‹ Traite d'anatomie generale appliquee a la medicineChapitre 7 sur 101 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

unissant leurs efforts, retrouvaient parmi les échelons les plus inférieurs du règne animal ces forces isolées dans les êtres unicellu" laires. Elles montraient comment chaque degré de perfectionne* ment des espèces a son homologue dans un stade du développement embryonnaire ; alors est née une nouvelle conception du règne animal, pleine de grandeur, mais que les faits et l'expérience n'ont pas suffisamment démontrée pour qu'on puisse encore la considérer autrement que comme une hypothèse rationnelle.

La médecine suivant le mouvement général sortit de l'empirisme, acquit de la méthode et un caractère scientifique. L'étude des tissus a créé l'anatomie pathologique (1). Les divisions du corps humain en systèmes ont introduit des classifications nosologiques nouvelleset ouvert une voie très-large, mais encore peu explorée, à la pathologie générale.

En présence de tant de résultats rapidement obtenus, si l'on cherche parmi les sciences des termes de comparaison à cette formule de la vie, on ne peut les trouver que dans les lois générales qui gouvernent les forces physiques : comme la théorie des interférences lumineuses, celle de la chaleur, ou la gravitation universelle. Ces théories régissent entièrement le monde inorganique et dominent tous les phénomènes naturels ; mais de son côté la formule de Bichat s'applique à tous les êtres vivants dans leur organisation, leur fonctionnement physiologique, leurs maladies, leur formation embryonnaire, leur perfectionnement progressif ; elle offre comme les autres une même simplicité et une égale portée dans ses conséquences.

Si les sciences biologiques ont pris un tel essor depuis le commencement du siècle, si elles sont à la tête du mouvement philosophique, elles le doivent donc en grande partie au génie de Bichat. Or, cette conclusion que personne ne pourra contester, nous prouve assez que l'observation des phénomènes, si précise qu'elle soit, n'est pas tout dans les sciences dites naturelles, pas plus que dans la mécanique ou la physique, et qu'au-dessus des faits de détail se trouvent toujours des lois dont la détermination constitue le but su-

(1) M. Lanccreaux, dans son Traité d^anatomie pathologique, considère avec raison Bichat comme le véritable fondateur de celte science.

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