CHAPITRE XI
«YttTÈIME ÉLASTIQUE
TiiMin élasti^ne. — Le tissu élastique renferme comme éléments fondamentaux les fibres élastiques et les membranes élastiques que nous avons décrites chapitre V.
Si Ton étudie ce tissu sur les ligaments jaunes des vertèbres, le ligament cervical postérieur des quadrupèdes, c^est-à-dire dans les parties où il se trouve très-développé, on voit qu'il contient, en outre des éléments élastiques, un peu de tissu conjonctif et des vaisseaux sanguins.
Dans les ligaments jaunes des vertèbres on rencontre deux espèces de fibres : les premières, larges de 0"",00l à 0",005, bifides et anastomosées entre elles : elles correspondent à la variété dartoîque ; les secondes sont très-fines : mais les unes et les autres ne sont point mélangées, elles forment des faisceaux séparés de fibres larges et de fibres fines. Entre les faisceaux de fibres élastiques passent de minces cloisons de tissu lamineux avec des capillaires sanguins.
Considéré dans son ensemble, ce tissu possède à peu près les propriétés ([ue nous avons signalées pour les fibres qui le composent. 11 est aussi élastique que du caoutchouc ; il résiste à tous les réactifs, aux acides concentrés, à la soude. Dans les gangrènes des membres, sur les cadavres en putréfaction, il se retrouve intact. Les liquides du tube digestif ne Tattaquent pas.
CiéMérati^M ém tiiMia élmmtîqme. — Ce tissu est long à se développer, aussi commence*t-il à paraître de bonne heure chez l'embrj'on. Le ligament cervical postérieur se distingue facilement sur des embryons de mouton de quelques centunètres de long. Il se présente sous la forme d'un double faisceau gris Jlunâtre, situé en arrière des apophyses épineuses des vertèbres cenicales et dorsales. Son volume, par rapport aux nmscles, est considérable. Sur des embryons de 3 à 4 centimètres, il est formé de noyaux ovoïdes rangés parallèlement les uns à cùlé des autres,
3^4 TKAITÉ D'aNATOMIE GÉNÉRALE.
comme ceux qui donnent naissance aux tendons. Les fibres élastiques naissent de ces noyaux, ainsi que je Tai exposé page 208.
A la naissance, chez l'homme, les ligaments jaunes des vertèbres sont incomplètement développés ; ils renferment encore un grand nombre de noyaux et des tibres élastiques très-fines qui n'offrent pas aux acides la résistance qu'elles auront dans la suite.
Les propriétés végétatives de ce tissu, qui nous sont révélées par la lenteur de son développement, font qu'il se régénère avec beaucoup de difticullé. Partout où il est détruit accidentellement^ il est remplacé par du tissu cicatriciel qui ne renferme point d'éléments élastiques , et ainsi le fonctionnement des organes se trouve entravé, l'élément élastique leur faisant défaut. Par contre, on ne connaît point de tumeurs formées aux dépens du tissu élastique, ni aucune maladie de ce tissu.
§ 70. Le système élastique forme, chez l'homme : 1° Les llgamenl» Jaunes des Vertèbres. Ce sont des bandes quadi*ilatères très-fortes, épaisses de 1 à 2 millimètres, unissant entre elles les lames des vertèbres. Ces ligaments élastiques sont très-résistants. Dans les mouvements de flexion de la colonne vertébrale en avant, ils agissent avec énergie pour la ramener dans ses courbures noimales, une fois que les muscles qui produisent ces mouvements ont achevé leur contraction. 2"* L'appareil «aupriiiirar de la Terge et de cloisonnement des bourses (voy. dans les Traités d'anatomie descriptive, les dispositions dé cet appareil).
Dans le ligament suspenseur de la verge, le tissu élastique prend l'aspect du tissu conjonctif, avec lequel on le confondrait souvent si ce n'était sa couleur jaune. Si la verge n'était pas soutenue par un ligament élastique, pendant l'érection elle serait fixée sur la paroi abdominale. II serait impossible, en outre , de l'abaisser comme on le fait dans le calhétérisme.
Ugamrnt cervical posiériear. — Ce ligament est atrophié chez l'homme, très-développé au contraire chez les quadrupèdes. Il s'insère de chaque côté de la protubérance occipitale externe et sur les apophyses épineuses des premières dorsales Hl envoie au niveau du cou une expansion pour cha({ue vertèbre de cette région. Son action est opposée à celle de la pesanteur pour maintenir sans effort la tête dans une position intermédiaire entre l'extension forcée et la flexion. Chez
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l'homme, on trouve à la place un cordon fibreux renfermant un grand nombre de fibres élastiques.
Ugament de Talle des •iseanx. — Ce ligament, représenté par un long ruban élastique, est situé entre les deux lames du repli cutané qui comble l'angle formé par Thumérus avec les os de Tavant-bras; il contribue à fermer ainsi un triangle dont il représente la base. Il a pour but de rapprocher sans effort l'humérus du radius et du cubitus quand Toiseauest au repos, et ainsi Taile reste repliée sans contraction musculaire.
Ugament rétracieur de la phalangette des félina. — C'est une forte bandelette élastique qui s'insère, d'une part sur la phalange unguéale, de l'autre au-dessus de la trochlée que présente la deuxième phalange, il a pour action, par conséquent, de relever en haut la griffe el de Tempécher de s'user pendant la marche. Pour sortir leurs griffes, les félins sont donc obligés de ainlracter les muscles fléchisseurs de l'avant-bras.
Enfin, parmi les organes formés par le tissu élastique chez les invertébrés, il faut signaler le ligament de la coquille des mollusques bivalves, qui tend à écarter les deux valves de la coquille.
L'action de ces ligaments élastiques est de maintenir des parties mobiles qui autrement ne pourraient garder leur position que par une contraction musculaire permanente. Les organes premiers que nous venons de décrire sont exclusivement élastiques, ils n'ont pas d'autres attributs.
Par contre, l'élément élastique se trouve en plus ou moins grande abondance dans d'autres tissus, où il joue un rôle important, mais accessoire. Il est mélangé à d'autres éléments, et le tissu résultant de cette c^ombinaison est plus ou moins élastique, suivant la quantité de fibres de celte espèce qui s'y trouvent; tels sont : le tissu conjonctif, les parois des artères, les séreuses, l'endocarde, le poumon, etc. Lorsque l'élasticité de ces différents tissus est détruite, ils ne cessent pas pour cela d'agir, mais avec une certaine difficulté. L'élasticité joue un rôle important dans les artères, mais les artères frappées d'athérome servent encore de canaux pour conduire le sang ; de même le poumon, où cette propriété est essentielle, peut encore fonctionner quand des pleurésies l'ont rendu adhérent aux côtes.