infini, et si par cela même le nombre des faits qu'il faut connaître est illimité, néanmoins dans cet ordre de phénomènes les mêmes causes amènent des résul-
(1) Ceux qui font consister la science dans la simple observation des faits n*ont qu*à
considérer avec quelque attention rastrononiie pour sentir combien leur pensée est étroite
et superflcielle.
(A. Comte, p. 18, t. II.)