‹ Traité d'anatomie générale: théorie de la structure embrassant lesChapitre 1 sur 13 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

DANATOMIE GÉNÉRALE.

C'est depuis un demi-siècle environ que la dénomina* lion d'anatomie générale fut employée pour la première fois par Bichat, en tête d'un traité dont le principal objet était la connaissance des diOerents tissus composant les organes de l'homme et des animaux supérieurs. Un tel titre, pour la biologie, annonçait une révolution aussi profonde que celle accomplie , dans la mathématique , près de deux siècles auparavant, par le chef de la philosophie moderne. Jusqu'à Descartes, en effet, les questions géométriques ne comportaient que des solutions spéciales, où le même problème devait être résolu de nouveau dans tous les cas connus, sans qu'on pût utiliser, faute d'une appréciation abstraite, ce qui leur était commun. De même, avant Bichat, sauf quelques vues générales sur la forme, considérée relativement à des parties similaires, les mêmes problèmes de structure, de rapport, de connexion, se résolvaient spécialement, pour chaque organe, sans qu'jl fût possible d'envisager une théorie générale de la structure, de la forme ou de toute autre question anatomique. Bichat, pour cette transformation capitale, fit principalement usage des données de l'observation directe et de l'expérimentation pathologique. Là où les faits faisaient défaut , son génie inductif ouvrit des voies lumineuses , et l'on ne peut

2 TRAITÉ D*AKAt(^lfi G)SNÉRALË.

mieux démontrer la profonde influence qu'il a exercée dans la science deis élres vivantl , que pat ritinombréblé quantité àe travaux entrepris sous sa féconde impulsion.

La conception de Bichat renferme, en germe, toutes les grandes théories qui doivent finalement constituer le vrai domaine de l'anatomie générale ; mais , par suite de la plus grande netteté de vues du fondateur, relativement à la notion de structure , par suite aussi de la position logique des problèmes qui se rattachent à cette théorie préliminaire, la plupart des recherches d'anatomie moderne obi porté sur l'analyse des tissus. Cette direction inévitable, trop longtemps suivie, n'a pas tardé à masquer le vrai éâradère de la conception plus systématique de Bichat, et pour beaucoup d'esprits l'anatomie générale n'est plus, aujourd'hui, que Yhistologie. Devant une aussi déplorable méprise , je vais principalement m'attacher , dans cette introduction , à déterminer , aussi rigoureusement que possîh\%i toute la portée de la révolution biologique qui a marqué le conimencement de notre siècle.

Établissons d'abord ce qui doit finalement constituer le Vrai domaine de Tanatomie générale , il nous sera plus factlô ensuite de juger ce qu'on a fait et ce qu'il reste à faire.

Ouand ott ouvre les difilérents traités d'analomie descriptive , dont le caractère est toujours spécial, on voit une même série de questions se présenter dans l'étude des diflêtettts organes, et chacune de ces questions est de noufénit résolue pôulr tous le§ cas particuliers. Or , le point de vue général va simplement consister à les envisager d'une manière fetetraite. Ces questions sont la forme, la position, Vk cûnntônon, le rapport, la ^tructuH, la relation. Deux seulies doivent être ici Tobjet de quelques remarques : la connexion et la relation. La première, bien sentie par Geoffroy Saint-Hilaire, comprend l'étude systématique des liens

IKTRODCCtlON. O

directs établis entre les parties similaires ou dissimibiires. Les articulations , les attaches des ligaments , des muscles, le point d*émergence d'un vaisseau, d'un nerf, ou le point où ils aboutissent, sont autant de problèmes appartenant 4 fétude des connexions. Quant aux relations , elles ont été envisagées, au point de vue physiologique et pathologique, par Bicbat, sous le titre de sympathie^. Anatomiquement, elles ont été surtout Uen senties par Blainville, dans si conception théorique de la série aninmile, o& l'organisation intérieure de l'être se déduit toujours de sa forme exté* rieuipe. Mais, pour que la classification repose sur des bases de plus en plus fixes, il faudra que cette théorie anatomique des relations soit envisagée d^une manière plus précise.

fi pour un point quelconque d'anatomie spéciale, il faut toujours se préoccuper de la forme, de la position, du rapport, des connexions, de la structure, des relations, on sent que Tanatomie générale ne peut être que la théorie de la Corme, de la structure, des connexions , etc., de telle sorte qu'une question quelconque d'anatomie sera ainsi résolue abstraitement une fois pour toutes , puisqu'on s'atta^ ehera à saisir ce qu'il y a de commun entre un grand nom^ bre de prdi)lèates considérés comme distincts, dans l'ana- Vomie descriptive ou spéciale.

L'anatomie générale n'est donc pas simplement Thisto^ logie, puisque dans cette dernière étude, réduite à ses justes proportions, on ne peut que se proposer de découvrir les lois de la texture, et je montrerai plus loin que ce n'est même là qu'une partie de la théorie <le là structure. L'ana*^ lomie générale, véritable anatomie moderne, embrasse d'une manière abstraite tous les pr(rf)lèmes de l'anatomie spédale, en les coordonnant. Aussi comprend-K>n qu'un tel mode n'a pu être conçu que dans un temps très voisin dû nôtre, car pour la science la plus indépendante, la mathé-

h TRAITÉ d'aNATOMIE GÉNÉRALE.

maiique , la généralisation ii'est devenue systématique qu'à partir de Descartes. Nous verrons néanmoins quelles sont les prindpales ébauches qui ont précédé Toravre de Bithat. Il convient seulement, pour mieux les apprécier» de donner plus de précision au classement des questions que se propose l'anatomie générale.

Le but final de la science des êtres vivants, au point de vue statique , est la notion d'organisme ; au point de vue ^ dynamique , la notion de vie» Nous n'avons à envisager ici que les problèmes statiques.

La notion d*un organisme est vraiment liée i celle de sa forme totale par une rdation fondamentale, et, pour employer le langage mathématique, on peut dire que la forme d'un corps vivant est fonction de sa structure. C'est par suite de cette relation qu'on a pu , de très bonne heure, sans de profondes connaissances sur l'organisaticm inté« rieure, ébaucher des classifications d'animaux, pleinement naturelles, au moins pour Tembranchement dans lequel la forme acquiert son plus haut degré de netteté. Cette manière d'envisager le problème général de l'anatomie devra surtout être mise i profit dans l'étude des relations entre les organes dans un appareil , et entre les appareils dans an organisme : pour le moment, je n'ai besoin que d'énoncer cette relati(Hi fondamentale et de l'expliquer dans les cas les plus complexes.

Si nous prenons l'organisme humain , qui , en quelque sorte, comprend tous les autres, nous pouvons dire que sa forme totale dépend de la situation, des rapports, des connexions et des relations d'un certain nombre d'organes de forme déterminée, Des organes reliés par un même but forment un appareil. Les connexions directes entre parties similaires forment un système d'organes. Donc les premiers degrés de décomposition que nous faisons subir à l'orga-

nisme consistent à y distinguer des appareils d'organes, pais les organes eux-mêmes. Mais nous ne sommes pas plutôt en face d'une partie, si limitée qu'elle soit, que la même relation liant la forme totale à la structure se représente pour une partie isolée quelconque, de telle sorte que, pour comprendre la forme spéciale d'un organe, il nous faut en interroger la structure propre.

D'après cette décomposition, la notion d'organisme se trouve ainsi subordonnée à celle d'appareil, la notion d'appareil à celle d'organe , la notion d'organe à celle de tissu. Items les appareils on étudie les relations qui lient un certain nombre d'organes, puis les relations qui lient les appareils eux-mêmes, et la notion d'organisme est en définitive fondée sur la question la plus systématique qu'on puisse poser» sur la relation entre tous les appareils d'un corps vivant. Donc la théorie qui doit immédiatement conduire au problème final, c'est la théorie des relations, ou anatomie générale des appareils.

J'ai dit que la notion d'appareil est subordonnée à cdte d'oi^ne , par conséquent Panatomie générale des organes devra être faite avant celle des appareils. On y fera la théorie de la situation, de la forme, des rapports et des connexions. Enfin, cette anatomie générale des organes devra être subordonnée à la théorie générale de la structure, qui sera basée sur l'étude des substances organiques, des éléments, des tissus, des membranes et des parenchymes.

L'anatomie générale proprement dite comprend ainsi trcMs ordres de questions : les premières relatives aux tissus, les secondes relatives aux organes, les troisièmes relatives aux appareils. Ce conspectus général étant maintenant assez éclairé , je vais indiquer succinctement quel est l'état de l'anatomie générale, et je déterminerai ensuite le plan de la première partie que je publie aujourd'hui pour fonder la

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théorie de la structure, et qui comprend, d'après ce que j'ai dit, l'étude des substances organiques , des éléments , des ^îssus, des membranes et des parenchymes.

. L'opération philosophique d'Âristote , en bioli^e , nous pfire les premiers traits de la généralisation anatomique.

Le génie antique y jette les bases de la classification des animaux, et dans les caractères empruntés à la structure il établit nettement le point de vue spécial et le point de vue général en anatomie. Comparant des animaux de même espèce, il reconnaît que les parties des uns sont semblables aux parties correspondantes des autres, et le rapport qui se trouve d'individu à individu , se trouve aussi de partie à partie. Bientôt la comparaison s'étend à. tous les animaux d*une même classe, c Une autre sorte de ressemblance, dit-il, est celle des animaui^ qui sont de même genre, et qui diSèrent par excès ou par défaut : les oiseaux, les pois* sons, sont des genr^ dont chacun est séparé de l'autre par des différences génériques, et comprend un grand Dçunbre d'espèces, soit d'oiseaux» soit de poissons.

> Dans un même genre, les parties ne sont cçmmunémeqt distinguées que. par des qualités différentes, telles que la couleur et la figure ; une espèce a plus, l'autre a moins des

jpriêmes qualités En général, les éléments qui composent

la masse totale, ou sont absolument les mêmes, ou ne diffè* rent que par l'opposition du plus m moins, c'est-à-dire par exc^'S ou par défaut. »

La généralisation s'étend encore davantage, quand Aristote reconnaît qu'il y a d'autres animaux « dont on ne peut pi^ dire que le$ parties soient de même figure ni qu'elles diffèrent entra elles du plus au moins ; on peut seulement état^ir une analogie entre les unes et les autres : c'est ainsi que la plume étant a l'oiseau ce que Técaiile est au poison , QB peut comparer les pluoies et les écailles » et d?

i9éine les os et les arêtes , les ongles el la corne » la main et la pince de Fécrevisse. »

Enfin, je ne dois pas omettre la distinction par laquelle le chef de la philosophie ancienne commence son outt^ immortelle.

« Les parties de l'animal sont ou simples ou composées. Les premières sont celles qui peuvent ^tre subdivisées en parties similaires : telle est la chair» elle n*offre dans ses divisions que de la chair. Le caractère des secondes ^t 4^ Qe pouvoir être subdivisées en parties similaires : ainsi la main ne se divise pas en plusieurs mains, ni le visage en plusieurs visages. >

On le voit, le double programme de Tanatomie spécial^ et de l'anatomie générale était conçu dans ses principaux points il y a déjà plus de vingt siècles.

L'anatomie des successeurs d'Aristote porte l'empreinte du maître, et l'on peut déjà trouver dans Galien une étude systématique des parties similaires, os, muscles, vaisseaux, nerfs; seulement les détails spéciaux, alors nécessaires, prennent la place des conceptions générales et préparept d'ailleurs les éléments d'une autre systématisation.

Dans la reprise du mouvement scientifique, à la suite des iprandes fondation)^ du moyen âge, Yanatomie des trois vçn^tres n'a qu'un caractère spécial, tandis que 1^ scienee reiprend sa direction générale, dans l'œuvre hardie de Vésale» f)t déjà dans les derniers représentants de son école, Plater, Dionis, Winslow, on trouve syr chaque systèine d'orr gapes un ensemble de vues générales sur la position, la forme, les rapports, les usages, sans que néanmoins on s'y élève à une véritable abstraction.

La théorie de la forme prend bientôt un caractère philo* sophique dans les classifications de Linné, perf^tiqnnées pour les végétaux par Bernard de Jussieu , p^rfcotioniiées

8 TKAITÉ D'ANATOÏdiE GÉNÉliALE.

pour les animaux invertébrés par Lamarck. Quant à la théorie de la structure, elle reçoit tout à coup une vive impulsion, émanée à la fois de la philosophie et de la pathologie. D'un côté , c'est l'étude des propriétés générales des tissus contractiles, fondée par Haller ; de l'autre, les phénomènes pathologiques du tissu muqueux et des membranes, reliés par Bordeu et Pinel. C'est au milieu de ces conditions que Bichat essaie son génie coordinateur dans la conception des membranes. Puis, embrassant le programme général d'Aristote, il fonde sous le titre à^anato^ mie générale l'étude systématique des parties similaires, non seulement au point de vue de la structure , mais encore relativement à la forme , aux rapports et même aux relations. Après Bichat, deux efforts caractéristiques se sont produits, l'un dans la théorie des organes, dû à Geoffroy Saint-Hilaire, l'autre dans la théorie des appareils, dû n Blain ville.

Avant de discuter ce qui est relatif à ces deux dernières parties, je vais parliculièrement m'attacher à déterminer ce qui se rapporte à la théorie de la structure.

Aristote , dans les parties d'un animal , distingue les parties similaires : t telle est, dit-il, la chair ; elle n'offre dans ses divisions que de la chair ; » mais dans cette chair il y 9 le tis«u propre au muscle, du tissu graisseux, aponévrotique, tendineux, des vaisseaux, des nerfs. Si l'on prend l'os, même complication. On voit donc que la distinction d'Aristote, tout en ayant un caractère général quant a la forme, à la situation, aux rapports, aux usages, offre, au contraire, une grande complexité, relativement à la structure. Nous verrons néanmoins que la considération des parties similaires est un degré d'analyse anatomique réel, ayant encore un degré suffisant de généralité.

Bichat , dans son Anatomie générale , à part le tissu cel^

IKThODUCTlON.

lulaire, a toujours considéré les problèmes les plus complexes de la structure. Cependant , quand on remonte au traité de^ membranes, avec les renseignements résultés des analyses modernes, on ne tarde pas à reconnaître que Bichat avait instincUvement saisi , dans la structure , un degré d'analyse plus général que celui d'Aristote. En effet, quand on étudie les tissus proprement dits , on remarque que la forme la plus générale vers laquelle ils tendent, est la forme membraneuse ou par couches. Or, dans les principales membranes , la peau , les muqueuses, les séreuses, la paroi des vaisseaux, la membrane qui tapisse les culs-de-sac glandulaires , on a une superposition de tissus par couches, et l'étude de ces divers genres de formation a évidemment un caractère plus simple que l'étude de la structure d'un muscle, d*un os ou d'une glande. La membrane constitue donc un degré analytique précis dans lequel on étudie les lois d'après lesquelles les tissus en forme de couche se superposent pour la' formation des membranes. Mais dans une membrane, comme dans les parties similaires, nous ne touchons pas encore au degré tissu. Or, depuis Bichat, tous les travaux d'analyse anatomique ont principalement contribué a l'institution de ce degré plus simple, par la découverte successive des éléments anatomiques , et enfin des substances organiques au moyen desquelles se constituent les éléments eux-mêmes. Malgré la grande perfection des recJierches microsco* piques modernes, les études sur les éléments et les tissus n'ont eu, en général, qu'une portée très spéciale, et quand elles sont devenues systématiques, les théories ont pris un caractère tellement absolu, qu'elles ont dû inspirer à beaucoup d'esprits une juste méfiance. D'ailleurs la majorité des observateurs, dominée par l'instrument d'observation directe qui rendait le plus de services , s'e^t abandonnée à

10 TRAITÉ d'a^àTQMII: 6ÉNÉRALfi.

des descriptions minutieuses, sans fin, et bientôt Timpu}-^ sion philosophique de Bichat a été étouffée par Tanatomie dite microscopiquei dans laquelle, en effet, l'observateur o'était plus qu'un miroir passif reflétant loqt ce qui lui arrivait à travers son micros^cope.

Entre les ttiéories absolues et Fanatomie microscopique, il fallait replacer les études sur la structure ; au point de vue de Fanatomie générale, il fallait ramener les esprits dans la route d'Aristote et de Bichat : c'est ce que j'ai essayé de faire dans ]e travail que je publie aujourd'hui.

M'appuyant sur les fondations du passé et profitant des recherches modernes faites avec le plus de sagacité, j'ai construit la théorie de la structure par l'étude successive de cinq degrés analytiques réels et distincts :

Les substances organiques ;

l^s éléments;

Les tissus ;

Les membranes;

Lçs parenchymes.

Dans chacun de ces degrés , je n'ai çu qu'à éviter toute question prématurée ou étrangère au sujet, pour découvrir les lois de la structure, et je me suis toujours placé, autant que possible, dans des conditions pleinement théoriques. Les développements que j'ai placés en tète de chacun des cinq chapitres que comprend cette première partie me dispensent d'entrer ici dans trop de détails.

Le degré le plus simple est , sans contredit , celui dans lequel on considère la substance organique comme directement propre à vivre, sous une forme totale plus ou moins définie. Au second degré, une ou plusieurs substances modelées en cellules, en fibres, en tubes, constituent les éléments anatomiques. Les substances organiques et les éléments une fois connus, on aborde Tétude des tissus, dans

INTROWJ€TJ0N. Il

laquelle on recherche les lois d'après lesqudks ces sak* stances et ces éléments s'agrègent , ou lois de la texture. J)es U^tts étant donnés, on étudie comment ces tissus euxmêmes se rapprochent pour la formation des membranas, jet Ton arrive ainsi à reconnaître les lois de la contexture. Enfin, dans chaque tissu, dans chaque membrane, on étii* die la disposition générale du parenchyme de nutrition, m qui constitue les problèmes les plus complexes de la stme» ture.

Pour Yoijdoir envisager tous ces degré» à la fois, soit i (MTopos d'un tissu, soit à propos d*une membrane , on s'est jusqu'à présent mis dans Timpossibilité d'en découvrir les lois. Gomment, en effet, les saisir pour le cas de la tex^ture, quand on étudie l'épiderme avec la peau, le tissu jaune artériel avec la memlurane des vaisseaux! Comment saisir les lois de la contexture en mêlant à l'étude de chaque membrane tous les détails relatifs au parenchyme de nu^ trition ? C'est en évitant une situation aussi défavorable , et en me renfermant strictement dans chaque ordre de questions , que j'ai pu mettre en évidence , pour chaque degré analytique, des principes extrêmement simples, au moyen desquels on embrasse aussi bien les cas de structure normale que ceux qui se présentent dans les divers produit3 accidentels.

Cette haUtude d'épuiser un sujet , surtout propre à la confection des dictionnaires , a éloigné toute systématisa^ tion en ne permettant de théoriser que sur un point limité et jamais sur Tcaisemble. J'espère que l'ordre général que je propose aujourd'hui pour la structure montrera les avantages d'un mode plus philosophique. Je passe actuellement a quelques indications sur les deux autres parties de l'anar tonne moderne.

Les lois de la structure vue fois étaUiea, on peut abop-

là TRAITÉ d'aNATOMIË OÉNÉRALE.

der, à sa vraie place logique , la Ibéorie des organes dans laqudle la forme spéciale , la position , les rapports , les connexions, doivent être Tolijet d'une appréciation systé*-' piatique.

Pour cette seconde partie, les traités d'anatomie des« criptive exécutés entre Vésale et Bicbat contiennent déjà un grand nombre d'aperçus sur la forme , la position et les rapports, mais ils sont toujours spéciaux à un système d*or* ganes. Bicbat leur a donné un caractère plus scientifique» sans s'élever néanmoins à des tbéories générales. Depuis» le point de vue comparatif a introduit dans cette étude de grands perfectionnements, surtout relatifs à la forme et aux connexions , tandis que la cbirurgie a révélé plusieurs lois importantes sur les rapports.

Quant à la troisième partie, relative à la théorie des relations , elle a été surtout envisagée au point de vue physiologique dans les problèmes de l'action réflexe et des sympathies, et dans tous les phénomènes pathologiques généraux; mais elle doit surtout recevoir une solution d^abord anatomique.

Dans cette dernière théorie , les organes seront d'abord appréciés dans leurs relations par rapgort a l'appareil dont ils font plus spécialement partie. Mais on comprend que beaucoup d'entre eux devront être envisagés par rapport i plusieurs appareils. Le problème y consistera toujours i déduire un appareil au moyen de l'un de ses organes composants. La théorie une fois constituée pour les différents appareils, le même problème, plus complexe , se représentera entre les appareils eux-mêmes. L'appareil de la respiration , par exemple, sera ainsi déduit de l'appareil de la circulation ou même de Tune de ses parties , et finalement le degré d'élévation d'un organisme se déduira de la relation générale d^ appareils entre eux.

iUTBOMJCriOH. IS

Je me contente de ces indications, uniquement destinées pour le moment à mieux faire concevoir Tensemble du domaine de Tanatomie générale, et je passe à Texameo rapide des principaux avantages qui peuvent résulter de la théorie sur la structure que je propose aujourd'hui.

Le point de vue philosophique , dans chacune des trois parties de Tanatomie générale, a déjà pris une certaine extension, surtout dans la théorie des organes, sous Tinfluefice des travaux de Geoffroy Saint-Hilaire. Pour Tétude des appareils , il est surtout manifeste chez BlainviHe , soit dans sa grande institution logique de la série animale, soit dans les conceptions partielles de ce biologiste : sur la peau , par exemple.

Quant à la structure , on ne peut citer que la thémîe de la cellule, dont Fahsolutisme 'sera surtout démontré par mon chapitre sur les Éléments. Je puis donc espérer que, pour la direction moderne des études anatomiques, Texpo» sition complète de la structure, maintenue dans toutes ses parties avec le caractère théorique, aura une salutaire in<fluence. Un autre effet scientifique résulte de ce que le conspectus général que j'(^re pour Tensemble de Tanatomie peut» dès aujourd'hui, servir de base à l'édification de la physiologie générale. Enfin , d'après l'appré^ dation historique précédente , renseignement anatomique peut être , à présent , conçu dans sa marche et son objet.

A ne considérer que la marche logique , il semble qu'on devrait d'abord exposer les lois de la structure; mais on s'aperçoit bientôt qu'à défaut d'études spéciales pré^inû^ nah*es , cette partie offre de grandes difficultés pour l'intelligence. Il faut donc ici se reporter à la marche historique dans laquelle l'esprit humain saisit d'abord les traits généi^ux qui forment In base des premières classifications;

là ÎRAITÉ D^ANAÎPàitfe GÉNÉRALE.

pois > pénétrant dans l'intérieur des êtres vivants , interroge les organes les plus tèssentids au maintien de la vie , puis ceux dont la forme est la plus précise , et cette nécessité pr^laUé des acquisitions particulières se prolonge jusque dans notre siècle. Aujourd'hui, les auteurs d'anatomie descriptive sont trop savants pour se résigner à ne faire qu'un Hvre élémentaire , et la grande quantité de matériaux qu'ils cherchent à coordonner exprime bien la nécessité de fonder renseignement de Tanatomie générale qui supposer toujours des connaissances d'histoire naturelle , d'anatomie dwcripttve et de physiologie spéciale.

L'enseignement de l'anatomie générale, fondé dans son ensemble , fournira des bases solides à la classification des «nimaux, si chancelante encore pour les degrés inférieurs. tt éclairera les déterminations du chirurgien et du méde- «n» bien que ces deux arts doivent finalement puiser des -f^es dans la tfiéorie des milieux.

Dans mon essai systématique sur la biologie, publié il y ft dmik ans , j*ai indiqué la position logique de Tanatomie générale par rapport à l'ensemble de la philosophie natu- Telie, tout «n développaat ses principales attributions; je puis donc me borner ici aux développements plus particuliers que sw»citait l'exposition des lois de la structure. ' Le plan général de ce traité résulte naturellement des tiifférents degrés analytiques de la structure, il est donc déterminé par cinq chapitres : le premier est relatif tùi ]^ifieipes îmuiédiais et aux substances organiques , je l'ai réduit à ce qu'il y a de vraiment anatomique dans un tel ^jet ; le second traite des éléments anatomiques ; lé troi* sième, des tissus; le quatrîènfe, des membranes; le cinipième, des parenehymès. Partout o(f j'ai dû, à titre de ^lémottstration, faire des descriptions microscopiques, je me suas particuUèremeiii adressé aux observations les plus

INTROMJCHON. ih

précises ou émanant des meilleures autorités : les travaux de Tûrpin et d'Hugo MoH, les ouvrages de MM. Donné, MandI , Lebert , le traité de Henle , les recherches particulières de M. Gh. ftobin, les derniers travaux de Kôlliker, m*ont principalement servi de guide. Mais on comprend que datis une exposition où je me suis efforcé de conserver une position systématique, j'ai dû réduire ces descriptions à ce qu'elles ont d'essentiel, afin de ramener les esprits au vrai sentiment de l'anatomie générale.

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