CHAPITRE IX
«YATÈINE VIBREUIL.
§ 76. Le tiiiAn fibreux Toiine les ligaments arliculnires, les capsules articulaires, les aponévroses d^enveloppe, la sclérotique, Palbuginée, etc.
Il renferme le même élément fondamental que le tissu lamineur et tendineux, mais disposé d'une autre façon. Lesaulres, vaisseaux, nerfs, etc. , ne sont plus dans les mêmes rapports de quantité. Ce sont encore les fibres lamineuses qui forment essentiellement le tissu fibreux, mais les dispositions de ces fibres ne sont plus les mêmes. Certaines parties du tissu fibreux différent si peu des tendons qu'au premier examen on serait tenté de les confondre. Par contre, il n'y a que peu d'analogie entre ce tissu et le lamineux.
Nous trouvons en outre des fibres lamineuses, comme éléments accessoires : des fibres élastiques, des noyaux embryoplastiques, de la matière amorphe dense, des vaisseaux et des nerfs (Sappej).
La simple dissection montre, lorsqu'on étudie comparativement le tissu fibreux et le tissu conjonctif, qu'ils n'ont entre eux aucun rapport, tant au point de vue des usages physiologiques que des altérations dont ils peuvent être le siège. L'un est souple, élastique, s'imbibe facilement de liquide; l'autre est résistant, inextensible, serré. Les histologistes qui les ont confondus sous une même dénomination n'ont tenu compte que d'un seul caractère : la présence des fibres lamineuses, et ne se sont pas préoccupés de la texture.
Caractères extérieurs, — Ce tissu est consislant,tenace,inextensîble, sans élasticité ; sa couleur est blanche un peu nacrét^ il est loin d'avoir cependant les colorations irisées des tendons. H est peu hygrométrique à cause de sa texture serrée. Sa densité prise sur la dure-mère varie de 1071 (Engel) à 1070 (Krause et Fischer).
Caractères chimiqties. — Ces caractères, comme pour des tendons, sont un peu ceux des fibres lamineuses isolées. Les acides le gonflent, le ren-
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dent transparent, gélatineux. L'ébullition donne de la gélatine, c'est pourquoi les gelées culinaires se font avec les articulations.
Le tissu fibreux dé certaines régions donne aussi de la chondrine : telle est la sclérotique, qui chez les oiseaux présente des plaques cartilagineuses ; du reste, les éléments fibreux et cartilagineux sont souvent associés. Le tissu fibreux, comme nous le verrons plus loin, résiste énergiquement à la putréfaction ; aussi pour préparer une articulation la laisse-t-on souvent macérer dans Teau. Dans les parties gangrenées on le retrouve intact.
Texture. — Le tissu fibreux est formé par des faisceaux de fibres lamineuses, rectilignesdans les ligaments, comme ceux des tendons; légèrement *onduleux dans les membranes, et entre-croisés dans toutes les directions. Ces faisceaux et les fibres isolées sont unis par une matièn* amorphe très-tenace, qui s'oppose énergiquement à la dissociation des éléments.
Les fibres lamineuses, dans le tissu fibreux, sont groupées en faisceaux primitifs souvent rassemblés eux-mêmes en faisceaux secondaires, ce qu'on ne voit pas dans le tissu lamineux. Ces faisceaux sont d'ailleurs très-inégaux, caractère qui les distingue des tendons ; ils sont entrecroisés en tous sens, dans les membranes, comme la dure-mère, les capsules, etc.; tendent à devenir parallèles dans certains ligaments, comme le ligament latéral externe du genou, les ligaments de l'articulation tibiotarsienne, mais jamais ils n'atteignent le parallélisme qu'on leur voit sur les tendons. Il y a toujours des fibres ou des faisceaux entre-croisés alors qu'ils ressemblent le plus à ces derniers.
Entre Tentre-croisement in'égulier des membranes fibreuses et le parallélisme des tendons, on trouve, du reste, tous les intermédiaires.
Les faisceaux sont intimement accolés et souvent entourés de fibres élastiques fines enroulées en spirales. Entre eux sont de minces cloisons de tissu cellulaire, facilement reconnaissables. Les fibres qui les composent sont séparées les unes des autres et non réunies en faisceaux.
Dans ces cloisons interfasciculaires rampent les capillaii*es sanguins qui ne pénètrent jamais dans l'intérieur des faisceaux. Le tissu fibreux des ligaments ne renfenne pas de gros vaisseaux. Aussi, comme le fait remarquer M. Richet (Anatomie chirurgicale)^ il ne saigne pas lorsqu'on lé coupe. Mais toutes les parties du système fibreux ne sont pas également vasculaires.
Certaines membranes le sont beaucoup. Telle est la dure-mère, comme l'avait bien remarqué P.-A. Béclard {Anatomie générale). On peut ajouter la sclérotique, surtout chez les animaux plongeurs, dont le système veineux est très-développé , Talbuginée qui est îiussi très-riche
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en vaisseaux sanguins et lymphatiques. Par contre, il y a peu de vaisseaux dans les capsules articulaires, presque point dans les disques intervertébraux.
M. Sappey a démontré l'existence de nerfs dans les cloisons celluleuses interfasciculaires ; ils accompagnent les vaisseaux sanguins et se terminent d'une façon encore indéterminée.
Propriétés Tén^étatiTes. — Le tissu fibreux apparaît de bonne heure et précède dans les mêmes régions la formation du tissu lamineux. La duremère est indiquée tout d'abord par une couche de corps fusiformes entourant le système nerveux central et la vésicule oculaire. Ce qui prouve bien que le tissu fibreux n'est pas du tissu lamineux condensé, c'est que chez Tembryon, où il est bien facile de les distinguer l'un de l'aulre avant le développement des fibres, les ligaments se développent par des faisceaux de corps fusiformes rangés parallèlement, identiques k ceux des tendons et offrant la même évolution. Chacun des faisceaux ligamenteux est semblable à un faisceau tendineux, l'ensemble seul diffère à cause de l'arrangement réciproque de ces faisceaux.
L'aspect du tissu fibreux à toutes les périodes est bien distinct du tissu lamineux. Il se reconnaît à des nappes de corps fusiformes régulièrement serrés les uns contre les autres. Dans le tissu lamineux la matière amorphe est beaucoup plus abondante, relativement aux éléments figurés ; la disposition de ces derniers est irréguKère, les couches qu'ils forment sont onduleuses.
Ainsi, ce n'est pas en se modifiant d'une certaine façon que le tissu lamineux arrive à former un ligament ou un tendon. Ces deux organes ont leur raison d'être, leur rôle détenniné, pour lequel s'opère un travail embryogénique spécial, analogue à celui qui prépare l'apparition de tous les autres organes.
Comme tous les tissus résistants, denses, serrés, le tissu fibreux se développe lentement, aussi apparalt-il de bonne heure.
Régénération. — La régénération est lente aussi, à cause de son peu de vascularité.
Le tissu fibreux de nouvelle formation tend sans cesse à se rétracter. Nous avons expliqué à l'article Tissu ronjonctifj k propos de la cicatrisation, le mécanisme de cette rétraction.
Ce travail se produit partout où accidentellement s'est formé du tissu fibreux, et dans certaines circonstances, sur les ligaments et les aponé- TTOses. L'immobilité prolongée des membres détermine dei nûdeura arii-
culaires souvent difficiles à rompre. Les efforts de distension souvent répétés parviennent à allonger un peu le tissu fibreux, c'est ainsi que par l'exercice on donne plus de souplesse aux articulations et que par des cathétérisraes fréquents on dilate les rétrécissements de Turèthre; mais lorsqu'on abandonne ce tissu à lui-même, il ne tarde pas à reprendre sa forme primitive.
Nutrition. — La nutrition du tissu fibreux est lente. Aussi lorsqu'un tendon ou un ligament a été isolé sur le vivant, il s'altère avec rapidité et s'exfolie. Par la même raison il résiste à l'envahissement des produits morbides. Les aponévroses limitent les abcès, et au milieu des désordres des tumeurs blanches, on retrouve encore intacts bien souvent les ligaments articulaires.
L'inextensibilité du tissu fibreux fait que dans certains cas, lorsqu'une inflammation siège au-dessous, on voit se produire l'un des phénomènes suivants.
Ou bien une compression extrêmement douloureuse, un véritable étranglement de l'organe serré dans sa capsule, comme l'est le testicule dans l'orchite; ou bien, si le travail inflammatoire dure longtemps, la membrane fibreuse finit par s*altérer, s'amincir et se détonner. C'est ce que Ton voit dans les affections oculaires, les scléro-choroïdites amenant les staphylomes de la sclérotique.
Lorsque les enveloppes fibreuses des kystes augmentent en surface, à mesure que le kyste grossit, ce n'est pas en vertu d'un simple phénomène de distension mécanique, mais par la génération d'éléments nouveaux.
Tumeurs. — La génération d éléments fibroplastiques et le développement complet de ces éléments amènent la production de tumeurs fibreuses. Ces tumeurs n'ont point de siège précis. Tn grand nombre se forment à la mamelle ; leur origine, comme nous le verrons, est glandulaire, et elles n'arrivent a l'état fibreux que par des transformations que nous aurons à étudier.
D'autres se forment dans la continuité des membres, sur le tissu fibreux préexistant, sur le trajet des nerfs, etc.
Beaucoup de tumeurs fibreuses sont inégales de consistance, molles dans certains points : ce sont ceux où n'existent encore que des éléments sous la forme embryonnaire ; ailleurs très-dures, là où le tissu fibreux est complètement constitué.
Toutes les conditions qui peuvent faire multiplier les éléments fibroplastiques amènent la formation de tissu fibreux et non de tissu lami-
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neux, pour une raison bien simple : c*est que dans le tissu lamineux, pourquoi y ait cette souplesse, cette laxité, il faut qu'entre tous les éléments qui le composent existe un juste équilibre. Mais du moment que lun d entre eux se multiplie, forme par conséquent des masses épaisses, le tissu lamineux perd ses caractères. Or, le tissu fibreux n'étant, d'après ce que nous avons vu, qu'une réunion plus ou moins serrée de libres lamineuses, du moment que ces fibres seules se produisent en grand nombre, il se forme un tissu plus ou moins semblable au tissu fibreux normal.
Certaines conditions sont aptes à la génération des éléments fibroplastiques. Ce sont toutes les causes troublant la nutrition anormale du tissu lamineux : l'inflammation sous toutes ses formes, aiguës ou chroniques, les involutions épithéliales se faisant dans le feuillet moyen, etc.
C'est ainsi qu'au sein des organes soumis à des congestions répétées on voit se produire des réseaux de tractus fibreux qui compriment par leur rétraction les éléments du parenchyme, et en amènent l'atrophie.
Les inflammations des muqueuses laissent de même des brides fibreuses cicatricielles ; les tumeurs épithéliales, le squirrhe, les adénomes, déterminent la formation de masses fibreuses plus ou moins considérables.
Très-souvent le tissu fibreux donne naissance à des tumeurs où les deux éléments cartilagineux et fibreux se trouvent mélangés.
§ 77. Le système fibreux renferme des oriçanes premiers qui ne jouent dans l'économie qu'un rôle mécanique, comme les tendons. Mais tandis que le tendon est un organe qui n'a pas de raison d'être en dehors du muscle; les ligaments, les aponévroses d'enveloppe, peuvent se retrouver p«irtout ailleurs.
Les difl'érents auteurs d'anatomie générale, depuis Bichat, P. -A. Béclard, Ch. Robin dans son Programme du cours d'histologie, divisent le système fibreux en plusieurs classes. Mais ces divisions sont basées sur la forme extérieure, et ne tiennent pas compte suffisamment des attributs physiogiques. Ch. Robin cependant a mis avec raison les tendons en dehors du système fibreux. Cetle distinction n'est pas la seule que l'on peut établir. En effet, certains ligaments, certaines membranes fibreuses, fournissent aux muscles des points d'insertion; d'autres, comme les ménisques articulaires, complètent dans les articulations les surfaces qui doivent s'appliquer réciproquement les unes aux autres. Or, si l'on considère ces parties du système fibreux chez diflerents sujets et chez les animaux.
:]1i TRAITÉ d'aNATOMIE GÉNÉRALE.
on voit que le ménisque interarliculaire est souvent remplîicé par un os sésamoïde; que des membranes occupent la place de certains os. Ainsi Taponévrose temporale n'est en somme que le prolongement de l'apophyse zygomatique qui est plus ou moins large suivant les animaux. Chez les chéloniens, les sauriens, etc., celte apophyse devient une large plaque calcaire qui va rejoindre les pariétaux sur la suture sagittale. Elle a donc exactement la disposition de FaponévTOse temporale des carnassiers. Or, à mesure que cette apophyse diminue de largeur, une membrane fibreuse, l'aponévrose temporale, lui est substituée peu à peu; mais elle occupe exactement la même place que Tos, et fournit au muscle temporal les mêmes attaches.
De même nous vovons chez l'homme et les mammifères les interserlions fibreuses des muscles droits de l'abdomen, sur lesquelles ces muscles viennent s'insérer. Or, quelle est la raison de cette disposition anatomique? N'est-ce pas évidemment parce que ces intersections fibreuses représentent un prolongement des côles de la région lombaire. Ce sont les côtes ventrales des sauriens. 'Le ligament stylo-hyoïdien tient la place d'une pièce osseuse de la chaîne hyoïdienne. La colonne vertébrale aussi est tantôt osseuse, tantôt cartilagineuse chez les plagiostomes, et fibreuse chez certains cyclostomes, les branchiostomes et les myxines.
Le ligament transverso-costal supérieur représente la branche de bifurcation de la côte qui existe chez les sauriens.
Certaines membranes fibreuses renferment des plïiques cïirlilagineuses ; ainsi la sclérotique est en grande partie cartilagineuse chez les oiseaux.
Le ménisque interarliculaire de l'articulation temporo-maxillaire reçoit une insertion musculaire du ptérygoïdien externe, de même nous voyons les os sésamoïdes de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil recevoir les insertions des muscles adducteurs et courts fléchisseurs. Mais ce qui prouve encore que ces ligaments et certaines pièces du squelette peuvent se remplacer réciproquement, c'est ce fait qu'à l'articulation de la première et de la seconde phalange du gros orteil, tantôt on ne trouve qu'un ménisque fibreux, tantôt un os sésamoïde. Du reste, dans les ménisques articulaires on rencontre toujours du cartilage en plus ou moins grande quantité ; il en est de même des disques intervertébraux. Ce tissu fibreux est en outre très-peu vasculaire, beaucoup moins que les ligaments articulaires ou les aponévroses d'enveloppe. Mais, bien qu'il remplace l'os dans le squelette, il ne s'ensuit pas qu'il y ait, au point d<» vue histogénétique, de rapports entre ces trois tissus, l'osseux, le cartilagineux et le fibreux : que le squelette fibreux soit, suivant la
théorie de Gooilsir, le squelette primitif dans lequel se forme d'nboixl le cartilage, ensuite Tos, car la formation du cartilage est antérieure à celle du tissu fibreux. Ceux des corps vertébraux se développent avant les disques intervei'tébraux. Les ligaments intei*articulaires des amphiarthroses, ainsi que M. Sappey Ta fait voir, se développent après les cartilages des articulations correspondantes : c'est à peine si ces ligaments sont formés à la naissance. Ces trois tissus ne résultent pas d'ailleurs d'une transformation successive du fibreux en cartilage et en os. Nous verrons en effet que dans le phénomène de lossification il y a sul>stitution et non transformation.
Nous diviserons donc le système fibreux. en : membraneux, ligament tefix et fibrfhsquelettique,
La première divisioUy ou système membraneux, comprend les aponévroses d'enveloppe des muscles, les capsules fibreuses du foie, du rein, le péricarde, la dure -mère, Talbuginée, etc.
Les aponévroses d'enveloppe entourent complètement les muscles et se perdent aux deux extrémités sur le tendon ; ce sont des moyens de cx)ntention analogues par leur forme et leurs usages aux capsules fibreuses des divers organes que nous avons énumérés.
La seconde, ou système ligamenteux, renferme les ligaments articulaires. Ces ligaments unissent des os mobiles des diarthroses. Tantôt ils ont la foi-me de cordons, de rubans ou de capsules articulaires.
Enfin, la troisième division est représentée par des masses de tissu fibreux très-peu vasculaire, intimement unies au squelette et renfermant presque toujours du cartilage.
C'est le tissu fibreux des aponévroses d'insertion, des [intersections des muscles de l'abdomen, des ménisques interarticulaires, des disques intervertébraux, des ligaments des amphiarthroses, des coulisses tendineuses, des bourrelets péri-arliculaires.
StrtLcture des disques intervertébraux. — Les disques intervertébraux méritent u^ie description spéciale à cause du rc^le important (|u'ils jouent dans les mouvements de la colonne vertébrale.
Voici, d'après Ch. Robin, la structure de ces disques :
Ils se composent : 1" d'une partie périphérique principale et Hbreus*» comme les ligaments des diarthroses ; 2" d'une cavité centrale tapissé»» d'une couche fibro-cartilagineuse; 8" des restes de la corde dorsale remplissant cette cavité.
Cette troisième partie disparaît dès l'âge fœtal, chez les animaux dont la colonne vertébrale est peu flexible, les ruminants et les équidés; chez
l'homme elle persiste jusque dans la vieillesse; chez les carnassiers, au contraire, elle est plus développée et persistante. Ces amas de cellules de la corde dorsale constituent en effet, au centre du disque intervertébral, une masse gluante, visqueuse, moins coulante que la synovie à laquelle on Ta assimilée à tort. Cette masse incompressible comme tous les liquides représente une sorte de sphère sur laquelle tourne le disque,
dans les mouvements de flexion et d'extension de la colonne vertébrale.
La partie périphérique fibreuse du ligament reste mince toute la vie chez les poissons et les mammifères, dont la colonne vertébrale est flexible, et constitue une véritable capsule courte dont la cavité est remplie par le tissu de la corde dorsale. Cette disposition persiste chez rhomme, tant qu'il reste de ce tissu entre les vertèbres ; mais à mesure qu'il disparaît, la capsule augmente d'épaisseur et finit par se fermer entièrement à un âge plus ou moins avancé et suivant les régions : vers cinq ou six ans pour le sacrum, le coccyx; à soixante ans, pour le reste de la colonne vertébrale.
Le tissu de ces ligaments est blanc mat ; les fibres qui le forment sont très-fines, à peu près rectil ignés, disposées en faisceaux. entre lesquels ne passe aucune cloison de tissu conjonctif, d'où l'aspect fin et serré du tissu de ces disques. En outre, on n'y rencontre que très-peu de fibres élastiques. Les coupes n'y montrent pas les nerfs ni les vaisseaux qu'on voit pourtant dans les surtouts ligamenteux qui leur adhèrent.
Ainsi constitué, le tissu fibreux qui forme ces disques est disposé par couches concentriques, dont les plus épaisses ont 1 millimètre, autour de Taxe des vertèbres. La plus extérieure de ces couches est formée de faisceaux circulaires couchés un peu obliquement.
En dedans s'en trouve une autre composée de fibres verticales, croisant à angle droit la direction des premières et allant d'une face articulaire vertébrale à l'autre. Entre ces couches concentriques on ne voit pas de tissu conjonctif.
Entre les disques et les surfaces osseuses des corps des vertèbres, il existe une couche de cartilage, de quelques dizièraes de millimètre d'épaisseur, et c'est sur elle que s'insèrent les fibres ligamenteuses. Ce cartilage décrit parTood et Bowmann,est hyalin, ses cellules sont parallèles à la surface du disque.
La cavilé centrale du disque change de forme avec Tàge. Vers le deuxième mois de la vie intra-utérine, sa surface cesse d'être unie ; elle devient aréolaire et présente des prolongements villeux, fibreux ou fibrocartilagineux, signalés par Tood et Bowmann, offrant des dispositions variées et qui plongent au sein de la substance gélatiniforme. Cette
siibslance elle même se prolonge dans les aréoles (|u offre la surface interne de la cavité.
Les cavités commencent à se combler peu à peu et à disparaître vers le ({uatrième mois, chez les fœtus de vache. Les premières qui s'obli^tèrent appartieiment au troisième et au quatrième disque du sacrum. Au sixième mois de la vie intra-utérine chez ces animaux, il n'y a plus de cavité dans aucun disfiue interarticulaire.
Chez rhomme, à partir de vingt ans, la substance des cavilés devient grisâtre, friable, demi-solide. Cette modification tient à la multiplication des prolongements fibreux et fibro-cartilagineux et à la production de (ibro-cartilage entre les prolongements fibreux traversant le centre de la cavité.
Quand la cavité centrale des disques s'est oblitérée, l'épaisseur de ceuxci diminue, d'où résulte un abaissement pro|K)rtionnel de la taille des sujets.
eu H NÉE.
La corn^Hî esl formée par plusieurs couches dont la plus épaisse, la plus importante fait suite à la sclérotique.
Cette membrane peut donc être considérée connue uiu; membrane fibreuse avec un revêtement épithélial dépendant de la conjonctive.
Nous devrions donner ici sa description complète, mais nous avons préféré réunir dans un article spécial tous les faits (jui se rapportent à l'histoire de la vésicule oculaire qu'on nei)Ourrait sans inconvénient séparer les uns des autres.
CUAPITBE X