VIII. NERF ACOUSTIQUE OU AUDITIF. — 8^ paire
Le nerf acoustique ou auditif, nerf de la huitième paire, est un nerf sensoriel qui se distribue à l'oreille interne. Sa consistance est molle, pulpeuse ; il contient môme en plusieurs points des cellules nerveuses entre ses faisceaux.
Il est formé par l'accolement de deux racines ou de deux nerfs dont l'origine, la terminaison et très probablement les fonctions sont différentes; ce sont le nerf cochléaire ou limacien, destiné au limaçon, et le nerf vestibulaire qui se répand dans le vestibule membraneux. Ces deux nerfs sont distincts sur tout leur trajet chez un certain nombre d'animaux; mais, chez la plupart d'entre eux et chez l'homme surtout, ils se réunissent à leur sortie du labyrinthe en un seul tronc d'apparence homogène; ù son tour ce tronc unique, au moment où il aborde le bulbe, se bifurque en deux racines qui passent l'une en dedans du corps restiforme, l'autre en dehors. La première est la racine antérieure, la seconde la racine postérieure. Flourens le premier (1842) reconnut que ces racines sont le prolongement des branches d'origine, et non un tronc mixte, car il dit : « le vrai nerf acoustique, le nerf du limaçon, n'a qu'une seule racine; cette racine est postérieure et se porte par-dessus le corps restiforme jusqu'à la ligne médiane du quatrième ventricule. » Cette notion oubliée a été pleinement confirmée et développée par les recherches de Bechterew (1885); cet auteur a montré que les deux racines et leurs nerfs ont chacun leur époque de myélinisation, que le nerf cochléaire en sortant du tronc commun de l'acoustique se reconstitue pour passer tout entier dans la racine postérieure, tandis que le nerf vestibulaire se continue dans la racine antérieure.
Au moment où le nerf acoustique arrive au contact du bulbe dans la fossette latérale, il se divise en deux racines qui pénètrent immédiatement dans la substance nerveuse. C'est le bord antérieur du corps restiforme qui sépare les
Noyau post.
N. de Deiiari
■■ Tiib. ac. lai.
N. anl.
deux nappes défibres et les rejette l'une en dedans, l'autre en dehors. La racine qui passe en dedans du corps restiforme est la racine antérieui"e ou interne, pour nous racine vestibulaire, puisque nous savons qu'elle est la continuation du nerf de ce nom ; la racine qui passe en dehors est la racine postérieure ou externe, pour nous racine cochléaire.
Disons de suite qu'une des grandes difficultés dans l'intelligence des origines bulbaires du nerf auditif tient à la profusion des termes synonymes pour désigner les racines et les noyaux; il n'y en a pas moins de vingt à vingt-cinq. Nous adopterons les dénominations les plus claires et les plus simples.
1° Nerf cochléaire. —
Le nerf cochléaire, branche cochléaire, branche limacienne du nerf acoustique, a son noyau d'origine dans le limaçon de l'oreille interne, accessoirement dans le saccule et le canal demi-circulaire inférieur. Le limaçon' contient en effet des cellules nerveuses bipolaires, découvertes par Gorti (1851), et disposées en une bande qui porte le nom de ganglion spiral ou ganglion de Corti. Le prolongement périphérique des cellules bipolaires se termine librement entre les cellules épithéliales sensorielles et conduit à la cellule les impressions sonores. Le prolongement central, essentiellement nerveux, se dirige vers le bulbe et se réunit aux prolongements voisins pour constituer le nerf cochléaire. Celui-ci est donc l'équivalent d'une racine postérieure ; il est formé par l'ensemble des prolongements centraux des cellules du ganglion spiral.
Etroitement confondu, dans son trajet libre, avec le nerf vestibulaire et formant avec lui un seul tronc, il s'en sépare de nouveau dans la fossette latérale du bulbe, et pénètre dans le bulbe en devenant la racine cochléaire. Tronc et racine se distinguent du nerf vestibulaire par la finesse plus grande de leur fibre et l'époque plus tardive de leur myélinisation.
La racine cochléaire est dite "postérieure par la plupart des auteurs, parce qu'elle se dirige en arrière de la racine vestibulaire, et comme à son origine elle lui est au contraire antérieure, le limaçon étant situé en avant du vestibule, les deux racines se croisent en X dans leur trajet, — ■ externe ou superficielle, parce qu'elle est presque à la surface du corps restiforme, — inférieure, parce qu'elle occupe un plan inférieur, elle est tout entière intra-bulbaire, alors que la racine vestibulaire est intra-profcubérantielle.
N. vestib.