‹ Traite d'anatomie generale appliquee a la medicineChapitre 90 sur 101 · UESCIUPTION DU SYSTEME LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

UESCIUPTION DU SYSTEME LYMPHATIQUE

Un ensemble de canaux commençant à la périphérie par des réseaux capillaires fermés, se continuant par des troncs collecteurs qui vont se jeter, après avoir traversé des fjaîiglionSyddns le système veineux, représente le système lymphatique.

Chez l'homme, lous les lymphati(|ues aboutissent a deux troncs colleC' leurs situés le long de la colonne vertébrale et en arrière de l'œsophage. Pour le côté droit, c'est la gi'ande veine lymphatique, et pour le côté gauche, le canal Ihoracique (voyez, pour la description de ces canaux, les traités d\inatomie descriptive). Le canal thoracique reçoit les lymphatiques des membres inférieurs, du tube digestif, des poumons, du cœur, du membre supérieur gauche, de la région cervicale et faciale, ainsi que de la paroi thoracique du môme côté. La grande veine lymphatique reçoit seulement les lymphatiques du membre supérieur droit, de la moitié correspondante du thorax et de la tête, des vaisseaux du poumon droit et ceux de la moitié droite du diaphragme.

Les IjTnphatiques des membres sont disposés sur deux plans ; aussi peut-on les diviser en superficiels et profonds. Les premiers sont dans la couche du fascia super ficialis, avec les veines sous-cutanées ; les autres accompagnent les artères. Ces deux ordres de vaisseaux convergent vers la racine des membres, où ils se jettent les uns et les autres dans des ganglions nombreux ; au-dessus de ces ganglions se trouvent d'autres troncs collecteurs qui vont aboutir au canal thoracique ou à la grande veine lymphatique.

Les réseaux d^origine sont représentés par des canaux parfaitement délimités, et dont nous verrons plus loin la structure. Ils sont tout à fait comparables aux réseaux capillaires sanguins. Ce ne sont ni des lacunes ni des interstices entre les éléments; mais des conduits très-bien définis. Ces réseaux sont plus ou moins serrés, suivant les régions. Leur développement est proportionnel, en général, à celui des capillaires sanguins; ainsi ils sont très-nombreux et très-fins à la pulpe des doigts, sur les lèvres, les ouvertures des narines, etc., et d'autres régions des téguments, pour lesquelles une étude détaillée est faite dans les traités d'anatomie descriptive (voy. Sappey, 3* volume). Nonseulement les tissus riches en vaisseaux sanguins le sont aussi en lymphatiques, mais encore ces deux ordres de vaisseaux suivent souvent un trajet parallèle et sont accolés les uns aux autres. Cette disposition est surtout accusée chez les batraciens, dont presque toutes les artérioles et les capillaires sont enveloppés par un conduit lymphatique. Elle se retrouve chez l'homme dans certaines régions. Dans quelques parties il y a simple accolement , dans d'autres engatnement. Il faut tenir compte de ces faits pour expliquer le passage des liquides et des substances non dissoutes, des graisses, etc., du sang, dans la lymphe. Sur toute la superficie des téguments on retrouve des réseaux lymphatiques, mais beaucoup moins serrés que dans les régions dont nous venons de

48(» TRAITS D'ANATOHIE GÉNÉRALE.

parler. Dans certaines muqueuses, les lymphatiques sont très-abondanl!%: sur la langue, le voile du palais, l'inlestin, l'estomac, la pituitaire, etc. Dans la trame des membranes séreuses, ils sont très-peu développés; M. Sappey nie même leur existence. Mais j'en ai injecté dans la luniqu<^ vaginale, et sur les coupes de la surface de l'utérus, il est facile de voir que quelques-uns de ces vaisseaux occupent l'épaisseur de la séreuse.

Les synoviales n'en possèdent pas. Les parois internes des artères, des veines, l'endocarde, en sont aussi dépourvues. Certaines membranes fibreuses, comme ta tuniijuc albuginée du testicule, le péricarde fibreux, sont riches en lymphatiques.

On les trouve aussi en abondance dans les parenchymes : le rein, le foie, le poumon. Ils existent dans les- muscles, et si l'on n'a pu encore injecter ceux des muscles des membres, il a été possible du moins de suivre des conduits volumineux jusqu'à eux. En tous cas, le diaphragme est très-riche en lymphatiques. Il en est de même des muscles lisses, qui en renferment un très-grand nombre et de très-fins. Ainsi la tunique musculaire de l'intestin est excessivement riche en vaisseaux lymphatiques; il en est de même des parois musculaires du cœur. On n'a pas encore pu les voir dans les os et dans certaines membranes, comme la choroïde et la rétine. Dans le système nerveux central, leur existence n'est pas prouvée d'une manière bien évidente. Nous verrons, en étudiant le cerveau, quels sont les conduits qui peuvent passer pour des lymphatiques : mais il reste à montrer encore où se fait l'abouchement de ces vaisseaux dans le systirac veineux.

SYSTÈME LYMPHATIOl'E. 487

Nous renvoyons aux articles séreuses, muqueuses, système nerveux, muscles, etc., pour la description des lymphatiques correspondant à chacun de ces tissus.

Mfmiènke lymphatique dau» la «érie animale. — Chez l'homme, le système lymphatique ne s'ouvre que par deux conduits dans le système veineux ; mais il n en est pas de même pour tous les animaux. Déjà chez les mammifères il existe probablement d'autres communications. Chez les oiseaux elles sont nombreuses; mais chez les reptiles, et surtout les poissons, elles sont bien plus multipliées. Au niveau de l'abdomen il existe des anastomoses fréquentes entre les deux systèmes.

Ce système de vaisseaux se montre chez tous les mammifères avec des dispositions qui diffèrent peu de celles qu'il offre chez l'homme; mais chez les autres vertébrés les différences sont déjà très-accusées. A mesure qu'on s'éloigne des vertébrés supérieurs, les canaux lymphatiques sont de plus en plus volumineux, mais les ganglions disparaissent. Chez les oiseaux, ces glandes sont réduites à un très-petit volume; chez les reptiles, on n'en voit plus que quelques traces, et seulement chez les crocodiliens.

Chez les batraciens, on trouve de vastes renflements sur les conduits, formant ce qu'on appelle les sacs lymphatiques. Ce sont de véritables canaux munis de parois propres sur lesquelles on peut mettre en évidence l'épiihélium caractéristique, et non de simples lacunes ou interstices entre les tissus. Ces sacs peuvent envelopper des organes volumineux, comme l'aorte, l'œsophage. En même temps la plupart des vaisseaux sanguins périphériques sont engaînés pour ainsi dire par des vaisseaux lymphatiques. Ces animaux possèdent en outre des cœurs lymphatiques.

Les anguilles ont des cœurs lymphatiques avec des fibres musculaires striées. Les batraciens en présentent quatre : deux antérieurs sur les apophyses transverses de la troisième vertèbre, au-dessous de l'extrémité postérieure des omoplates; ils communiquent avec des veines qui se jettent dans les veines jugulaires ; les deux postérieurs, qui existent aussi chez les salamandres, les lézards, les ophidiens, les chéloniens et les crocodiles, sont sous-cutanés, dans la région sciatique et derrière les os iliaques. Les plagiostomes ont des lymphatiques très-déveioppés, avec peu de valvules, et ces canaux offrent des communications multipliées avec les veines (1).

(1) Chez les raies, il existe, d'après M. Sappcy, des sortes de cœurs lymphatiques trèsnombreux le lonjç des réseaux do Testomac.

488 TRAITÉ D*ANATOMlE GÉNÉRALE.

Chez les vertébrés inférieurs, nous avons vu que l'appareil circulatoire sanguin était moins complet que chez les mammifères ; il tend h s'amoindrir aux dépens surtout du système artériel. Exisle-l-il une corrélation entre la diminution de ce système et l'augmentation du volume des canaux lymphatiques ? Inversement, chez les invertébrés, où le système circulatoire sanguin se simplifie au contraire aux dépens des veines, y aurait-il un rapport inverse? Le système lymphatique perdrait-il de son importance en même temps que le système veineux? Ce sont là des questions à étudier ; mais, en tous cas, il n'est pas permis de dire à priori, avec certains auteurs, que le système lymphatique est un système circulatoire fondamental, et que le système des vaisseaux sanguins n'est qu'un système de perfectionnement. On n'est pas autorisé à affirmer, avec .M. Ranvier, ([ue les invertébrés n'ont qu'un système lymphatique, en partant de cette idée que la lymphe est le liquide nourricier par excellence des éléments. Ce n'est pas parce que le sang des invertébrés est incolore qu on doit l'assimiler à la lymphe.

Les vaisseaux sanguins des invertébrés ne sont nullement comparables aux lymphatiques des vertébrés. En effet, partout où ils existent, ces vaisseaux se rendent à un appareil respiratoire branchial ou pulmonaire. Le liquide qu'ils renferment est donc apte à subir l'hématose, comme le sang des vertébrés. Or, la lymphe, chez ces derniers, ne vient au poumon que mélangée au sang, et c'est ce liquide seulement qui possède les éléments destinés à l'absorption de l'oxygène. D'ailleurs, chez les invertébrés on trouve de l'hémoglobine dissoute dans le plasma. Celle substance, qui représente le véritable agent do l'hématose, n'a jamais été signalée dans la lymphe. Ce qui fait qu'un liquide doit être considéré comme du sang et qu'il peut en posséder les attributs physiologiques, c'est qu'il absorbe l'oxygène. Or, les rapports entre l'appareil rcspimtoire et l'appareil des vaisseaux sanguins qui existent chez les invertébrés prouvent manifestement que leur sang possède des propriétés spéciales que jusqu'ici personne n'a démontré appartenir à la lymphe. Ainsi, chez les gastéropodes pulmonés, le sang se rend à un véritable poumon. Ce liquide offre donc, physiologiquement et anatomiquement, les mêmes rapports avec l'organe de la respiration que chez les mammifères. Chez les crustacés, le sang se distribue à des branchies; chez les insectes, il se met en rapport avec l'air des trachées : c'est donc bien du sang et non de la lymphe. Ainsi, celte hypothèse est une simple vue de l'esprit et ne repose sur aucune preuve anatomique.

Des réseaux d^origine. — Les réseaux d'origine des lymphatiques

les capillaires s:

SYSTÈKE LVMPBATIOrE. 48W

sont foiiTiés, en généi-nl, par des conduits plus volumineux el disposés en mailles plus larges que ceux des capillaires sanguins.

Ces conduits sont in-éguliers dans ieui's dimensions et leurs Tomies. Les uns sont cylindriques, les autres variqueux, bosselés; aucun d'eux n'est muni de valvules.

Dans certains tissus, il est dillieile de voir au juste oit commencent les réseaux d'origine ; cai- après les Irones rectilig;nes munis de valvules, on trouve souvent des réseaux irré§;uliers formés aussi par des vaisseaux dt'yà assez lins et possédant encore des i-eplis valvulnircs. Plus loin encore on arrive à des rameaux d'une finesse exlrème, el qu'il est dîflioilc d'injecter entièrement (voy. fig. 207).

Les capillaires lymphati<|ues sont formés, guins, par une seule eouchc de cellules épiihéliates aplaties (voy. fig. 200). Ce sont des éléments allongés dont les bords très -irréguliers sont découpés en festons, leurdonnant un aspect qui rappelle un pou celui d'une feuille de chénc C'est ainsi qu'ils se présentent dans les préparations au nili-ale d'argent. Leurs dimensions varient de 0"",0f) à O^-'.Oide long sur 0-",008 il 0"'",0i de large.

En dehors de la simple couclic de cellules épititéliales, il y a

encore lieu de se demander s'il n'cxislc pas une paroi propre, pour les capillaii-cs sanguins. Cette hypothèse est d'autant plus admissible que CCS réseaux supportent dans les injections au mercure de très-fortes pressionssansseromp]-G(voy. dansl'^ftnrowiedcSnppcy ctdansleT'fïftfe tilt microscoiie de Ch. Hobin, les procédés d'injection des lymphatiques).

La forme des cellules épithéliales des lymphatiques est très-caractéristique; elle se retrouve dans tonte l'étendue de; ces vaisseaux. Elle peut servir, la plupart du temps, ii déterminer la nature d'un conduit que l'on supposerait être sanguin ou lymphatique. {Néanmoins, dans certains canaux, rcpilhélium se rapproche pur sa forme de celui des vaisseaux sanguins. Dans les gaines lymphatiques des batraciens les cellules de l'épithélium ne sont i>as découpées eu festons; il en est do même chez certains poissons osseux.

•WO TRAITÉ D'ANATOMIE (iÉNKRALE.

En dehors de ces réseaux, il est cerlain qu'il existe dans beaucoup de régions des conduits plus fins et disposés à peu près de la même façon. Sur les injections au mercure de la peau, on voit de distance en distance, au-dessus d'un réticulum à mailles assez larges, des sortes d'arborescences excessivement fines : ce sont les réseaux des papilles que le mercure ne

FiG. 207. — Vaisseaux lymphatiques de la couche musculaire de Tinlestin. Les réseaux lymphatiques sont très-fms et les troncs collecteurs présentent de nombreuses valvules.

pénètre pas toujours. Ces vaisseaux ont été vus par M. Sappey avec d'autres procédés que les injections, il les a décrits sous le nom de lacunes et de capillicules. Deux anatomistes anglais, en 1877, M. et M^'Hoggan.onl préparé ces mêmes vaisseaux au moyen du nitrate d'argent ; et sur leurs préparations on reconnaît toujours l'épithélium caractéristique des lymphatiques. Ils n'ont point vu les communications avec les vaisseaux sanguins dont parle M. Sappey.

Il est probable que dans beaucoup de tissus on pourrait démontrer l'existence de lymphatiques plus fins que ceux qu'on injecte habituellement, mais il résulte de toutes les recherches faites sur ces vaisseaux qu'ils se présentent toujours, quelque fins qu'ils soient, comme des conduits fermés avec un revêtement épithélial parfaitement déterminé. Par

SYSTÈME LYMPHATIQUE. 4'.l|

contre, les auteurs qui ont parlé deces larges communications des lymphatiques avec le tissu conjonctif, n'ont jamais pu démontrer l'existence d'un épitbélium analogue dans les prétendues cavités de ce tissu ; et jamais ils n'ont pu fournir un dessin représentant un capillaire lynipliatique venant s'y aboucher. Si les injections ont souvent de la peine à atteindre les réseaux à cause des valvules des petits conduits cxiUeclcurs, les préparations au nitrate d'argent les mettent Tacilenient en évidence dans la plupart des membranes. Or, sur ces préparations les capillaires lymphatiques se présentent toujours comme des réseaux parfaitement continus et bien fermés.

TalsscftHx collectcarst — Les vaisseaux collecteurs se reconnaissent facilement à leur direction rectiligne, à leur volume et aux valvules nombreuses qui les cloisonnent de distance en distance. Ils sont plus régulièrement cylindriques que les capillaires des ré seaux, sauf les dilatations qu'ils présentent au niveau des valvules.

Les valvules sont disposées par paires, c^mme celles des veines, mais elles se succèdent dans le même ordre sans alterner d'un niveau à l'autre cornu e dans ces dernières.

La paroi des conduits col lecteurs est Irès-résistante mais leur stnicture n'a pas encore lIp complètement et idiee hur les plus lins, à part t'épilhélium qui est toujours le même dans toute 1 étendue du système, on trouverait, d iprt,s les luteurs quelques fibies musculaires et des libres élastiques abon tantes Les plus \olumineu\ lomnic ceu\ qui sont situés dans la cou be sous-cutanee de 1 aMnl bras de la cuisse ont, en outre, une tunique adventice de hbies lami leus s et d s \asa vasorum. Aussi peuvent ils ttre le sie^e d mtlammat ons en ttus po nts comparables à la phlébite. Dans un cas d'érysipèle j'ai vu en effet les vaisseaux collecteurs du membre inférieur, depuis la jambe jusqu'au triangle deScarpa,gros comme une plumed'oie, remplis de pus et couverts d'arborisations vasculaires visibles à l'œil nu.

Le canal tboraciquc est formé d'une seule tunique homogène, élastique.

a 'W — Coupe ilu canal Ihnrac que d ehc al — a tun que nteme d (Ibres muïcu rcs de la t n que nti n c Dbrc) musGula res long lu 1 nalcs il lu n que at enicc b Bb es laslqucs de la tun q o

■492 TRAITÉ D'aKATOMIB fifortHAI-K.

traversée par des filires plastiques qui Tormenl un réseau serré sur la Tare externe. Chez le chien je n'ai pas vu de libres musculaii'es ; mais chez le cheval il existe quelques faisceaux transversaux qui parcourent la tunique interne. Dans la tuni(|ue externe, entre le.s fibres élastiques, on voit aussi des fibres lt)ii<!;itudiiiales, mais nulle part on ne rencontre de vérilahlc tunique musculaire coin|)arable àcellc dos vaisseaux san^iiis. Chex cet animal, on peut reconnaître deux tuniques au canal thoracique : l'irtterne, analogue il la tuniquo de Ilichat des veines ; IVxteine ou adventice, Tormëe surtout de fibres élastiqui^s transversales et longitudinales.

Stractnre den cnnsItonH. — Les ganglions lymphatiques peuvent être considérés, d'une fnçon générale, comme des réseaux de capillaires lyniphaliques dans les mailles desquels seraient accumulés des éléments spéciaux de nature épitliéliale. Il en résulte par conséquent qoc les ganglions offrent, par rapport aux vaisseaux lymphatiques, tes dispo-

mM

Pic. SVU. — CoLipe d un gniiglia > Ivmpl at que Hlguru d mi iîcI u natiqup) — a, Ibnn glaniluluircs fartnaDl les ruiljctiles el a aaaMo iiusaiit en réseau ila i$ 1 1 porlion ciédullaire; b, tinui tjinphaliquos enloiiritiit les nmis tlandulnire*! r vaisseaux snnguîni.

aitions générales qu'ont les glandes vasculaires sanguines, rctativenient aux vdsseaux sanguins.

Les gaiij^lions examines sur le cadavre dans les conditions normales ont tout au plus le volume d'un gros pois ; un grand nombre sont beaucoup plus petits. Il est probable même quVn dehors des glandes visi-

blesà rœil nu, il s'en trouve beaucoup de microscopiques, comme ceux des muqueuses intestinale et stomacale. Dans certaines régions du corps, etc., on voit en effet, lors des lymphangites des membres, se former, sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, des indurations qui ont toutà fait la consistance, le volume, la forme des ganglions, et dans des régions où jusqu'ici la dissection n'a pas montré de glandes de cette espèce. Il est donc probable que ce sont des ganglions très-petits, disséminés sous la peau et qui s'hypertrophient par le fait de l'inllammation.

La couleur du ganglion est gris rougeàtre. Sur la coupe à Télat frais, on peut lui distinguer une sorle d'enveloppe fibreuse, les prolongements intérieurs de cette coque et une portion glandulaire.

Les éléments fondamentaux du ganglion sont des cellules sphériques de 0'"'%00r) à 0'"'",007 de diamètre, sans nucléole, pâles, transparentes, à contours bien arrêtés, et faciles à distinguer des leucocytes avec lesquels on les a souvent confondues. Ces éléments dont nous avons donné la description (page 152) sont désignés souvent sous le nom de cellules lymphoïdes, ou cellules du tissu lymphatique.

Ces dénominations ne sont pas acceptables, en ce sens qu'il n'y a pas de tissu lymphatique à proprement parler.

En étudiant comparativement la structure de. toutes les glandes vasculaires sanguines, comme la thyroïde, le thymus, les capsules surrénales, les amygdales, on verra que les ganglions offrent des analogies évidentes avec ces différents organes; seulement les éléments vasculaires sont représentés dans les ganglions par des réseaux lymphatiques, et dans les glandes par des réseaux sanguins. Il est donc très-probable que les amas de cellules interposées à ces réseaux agissent sur les liquides (|ui les parcourent, à peu près de la même façon chez les uns et les autres, et que, par conséquent, ces cellules des glandes vasculaires sanguines et celles des ganglions appartiennent à la même famille. Or, il est incontestable que les éléments de la thyroïde, des capsules surrénales, des amygdales, d'après leurs formes, leurs réactions, leur mode de développement, sont des épithéliums.

Quant à assimiler les cellules des ganglions à des leucocytes, c'est une hypothèse qui n'a aucun fondement (voy. page 152).

Les parties accessoires des ganglions sont : les vaisseaux sanguins et lymphatiques, disposés sous forme de sinus, des libres lamineuses, des corps fibro-plastiques et des libres musculaires lisses.

La texture d'un ganglion peut être représentée schématiquement d'une façon très-simple. Supposons, en effet, un lymphatique afférent pénétrant

401 TKAITÉ DANATOMIE GÉNÉKALE.

dans le ganglion par la surface externe. Ce lymphatique se renfle tout à coup en ampoule, après quoi il reprend sa forme et ses dimensions primitives i)our former le vaisseau efférent.

Au centre de lampoule, supposons encore une masse glandulaire suspendue par de Unes Irabécules qui la retiennent à la surface de l'enveloppe; enfin, de dislance en distance, des vaisseaux sanguins traversant celte sorte de sinus enveloppant et se distribuant à la masse glandulaire centrale.

Ainsi se trouve représentée une des parties constituantes du ganglion. Mais toutes ces masses glandulaires se prolongent vers le centre, avec les sinus qui les entourent, et elles s'envoient des sortes d'anastomoses, d*où résulte un réseau de sinus lymphatiques s'abouchant avec les troncs collecteurs. Telle est la structure générale d'un ganglion lymphati(|ue ; étudions en détail les dispositions de chaque partie.

Le tissu du ganglion présente à étudier :

La partie glandulaire, les sinus lymphatiques, les vaisseaux sanguins, la trame de tissu conjonctif.

Les parties glandulaires se présentent sur les coupes de ganglions Irais avec Taspect de la substance cérébrale. Elles sont disposées en amas piriformes, dont la grosse extrémité est tournée vers la surface convexe, Textréniilé eflilée vers le hile.

Lorsqu'on examine une coupe fine, on aperçoit par conséquent, à coté les unes dés autres, et séparées par du tissu conjonctif, des masses renflées, tournées en dehors et envoyant vers la partie centrale des prolongements qui s'unissent les uns aux autres.

Ces renflements portent le nom de follicules. Leur dimension varie de ()nim 2 à ^ millimètres. Ils sont formés par une trame spéciale et parles éléments épilhéliaux dont nous avons parlé en commençant.

La trawe est représentée par un réseau très-élégant de cellules fibroplasli(|ues fusiformes ou étoilées, anastomosées par leurs prolongements. Sur les limites du follicule, cette trame se condense de plus en plus, de façoji à former une sorte de membrane limitante, qui représente la paroi folliculaire des sinus lymphatiques; car ces amas glandulaires sont toujours, ainsi (|ue nous l'avons dit en commençant, complètement suspendus au centre de la dilatation du sinus lymphatique.

Dans les mailles du réticulum sont entassées sans ordre déterminé les cellules épilhéliales. Elles sont assez nombreuses pour que celui-ci soit masqué complètement, et il faut des artifices de préparation pour l'apercevoir. Il est nécessaire, lors(|u*on a l'ait une coupe de ganglion, de chasser avec un pinceau toutes les cellules comprises dans le réticulum.

SlîiTEHK LIUPIIATIOIIE. 495

L'ensemble de ce rOUculun et de c«s. cellules conslilue ce que KùUiker et Ilis ont appelé le lissu cytogène, réliculum lymphatique, ou substance adénoïde. Ce lissu n'est pas spécial aui ganglions; il se retrouve dans certaines glandes vasculaires sanguines. Néanmoins il ulTre, au point de vue anatomique, des caraclcres bien déteiminés, mais à la condition que

. 310. — CuupR d'itii ganglion lymphatique a :, masses glandulaires diiqiosiies en réseau cl X sanguins ; e, nrtérioles Iravcrsanl k

ces deux éléments constitutifs, leréticulum et surtout les cellules incluses, s'y prcsenlenl réunis.

I^s follicules glandulairas se prolongent vers la partie centrale, el, arnvcs ù peu près au niveau de la moilié de l'épaissour du ganglion, se partagent en plusieurs branches qui vont de l'un à l'autre el forment ainsi une sorte de large i-éseau glandulaire. Mais ces dispositions n'unt rien d'absolument régulier.

Sinus lymphatii/ues. — Les sinus lymphatiques se présentent sur les coupes comme des espaces vides, rcgulit'rs, entourant la partie renflée des follicules el leurs prolongements dans la substance médullaire. Là où ces prolongements s'anastomosent, les sinus lymphatiques communiquent aussi d'un follicule à l'aulre. Ainsi la partie médullaire du ganglion est formée par un double réseau de sinus et de masses glandulaires, les premiers renfermant les secondes la plupart du temps.

La hauteur des sinus autour des follicules est de 0"",0I à U"'°',U2. ils

i% TRAITÉ D ANATOMiE GÉNÉRALE.

reçoivent, au niveau des parties renflées des follicules, les lymphatiques aflerents qui pénètrent, ainsi qu'on le sait, par la face convexe du ganglion et s'abouchent, par Tintermédiairedu réseau central, avec les lymphatiques ellérenls qui sortent au niveau du hilç.

Les parois des sinus lymphatiques sont formées de deux couches :

1" Une couche do tissu conjonctif;

"i"" Une couche épithéliale.

La couche de tissu conjonctif est formée, sur la face externe, par la trame conjonctive intermédiaire aux follicules ; sur la face interne, par le réticuium épaissi, qui, nous Tavons vu, limite du côté du sinus la masse glandulaire.

Mais, en outre, le siims est traversé de distance en distance par de nombreuses colonnetles unissant les parois opposées et se continuant en dedans avec le réticuium : ce sont des corps tibro-plasliques disposés aussi en trabéculesel identiques à ceux qui forment la charpente des follicules.

La couche épithéliale est la même que celle de tous les canaux lymphatiques ; elle tapisse toute la surface des sinus et les colonnettes qui traversent sa cavité. '

Vaisseaux sanyuins, — Les vaisseaux sanguins vont se distribuer presque exclusivement à la substance folliculaire. Ils traversent la cavité des sinus, soit au niveau des prolongements de la partie centrale, soit sur les faces convexes des rendements corticaux. De telle sorte que lorsqu'on étudie la disposition des vaisseaux sanguins des ganglions, en quelque point que ce soit, on les trouve toujours au centre d'un sinus lymphatique qui les accompagne jus(|u'au follicule, ou au centre d'un amas do substance glandulaire. Les vaisseaux pénètrent dans le ganglion par le bile et par la capsule. Dans les cloisons conjonctives interfolliculaires ils s'anastomosent entre eux. La substance glandulaire elle-même n'est pas Irès-vasculaire. En cela les ganglions lymphatiques diffèrent essentiellement des amygdales, des follicules clos de la base de la langue ; car dans ces organes on trouve, au contraire, des capillaires extrêmement nombreux et très-larges. Ici, par contre, les mailles des capillaires sont grandes et mesurent quatre à cinq fois le diamètre des vaisseaux limitants.

Enveloppe des ganglions, — La capsule du ganglion est formée de tissu conjonctif plus ou moins serré, renfermant des corps fibro-plastiques, desfibresélastiquesetdes vésicules adipeuses à la périphérie. Cette capsule se prolonge dans l'intérieur du ganglion sous forme de cloisons qui pas» sent en dehors des sinus et arrivent jusqu'au bile. Les cloisons ont la

même texture que la capsule. Oii y rencontre des fibres musculaires lisses, d'après His, mais seulement dans les ganglions inguinaux, axillaires et mésentériques du bœuf. •

En résumé, on voit que les ganglions lymphatiques, d'après leur constitution, pourraient être appelés glandes vasculaires lymphatiques; à sup- |)oser, en effet, que la lymphe fût remplacée par du sang dans Tes sinus, on aurait presque la disposition des glandes vasculaires sanguines. Si Ton peut arriver à démontrer que ces dernières fabriquent des principes immédiats qui sont versés dans le sang et qu'elles travaillent ainsi à la constitution du plasma, on devra accorder le même rôle aux ganglions lymphatiques.

11 faut remarquer encore ce fait qui démontre assez que la lymphe n'est pas un liquide nourricier, comme le disent certains auteurs : c'est que dans les ganglions, malgré le développement considérable des sinus lymphatiques, la lymphe suffit si peu à la nutrition des éléments, qu'il existe encore un réseau assez riche de capillaires sanguins au milieu de la substance glandulaire.

On doit considérer comme ganglions lymphatiques les plaques de Peyer, les follicules isolés de l'intestin grêle, de l'estomac et du gros intestin, les glomérules de Halpighi, de la rate.

Mais les follicules de la base de la langue, des amygdales, de l'an'ièrecavité des fosses nasales, de la trompe d'Eustache, ne sont point des ganglions lymphatiques ; ce sont des glandes vasculaires sanguines, de même que la rate, les capsules surrénales, etc. Les injections n'ont jamais pu y démontrer un réseau lymphatique comparable à celui des ganglions.

Sur les injections de lymphatiques de la langue, du voile du palais, etc., qui se font avec la plus grande facilité, on voit des vaisseaux très-gros et très-nombreux passer autour des follicules de la base de la langue et des amygdales, sans les pénétrer. M. Sappey n'a jamais pu y faire entrer le mercure , soit en injectant les réseaux périphériques, soit par piqûre directe. Or, dans ces conditions les ganglions véritables s'injectent trèsfacilement. Mais, par contre, dans toute cette région du pharynx si riche en follicules microscopiques, il existe chez certains carnassiers et tout au moins chez le chien des glandes vasculaires sanguines, offrant les mêmes éléments épithéliaux et extrêmement vasculaires (voy. Glandes vasculaires sanguines).

Développefnent des ganglions. — Laulh (Strasbourg, 1824) et Engel en 1850, avaient vu que les ganglions lymphatiques débutaient par des réseaux de capillaires lymphatiques, au milieu desquels se forment les

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