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CHAPITRE VIII

«YUTÈIIIE TENDINEVIL.

§ 74. Les tendons sont des organes d'une composition très-simple, qui prolongent les muscles, et servent à transmettre l'effort exercé par la contraction musculaire. Ils remplissent ce rôle grâce aux propriétés de tissu (|ue nous allons étudier.

Élémento dn ti««n tendinenx. — Les élémetUs fondamentaux du tissu tendineux sont les fibres lamineuses. Nous avons vti, chapitre V, que ces éléments étaient à peu près inextensibles et ne possédaient qu'un très-faible degré d'élasticité dans le sens longitudinal. En outre, étant arrivés à l'état de développement complet, leur nutrition est peu active, par conséquent ils remplissent toutes les conditions exigées pour les usages exclusivement mécaniques auquels sont destinés les tendons.

Les éléments accessoires du tissu tendineux sont : quelques fibres élastiques, des cellules fibrO'ptastiques aLp^e]ées improprement cellules des tendons et qui n'ont d'irnportance que par le bruit qu'on a fait mal à propos à leur sujet; des vaisseaux sanguins et des nerfs.

Les fibres lamineuses des tendons sont en général beaucoup plus fines (|ue celles qu'on rencontre dans le tissu conjonctif.

Elles sont rectilignes; quand on les a séparées dans une préparation, un grnnd nombre se présentent pliées suivant des angles aigus. Mais jamais elles ne se contournent, ne décrivent des sinuosités comme celles du tissu conjonctif. On voit tout de suite comme conséquence de ces dispositions que la fibre tendineuse ne peut s'étendre; l'autre, au c(jntraire, peut se dérouler, s'étaler plus ou moins pour faciliter les mouvements du tissu qu'elle contribue à former.

Le tissu teîidineux, tel qu'il se présente dans les dissections, est trèsrésistant, d'une teinte grise bleuâtre, avec des reflets irisés, quelquefois un aspect nacré resplendissant des plus remarquables. On sait c|ue ce phénomène est dû aux interférences produites par la réflexion de la lumière blanche sur des lames parallèles; on peut donc déjà prévoir, par ce simple fait, quelle sera à peu près la texture de ce tissu.

THAI'l'Ê D ANATUMIE (iË^EHALË.

sens loiigiludinal k' lendoti offre une résislaucc telle, que dans les violentes cutitraclJoiis musculaii'es on voit plutôt l'us arraché que \v leudon rompre au milieu de sa longueur. Dans le sens li-ansversal il n'en est pas de môme : il esl facile de séparer le tendon en faisceaux parallèles plus ou moins volumiiieui. En vertu de son inextensibilité, le tissu tendineux n'offre pas d'obstacles ii une seclion transversale; c'est ainsi que dans la ténotomie il so coupe aisémenl sur l'instrument, alors que des organes plus souples, plus élastiques, ne sont pas intéressés s'ils sont woeontrés par lui.

Sous l'tnlluence de l'ébullition, des acides faibles, ce tissu se gonfle, devient transparent et donne de la gélatine, comme tous les tissus qui

. IM. — Coujic d'un tendon pris >ur un ficliiH i Icrmc. Snlrc le> fai^weauK priinitib c Irouvanl >les tloisons tir liaiii «anjoncdr nrec i\et vamcatix sanguine. Lci ^farvt loilùci du rnîMeau ne lonl ]>u encore aptstiet cunimo elles le seront plus lurd : eUet ni encore I'ssihicI ilc corps flbro-plantiques. — n, u, cellules de tendon»; b, fajiceaux e Hbrei compris entre Ici llgurei ftnîlées: c, cloiiona de tisau conjoiictir; i^, vuiiseaux snguins; e, urti^rc.

ont la libre lumineuse connue élément fondamental. Il résiste à la putréfaction, à la macération prolongée dans l'eau froide ; seulement il y perd SCS teintes irisées.

Uuaild un pénètre dans l'étnde de ce tissu au moyen du micros<-upe, on voit qu'il esl formé par raccoleitient de libres laniineuscs, exactement

SYSTÈME TENDINEUX. 303

pamllèles les unes aux autres et intimement unies. Ces libres forment ainsi des faisceaux très-serrés, dont les plus petits ont de deux à trois dizièmes de millimètre de diamètre. Ils sont par conséquent visibles à Tœil nu. On peut les séparer par dissection. Si l'on fait une coupe transversale de ces faisceaux, on aperçoit, dans Taire du polygone qui représente la section de l'un d'eux, des figures étoilées nombreuses. Ces étoiles à trois ou quatre branches se terminent par des lignes très-fines qui vont quelquefois de Tune à Tautre. Elles représentent les sections de cloisons incomplètes partageant le faisceau tendineux dans sa longueur. En outre de ces figures étoilées, on voit la coupe de paquets de fibres lamineuses, mais si fines, si exactement accolées, que l'ensemble paraît homogène. Les fibres comprises ainsi dans l'espace laissé par ces cloisons forment ce qu'on pourrait appeler le faisceau primitif de tendon, parce qu'il correspond à un faisceau primitif de muscle. Mais, en somme, le véritable faisceau primitif est celui dont nous avons parlé primitivement, que l'on peut séparer par dissection. En effet, les sections |)ortant sur un tendon entier montrent (|ue chacun de ces polygones, de 0"",1 à 0"^,2, est nettement délimité et enveloppé par une couche de tissu conjonctif. Les différents faisceaux primitifs sont donc isolés les uns des autres par du tissu conjonctif dans lequel pénètrent des vaisseaux. Un seul faisceau primitif tendineux fait suite, ainsi que nous le verrons, à un certain nombre de faisceaux primitifs musculaires.

VaiftneauiL «ansnin». — Les capillaires sanguins ne dépassent pas les cloisons de tissu conjonctif, sauf de rares exceptions, contrairement à ce que nous verrons pour les muscles ; ce fait montre tout de suite la différence si grande qui existe entre ces deux ordres de tissus au point de vue de la vasculaiûté.

Le faisceau secondaire du muscle qui fait suite à un de ces faisceaux tendineux primitifs, est entièrement parcouru par un réseau de capillaires. Ceux-ci entourent d'une maille chacun des espaces qui sur la coupe corres()ondrait à l'intervalle de deux figures étoilées du tendon. On peut compter d'après cela, que dans le sens transversal le tendon est à peu près trois fois moins vasculaire que le nmscle, et neuf fois moins, en tenant compte des trois dimensions.

Les cellules dites des tendons seront décrites avec le développement.

DéTeloppement de« tendoiiA. — Diaprés ce (|Ue nous savons sur le développement des fibres lamineuses, il est facile de prévoir ce qui

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voit (l'abord le sang épanché se résorber, phénomène indispensable pour (jue la réunion puisse s'opérer. En même temps, le tissu laniineux interfasciculaire se tuméfie, de sorte que les deux extrémités du tendon divisé preiment la forme de massues. Ce gonflement est dû à plusieurs phénomènes , et d'abord à la congestion des capillaires et à Texsudation d'une certaine quantité de matière amorphe. A partir du deuxième ou du troisième jour, naissent des éléments nouveaux du tissu lamineux. Un tissu de bourgeons charnus se développe peu à peu et iinit par constituer, vers le douzième jour, un cordon grisâtre qui réunit les deux extrémités séparées du tendon. Cette teinte grise de la cicatrice disparaît à la longue ; le tendon reprend alors son aspect nacré, mais incomplètement, car les fibres lamineuses de formation nouvelle naissant aux dépens des cloisons, ne peuvent jamais avoir la direction et le parallélisme des anciennes.

Uans le cas où le tendon a été coupé dans une coulisse, la réunion ne se fait pas, s'il y a entre les bouts, de part et d'autre, un intervalle de plus de 1 centimètre, la circulation établie par le moyen du méso-tendon étant insuffisante pour faire les fmis du travail de cicatrisation.

Inflammation des tendons, — Les tendons ne sont jamais le siège de ces troubles vasculaires violents spéciaux aux tissus renfeimant beaucoup de vaisseaux, et les seuls qu'on doive appeler inflammatoires (voy. Système capillaire). Le peu de vitalité, la circulation peu active de ce tissu, le mettent à l'abri des désordres qui se passent souvent dans son voisinage. Les tumeurs mêmes qui envahissent les autres tissus le respectent pendant un espace de temps assez long.

Tumeurs des tendons, — Dans les tendons se développent quelquefois des tumeurs fibreuses. Elles naissent dans les cloisons interfasciculaires. Ces couches de lissu conjonctif, qui font, comme nous lavons vu plus haut, les *frais du travail cicatriciel, sont les seules parties où puissent se former des éléments nouveaux. Ce fait prouve d'une façon évidente que des éléments complètement développés, comme les fibres lamineuses, ne sont pas susceptibles de reproduction. Les tumeurs fibreuses, nées ainsi dans les cloisons interfasciculaires, dissocient peu à peu les faisceaux des tendons et forment à sa surface des noyaux durs plus ou moins volumineux.

Altération des tendons dits du doif/t en massue. — Cette altération, d'après Ch. Robin, se voit aux doigts, au niveau des \mnis d'insertion

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des leadoiis fléchisseui*s. Elle a aussi coninie point de départ le tissu conjonclif interfaseiculaire. Elle est caractérisée par la production d'un tissu fongueux de même genre que celui des tumeurs fibro-plastiques et des bourgeons charnus. Ce tissu s'infiltre entre les faisceaux sans les pénétrer, comme dans le cas précédent. Il arrive quelquefois qu'au niveau de ces altérations la peau soit envahie et qu'il se forme une ulcération plus ou moins large, excavée au centre et à bords relevés. Dans les tissus (|ui environnent la plaie on ne rencontre que des noyaux conjonctifs et de la matière amorphe. Cette affection a, dans sa forme anatomique, des analogies avec l'eslhiomène. La maladie générale dont elle dépend est la scrofule.

SYSTÈME TENDLNEUX.

§ 75. Le système tendineux est très-nettement défini. Il est formé par un ensemble d'organes premiers : les tendons. Ceux-ci font suite aux nmscles dont ils transmettent les efforts sur les os et les parties mobiles.

La physiologie nous montre que ce« organes premiers ont des attributs particuliers, et l'anatomie fait voir d'ailleurs qu'ils ont une texture si)éciale et tout à fait appropriée au rôle qu'ils remplissent.

Le système fibreux dans lequel Bichal et d'autres anatomistes ont rangé les tendons a des attributs tout autres, et la texture du tissu fibreux, malgré des analogies apparentes, n'est pas la même que celle des tendons. Seules les propriétés de tissu sont communes, ce qui tient à la nature des éléments fondamentaux composant de l'un et de l'autre. C'est donc avec raison que Ch. Robin a séparé le système tendineux du système fibreux.

Le système tendineux cx)mprend : les cordons tendineux, comme le tendon d'Achille, les tendons des fléchisseurs de la main et du pied, etc.;

Les tendons plats^ l'expansion aponévrotique du biceps, le tendon des couturiers, etc. ;

Les aponévroses d'insertion : telle est l'aponévrose d'insertion du grand oblique de l'abdomen, du transverse, des pectoraux, etc.

Parmi les aponévroses d'insertion, il faut noter les aponévroses communes à plusieurs ventres musculaires : telles sont celles des muscles épithrocléens, épicondyliens, la grande cloison aponévrotique de la région supéro-externe de la cuisse, etc.

Ces aponévroses sont de véritables tendons plats très-étalés. Chacune

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de leurs filu'cs se eonliiiue en effet avec une libre musculaire^ el la diss^K:liou permet de les séparer très-souvent des aponévroses d'enveloppe, qui ne représentent vis-à-vis du muscle (|ue des moyens de contention: mais la plupart du temps les fibres tendineuses et aponévrotiques s unissent intimement.

Les tendons s'insèrent sur les os ou sur des ligaments particuliers, qui appartiennent à une division du tissu libreux que nous avons appelé le système fibro-squelettique. Tels sont les ménisques interarliculaires, celui de Tarticulation temporo-maxillaire, de l'articulation phalangienne du gros orteil, etc.

Quelquefois les tendons s'insèrent sur les aponévroses d'enveloppe, comme Tcxpansion aponévroti(|ue du biceps, celle du |K»til palmaire, (|ui s'insère sur l'aponévrose palmaire, etc.

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