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C.ADiAT, Aiialomic générale. 3â

498 TRAITÉ DANATOMIR (GÉNÉRALE.

amas glàndulahres. Teichmann, en 1863, est arrivé à de^ résultats peu différents de ceux de ces auteurs.

Ces réseaux se forment sur le trajet même d'un vaisseau lymphatique. Celui-ci se partage sur son parcours en deux, trois, jusqu'à six au sept conduits, qui eux-mêmes se subdivisent en rameaux plus fins, s'anastomosant entre eux et formant un réseau dont les branches ont 0""°,0i à 0"",02 de diamètre. Plus loin, le réseau se reconstitue peu à peu et donne le lymphatique efférent qui sort à Textrémité opposée. C'est à ce moment qu'on voit apparaître les épithéliums du ganglion, sans qu'on puisse dire encore quel est leur mode de développement et quels sont les éléments dont ils dérivent.

Les vaisseaux lymphatiques se développent, d'après Kôlliker, à qui Ton doit les premières observations sur ce sujet, à peu près de la même façon que les capillaires sanguins. Rouget est arrivé aux mêmes résultats. Les vaisseaux lymphatiques, d'après ces auteurs, se formeraient dans Tépaisseur du feuillet moyen aux dépens de cellules fusiformes semblables à celles qui précèdent les capillaires sanguins.

Il est certain que dans un cas comme dans l'autre la cavité du vaisseau n'est pas une cavité intra-cellulaire, mais un vide laissé entre plusieurs cellules résultiuit de la segmentation de la première cellule fusiforme.

Les premiers conduits une fois formés, les autres se développent par bourgeons, comme les branches qui mettent en rapport le réseau de Taire vasculaire avec le corps même de l'embryon.

Attributs phyAiolog^ique» du mymièwne lymphatique. —

« Le système lymphatique réalise en quelque sorte dans l'économie les dispositions d'un endosmomètre, tel que l'a imaginé Dutrochet ; et c'est par le mécanisme de l'endosmose que pénètrent et montent dans ce système anatomique des liquides dont la progression n'est qu'aidée accessoirement par l'élasticité et la contractilité des tubes d'ascension. » (Ch. Robin, Dict. encyclopédique.)

La membrane endosmométrique est représentée par la paroi des vaisseaux capillaires, le tube d'ascension par les troncs collecteurs.

On sait que la condition nécessaire pour que le passage des liquides puisse se faire à travers une paroi endosmométrique, est que la composition chimique soit différente de part et d'autre de la membrane; quand il y a identité, que le liquide intérieur et le liquide extérieur communiquent l'un avec l'autre, il y a mélange et l'endosmomètre cesse de fonctionner.

L'hypothèse des ouvertures des conduits lymphatiques dans les tissus est donc contraire à la physiologie et à la physique. Car il est impossible d'imaginer que deux liquides soient séparés par une membrane perforée de distance en distance, laissant même passer des corps solides, sans admettre que les liquides aient une composition identique.

Nous renvoyons aux traités de physiologie pour les considérations spéciales sur la composition de la lymphe (voy. Traité des humeurs deCh. Kobin; Béclard, Traité de physiologie^ etc.).

Le courant lymphatique, sans être aussi rapide que le courant sanguin, possède cependant une vitesse suffisante pour que, chez le bœuf, le canal thoracique puisse débiter de 60 à i()0 litres de lymphe en vingt-quatre heures.

La circulation lymphatique n'est pourtant déterminée, chez l'homme et les mammifères, que par la réplétion des conduits, Télasticité de leurs parois et l'aspiration thoracique qui s'exerce jusque dans les veines sous-

clavières.

Cependant dans les iistules lymphatiques portant au voisinage de l'embouchure du canal thoracique, celte cause adjuvante est supprimée. Les chiffres que nous avons cités sont donc au-dessous de la réalité pour exprimer la vitesse du cours de la lymphe et la rapidité avec la({uelle se fait labsorption. Il ne faut point faire entrer en ligne de compte lacontractilité des vaisseaux, chez les animaux qui n'ont point de cœurs lymphatiques, car nous avons vu que le canal thoracique ne renfermait que très-peu d'éléments musculaires.

Le fait fondamental dans la physiologie de ce système, est la pénétration de la lymphe dans les réseaux capillaires. Or, lorsqu'on examine les liquides du tissu cellulaire dans quelque condition que ce soit, jamais ils ne renferment une proportion notable d'albumine.

Ce n'est donc pas par l'intermédiaire de ce tissu qll^se fait l'absorption de la lymphe. Mais comme les matières qui composent ce liquide proviennent presque entièrement du sang, il faut admettre que le passage du plasma des capillaires sanguins aux lymphatiques se faitdans l'intimité de chaque tissu et avec une rapidité extrême. Aussi ne reste-t-il jamais dans les tissus un excès de liquide, bien qu'il règne un courant continuel et rapide des matières non dialy sables du plasma verst les lymphatiques.

On comprend, d'après cela, la nécessité de ce système. Les substances albuminoïdes, en effet, ne traversent les parois des capillaires sanguins que grâce à un excès de pression intra-vasculaire. Or, la cause qui les a fait sortir les empêchant naturellement d'y rentrer, elles s'accumuleraient dans les tissus s'il n'y avait point des vaisseaux supplémentaires.

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Celles qui sont en excès sur la quantité nécessaire à la nutrition des éléments, rentrent donc dans les vaisseaux lymphatiques, grâce à des conditions particulières qui ne sont pas bien connues; mais, nous Tavons déjà dit, le problème à résoudre est un problème de physique autant que d'analomic microscopique.

Il est certain que les lymphatiques se prêtent d'une façon remarquable à la pénétration de toutes les substances introduites dans les tissus : que ce soient des liquides diiïusibles, des matières non dialysables comme Talbumine; ou même des poussières, comme les grains de tatouage ; Ae^ graisses en émulsion ou même des éléments anatomiques, comme les cellules des tumeurs cancéreuses et mélaniques, on voit toutes ces parties solides ou ces liquides non diiïusibles traverser les parois des lymphatiques et suivre le courant de la lymphe.

Dans les cas de congestion intense des capillaires sanguins, alors quede petites hémorrhagies se font dans les tissus, des hématies reviennent même par les vaisseaux lymphatiques.

Dans les injections artificielles faites sur le cadavre, on voit les mêmes phénomènes se produire : tous ces corps solides relativement, qui traversent les parois des lymphatiques, cheminent dans les tissus, grâce à la fluidité des substances amorphes interposées aux éléments, sans qu'il y ait nulle part d'orifices préexistants.

Des gouttes de graisse elles-mêmes pénètrent de la même façon, et le chemin que suivent toutes ces particules est marqué par les points qui offrent le moins de résistance. Lors(iu'elles rencontrent une cavité toute préparée, comme celle des conduits lymphatiques, elles s'y accumulent, et si le courant est assez rapide, elles arrivent jusqu'aux ganglions.

Dans Tétat physiologique, le système lymphatiqHe emporte l'excès de liquide exsudé et une partie des principes de désassimilation : son action ' s'ajoute donc à celle des veines. C'est donc un système de perfectionnement; et le liquide que renferme ses canaux ne pouvant porter l'oxygène aux éléments, est impropre à la nutrition.

Dire par conséquent, avec certains auteurs, que les éléments des autres systèmes sont baignés par la lymphe, qu'ils se nourrissent aux dépens de cette lymphe, considérée comme synonyme de matière amorphe, c'est faire une série d'hypothèses qui ne s'appuient que sur des erreurs physiologiques et anatomiques.

Le premier phénomène étant accompli, celui de la pénétration des liquides dans les lymphatiques, leur progression est facile à comprendre. Ils montent sur le vivant comme la sève dans les plantes; ils circulent encore sur le cadavre en vertu de la même force qui pousse le liquide

dans rendosmomètre de Dutrochet ; c'est pourquoi ils se vident entièrement après la mort. Riehat aussi avait remarqué que les lymphatiques devenaient faciles à voir sur les pièces plongées quelques jours dans Teau, ce qui esl dû certainement à un simple phénomène d'endosmose.

Tel est le rôle et le fonctionnement du système lymphatique dans réconomie. En dehors des faits positifs que nous venons d'exposer, toutes ces théories, qui ne sont qu'une suite des premières hypothèses faites par Mascagnî sur les origines des lymphatiques dans le tissu cellulaire, de la théorie des exhalants et des absorbants de Riehat, dont nous avons déjà montré l'erreur à 'propos du système conjonctif, ne reposent absolument sur aucune donnée sérieuse ; la physiologie générale, l'anatomie, la physique, tout les condamne. Faute de connaître les propriétés générales des tissus, le mode de développement et de nutrition des éléments, beaucoup d'auteurs veulent trouver l'explication de tout ce qu'ils ne comprennent pas, dans un système anatomique qui, à cause même des difUcultés de son étude, a pu ne pas se présenter à leurs yeux avec des caractères bien nets, mais qui, en réalité, n'offre rien de plus mystérieux (jue le système artériel ou veineux.

^ 103. Nous avons vu en étudiant les séreuses qu'elles étaient le siège de prédilection des manifestations du rhumatisme. Par contre, dans la scrofule, le système lymphatique esl le premier atteint avec le système des muqueuses dermo-papillaires. Mais, de même que le rhumatisme a ses formes et ses périodes, la scrofule a les siennes encore plus accusées : ainsi les hypertrophies ganglionnaires ne se montrent pas en même temps que les altérations profondes de la peau, comme les lupus et celles du système osseux.

Ainsi, bien que le lupus soit une manifestation des plus graves de cette maladie, elle respecte les ganglions, qui, par contœ, s'engorgent immédiatement avec la moindre pustule d'impétigo.

Ces lésions ganglionnaires sont consécutives à des affections cutanées, mais elles sont bien plus souvent primitives. Velpeau, qui a voulu faire des gonflements ganglionnaires une lésion accessoire et secondaire, s'est mépris sur la nature de la maladie. Il n'a point vu qu'il n'y avait aucune corrélation entre les lésions cutanées et les adénites de la scrofule, qui s'adressaient tantôt aux ganglions cervicaux, tantôt aux ganglions du médiastin ou du mésentère.

L*hypertropiiie ganglionnaire, localisée ou généralisée, se montrant au cou, sur les ganglions bronchiques, est donc une maladie primitive du système lymphatique. Quant aux autres parties du système, aucune étude anatomique n'a encore pu démontrer qu'elles étaient lésées en même temps. L altération des ganglions dans la scrofule a des caractères qui permettent de la distinguer de celle des tumeurs dites lymphadénomes. C'est une hypertrophie régulière de toutes les parties constituantes des ganglions ; les masses glandulaires augmentent régulièrement de volume, ainsi que les travées de la capsule et la capsule elle-même. Les éléments de la glande se multiplient, leur volume augmente, mais ils n'ont aucune tendance à former des bourgeonnements, en dehors de la trame et dans les tissus voisins. H en résulte que les hypertrophies ganglionnaires de la scrofule restent circonscrites, quel que soit leur volume, et que la coque du ganglion forme une barrière comparable à la paroi propre des involutions épithéliales dans les adénomes. Le ganglion est mobile dans le tissu conjonctif, il roule sous le doigt et s'enlève facilement. Ce sont là des caractères anatomiques essentiels; ils sont la conséquence d'une manière d'être spéciale des éléments.

Lorsque les ganglions n'ont pas dépassé le volume d'une amande à peu près, leur teinte est grisâtre. Plus tard, la partie centrale devient jaune et se ramollit.

On trouve dans ces ganglions hypertrophiés, à la première période, les épithéliums nucléaires que nous avons décrits; seulement un certain nombre, d'après Ch. Robin, ont acquis plusieurs noyaux. Ils ont alore véritablement l'aspect des cellules épithéliales des autres glandes (voy. fig. 76). Les corps tibro-plastiques du réticulum se sont aussi multipliés et sont devenus plus volumineux.

Peu à peu, dans les éléments de la partie centrale des masses glandulaires, se déposent des gouttes de graisse, et ainsi se forment ces masses jaunes graisseuses qui marquent la dégénérescence dite caséeuse des ganglions. Cette altération n'implique nullement la tuberculose.

I^ymphadénome. — Ce mot a été employé par beaucoup d'auteurs pour désigner une foule de tumeurs qui n'ont entre elles aucun rapport, et dont la plupart n'appartiennent pas au système lymphatique. Partout, en eiïet, où l'on a rencontré des corps (ibro-plastiques anastomosés, certains auteurs ont vu là des lymphadénomes. Or, ces éléments sont accessoires ; ce qui est fondamental, c'est le caractère des éléments inclus dans le réticulum.

Le lymphadénome est une altération des ganglions lymphatiques de

SYSTÈME I.YMFHATIOIIE. ÔiW

même nature que le cancer épithélial des glandes en général. Il est caractérisé par une multiplication des éléments nucléaires épithéliaux (quelque nom qu'on veuille leur donner), formant des involutions, avec des bourgeons envahissants dans Tintérieur des tissus périphériques. Aussi ces tumeurs sont-elles adhérentes aux parties périphériques par une foule de prolongenients ; elles pénètrent les muscles, la peau, les os, etc.

Les éléments qui les constituent, ont identiquement la forme et les caractères des cellules normales du ganglion ; leréticulum des corps fibroplastiques s'y retrouve aussi plus ou moins développé.

Ces tumeurs se forment dans les régions où normalement il existe des ganglions, ou bien dans certaines régions où les seuls ganglions qui peuvent se rencontrer sontmicroscopiques. Elles sont la plupart du temps d'une malignité exceptionnelle, et à ce sujet je pourrais rappeler un fait bien remarquable dont j'ai été témoin.

Une tumeur do ce genre avait été enlevée sur la face antérieure de la cuisse, par le professeur Gosselin, chez une jeune fille de dix-neuf ans, qui, en dehorsde cela, avaittousies attributs d'une belle constitution. Un fragment de cette tumeur fut soumis à mon regretté ami Ch. Legros. Il y trouva les éléments spéciaux et la trame des ganglions ; ce tissu de formation nouvelle était infiltré dans les muscles. De cet examen il conclut à une tumeur très-maligne, ce qui semblait en contradiction avec l'observation clinique. Or, quinze jours après la malade mourut, et il existait des productions de ce genre dans tous les organes.

Mais la malignité n'est pas absolument liée à une forme anatomique pas plus qu'elle n'est liée à certaines maladies, qu'elles s'appellent cancer, fièvre typhoïde, ou variole.

Altération» de» plaque» de Peyer et de» follicule» de rinte»tln. — On rencontre dans trois maladies principales un gonflement hypertrophique considérable des follicules de la muqueuse intestinale. Au premier aspect ces altérations peuvent présenter des analogies ; mais elles diffèrent au fond les unes des autres par les modifications histologiques des follicules.

Dans la fièvre typho'ide^ ces petits ganglions sont le siège d'une congestion périphérique intense, ce qui détermine la formation d'un gi*and nombre de noyaux du tissu conjonctif ; dans certains cas ces éléments étant même très-multiplés on pourrait confondre cette altération avec celle de la tuberculose.

Mais ce qui caractérise surtout la lésion propre à la fièvre typhoïde, c'est une exsudation de matière amorphe considérable, donnant à l'en-

'yO-l TRAITÉ d'anatomie générale.

>^t;iublo du ganglion un aspect grisâtre et granuleux. Quand il a, par suite dv M)u hypertrophie, dépassé la surface de la muqueuse, celle matière amorphe se désagrège et tombe. Le ganglion se vide alors, el il reste une ukvration proportionnelle au volume que celui-ci occupait primitivement.

Dans la lul)erculose^ la lésion est caractérisée essentiellement par la génération d'un nombre considérable de noyaux du tissu conjonctif, formant des amas qui se délruisent peu à peu, suivant le processus que nous avons exposé à propos du tubercule (voy. Tissu lamineux). Ces noyaux se développent surtout dans le follicule, mais on en trouve aussi un grand nombre en dehors de lui, dans la couche sous-muqueuse, sur la séreuse ; et souvent des traînées de noyaux unissent le follicule à la granulation qui siège en dehors des tuniques deTintestin. H est certain qu'il peut être difficile de distinguer quelquefois ces lésions de celles delà fièvre typhoïde, où, nous l'avons vu, des noyaux analogues peuvent se former aussi en grand nombre dans les plaques de Peyer ulcérées ; mais dans cette dernière maladie, les noyaux ne constituent jamais de granulations tuberculeuseSt c'est-à-dire ces amas subissant la dégénérescence graisseuse dans leur partie centrale dès qu'ils ont atteint un certain volume.

Dans les cas les plus complexes en apparence, il existe encore des caractères différentiels. Aussi faut-il se mettre en garde et ne pas accepter à priori, avec certains auteurs, cette idée que les deux maladies évoluant parallèlement peuvent se manifester par une lésion commune. Lorsque deux maladies coexislent sur le même sujet, leurs manifestations n'empruntent pas leurs caractères anatomiques à l'une et à l'autre. C'est là une loi générale de la pathologie, suffisamment prouvée par la seule expérience, pour qu on hésite à admettre le contraire sans preuves absolument positives.

(Voy., pour les lésions de la leucocythémie, à l'article Leucocyte).

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