‹ Traite d'anatomie generale appliquee a la medicineChapitre 52 sur 101 · ÉLÉMENTS MUSCULAIRES STRIÉS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS MUSCULAIRES STRIÉS

Les éléments musculaires de la vie animale sont représentés par des cylindres auxquels on donne le nom de faisceaux striés (1). Ceux-ci, en effet, sont décomposables en fibrilles très-fines, de sorte que Ton peut considérer la fibrille comme le véritable clément musculaire.

Fibrilles striées. — Les fibrilles striées ont une largeur de 0""" ,001. Leur forme est celle d'un prisme à base carrée. Leur longueur est difficile à déterminer ; en tous cas, elle ne peut excéder celle du faisceau pri-

(1) Lenuvenhoeck a décrit, en 1677 et 1722, les faisceaux striés et le myolommc. Foniana, en 1787, a décrit les fibrilles. Le nom de faisceau strié a été donné par Srhwann en 1838 (Ch. Robin).

Il*

212 TnAiTÊ d'anatomik générale.

milif, qui est au maximum de A cenlimèlres, d'après Kolliker et Krause. La couleur de ces fibres vues par lumière transmise est grisàti*e avec des stries régulièrement espacées de teinte plus foncée. Les parties claires sont généralement plus longues que les autres; dans certaines conditions on observe le contraire. Lorsque ces libres se brisent, la séparation se fait au plan de jonction des parties de colorations diiïérentes.

Cariictères chimiques. — L'eau froide gonfle les fibrilles et les rend plus transparentes ; Teau bouillante les durcit, les rend cassantes et fait distinguer plus nettement les parties claires des parties foncées.

L*acide acétique les gonfle et finit par les dissoudre. Les parties foncées sont plus difficilement attaquables que les autres (Ch. Robin).

L'élément musculaire est composé d'une substance coagulable, la myosine, unie à une matière colorante identique à rhémoglobine ou matière colorante du sang, et qui donne les mêmes l'aies sur le spectre.

La myosine abandonnée à elle-même se coagule spontanément de cinq à six heures î^près la mort, époque à laquelle commence à se produire la , rigidité cadavérique. Ce phénomène est donc dû h la coagulation de la myosine. Son apparition coïncide avec le moment où le muscle devient acide; mais c'est là une simple coïncidence, le muscle chaulTé à 40 ou 50 degrés devient rigide sans être acide (voy. Faisceaux striés).

ribrille» de» insecte». — Sur les insectes on a décrit, dans ces der<

nières années, une structure plus compliquée. Nous l'avons retrouvée sur les batraciens et même sur les chiens, mais à Télat frais seulement. Tout porte à croire par conséquent que ces dispositions sont générales.

La raie claire est partagée en deux par une bande foncée, très-étroile (disque mince), Lvl raie foncée, trèslarge, est de son côté divisée par une bande demi-transparente. Ces fibrilles ne sont pas cylindriques comme celles des vertébrés; au niveau des disques larges elles sont plus épaisses, et rétrécies par contre sur le disque mince.

Fic.l 17.— Fibrilles Merkcl a voulu voir dans Tintervallc de deux disques du dytique. miuces uu segment miisculaircy représentant alors une individualité anatomique, et dans le disque mince une cloison de séparation. Pour lui et aussi pour Ranvier la substance contractile serait la partie obscure, et la partie claire serait liquide. Or, rien ne prouve qu'il y ait \h un liquide. Jamais on ne Ta vu se dis-

ÉI.ÉirEMS «rscnHIItES, — FAISrEAI'X STTIIÊS.

poser en gouLle, et jamais on n'a déiiionlrê l'existence de la pnroi qui devrait le inainleiiir. Mais, avec Engelmann et Frédéricq, on peut admettre que les pai'lies claires renferment plus d'eau que les autres, parce qu'elles changent plus vile de volume par la (JcssiccaLion (01). Knhin).

Faiocciiyx Ntrl^t*. — Les faisceaux striés sont des cylindres larfces

de D-'^Oir) il O""",!."!!) L'iinji los hommes viicom-enx. Ils ne s'élendenl pus dans toulela longueur duniuscle. Leur dimension longitudinale moyenne est de i à "i cenlimt'tres, d'après Krause, Lesi-xtrérnilés en rapport avec le tendon smil cimi(|U(;s, it sommet mousse.

Os faisceaux sont formés pai' raccoleiuent d'un grand nombii! de fibrilles, 10 OOO envinm, unies de façon que les parties obscures se corresp<mdcnl. Ainsi le faisceau dans son ensemble paraît divisé horizontalement par des disques alternativement clairs et obscurs.

L'adhésion latérale des parties obscures est nsseï grande pour que l'acide chlorhydrique dissolvant les parties claires, lis preniiôivs restent accolées, et le fiiisceau primitif se sépare alors en disques horizontaux (disques ilf liowiHan(t)< décomposables eux-mêmes ^n petits prismes unis par leurs faces (sarcous elejnent). Cette séparation est tout artificielle. Quand les parties identiques des fibrilles ne se correspondent pas, les Tiiisccaiix ont un aspect pointillé.

Sur les insectes, qui ont des librilles constituées comme nous l'avons vu, les disques minces des librilles se siii< le faisceiiu est partagé en bandes horizontales correspondant; à toutes les divisions que présentent les lihriiles.

Le faisceau dans son ensemble n'est pas non plus cylindrique, il reproduit ta forme des fibrilles. Au niveau de chaque disque mince, il offre un étmnglement (pli s'osafrèrf encoi contracte (voy. fig. \^ et 133).

it exactement, el Fm- 118. — FaisceainLriû pris ■ur un membre d'arnpulû, deuiné ]>nr Cli. Itobiii. ^ On Bper;uil Ictnnjaux dam l'inléi'iem- du fiiiserau. Le inpIcmmacstioulevA dedis- Iniico en distincn ari^c In iiojnux ndhérerils h n fn'^r

2ti. TRAIÏK I)\\NAT0MIE (ÎÉNÉRALE.

Knlre les fibrilles se trouve une certaine quantité de matière amorphe dont on comprend facilement la nature en se rapportant au développement des éléments musculaires.

On voit sur les coupes perpendiculaires aux faisceaux cette substance former des cloisons de séparation entre les groupes (Jo fibrilles. Les espaces ainsi limités mesurent une largeur de 0'""\0()2 k O^'^OO^. On les appelle habituellement chanipH de Conhem.

Le faisceau primitif est ainsi décomposé en colonnetles : mais cellesci ne se continuent pas dans toute sa longueur. La substance amorphe des cloisons qui, d'après Kôlliker, serait liquide

pendant la vie, ne pénètre en aucun point dans la fibrille; elle est durcie par Talcool, lacide chromique, gonflée par le chlorure de sodium à i pour 20(), dissoute par l'acide acétique.

Fie. 119— Champs

(le Conheim (mus- StHes longitudinales. — Les plans de juxtaposition

des fibrilles déterminent des effets de réfraction sur la lumière transmise, ce qui produit un aspect strié des faisceaux dans le sens longitudinal. Il peut être plus ou moins accusé suivant une foule de conditions.

L'action de Tacide acétique ou de la solution étendue de polass<» met en évidence les fibrilles.

E.mmen des muscles à la lumière polarisée. — D'après Brùcke, les parties obscures posséderaient la double réfraction; de là une théorie de la contraction musculaire qui n'a aucun fondement {théorie des disdiaclastes). Ce fait prouve simplement ce que l'on ssivait déjà sans lumière polarisée : que les propriétés optiques des parties claires et des parties obscures étaient différentes ; du reste, nous avons vu précéJeniment qu'elles n'avaient pas non plus les mêmes propriétés chimiques. Ces études applicables à des substances bien définies chimiquement n'ont pas beaucoup de valeur faites sur des corps changeant de forme, d'état moléculaire à chaque instant.

D'après Robin, les faisceaux striés polarisent la lumière comme tous les corps formés de lames ou de fibres .parallèles. Jls apparaissent lumineux sur le champ noir des deux prismes de Nicol croisés. Les tendons produisent les mêmes effets, mais bien plus accusés et avec les couleurs irisées de la polarisation chromatique. L'action des muscles sur la lumière polarisée ne dépend pas (Uobin) de la striation transversale, c^r elle disparaît avec beaucoup de réactifs, tels que l'acide acétique. Peau bouillante,

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