SYSTÈME ARTÉRIEL
§ 94. Aperçu historique. — Hippocrate, Aristote, Hérophile et Érasistrate avaient distingué les veines des artères. Us considéraient les veines comme les seuls vaisseaux sanguins et pensaient que les artères vides sur le cadavre ne contenaient que de l'air. Galien (131) découvrit que les artères renfermaient aussi du sang ; il reconnut même qu'elles communiquaient avec le cœur. Mais il croyait à des ouvertures entre le cœur droit et le cœur gauche. Au xvi* siècle, Vésale montra la séparation des deux cœurs, et Michel Servet, en 1553, exposa le premier le mécanisme de la circulation pulmonaire. Charles Etienne (1503) fit voir les valvules
Cadiat. Anatomie générale. 88
i'Sl THAITÉ D'aNATOMIK GËNëUALE.
des veines. EnKn Harvey, au xvii' siècle seulement, trouva la circulation du sang. Il fallut donc plus de quinze siècles pour passer de la découverte de Galien à cette conception qui parait si simple aujourd'hui; et cependant la pratique chirurgicale précédant la théorie avait déjà inauguré une méthode qui aurait dû être une conséquence de la découvert» de Harvey. Ambroise Paré, au xvi" siècle, avait institué la ligature des artèi'es, Tune des plus brillantes conquêtes de la chirurgie.
Le Ayntème artériel représente un ensemble de canaux ramifiés destinés à porter aux organes le sang qui a subi Thématose. Les mammifères possèdent un cœur exclusivement artériel ; on peut en dire autant des mollusques céphalopodes. Mais il n'en est pas de même chez tous les animaux qui ont un système général de vaisseaux sanguins. Or, la règle est ([ue chez les vertébrés ce soit le cœur qui disparaisse le premier quand ce système se simplifie. Ainsi les poissons ont un cœur exclusivement veineux, et le sang artérialisé sort directement des branchies pour aller xlans l'aorte, et de là être distribué dans tous les tissus de Téconomie.
Chez les mollusques et les articulés, le cœur qui persiste est artériel ; ainsi chez les mollusques gastéropodes il n'existe qu'un cœur artériel ; il en est de même deà acéphales brachiopodes et des lamellibranches, dont le système veineux se réduit de plus en plus.
Les crustacés décapodes possèdent encore un cfx'ur qui reçoit le sang oxygéné des branchies et le renvoie à toutes les parties du corps; d'après Milne Edwards, il n'y a jamais chez eux mélange de sang veineux et de sang artériel .
Les crustacés inférieurs ont toujours un renflement cardiaque, mais leurs vaisseaux périphériques seraient lacunaires, fait qui mériterait peut-être examen : tels sont les branchiopodes, les entomostracés, les siphonostomes. Chez les crustacés, dont la respiration est cutanée et diffuse, le cœur semble un renflement commun au sang veineux et au sang artériel. Le cœur des arachnides et des myriapodes est encore artériel, alors que chez ces animaux le système veineux est réduit à sa plus simple expression.
Les artères se ramifient à partir do l'aorte, mais de telle façon que la somme des surfaces de section des rameaux est toujours plus considérable (|ue la surface du vaisseau d'origine. La subdivision des artères se poursuit jusqu'aux réseaux capillaires ; avant cela le trajet des artères est généralement direct. Elles sont parallèles aux veines, auxquelles elles sont très-souvent accolées ; les anastomoses entre les branches des artères
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soul plus OU moins fréquentes, suivant les régions, mais elles sont toujours moins nombreuses que celles des veines. En certains points cependant elles sont si multipliées au voisinage de leur terminaison, qu'elles constituent de véritables réseaux, comme sous la peau de la face, dans la pie-mère, dans la peau des doigts, etc. Ailleurs, par contre, les rameaux artériels ne s'anastomosent pas. Ainsi, au poumon, les artérioles des lobules correspondent à des départements isolés. Il en est de même des petites branches de la rate.
Les dispositions générales des artères ont été étudiées, depuis Bichat, par beaucoup d'anatomistes, qui ont examiné l'influence des courbures, des angles, de la direction des vaisseaux, etc. Mais actuellement, depuis les progrès de la physiologie, il n*y a plus lieu de tenir compte de tous ces détails.
Le système artériel représente, en effet, un réservoir élastique et contractile, servant à emmagasiner du sang sous une certaine pression movenne. et à le distribuer aux différents tissus suivant leurs besoins physiologiques. Le cœur n'est en rapport avec les organes que par l'intermédiaire de cette sorte de réservoir, qui, grâce à son élasticité, accunmle de la force vive sous forme de tension intra-artérielle, pour la dépenser dans l'irrigation de chacune des parties de lorganisme. Si les artères étaient de simples tubes rigides^ la pression tomberait à zéro pendant la diastole cardiaque, et atteindrait 2 mètres pendant la systole. Or il n'en est rien. Grâce à l'élasticité des gros vaisseaux, la tension artérielle ne descend jamais au- dessous de certaines limites, qui ne sont pas en rapport avec la taille des différents animaux. Poiseuille avait cru même que cette tension était égale dans les grosses et les petites artères.
Il y a donc dans le système artériel une pression moyenne à peu près constante avec des maxima et des minima dépendant du cœur. Cette évaluation de la tension moyenne des artères, qui semble à priori trèsfacile à faire, a été l'objet des recherches de beaucoup de physiologistes éminents, qui n'ont pas encore donné des résultats absolument positifs. Haies, Magendie, Cl. Beniard, Ludwig, Volkmann, Marey, se sont occupés de cette question, ont expérimenté avec des procédés différents, et néanmoins on ne sait pas encore au juste suivant quelle loi précise décroissent les pressions dans l'arbre artériel. II ressort néanmoins de ces expériences que la pression moyenne ne varie pas beaucoup d'un animal à l'autre, quelque différence de taille qu'il y ait entre eux.
Toute la force vive emmagasinée dans le système artériel vient des contractions du cœur. Or, si les gi'ands animaux, comme le cheval et le bœuf, peuvent avoir des contractions plus vigoureuses, elles sont, dans tous les cas, moins fré({uentes que celles du chien ou du lapin ; en outre, chez les
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premiers, la pression du cœur s'exerce sur une surface de liquide plus considérable; pour obtenir le même eflel il faut donc une masse musculaire bien plus gi'ande que chez les seconds. Le système ai*tériel est connue le réservoir d'une presse hydraulique, dans lequel on peut accumuler la même quantité de force vive ou de travail mécanique avec une petite pompe animée de mouvements rapides, ou avec une grande pompe exerçant d'un seul coup un effort énergique et sur une grande surface.
Cette uniformité de pression à l'extrémité des artères et au voisinage des tissus auxquels le sang va se distribuer, pouvait être prévue; car un muscle, de rat ou de lapin a la même structure, offre des réseaux capillaires disposés de la même façon que ceux du bœuf; pour y assurer une circulation régulière, il est doBc nécessaire que la pression périphérique soit à peu près la même chez tous les animaux du même ordre.
Les vaisseaux périphériques, avec leurs parois musculaire&conti'aetiles, font l'effet de robinets disposés autour du réservoir central. Lorsque ces muscles se relâchent, les vaisseaux s'ouvrent et les vaisseaux capillaires des tissus sont soumis à tout l'effort de la tension artérielle maxime, pendant la systole ventriculaire.
Tels sont les seuls faits relatifs à la circulation artérielle qui découlent de l'étude que nous venons de faire de la structure des artères. Nous renvoyons, pour de plus amples détails sur les phénomènes vaso-moteurs, aux traités spéciaux de physiologie.
DéTeloppement du nyAtème artériel. — A. Du tissu artériel, — Les artères commencent toujours par avoir la structure des capillaires (voy. Système capillaire), c'est-à-dire de vaisseaux avec des parois formées d'une seule couche de cellules épithéliales. Sur ces cellules se déposent successivement les différentes tuniques que nous avons décrites : d'abord les couches de la tunique de Bichat, puis quelques fibres musculaires transversales qui deviennent de plus en pi us nombreuses et forment bientôt une couche continue. Le développement du tissu artériel se fait assez tard relativement aux autres; car la circulation ne commence en
général dans les tissus qu'à une époque plus ou moins tardive après leur formation.
B. Du système artériel. — Le système artériel se développe trèspeu de temps après le système veineux, qui est représenté dès le second jour par les deux troncs des veines omphalo-mésentériques. Alors que les deux renOemeiits cardiaques viennent de se souder, et que le cœur est encore sur la ligne médiane, sur des embryons de quarante à quarautecin(| heures d'incubation, on voit partir du renflement su|)érieur le bulbe
SVSTÈME ARTÉniF.1,. iUl
nortique : celui-ct se divise immédiatemenl, au-dessous du rendement supérieur de la corde dorsale, en deux troncs qui se recourbent sous la vésicule cérébrale antérieure.
Là ces deu\ vaisseaux redescendent en formant deux crasses tournées vers l'extrémité caudale, et marchent parallèlement dans toute la longueur de l'embryon, de chaque crtlé de la ligne médiane et en avant des protovertèbres. Ce sont Ips deux aortes. Arrivés à peu près au milieu de la longueur du névraxe, ces vaisseaux se résolvent en un réseau capillaire paraissant d'abord distinct de celui qui correspond aux veines ompbalo-mésentériques. Ce réseau semble aussi se former à partir des aortes, c'est-à-dire du centre à la périphérie ; car au moment où le cœur est encore exactement sur la ligne médiane, après la soudure de ses deux moitiés, les aortes se terminent brusquement, et l'on ne distingue pas sur l'aire transparente de capillaires qui lui fassent suite. Quand le cœur est déjà dévié sur la droite, le réseau capillaire est déjà assez développé et ne parait pas s'unir, au moins dans l'aire transparente, avec celui qui va se jeter dans les veines. Il semble donc démontré, par cela même, que le développement du système vasculaire considéré dans son ensemble se fait dans l'ordre suivant : d'abord les capillaires veineux, le cceur veineux, le bulbe aortique, les aortes et les capillaires artériels.
Dans le dessin de la lig. 4t , j'ai représenté la division des aortes comme se faisant à une tièsgrande hauteur, immédiatement au-dessous du capuchon céphalique et par un certain nombre de branches qu'on pouvait distinguer du réseau. Mais je croîs avoir dessiné là une anomalie, car j'ai cherché depuis à retrouver cette disposilion, et j'ai toujours vu la division des aortes
Pic. 11)1. — Embrjun <1c poulet ,iii àéhixt <Jii eyalème arljriel. — a, aorte»; a', riteno capillaire artériel ; e, Jiviïian du bulbe aortique; e, veines omphalo-mésentiriques; e', réseau capillaire veineux; 4, renlleaient de la corde dorsale.
t;l8 TIUITK H'aNATOMIF. {iKNKn\I.K.
s(: raiit> comme je l'ai citpusé plus haut. Néanmoins, la dilTéreiice n'et^l pns très-grande, el l'on comprend très-bien comment un développ*'menl plus rapide du réseaft arlérinl puisse donner les dispositions de lali^. m.
Bientôt, au niveau du point où les aortes se sont subdivisées en l'ùseau, on ne voit plus que deu\ branches transversales, une de cbaque cùté, et naissant perpendiculairement à la direction du tronc prinoi- ])nl : ce sont les deux artèies omplmlo-inésentériques, qui, avec les deux veines du même nom, assurent la circulation dans toute l'aire vasculaii-e.
Jusqu'ici la ciiTulation artérielle, de même que la circulation veineuse, 4!St entièrement extra-embrjonnaire. Mais lorsque le corps de l'embr\'oii aura acquis plus d'importance, on verra des vaisseaux nouveaux se former dans toute son étendue.
Les premiers apparaissent dans l'extrémité céphatique avec les arcs branchiaux. Nous avons vu comment se Tormaient ces arcs; à chacun d'eux correspond un rameau artériel plus ou moins volumineux. Ces rameaux naissent du bulbe aortique comme une série d'arcades superposi'>es (|ui vont toutes se jeter dans les aortes descendantes. Elles occupent k centre du bourgeon branchial qu'elles traversent dans toute sa longueur. Les arcs aortiques se forment donc ainsi les uns au-des.sus des autres el au nombre de quatre à cinq.
Parmi les arcs artériels , les uns
.sont destinés à disparaître, les autres
doivent persister pour former l'aorte.
les artères pulmonaires et les artères
du meml)re supérieur et du cou.
Dans les séries d'arcs superposés.
l deux seulement persistent enlière-
. ment : ce sont les avant-derniers de
' droite et de gauche (a, fig, ±). Us for-
X pmmiers meront la crosse de l'aorle et les sous-
' clavières («, s).
Iles deux derniers (1, Kg. i), celui de gaiii'he persiste seul, en conservant les mêmes rapports avec les préci'îdents ; cjuant à son congénère, il s'atrophie avec l'aorte a' correspondante. Le bullw aortique se divise alors en deux, d'où résultent deux arcs, p, a et b, a, se réunissant en r. L'inférieur correspond à l'artèiv pulmonaii-e; il donne,//, une branchedestinéeau poumon. L'anastomose
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SYSTÈME ARTÉRIEI.. 439
entre p, c, qui devient l'artère pulmonaire, et b, e, a, qui devient Taorte, persiste sous la forme du canal artériel.
Altérations de* artères* — Les tuniques moyenne et interne des artères ne possédant pas, pour la plupart, de vaisseaux sanguins, se nourrissent aux dépens de ceux de la tunique adventice et évidemment aussi au moyen du sang artériel qui remplit le vaisseau. Le sang veineux n'étant pas propre à la nutrition, on comprend la raison de cette différence de structure entre les artères et les veines.
Ces tuniques non vasculaires n*ont pas les lésions spéciales des tissus doués de vaisseaux, c'est-à-dire les inflammations; mais elles éprouvent, quand la circulation est troublée, quand la nutrition est moins active, des altérations propres à tous les tissus analogues à la cornée, aux cartilages et môme à certaines formations pathologiques qui ne sont point parcourues par des réseaux capillaires. Ces troubles de nutrition déterminent ce qu'on a appelé Talhérome artériel.
Vaihérome est caractérisé par des dépôts de granules graisseux à la face externe de la tunique interae, entre elle et la tunique moyenne. Dans ces dépôts, se foraient à la longue des sels calcaires, suivant la loi générale de toutes les productions graisseuses de ce genre : telles sont, par exemple, les altérations des parties centrales des cartilages du larynx chez les vieillards, des tubercules, etc. Ces sels calcaires se déposent peu à peu en formant des plaques sous la tunique interne. Lorsque ces plaques ont atteint des dimensions suffisantes elles embrassent tout le calibre du vaisseau qui perd alors son élasticité. Dans le cas où la crosse de l'aorte, les troncs qui en partent, l'aorte thoracique, sont ainsi envahis par* Tathérome, on comprend quelle influence de pareilles lésions peuvent avoir sur la circulation générale.
Les plaques athéromateuses font souvent saillie sous la tunique de Bichat et la déchirent; il en résulte alors, ou bien que le sang traverse l'orifice ainsi formé pour s'insinuer dans la tunique moyenne et adventice et déterminer un anévrysme, ou bien qu'il se dépose des couches stratifiées de fibrine sur le point où la plaque calcaire fait saillie dans la cavité du vaisseau. Mais, comme nous allons le voir, ce second phénomène est de beaucoup plus fréquent que le premier.
Les couches de fibrine s'épaississant peu à peu, arrivent à réduire le calibre de l'artère jusqu'à rendre l'orifice presque imperceptible sur des branches comme la radiale, la tibiale postérieure, etc. L'oblitération se produit dans un espace annulaire d'abord assez limité, mais qui gagne peu à peu dans le sens de Taxe du vaisseau.
Une artère peut ainsi se rétrécir sur une assez grande longueur. Dans CCS conditions, la moindre cause déterminante amène la formation d*uQ caillot et l'oblitération complète du vaisseau. Comme ce dernier phénomène s'achève en général rapidement, il donne des accidents qui font croire à Tembolie ; mais il est facile de reconnaître par les couches concentriques de fibrine, dont les plus anciennes sont à la périphérie, que Tarrét de la circulation tient à la thrombose qui est l'accident de beaucoup le plus fréquent.
Un autre genre d'athérome est caractérisé non plus par la formation d'une plaque calcaire, mais par une dégénérescence graisseuse, donnant des foyers athéromateux comparables à des abcès entre la tunique interne et la tunique moyenne. Cette altération peut occuper une grande étendue des parois d'une artère, ou seulement une région circonscrite. Elle est due à des troubles nutritifs survenant rapidement, et que, depuis Virchow, on a appelés improprement artérite. Il n'y a pas plus artérite dans ce cas que dans la calcification sénile des artères. Or, si Ton considère comme inflammatoires de tels phénomènes, il n'y a pas de raison pour ne pas désigner du même nom la dégénérescence graisseuse et calcaire des tubercules du poumon.
Quoi qu'il en soit, il est bien évident qu'il existe deux formes d'athéromes : la crétilication lente, et la dégénérescence rapide produisant la bouillie athéromateuse des artères et les foyers caséeux circonscrits.
Les auteurs d'anatomie pathologique n'ont pas suffisamment distingué ces deux formes, qui correspondent. Tune à une maladie de tous les âges, l'autre à un état presque physiologique de la vieillesse. Nous allons voir immédiatement, a propos des anévrysmes, la déduction qu'on en peut tirer.
On donne généralement comme étiologie des anévrysmes la rupture de la tunique interne des artères par une plaque athéromateuse. Les anévrysmes, en eflet, sont toujours mixtes externes, ce qui semble donner raison à la théorie. Mais si l'on considère l'âge auquel ils se forment, on voit ici une contradiction évidente. Ces tumeurs en effet se développent en général au milieu de la vie, de trente à cinquante ans, c'est-à-dire avant l'âge de lathérome calcaire; et elles sont rares dans la vieillesse, alors que les artères sont généralement couvertes de plaques calcaires.
Il nous paraît donc bien plus probable que c'est la seconde forme d'altération des artères, celle qui produit des abcès athéromateux, qui est la cAuse de la rupture des deux tuniques internes de l'artère amenant la formation de la poche anévrysmale.
SYSTÈME ARTÉRIEL. 4il
P.-A. Béclard {Éléments d'anatomie générale, p. 330) signale 1 alhérome comme existant quelquefois chez les jeunes sujets et même dans la première enfance. Nous avions, avec M. Gaucher, cherché des lésions de ce genre sans connaître le fait signalé par Béclard, et nous n'avons pas tardé à rencontrer des plaques athéromateuses manifestes sur l'aorte d'un enfant de cinq ans mort tuberculeux.
L*anévrysme, par conséquent, se rattacherait à une maladie générale du système artériel, maladie fréquente, surtout à Tàge adulte, et bien différente de lallération sénile. Certains auteurs ont déjh signalé l'alcoolisme coinme étiologie des anévrysmes ; mais il est probable qu'ils dépendent de conditions multiples. On voit par cet exemple comment la détermination anatomique des caractères spéciKques des lésions nous permet de remonter à leurs causes générales.
Cicatrisation des plaies artérielles, Anévrysmes faux consécutifs. — Dans le cas où une plaie a été faite à la surface d'une artère par un instrument piquant, si le cours du sang est suspendu quelque temps on voit entre les lèvres de la plaie se former un tissu cicatriciel. Alors l'hémorrhagie est indéfiniment arrêtée, mais bientôt ce tissu de nouvelle formation cède sous la pression du sang et se laisse distendre ; il en résulte ainsi la formation d'une poche anévrysmale : c'est l'anévrysme faux consécutif.
Les anévrysmes primitifs ne se rencontrent pas seulement sur les gros vaisseaux artériels, mais aussi sur les dernières ramifications. Cette forme est surtout commune sur les petites artères du cerveau, et constitue les anévrysmes miliaires de la substance cérébrale, causes fréquentes d'hémorrhîigie, et qui ont été étudiées h ce point de vue par Bouchard (thèse de Paris, 1867).