I. — PORTION MOTRICE DE LA 7° PAIRE. — NERF FACIAL
Noyau d'origine. — Le noyau cVongine tout à la fois profond et latéral, situé dans l'épaisseur de la protubérance, peut être considéré comme le prolongement à distance du noyau ambigu, lui-même suite du groupe externe de la corne antérieure. Il est situé dans la partie antérieure de la formation réticulée, en arrière des fibres transversales de la protubérance et du corps trapézoïde, en avant du plancher ventriculaire qui est à 4 mm. derrière lui, en dedans de la racine du trijumeau, en dehors des racines du moteur oculaire externe et de l'olive supérieure dans sa partie la plus élevée.
Il a une forme allongée, un peu renflée vers le bas; sa longueur est de 4 mm. Son extrémité inférieure répond au bord inférieur de la protubérance, au bord supérieur de l'olive ; elle est à une faible distance du bout terminal du noyau de l'hypoglosse et du noyau ambigu. Son extrémité supérieure est à son tour rapprochée du no3'au moteur du trijumeau.
Les cellules radiculaires sont grandes, légèrement pigmentées, de forme multipolaire ; leur cylindre-axe est dirigé en dedans et en arrière. Elles sont entourées de fines arborisations, dont l'origine a pu être suivie dans la racine du trijumeau homolatéral et dans le faisceau pyramidal opposé à travers le raplié ; ce sont là les voies réflexes sensitives et les voies motrices cérébrales. D'auti'es connexions moins certaines relient le noyau au corps trapézoïde, à la petite olive et aux cellules du cordon latéral.
Les cellules radiculaires émettent comme cylindre-axes les fibres efférentes. Celles-ci, au lieu de se diriger en avant et de sortir par le plus court chemin, décrivent dans l'épaisseur de la protubérance un trajet compliqué, paradoxal. Elles se dirigent d'abord en arrière, comme le font aussi les fibres motrices du
glosso-pharyngien et du pneumogastrique, se coudent une première fois pour devenir ascendantes, puis une seconde (genou du facial) pour redevenir horizontales et se diriger cette fois en avant, de façon à venir sortir presque au niveau de leur point d'origine, à 2 mm. plus haut seulement. De là deux coudes et trois branches, rappelant la forme d'un fer à cheval ; il faut ajouter que le fer à cheval est tordu sur lui-même en hélice, de sorte qu'aucune coupe ni transversale, ni sagittale, ni autre ne peut montrer le trajet total du facial. La figure 285 que j'emprunte à Schwalbe, et qui nous présente non pas une
Genou E. ieres F. l. p. N. mot. ext. N. a.c. posl.
.Rac. ac.desc.
Trij. (rac. desc.) N. fac.
Olive su'p.
Mot. ext.
F. pijr.
FiG. 284. — Origines du nerf facial et du nerf moteur oc. externe.
Coupe transversale de la protubérance, passant par l'eminentia teres.
coupe, mais une vue en relief du facial à travers la protubérance supposée transparente, est celle qui permet le mieux de suivre la description.
Les fibres radiculaires sont-elles toutes directes ?
Ce point est controversé, comme pour tous les nerfs crâniens moteurs. Les observateurs sont partagés en deux camps : ceux qui, avec M. Duval, Van Gehuchten, etc., affirment que toutes les fibres sont directes et sortent du même coté, et ceux qui, avec Cajal, Bechterew et autres soutiennent qu'une petite partie des fibres est croisée et provient du noyau d'origine opposé.
Le facial, avons-nous dit, présente deux coudes et trois branches entre son point d'orig-ine et son point de sortie. Le deuxième coude s'appelle le genou du facial; les trois branches, qui ont reçu des désig-nations multiples, sont la branche d'origine, la branche intermédiaire et la branche de sortie. Ce n'est là au fond que l'exagération du trajet récurrent que nous avons déjà constaté pour les nerfs de la 9' et de la lO" paire.
La branche d'origine n'est pas un faisceau serré, mais une série de radicules penni-
[CHARPY.]
NEVROLOGIE.
. Olive sup.
E. iercs
Genou
N. mol. exl.
N. facial
formes qui naissent de la face postérieure du noyau radiculaire. Elle se dirige d'avanl on arrière vers le plancher; elle est également légèrement ascendante, en même temps qu'elle s'incline en dedans pour aborder le noyau du moteur oc. externe par son bord interne. A ce niveau elle s'infléchit à angle droit, premier coude du facial, et les fibres disséminées se rassemblent en un faisceau compact, branche intermédiaire. — La branche intermédiaire (branche longitudinale ou ascendante de plusieurs auteurs) longue de o mm., cordon compact, monte verticalement entre le raphé et le noyau du moteur oc. externe, au-dessus et en dehors du faisceau longitudinal postérieur. Elle est superficielle le long du sillon médian.
sous-épendymaire, et contribue avec le noyau (|u'elle longe à former Yeminenlia teres (tubercule du facial, de Kœlliker). Son volume s'accroît de bas en haut, par l'adjonction conlinuelle de fibres de la branche d'origine, el atteint 1 mm. à son point le plus élevé. A ce niveau, la branche intermédiaire se coude encore à angle droit, en contournant sur sa face externe l'extrémité supérieure du noyau de la sixième paire, qu'elle recouvre par conséquent sous le plancher du ventricule, au bout cérébral de l'eminentia teres. Ce second coude est le genou du facial. En somme, avec ses deux coudes supérieur et inférieur, la branche intermédiaire figure une anse ou demi-ellipse qui enchâsse obliquement le bord interne du noyau de J'abducens. — La branche de sortie s'étend du genou au sillon bulbo-protubérantiel. Elle se dirige en bas, en avant et en dehors, traver- FiG, 283. — Trajet intra-protubérantiel du sant en sens antéro-postérieur ou dorso-ventral nerf facial et du n. moteur oc. externe. toute l'épaisseur de la protubérance. Elle passe Côté gauclie. — Vue latérale. La protubérance est entre la racine du trijumeau qui est en dehors, supposée transparente. le noyau d'origine et l'olive supérieure qui sont
en dedans. Son émergence est à un niveau plus bas que le genou, plus haut que le noyau originel; elle se fait dans la fossette latérale du bulbe, en avant du nerf acoustique^ en arrière du nerf moteur oculaire externe, au-dessus des nerfs mixtes.
Origines accessoires du nerf faciaL — On a attribué au nerf facial des origines accessoires, aux dépens des noyaux moteurs voisins, tels que le moteur oculaire externe, et le moteur oculaire commun. Des observations nombreuses empruntées à l'anatomie, à l'expérimentation, aux dégénérations pathologiques, ont définitivement établi que le facial n'empruntait aucune fibre au noyau du moteur oc. externe; nous allons voir qu'il en est de même pour le moteur commun.
Facial supérieur et facial inférieur. — Le facial supérieur est celui qui anime les muscles péri-oculaires, frontal, sourciller, orbiculaire des paupières ; le facial inférieur ou buccal innerve les muscles des joues, des lèvres, du cou. Certains faits de. dissociation pathologique, dans les paralysies centrale et périphérique du nerf de la 7'= paire, avaient fait croire qu'il devait exister deux centres d'origine distincte. ]\Iendel avait cru pouvoir indiquer la partie la plus postérieure du noyau du moteur oculaire commun comme étant le noyau du facial supérieur. Les expériences de section du facial et l'étude des phénomènes de chromolyse consécutifs, pratiquée par Van Gehuchten et par Marinesco, paraissent avoir tranché la question et résolu le problème.
Tout le nerf facial naît dans un seul et même noyau, celui que nous avons décrit. Ce noyau est divisé chez les animaux et chez l'homme en noyaux secondaires, dont le groupement n'est pas identique suivant les espèces considérées. Il existe chez les animaux observés (lapin, chien, chat) trois groupes ou noyaux affectés, l'un aux muscles de l'oreille (pavillon, étrier), l'autre au facial supérieur, et le troisième au facial inférieur. Ce dernier est subdivisé à son tour en deux sous-groupes, le premier pour les muscles bucco-labiaux supérieurs, le second pour les muscles bucco-labiaux inférieurs. (Marinesco, Revue neurologique, 1898. — Presse médicale, 1899. — Vax Gehuchten, Journal de Neurologie, 1898).
STRUCTURE DU TROxNG CEREBRAL.