‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 111 sur 368 · Nerf pneumo-gastrique .... X · texte numérisé non relu

Nerf pneumo-gastrique .... X

( Nerf accessoire ou spinal ... XI

9 . . . . Nerf grand hypoglosse .... XII 10 ... . Nerf sous-occipital ou 1"^' cervical.

JJans les deux séries on compte, comme pour les nerfs rachidiens, de haut en bas, c'eslù-dire dans Tordre d'origine à partir du point le plus élevé; le premier nerf est celui qui naît le plus haut et ainsi de suite; on est toutefois obligé de suivre un ordre un peu conventionnel, car le facial et l'auditif naissent sur la même ligne transversale et le spinal (ll'^) descend beaucoup plus bas que l'hypoglosse (12=). Sœmmering a rejeté dans les nerfs rachidiens le nerf sous-occipital, devenu le premier cervical, et séparé le facial de l'auditif. La huitième paire de Willis a été dédoublée et a fourni trois nerfs qui se suivent par ordre alphabétique (glosso-pharyngien, pneumo-gastrique et spinal) et se succèdent sur une même ligne d'émergence. Ce dédoublement n'est peut-être pas au fond suffisamment justifié, car ces trois nerfs, comme nous le verrons, ont le môme noyau moteur d'origine, les mêmes noyaux sensitifs terminaux; mais il est incontestablement commode.

Quoi qu'il en soit, la classification de Sœmmering a depuis longtemps prévalu, sans avoir même subi aucune modification; celle de Willis n'est plus qu'un souvenir. Récemment Sapolini a cru devoir considérer le nerf intermédiaire de Wrisberg, qui naît entre le facial et l'auditif, comme un nerf à part dont il a fait le treizième nerf cérébral; mais il est, pour le moment, plus simple de le regarder comme une dépendance du nerf facial, dont il figure la portion sensitive.

Origine. — Il faut distinguer l'origine apparente et l'origine réelle.

1° Uorigine apparente ou émergence des nerfs crâniens se fait sur deux lignes, une ligne interne ou médiane qui comprend les nerfs moteurs de la colonne interne, une ligne externe qui est affectée non seulement aux nerfs moteurs de la colonne latérale, mais encore aux nerfs sensitifs, et le long de laquelle s'échelonnent, de haut en bas, le trijumeau, le facial, l'auditif, les nerfs mixtes et le spinal. En outre, toutes ces émergences ont lieu sur la face

antérieure ou ventrale du cerveau, ce qui concorde avec la position des trous de sortie qui sont situés à la base du crâne ; une seule exception a lieu pour le pathétique, dont rémergence présente cette double particularité d'être tout à l'ait dorsale, sur la ligne médiane du cerveau moyen, et complètement croisée.

2" L'origine réelle est très différente, suivant que les nerfs sont moteurs ou sensitifs.

Les nerfs moteurs naissent de la substance grise motrice du bulbe, de la protubérance, des pédoncules cérébraux, substance que Stilling et Schrœder van der Kolkont depuis

longtemps reconnue chez l'adulte comme la continuation de la corne antérieure de la moelle. Cette substance grise motrice est segmentée en masses distinctes, dites noyaux moteurs ; les noyaux sont constitués par un assemblage de cellules radiculaires, dont le cylindre -axe devient fibre de la racine du nerf moteur. La disposition est donc identique à celle de la moelle.

Pour étudier ces centres moteurs, on a eu recours dans ces dernières années aux phénomènes de cltroinolyse qui suivent la section ou l'arrachement des nerfs. A l'état normal, la substance chromophile s'accumule dans les nœuds du réseau protoplasmique et y constitue une réserve nutritive. La section des racines provoque dans les cellules de leur noyau d'origine une réaction irritative qui augmente l'activité de la cellule et l'oblige à consommer sa substance chromophile ; celle-ci se dissout au fur et à mesure dans le suc cellulaire et disparaît. Tel est le phénomène dit chromolyse ou chromatolyse. Les cellules qui ont subi la réaction cbromolytique sont donc celles qui correspondaient aux racines nerveuses sectionnées.

La simple section des nerfs ne produit qu'une chromolyse partielle, bientôt suivie d'une phase de régénération. L'arrachement au contraire, sans doute par la violence du traumatisme, entraîne une achromatose totale, absolue, qui

\CHARPY.]

FiG. 272. — Origine apparente des nerfs crâniens à la base de l'encéphale (d'après Hirschfeld).

NlilVROLOGIE.

est suivie de l'atrophie et de la disparition complète des cellules nerveuses. (Voy. Fritz de Beule. Le Névraxe, 1901).

Les nerfs sensitifs ont pour noyaux d'origine des ganglions en tout semblables aux ganglions rachidiens, c'est-à-dire à cellules primitivement bipolaires, plus tard unipolaires à fibres en T. Ces ganglions sont le ganglion de Gasser pour le trijumeau, le ganglion pétreux ou d'Andersch pour le glosso-pharyngien, les ganglions jugulaire et plexiforme pour le pneumo-gastrique, le ganglion géniculé pour le nerf de Wrisberg qui est accolé au facial. La branche

Paih.

Trij.

Fac. aiic Gl. ph.

Pn. g.

Spinal Hypogl.

FiG. 273. — Les nerfs crâniens vus par la face postérieure du tronc cérébral (d'après Merkel).

périphérique du ganglion est celle qui vient des organes ; la branche centrale, étendue entre le ganglion et le cerveau, est identique à la racine postérieure des nerfs rachidiens. Comme celle-ci, elle aboutit dans la substance cérébrale à un noyau terminal, assemblage de cellules nerveuses, autour desquelles la racine finit librement ; ces cellules, comparables à celles de la corne postérieure, conduisent à leur tour vex's le cerveau les impressions qu'elles ont reçues du nerf périphérique. Les noyaux terminaux sensitifs peuvent être considérés comme le prolongement cérébral de la corne postérieure ; ils sont fragmentés, comme les noyaux moteurs, et le même nerf crânien peut avoir plusieurs noyaux terminaux.

La disposition des racines sensitives au point de leur terminaison est analogue à celle des racines postérieures rachidiennes. Elles se bifurquent en branches ascendante et descendante, et émettent des collatérales à terminaison arborisée. Seulement cette forme typique se modifie sur plusieurs nerfs. Tandis que, dans les racines rachidiennes, la branche descendante est très courte, l'ascendante très longue, c'est la disposition inverse qu'on observe dans les racines crâniennes. Ainsi le trijumeau, les nerfs glosso-pharyngien et pneumo-gastrique, et le nerf acoustique ont une branche descendante très longue et très forte, tandis que leur branche ascendante est courte, presque horizontale et à fibres disséminées.

Les nerfs sensoriels, olfactif, optic[ue et acoustique sont construits sur le même plan que les nerfs de sensibilité générale, mais avec des modifications profondes dans le dispositif de détail.

Le nerf olfactif n'a "pas de ganglions ; ses cellules d'origine sont complètement périphériques, intercalées dans la muqueuse olfactive, et sa racine postérieure est représentée par les nerfs olfactifs qui vont de la pituitaire au bulbe ethmoïdal ; celui-ci équivaut au noyau terminal. — Le nerf optique est dans le môme cas : ses cellules sont dans la rétine, seulement elles y sont réunies et non plus dispersées, et forment une couche continue, un ganglion étalé ; comme il y a plusieurs couches cellulaires superposées et articulées entre elles, les racines postérieures n'existent que virtuellement, sous forme de cylindre-axes très «ourts. Le nerf optique est déjà une voie centrale et non un nerf périphérique. — Enfin le nerf acoustique présente la forme la plus simple. Son ganglion est dans l'intérieur de l'oreille, et sa racine postérieure s'étend depuis l'aqueduc de Fallope jusqu'au bulbe; en effet sa branche cochléaire traverse le ganglion spiral ou de Gorti qui occupe la base du limaçon, et sa branche vestibulaire, le ganglion de Scarpa, qui est au fond du conduit auditif interne. Ces deux ganglions ne sont pas seulement reniarc£uables par leur éloignement du centre et leur proximité de la surface sensitive, mais encore par la forme bipolaire de leurs cellules adultes; ce double caractère les rapproche des formes j)rimordiales qu'on observe chez les vertébrés les plus inférieurs et chez les invertébrés.

Les nerfs mixtes se comportent en tous points comme les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs crâniens, ou comme les nerfs rachidiens complets. D'ailleurs, les nerfs sensoriels mis à part, il n'existe dans les nerfs crâniens que de,'> nerfs moteurs et des nerfs mixtes.

Topographie des noyaux d'origine et de terminaison. — La figure ci-après (fig. 274) a pour but de montrer les rapports qui existent entre les origines des nerfs crâniens et la surface extérieure du tronc cérébral, bulbe, protubérance et pédoncule. Le lecteur voudra bien se reporter à la description détaillée ([ue nous avons donnée du plancher du quatrième ventricule, à la page 230.

On remarquera que les noyaux d'origine des nerfs moteurs (en rouge) sont disposés sur deux colonnes, une médiane et une latérale, suites des colonnes cellulaires interne et externe de la moelle ; en bleu sont figurés les noyaux de terminaison des nerfs sensitifs, qui occupent la partie externe du plancher, tandis que les origines motrices sont confinées dans la partie centrale. L'aile grise correspond

26* [cnARpr.]

NEVROLOGIE.

Mot. oc.

à la double origine, motrice et sensitive, des nerfs mixtes, glosso-pharyngien et pneumogastrique; l'aile blanche interne appartient à l'hypoglosse, l'éminentia teres au moteur oc. externe, l'aile blanche externe à l'acoustique et au trijumeau. Il ne faut point croire que tous ces noyaux sont superficiels, qu'ils affleurent le plancher; les noyaux moteurs du spinal, du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien, le noyau du facial, ceux du trijumeau moteur et sensitif, et enfin autour de l'aqueduc de Sylvius, les noyaux du pathétique et du

moteur oculaire commun, sont tous profonds, à plusieurs millimètres de distance de la surface libre dont ils sont séparés par des faisceaux de fibres ou par des groupes cellulaires mal définis. Ils ne seraient donc pas atteints par une lésion superficielle. Au contraire les noyaux moteurs de l'hypoglosse et du moteur oc. externe, les noyaux sensitifs des nerfs mixtes et deux des noyaux acoustiques sont tout à fait superficiels.

Je ferai encore observer que tous les noyaux de terminaison sensitive ne sont pas représentés dans ce dessin qui eût été trop compliqué. Il y manque des noyaux acoustiques et quelques origines accessoires.

Nous décrirons les nerfs crâniens de bas en haut, du dernier au premier, afin de les rattacher plus aisément à la moelle qui nous est connue. Cette étude comprendra seulement leur trajet périphérique, de leur émergence ou origine apparente à leur origine réelle ; celle de leurs voies centrales sera reportée à la structure du cerveau.

Spiii. bulb.

Sp. méd.

FiG. 274. — Topographie des noyaux des nerfs crâniens sur le plancher du ¥ ventricule.

Les noyaux moteurs eu rouge; les noyaux sensitifs en blou (comp. avec fig. I78j.

Sur les nerfs crâniens en général, l'olfactif et l'optique exceptés, consulter : Mathias Duval, Recherches sur l'origine réelle des nerfs crâniens. Journal de l'Anatomie, 1876 à 1880; — Vincenzi, Note sull' origine di aie. nervi cerebr. Arch. per le Se. mecL, 1884, et ArcJi. de Biologie, 1883. — His, Die Entwic. kelung der ersten Nervenbahnen Arch. f. Anat., 1887. — Held, Die Endigungsweise der sensiblen Nerven in Gehirn. Arc/i. /'. Anatomie, 1892. — Cramer, Beitrdge zur feineren Anatomie der Medulla oblongata..., 1894. — Cajal, Beitrdge z. Stvdii(m der Medulla oblongata, 1896. — Yan GEnucnTEx,

Recherches sur l'origine réelle des nerfs crâniens. Journal de Neicrologie, 1898; et Recherches sur la terminaison centrale des nerfs sensibles périphériques. Le Névraxe, t. I, 1900, et t. II, 1901. — Voy. aussi les traités généraux de Kœlliker, Bechterew, Edinger, Van Gehuchten.

Mot. oc.

• Palh.

. Trij. inot.

{mastic.)

M. ext.

~ Facial

N. mixtes

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