MEMBRANE DES ORGANES D'IMPULSION
L'étude de la membrdne vasculaire sous forme de cœur, plus ou moins complexe, appartient surtout à la théorie des organes. En ne considérant ici que la contexture des parois, nous voyons que le cœur n'est qu'un vaisseau, dont l'élément le plus contractile de la tunique propre a pris un développement spécial.
Dans le cœur le plus compliqué, celui des mammifères, on trouve, en allant de la cavité intérieure à la surface externe, une première tunique, qui n'est autre que la membrane commune de Bichat , tapissée ça et là par quelques groupes de cellules pavimenteuses.
En dehors, c'est une couche composée de libres Jaunes artérielles mélangées à la fibre lisse hyaline. Dans l'oreillette , c'est la fibre lisse hyaline qui domine ; dans le ventricule, c'est la jaune. Enfin en dehors de cette seconde couche on remarque, comme dans les veines caves, comme dans les veines sus-hépaliques de certains animaux, une couche de fibres rouges ; seulement ces fibres appartiennent à la catégorie des fibres striées, qui sont les plus contractiles.
Mûller a décrit, dans le système lymphatique des rep-
266 TRAITÉ D*ANATOIIIE GÉNÉRALE.
til6S , des organes dont la contexture se ramène à celle des vaisseaux et qui sont de véritables cœurs.
Dans cette série d'études sur la membrane vasculaire, je me suis attaché à faire ressortir partout le caractère éminemment relatif que comporte un tel sujet. Envisageant d'abord les cas les plus simples, je me suis efforcé d'éclairer les con textures les plus complexes par la considération préalable de la contexture fondamentale. On a pu reconnaître en outre qu'une comparaison assez étendue a pu résulter de la considération presque unique du type humain, qui suffisait en effet à cette appréciation générale. On a dû enfin mieux saisir encore, dans la membrane des vaisseaux, l'utilité de la subordination des problèmes de la contexture à ceux de la texture. En effet , à la faveur des points de vue plus généraux du chapitre précédent , on a pu suivre avec une très grande netteté les lois de la contexture , sans que le sujet ait été obscurci par des détails histologiques que nous avons dû épuiser à propos de l'étude des tissus. C'est dans les mêmes conditions que je vais aborder l'étude de la membrane glandulaire.
MRMBRANS GLANDOLAIRS.
D'après les développements exposés au début de ce chapitre, cette troisième partie sera consacrée aux membranes formant les surfaces sécrétantes ou présumées telles, et aux membranes des conduits d'excrétion.
Le nombre des organes étudiés sous le nom de glande est encore mal déterminé ; entre Vicq-d'Azyr, qui appelle glande tout assemblage de tissus dans lequel se fait un filtrage des liquides de l'organisme, et les auteurs actuels qui n'admettent absolument, sous le nom de glande, que les orgues de sécrétion munis d'un canal excréteur, il y a
une opinion, ou plus anatomique, ou moins absolue, qui me parait devoir être préférée.
Je ne suis pas de ceux qui affirment qu'un organe est utile, par cela^seul qu'il fait partie d'un organisme; aussi je ne pourrais assurer pour le moment que la rate, les cap* suies surrénales, le corps thyroïde remplissent des fonctions indispensables. Mais anatomiquement , je ne saurais rattacher ces parties qu'à la catégorie des organes spéciaux chargés d'une élaboration particulière; et comme les phénomènes les plus généraux de composition et de décomposition s'exercent à travers les vaisseaux capillaires, je ne m'appuierai pas sur le défaut d'un canal excréteur , pour exclure de la catégorie des glandes les organes que je viens de citer ; car si je rencontre dans leur structure quelque chose de comparable à une membrane de sécrétion , je pourrai facilement imaginer que le produit sécrété, étant destiné à passer dans la cavité circulatoire, pénétrera naturellement à travers la paroi des capillaires.
L'absolutisme en pareille matière vient de ce que l'on ne comprend pas que des produits puissent être versés dans la cavité ou à la surface intérieure des vaisseaux capillaires, de môme que les glandes les mieux caractérisées versent leur sécrétion sur les téguments. Cependant, depuis qu'on s^est assuré que Iqs plus petits vaisseaux ne sont pas poreux, personne ne fait-difficulté d'admettre que le système capillaire est le siège de phénomènes endosmotiques , en vertu desquels l'être se compose et se décompose. Or, si l'on fait l'hypothèse toute naturelle qu'il y a des glandes qui contribuent à la réparation des matériaux du sang, il est tout naturel d'imaginer que les glandes* placées sur le trajet même du système vasculaire , y versent directement leurs produits de la même manière que les produits de la
nutrition d*un muscle ou d'un os sont versés dans le système capillaire du point même où s'effectue le mouvement de décomposition. C'est là, du reste, ce qui molive la confusion très intéressante de Vicq-d'Azyr, qui ne tenant compte, à propos des glandes, que du fait physiologique très général de la formation d'un produit , a fait rentrer le parenchyme de presque tous les organes dans la notion de glande. Toutes les parties, en effet, sont le siège d'un mouvement de nutrition. Mais là où il n'y a qu'entretien de l'organe , les capillaires ne reçoivent que des matériaux de décomposition. Or, le produit d'une glande a cela de particulier, qu'il résulte d'une formation spéciale propre à certains tissus de l'organisme. Un muscle se nourrit pour produire du mouvement; la créatine, la créatinine qu'il cède au sang, ne sont que de purs excréments. Mais le pancréas , mais le foie , absorbent du sang , pour fabriquer des produits nécessaires à l'entretien de la vie. Sans bile et sans pancréatine , l'animal meurt ; au contraire , le défaut d'élimination de la créatine, de la créatinine, de l'urée devient une cause de maladie. Il faut donc parfaitement distinguer la nature du produit pour distinguer les glandes.
Je dirai donc que les organes qu'on peut appeler glandes sont ordinairement le siège d'une élaboration spéciale et plus ou moins indispensable à l'entretien de la vie. Le produit de cette élaboration est tantôt versé sur la peau ou une muqueuse; tantôt il pénètre directement dans les vaisseaux capillaires de la glande elle-même et se trouve ainsi mêlé au sang. Dans le premier cas, la glande est en communication directe avec le tégument au moyen de conduits excréteurs; dans le second, le produit passe immédiatement dans la cavité vasculaire, par l'intermédiaire de la fine tunique des plus petits capillaires; ce qui constitue anatomi-
MEIIBRA^ES. 260
quement une différence tranchée entre les deux espèces de glandes.
On conçoit, d'après cela, que si dans une glande complexe il se forme deux produits , Tun pourra , par l'intermédiaire de vaisseaux excréteurs, être porlé sur une membrane tégumentaire , tandis que l'autre pourra être versé directement dans les vaisseaux capillaires, dont la mince tunique se prête aux phénomènes de ce genre. Le foie nous offre à cet égard un exemple très net, car l'un de ses produits, la bile, est versé dans l'inteslin au moyen de canaux excréteurs; tandis que l'autre produit, le sucre, passe directement dans les vaisseaux capillaires.
Il semble, au premier abord, que la membrane des glandes aurait pu être étudiée à propos des membranes tégumentaires. Les surfaces sécrétantes peuvent, à la rigueur, être considérées comme de simples modifications de la membrane des téguments ; mais outre que cette manière de voir n'est pas conforme avec l'ensemble des documents actuels, on aurait été conduit à rapprocher d'une étude très générale, des développements relatifs à des surfaces essentiellement spéciales dans chaque glande. Car bien qu'anatomiquement on ne puisse aujourd'hui se rendre compte des différences physiologiques qu'il y a entre les produits de différentes glandes, cependant on ne saurait douter qu'une telle différence ne se lie à des conditions déterminées de structure. De plus, un grand nombre de glandes ne s'ouvrant pas sur des membranes tégumentaires , on aurait dû négliger un rapprochement utile entre tous les organes spéciaux, dont la relation anatomique sera ici mieux sentie. On sent, en outre, que l'étude de la membrane des vaisseaux présente un degré de généralité très marqué relativement à celle des glandes; c'est donc bien après cette étude qu'il fallait aborder ce nouveau sujet.
27Ô TRAITÉ d'aNATOMIE GÉNÉRALE.
^ Membfane des surfaces de sécrétion.
La forme la plus générale sous laquelle se présente la membrane sécrélanle esl ceHe d'un petit sac. Dans les cas les plus rudimentaires , le cul-de-sac représente la partie sécrétante , tandis que Torifice s'ouvrant directement sur une membrane tégumentaire en est la partie excrétante. Les follicules simples en sont des exemples. Lorsque le fond du sac est roulé en peloton , le follicule est dit glomérulé. Quand plusieurs petits sacs s'abouchent dans un conduit excréteur, on a ïacinus ou glande en grappe simple. Enfin si plusieurs acini , au lieu de s'aboucher directement sur le tégument, versent leurs produits dans un canal excréteur, la glande est en grappe composée, La membrane sécrétante peut aussi se présenter sous forme de tubes anastomosés en réseau ; on a alors la glande rétiforme, ou bien on peut avoir entre le réseau tubuleux et la glande en cuUde-sac, un état intermédiaire, résultant de ee que la membrane glandulaire se présente d'abord sous forme de tubes ramifiés ; mais en poursuivant ces tubes , on les voit finalement se terminer en cœcum. Enfin une ikmière forme caractéristique de la membrane des glandes, c'est la vésicule close.
Pour conserver à un tel sujet son caractère relatif, il faut en outre concevoir que telle glande ne se présente pas exclusivement sous une des formes que je viens d'indiquer. En comparant une même glande dans la série animale , on peut s'assurer qu'elle peut appartenir à différents types, sans que la nature de la sécrétion change. C'est devant de tels exemples qu'on peut bien juger du degré de généralité des problèmes de la structure par rapport à ceux de la forme.
À propos des éléments anatomiques » j'ai insisté sur la
MEttBRANBS. S7t
distinction essentielle qu'il y a entre les caractères tirés de la forme, suivant qu'ils sont propres à un élément ou à un tissu. La forme de la fibre , de la cellule , du tube nenreux, a un très haut caractère de généralité; au contraire, la forme en tube , considérée dans un capillaire sanguin , est déjà un fait beaucoup plus complexe ; il en est de même de la forme utriculaire, tubulaire, vésiculaire, considérée dan^ la membrane des glandes : cette forme n'est plus alors qu'un caractère secondaire par rapport à la texture.
La membrane des surfaces sécrétantes, conçue dans toute sa généralité , résulte de la superposition de deux couches : l'une, principale, est formée par la tunique propre; l'autre, moins essentielle, mais néanmoins indispensable, est épi* dermique et tapisse la précédente du côté de la cavité glandulaire.
La tunique propre est le plus souvent amorphe ; aussi ^ dans la majorité des cas, c'est par la nature des sécrétions que nous pouvons concevoir des différences indubitables entre la tunique propre des différentes glandes. Le revêtement épidermique se compose de cellules épithéliales , ici nucléaires, là sphériques ou pavimenteuses. La forme de l'épithélium , mieux que la tunique propre , permet de distinguer les culs-de-sac de glandes parfaitement distinctes au point de vue physiologique. Dans certains cas, néanmoins, l'épithélium lui-même n'offre pas, à la simple vue, des différences correspondantes à la nature des sécrétions. On doit reconnaître que cet épithélium , suivant sa forme et surtout suivant son épaisseur, doit jouer, dans les phénomènes des sécrétions, un rôle important, quoique secondaire, par rapport à celui de la tunique propre. Il faut même remarquer que , dans le cas d'une sécrétion très active , cet épithéhum s'exfolie et la membrane sécrétatile se trouve ainsi temporairement réduite à sa tunique propre.
Cette notion générale de la membrane sécrétante permet d'éviter les confusions qui résultent de fausses analogies : je n'en citerai qu'un exemple. Le poumon , d'après certaines considérations de forme, avait été assimilé à une glande; l'erreur aurait pu facilement être évitée, si l'on avait simplement examiné en quoi consiste un appareil de respiration spéciale , dans les cas les plus simples. Mais la théorie des membranes fait cette élimination avec plus de rigueur. Dans une cellule pulmonaire , les phénomènes d'endosmose ne s'accomplissent pas à travers une tunique propre, particulière à l'organe. C'est comme dans l'intestin à travers la paroi des capillaires , revêtus du côté de la cavité aérienne , par un mince épithélium , dernier vestige de la muqueuse des bronches. Uu reste, le point de vue physiologique bien établi, aurait dû faire éviter cette analogie, car dans une glande, le phénomène endosmotique est simple , tandis que dans le poumon , comme dans Fintestin, la paroi des capillaires se prête à un double mouvement d'absorption et d'exhalation. Cette notion de la membrane sécrétante étant donnée, je vais l'étudier directement dans des cas de plus en plus complexes.
Dans l'étude du parenchyme des membranes tégunientaires on peut considérer les folli^.ules simples au même titre que les vaisseaux et les nerfs, ainsi que je l'indiquerai dans le chapitre suivant. Je dois ici, comme pour les cas suivants , considérer seulement les caractères spéciaux de la membrane sécrétante de ces follicules.
Du cardia au rectum on trouve , dans l'épaisseur de la muqueuse, des follicules simples, rectilignes, s'ouvrant perpendiculairement à la surface muqueuse. Décrits par Galéati et ensuite par Lieberkuhn, dont ils portent le nom, ces follicules ont 1 à 2 millimètres de profondeur. A l'estomac , vers le pylore , on observe quelquefois un double
cul-de-sac ou même deux glandes juxtaposées et s*abouchant par un orifice commun. Dans Tintestin grêle, ces follicules sont plus petits qu'à l'estomac ; on les trouve, dans le gi'os intestin , très rapprochés comme dans ce dernier organe. La membrane de tous ces petits sacs glandulaires se compose d'une tunique propre hyaline et sans structure spéciale. L'épithélium est ordinairement sphérique dans le cul-de-sac et cylindrique vers l'embouchure.
D'après Henle , quand on isole la glande et qu'on l'observe de côté , on voit une cavité centrale et une paroi épaisse striée en travers. Vue du côté de rorifice, l'entrée de la glande représente un cercle étroit limité par les extrémités larges des cylindres d'épithélium ; de ce cercle partent des stries rayonnantes, qui correspondent aux contours latéraux des cellules et se rendent à la paroi de la glande qui entoure la lumière sous forme d'un cercle plus large et concentrique au premier. La lumière de l'ouverture est d'autant plus étroite, et la paroi mince formée d'épithé- Hum est d'autant plus épaisse, que les cylindres ont acquis plus de développement.
Pour les follicules simples de la membrane du canal cyslique , hépatique , cholédoque , on ne distingue rien de spécial pour la tunique propre , on ne peut que déterminer la nature cylindrique de l'épithélium. Il n'en est pas de même pour les follicules de la muqueuse du col de l'utérus qui sécrètent le bouchon gélatineux. La membrane propre y acquiert 0,02 à 0,03 de millimètre, et parait manifestement constituée par des fibres hyalines et des éléments fibro-plastiques. Le cul-de-sac est tapissé par de l'épithélium nucléaire, et à l'orifice on trouve de l'épithélium vibratile.
Dans les follicules tlexueux , qui épaississent la mu-
^74 TRAITÉ d'aNATOHIP PÉNÉRALB.
queuse de Tulérus, on conslale facilement un épithélium nucléaire qui se détache quelquefois en totalité et qu'on retrouve dans les écoulements utérins.
Quant à la tunique propre , elle est assez épaisse , finement granuleuse, et porte à sa surface des éléments fibroplastiques.
Dans les follicules glomérulés qui s'ouvrent plus particulièrement à la peau, on trouve, pour les glandes sudorifères, une tunique propre , amorphe , et ce n'est que dans les cas d'hypertrophie qu'on observe un épithélium pavimenteux. Dans les follicules glomérulés du creux de l'aisselle, l'épi* tbélium est pavimenteux, mais la tunique propre ne présente rien de spécial.
Dans les glandes cérumineuses , la tunique propre est n^arquée de stries longitudinales.
Dans les glandes en grappe, soit simple, soit composée, on ne peut rien déterniiqer de spé<;ial pour la membrane propre qui, presque toujours, se présente sans structure; on ne peut que déterminer la nature de l'épithélium. Dans les glandes sébacées, c'est un épithélium pavimenteux dont les cellules sont plus petites que celles de l'épiderme. Le noyau des cellules y est ordinairement parsemé de granulations graisseuses. L'épithélium peut s'y stratifier en cinq ou six couches et donner assez d'épaisseur à la membrane. Dans les glandes sébacées du pourtour du prépuce, les noyaux des cellules ne sont pas graisseux.
Un fait très spécial se rattache aux glandes de l'auréole dq mamelon , bien observées par Mpntgommery, c'est que les cellules qui se détachent de la membrane ont leurs parois distinctes du contenu. Ce contenu est huileux; on le sépare par pression , et c'est ce qui s'opère normalement dans la lactation -, le liquide sort par suite de la rupture des vésicules.
Dans les glandes en grappe simple de la pituitaire , le fond des culs-d^-sac est tapissé d'épitbélium sphérique, et Torifice d'épithélium vibratile.
Dans les glandes en grappe composée, les mamelles, les glandes salivaires, les glandes de Brunner, le pancréas, la prostate, etc., on trouve des différences d'épilbélium, mais rien de remarquable pour la membrane propre, dont l'étude est très difficile.
L'étude des cas pathologiques n'a rien fourni de capital sur la structure de cette membrane propre. Dans l'bypertrophie de la membrane sécrétante, c'est ou l'épithélium, ou la tunique propre qui se développe. Dans l'hypertrophie (}e l'épithélium, on observe ordinairement que l'épithélium^ quand il est sphérique ou simplement nucléaire, peut dcr venir pavimenteux; mais l'hypertrophie de la membrane propre ne développe apcune structure particulière.
Dans le rein et 1^ testicule on sait que Isj, membrane sér crétante, au lieu de se présenter sous forme de cul-de-sac, priend la forme de petits tubes droits ou flexueux, anastomosés ensemble ; de telle sorte que le produit sécrété est versé dans ces petits canaux de la même manière que les produits de la nutrition des organes sont versés dans les capillaires sanguins. Seulement ici le réseau des petits tubes forme un système particulier en continuité avec des canaux excréteurs qui portent le contenu des tubes sur une surface tégumen taire.
Il faut observer aussi qu'en poursuivant les tubes du côté de leur terminaison , on les voit se terminer en culde-sac ; il en est de même des tubes du testicule : ce qui permet de considérer ces deux glandes, au point de vue de la forme, comme intermédiaires aux glandes acineuses et aux glandes rétiformes; mais, je le répète, ces formes sont très relatives, puisqu'elles peuvent se modifier d'une espèce
animale à une autre. Les tubes du rein du côté de leur abouchement aux bassinets, sont droits; du côté de leur terminaison en ampoule, ils sont flexueux; et dans toute leur étendue, ces tubes ont une membrane propre, complètement hyaline et dépourvue de structure, qui s'affaisse après l'expulsion du contenu et forme alors des plis qu'on peut confondre avec des fibres. Le bord de cette membrane apparaît comme une simple ligne obscure ; elle est tapissée d'un épithélium pavimenteux spécial déjà indiqué. C'est vers la terminaison en cul-de-sac de ces tubes qu'on rencontre les glomérules de Malpighi plongeant dans l'intérieur des tubes et s'y enveloppant de l'épi thélium de la membrane propre des tubes. Le glomérule peut se rencontrer dans le cul-de-sac ou un peu avant; deux tubes peuvent émaner du renflement contenant le glomérule. La membrane des tubes, en s'abouchant dans les calices, au niveau des papilles , se continue avec la membrane de la partie excrétante.
Les tubes du testicule sont flexueux , leur diamètre est de 0,1 de millimètre. Leur paroi propre a 0,01 de milli- mètre d'épaisseur; elle est striée longitudinalement comme si elle était formée de fibres Juxtaposées; l'épithélium sphériquey forme quelquefois trois ou quatre couches lâchement superposées.
La membrane sécrétante du foie se présente sous forme d'un réseau de tubes formant dans chaque granulation, les plexus vaginales,, sans qu'on puisse voir comme dans le rein et le testicule les tubes se terminer finalement en culde-sac. La disposition rétiforme apparaît du moment où les tubes n'ont plus que 0,1 de millimètre en diamètre. L'épithélium qui les tapisse est pavimenteux; leur tunique propre n'offre rien de spécial. Tels sont les documents, très vagues il est vrai, sur la membrane propre des glandes. Ils
ont eu surtout l'avantage de généraliser la notion de la membrane sécrétante.
Jusqu'à présent je n'ai analysé que la membrane sécrétante appartenant, par sa forme, au type utriculaire ou tabulaire ; en poursuivant son étude dans le cas où elle se présente sous forme de vésicule , nous retrouverons les mêmes conditions fondamentales de contexture.
Les follicules clos se rattachent aux membranes tégumentaires. Dans beaucoup de cas, chez les animaux supérieurs, on a donné ce nom à des follicules dont l'orifice était oblitéré, ceux du col de l'utérus, par exemple. Cependant d'après Bœhmer et M. Ch. Robin, les glandes de Peyer seraient formées par une agglomération de follicules que M. le professeur Bérard a également reconnus comme imperforés. Cette forme de la membrane glandulaire semble se rattacher à un état plus rudimentaire. Dans les animaux inférieurs, beaucoup de glandes se rapportent à ce type.
L'estomac des zoanthaires , l'estomac et une partie de l'intestin des bryozoairesy l'intestin chez la plupart des an^ nélides^ sont doublés d'une couche de vésicules glanduleuses qui versent leurs produits, par déhiscence, à la surface de la muqueuse. Déjà dans beaucoup de vertébrés inférieurs, le produit mâle et femelle est formé dans des vésicules analogues. Si nous prenons d'ailleurs l'ovaire chez les animaux supérieurs, nous trouvons un exemple très net d'une vésicule dont la paroi est constituée par une véritable membrane glandulaire et qui verse son produit par déhiscence. Dans tous ces cas, l'analyse anatomique nous montre une surface sécrétante rentrant, par sa composition, dans la catégorie des membranes sécrétantes. Or, c'est d'après cet ensemble de cas précis de vésicules glandulaires, que l'on peut apprécier ce qu'il y a de fonda-
mental dans les glandes dites vaseulaires ou sans conduit excréteur.
Les glandes vaseulaires ri'étant pas pourvues d'un système parliculier de canaux excréteurs, on suppose naturellement que leur produit passe dans les capillaires de la. glande. Si nous ne rencontrions pas, dans le parenchyme de ces organes, quelque chose de spécial et de comparable a la membrane des surfaces sécrétantes, Thypothèse serait sahs fondement. Au contraire dans chaque glande vascolâire, je vais pouvoir déterminer Vexistençe de vésicules closes, dont la contexture se rattache évidemment à Tordre des problèmes envisagés précédemment.
Dans le thymUs, ces vésicules closes ont de 0,1 à 0,3 de millimèlre; elles sont par conséquent visibles à l'œil nu. Leur paroi de 0,01 de millimètre est facile à briser; elle est formée d'une matière homogène granulée, entourée d'une mince couche de tissu lamineux. Du côté de la cavité , la membrane propre est tapissée d'un épithélium nucléaire. On trouve ordinairement datis ces vésicules, un liquide grisâtre tenant en suspension les débris de l'épithélîdtn de la vésicule. Ces vésicules sont assez rapprochées et lès capillaires rampent entre elles comme entre des vésicules adipeuses. Dans la thyroïde on retrouve des vésicules analogues, seulement elles sont plus petites; leur membrane propre est plus dense, elle est également homogène et finement granulée, et le liquide intérieur est plus séreux et cotilient moins de débris d'épithélium.
Dans les capsules surrénales, les vésicules sont encore plus petites que dans la thyroïde , elles sont également tapissées d'un épilhélium nucléaire très serré, qui peut présenter quelques diffé^ences Suivant les espèces animales.
Dans la rate, les vésicules, visibles à TtÊil nu, sont tapissées d'un épithéliufïi dont tes noyaux éont ovales au
lieu d'être sphériques, comme dans les autres glandes. Enfin, dans les ganglions lymphatiques, qui doivent rentrer pleinement dans cette catégorie des glandes vasculaires, on trouve encore des vésicules de 0,1 de millimètre, pouvant se développer dans l'hypertrophie ; répithéliùm est nucléaire et les noyaux, uniformément sphériques, ont 0,006 et renferment de quatre à huit granulations réunies dans le centre. Cet épithélium nucléaire peut devenir pavimenteux par Thypertrophie.
On le voit, dans toutes les glandes sans conduits excréteurs, nous rencontrons des vésicules closes de toutes parts, formées d'une véritahie membrane autour de laquelle les capillaires sanguins et lymphatiques circulent. La généralité d'un tel fait anatomique; l'hypothèse naturelle que des produits spéciaux d'entretien peuvent être versés a la surface des vaisseaux, comme ils le sont à la surface des téguments ; la nécessité de concevoir le passage direct de ces produits au niveau des capillaires, doivent constituer à présent un concours de preuves suffisantes pour justifier )a part que je fais ici aux glandes sans conduits excréteurs.
Membrane des surfaces d'excrétion.
La membrane des surfaces d'excrétion se présente ordinairement sous forme de canaux ramifiés. De la partie sécrétante à la surface d'abouchement, les canaux se concentrent successivement en conduits plus volumineux et sVuvrent enfin par un canal unique. Dans les follicules et dans les glandes en grappe simple, le canal sécréteur ne parait pas distinct de la partie sécrétante; cependant on voit toujours vers l'abouchement, la membrane tapissée d'un épithélium semblable à celui du tégument sur lequé s'outre lé canal excréteur.
2H0 TKAITÉ d'aNATOiMIE GÉNÉRALE.
Daus les <:anaux excréteurs des glandes en grappe composée , dans les glandes tubuleuses et rétifoi'mes , la membrane se compose d'une tunique propre comparable à celle des veines. Cette tunique est tapissée par un épilhélium et entourée d'une tunique adventice, de telle sorte qu'on peut toujours faire rentrer ces assemblages de tissu dans la théorie des membranes. A mesure qu'on se rapproche des membranes légumentaires , la membrane prend le caractère des téguments muqueux, et, comme je l'indiquerai, des glandules viennent même contribuer au parenchyme de ce véritable tégument.
Ici se termine l'appréciation des vrais problèmes de la contexture , et ce serait leur donner un caractère trop complexe que de les étendre aux cas de la composition des parois d'un être supérieur entre les membranes proprement dites. En efiTet, outre les membranes tégumentaires , outre les membranes des vaisseaux, outre celles des glandes, on rencontre dans les organismes complexes des dispositions par couche qui résultent de la complication qu'affecte tel ou tel tissu. Ainsi, chez tous les vertébrés où le tégument n'adhère pas au squelette, on trouve, entre la peau et la charpente osseuse, plusieurs plans contractiles ordinairement disposés par couches et alternant avec des feuillets iîbreux, et si des os ou des cartilages apparaissent, ils sont comme les muscles compris entre des feuillets fibreux.
L'étude de la membrane fibreuse simple appartient à l'histoire des tissus, mais les rapports de succession entre les lames fibreuses contractiles , osseuses et cartilagineuses pourraient, à la rigîjeur, être compris dans la théorie de la contexture.
L'élude de ces rapports reviendra avec plus d'intérêt dans la théorie de la forme , car les exemples les plus intéressants qu'il y a à considérer sont relatifs à de véritables or-
MEMBRANES. 2Sl
ganes, c est-à-dire à des assemblages de tissus affectant une forme caractéristique.
Les relations intimes du lissu fibreux avec le tissu du cartilage et de celui-ci avec le tissu osseux , nous ont été suffisamment révélées dans la théorie de la texture. On ne doit donc pas s'étonner de cette solidarité organique entre les cartilages, les os et les lames fibreuses. Dans l'étude du développement des tissus , j'ai cité des exemples de l'apparition spontanée des corpuscules du cartilage dans les interstices mêmes du tissu fibreux.
Les relations du tissu lamineux avec le tissu contractile , pour n'être pas aussi bien démontrées , n'en sont pas moins intimes. Dans les phénomènes de la transformation fibreuse on n'a pas vu la transformation directe d'une fibre rouge striée en une fibre hyaline , mais il demeure évident , d'après les observations de M. J. Guérin, que, dans les muscles de certaines parties déformées, on voit la partie fibreuse du muscle augmenter, tandis que la partie contractile diminue. Quoi qu'il en soit , les connexions membraneuses des couches contractiles avec les couches fibreuses , sont aussi fondamentales que celles des os et des cartilages avec le périchondre ou le périoste , et l'on peut établir comme loi de succession des couches, que toutes les fois qu'en dehors d'un pannicule charnu, dépendant d'une muqueuse ou d'un derme , il se développe une succession de couches contractiles, elles alternent toujours avec des couches fibreuses. De même , toute formation cartilagineuse ou osseuse est comprise entre des feuillets du tissu lamineux.
Je dois me borner ici à cette indication générale relative à des organes, pour ne pas altérer la notion de membrane dans lac^elle les tissus ne sont jamais considérés que dans leur forme la plus simple.
Les problèmes qu'il nous reste actuellement à examiner
282 TRAITÉ d'anatohib générale.
appartiennent aux degrés les plus spéciaux de la structure. Tandis que dans le degré membrane je n'envisageais que les lois de superposition par couches, ici, au contraire, prenant les tissus et les membranes elles-mêmes avec les formes les plus spéciales qu'elles peuvent offrir, je vais essayer d'en déterminer le mode d'assemblage en le ramenant à des lois.
Pour la con texture , les différentes parties du présent chapitre ont été assez développées pour qu'il soit inutile ici d'en résumer les aperçus généraux. Pour les membranes tégumenlaires , pour les vaisseaux, pour les glandes, on a vu comment la notion de toute membrane pouvait être réduite à une très grande simplicité; je ne reviendrai donc sur ces lois de la contexture que dans mes conclusions générales , oà je grouperai intimement les points principaux de la théorie de la structure.
PAREKCHTBfES. SSS