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CHAPITRE TROISIÈME

Nous donnons, sous la forme d'un résumé d'anatomie topographique, la description des principales coupes transversales du bulbe, de la protubérance et du pédoncule cérébral. Ces coupes sont aussi peu nombreuses que possible, afin qu'elles puissent mieux se graver dans l'esprit du lecteur. Elles comprennent, comme régions caractéristiques : la transition de la moelle au bulbe, les noyaux de Goll et de Burdach, l'olive, la protubérance et le pédoncule cérébral.

1" Région de transition de la moelle au bulbe.

La coupe passe par le point le plus bas de l'entre-croisement des pyramides, c'est-à-dire à la limite exacte de la moelle et du bulbe. La section a la forme arrondie des coupes de la moelle à sa partie supérieure.

La substance grise présente le déjettement latéral de la corne postérieure, qui quitte la direction radiée pour devenir transversale et occuper le cbamp latéral de la coupe. La tête de la corne postérieure est plus régulièrement sphérique, plus volumineuse et beaucoup plus superficielle; elle affleure en ce point la surface, et quand elle la dépasse, elle constitue le tubercule cendré de Rolando. Le col très aminci s'effile en pédoncule et contient les racines postérieures des premiers nerfs cervicaux. La base étalée se confond avec une épaisse commis-

sure grise postérieure ; elle est sur le point de fournir les deux noyaux de Goll et de Burdach, et son volume tient surtout à ce qu'elle reçoit la terminaison des racines postérieures des deux premiers nerfs cervicaux, la tête de la corne étant réservée au trijumeau.

Dans la substance blanche, les cordons postérieurs sont considérablement accrus et c'est leur accroissement excentrique qui a écarté les cornes postérieures et les a rejetées en dehors; ils rassemblent toutes leurs fibres pour se terminer un peu plus haut dans leurs noyaux respectifs. La formation réticulée est beaucoup plus marquée ; déjà elle commence à être traversée par les premiers paquets du faisceau pyramidal latéral marchant vers son croisement. La commis-

Form. relie.

Corne lai.

"■ Groupe ext.

Groiscm. pyr. Groupe iiii.

FiG. 293. — Région de transition de la moelle au bulbe (d'après Schwalbe, modifiée).

Coupe transversale par la partie inférieure du croisement pyramidal. Grossie environ 6 fois.

sure blanche antérieure disparaît, remplacée par l'entre-croisement des pyramides.

2° Bulbe. — Région des noyaux de Goll et de Burdach.

La coupe passe à 1 cm. environ au-dessus de la coupe précédente; elle atteint l'extrémité inférieure ou pointe de l'olive, et correspond au croisement sensitif. La section conserve une forme arrondie, car nous sommes encore dans ce qu'on appelle la partie fermée du bulbe, celle dans laquelle le canal central n'est pas fendu en arrière pour constituer le plancher du ventricule.

En suivant la périphérie de la substance grise, nous observons :

1" En arrière et au milieu, le canal central en forme de tube ;

2" A côté de lui, les noyaux de Goll et de Burdach, ou cornes accessoires, projetés en arrière en forme de massue, et rattachés par un pédicule à la base de la corne postérieure dont ils sont des excroissances ; à côté du noyau de Burdach, son petit noyau accessoire. Le noyau de Goll n'est séparé de la surface que par une mince couche blanche ; il correspond à la clava ou pyramide postérieure. Le noyau de Burdach, toujours recouvert d'une épaisse couche médullaire, répond à la saillie extérieure du tubercule cunéiforme;

NÉVROLOGIE.

Crois, sens.

.■N. access.

■dach

3« La décapitation de la corne postérieure par le croisement des cordons postérieurs. La tête, séparée de son tronc ou base, persistera désormais comme colonne arrondie et isolée, recevant les fibres de la racine descendante du trijumeau ; elle est coiffée par son croissant de substance gélatineuse ;

4° Au centre de la coupe, la substance réticulée, constituée à ce niveau, pour ses fibres transversales ou arciformes, par les fibres du croisement sensitif, c'est-à-dire par des fibres qui, nées des noyaux de Goll et de Burdacb, se dirigent vers le raphé médian et passent du côté opposé. C'est là le croisement senStif, ou supérieur (par rapport au croisement moteur). Cette nappe de fibres

g^if est la partie initiale du

ruban de Reil ; une parlie toutefois est destinée au corps restiforme et au cervelet.

5" En avant de la formation réticulée, nous trouvons, de dedans en dehors : la parolive interne avec sa forme coudée ; l'extrémité inférieure de l'olive en sac fermé, et le reste de la corne antérieure, devenue noyau du cordon latéral; tout à fait en avant le noyau arciforme encore peu développé et placé sur la face antérieure des pyramides.

6*^ La substance blanche périphérique nous présente : la pyramide antérieure, constituée par le faisceau pyramidal latéral, qui s'est croisé un peu au-dessous, et le faisceau de Tûrck qui est direct dans cette région, — le faisceau fondamental antérieur, rejeté en dehors par l'intercalation de la pyramide antérieure, — le faisceau intermédiaire ou faisceau latéral du bulbe, placé entre l'olive et la tête postérieure, un peu plus haut entre le sillon rétro-olivaire et le sillon des nerfs mixtes. Ce faisceau, reste du cordon latéral, très amoindri par la disparition du faisceau cérébelleux direct et du faisceau pyramidal, finit avec le bulbe à l'origine de la protubérance. Il contient un reste de la corne antérieure, le noyau du cordon latéral ou noyau latéral qui, mieux développé plus haut, reçoit la terminaison d'une petite partie du faisceau de Gowers ; — dans la partie postérieure de la circonférence, les cordons postérieurs extrêmement réduits, car ils se sont épuisés dans les noyaux de Burdacb et de Goll,et un peu en avant d'eux, en dehors de la tête de là corne postérieure, le faisceau cérébelleux direct qui se dirige en arrière pour aborder le corps restiforme.

Trij.

Tète post.

céréb. ri.

bpin.

N. lat.

Fonn. ré t.

• 01 he

■-.Hypogl.

• Paroi, hit.

F. arcif.

Pyr.

N. arcif.

FiG. 290. — Topographie du bulbe. Région des noyaux de Goll et de Burdacb (d'après Schwalbe, modifiée).

Coupe transversale par la partie inférieure de l'olive. Grossie environ cinq fois.

3° Bulbe.

Région de l'olive.

C'est la coupe typique du bulbe ; elle atteint en effet l'olive dans le milieu de sa hauteur et correspond à la partie ouverte de la moelle allongée, celle dans laquelle .le canal central semble s'être fendu et étalé pour former le plancher ventriculaire. La section n'est plus arrondie, mais cordiforme ; un angle rentrant sur la face postérieure, ici supérieure, marque l'excavation ventriculaire.

La substance blanche périphérique nous présente : en avant (en bas sur le dessin) la pj'ramide antérieure, ou faisceau pyramidal, entourée extérieurement

X {n. dorsal)

, F. solii.

Par. int.

Hypogl

G. interoliv.

N. arcif. Pyr.

FiG. 297. — Topographie du bulbe. Région de l'olive (d'après Sappey et Mathias Uuval,

modifiée).

Coupe transversale par le milieu de l'olive. Grossie environ quatre fois.

par le noyau arciforme, qui est ici dans son plein développement et se prolonge le long du sillon médian, — sur le côté, le faisceau latéral et son noyau près de disparaître, — en arrière, la masse arrondie du corps restiforme ou pédoncule cérébelleux inférieur, contenant sur sa face dorsale le faisceau cérébelleux direct qui ne peut se distinguer à l'état normal chez l'adulte.

Les cordons postérieurs n'existent plus ; ils sont remplacés par le ruban de Reil. Une partie du faisceau fondamental antérieur, devenue tout à fait postérieure et médiane, se continue dans le faisceau longitudinal postérieur ; l'autre partie s'est fondue dans la substance réticulée.

Dans le vaste champ de la calotte, qui comprend toute la région située en arrière des pyramides antérieures, nous observons :

La disparition des noyaux de Goll et de Burdach, et, à leur place, sous le plancher qui recouvre une couche médullaire, les noyaux des nerfs crâniens.

[CHARPy.]

i26 NÉVROLOGIE.

Au centre et le long du sillon médian ou tige du calamus, le noyau moleuide l'hypoglosse sous la saillie de l'aile blanche interne; en dehors de lui, le noyau dorsal des nerfs mixtes (pneumo-gastr. ou gloss.-phar.) qui répond à l'aile grise. En avant et en dehors de ces noyaux, dans la formation réticulée, sont lé noyau ambigu, noyau moteur des nerfs mixtes, et la bandelette solitaire, noyau sensitif de ces mêmes nerfs ; enfin la racine descendante de l'acoustique ;

La tête de la corne postérieure, racine du trijumeau, et le noyau latéral, tous deux persistants.

Volive, sectionnée dans son territoire moyen, par conséquent avec son hil(^ d'où s'échappe son pédoncule ; elle est entourée de sa capsule médullaire qui lui forme une écorce blanche ou stratum zonale, et flanquée de ses deux parolives externe et interne; des fibres arciformes la traversent. On voit qu'elle présente deux feuillets, un antérieur et un postérieur ;

Dans le grand espace qui s'étend entre la substance grise ventriculaire, les pyramides antérieures et les corps restiformes, la formation réticulée dans son plein développement.

La substance réticulée est divisée en deux champs par les racines de l'hypoglosse, qui passent entre la parolive interne et l'olive, pour aller en ligne courbe sortir par le sillon de l'hypoglosse ou s. collât, antérieur.

Le champ interne ou formation blanche est triangulaire. Sa partie antérieure constitue la couche interolivaire ou pyramide sensitive, placée derrière la pyramide motrice ; elle est formée par le ruban de Reil, c'est-à-dire par les fibres qui, issues des noyaux de Burdach et de Goll, se sont croisées un peu plus bas et, devenues longitudinales, montent désormais en arrière du faisceau pyramidal. Les deux champs droit et gauche sont séparés par le raphé, qui atteint ici sa plus grande longueur dorso-ventrale, 1 cm. environ, et sépare les deux moitiés de la calotte. Il est produit par le croisement de fibres transversales et de fibres sagittales ; les fibres transversales sont presque horizontales et dissociées en pinceau; les fibres sagittales, connues sous le nom de ^6 r es droites, se dirigent en sens antéro-postérieur ou inversement et, après un trajet plus ou moins long, se croisent à angle très aigu. L'origine de toutes ces fibres de croisement du raphé est très complexe; elles proviennent du corps restiforme, de l'olive, de la formation réticulée, de fibres du faisceau pyramidal allant aux noyaux crâniens moteurs, de fibres des noyaux crâniens sensitifs allant au ruban de Reil. On trouve dans le raphé de petits noyaux ganglionnaires, noyaux du raphé; le plus important est en avant et peut être considéré comme un prolongement du noyau arciforme.

Le champ externe de la substance réticulée, ou substance grise, s'étend depuis les racines de l'hypoglosse jusqu'aux racines des nerfs mixtes et même, un peu en arrière d'elles, jusqu'au corps restiforme. C'est le champ moteur de la calotte d'Edinger. Il contient entre autres le noyau ambigu.

La formation réticulée est constituée, outre ses cellules propres, par deux espèces de fibres, des fibres longitudinales, ici coupées en travers, qui passent dans les mailles du réseau, et des fibres transversales ou arciformes. Les fibres longitudinales sont celles du ruban de Reil et des faisceaux prolongés de la moelle.

Les fibres arciformes ou transversales, ou fibres arquées, sont de deux ordres, les fibres internes et les fibres externes.

Les fibres arciformes internes ou profondes sont contenues dans l'intérieur de la coupe. Elles proviennent en majeure partie des irradiations du corps restiforme, et dans celui-ci des irradiations du faisceau olivaire, en moindre partie des noyaux de Goll et de Burdach, du pédoncule deTolive, et de la formation réticulée. On les a distinguées, au point de vue topographique, en pré-, intra- et rétro-trigéminales, la racine descendante du trijumeau servant de repère, ou en pré-, intra- et rétro-olivaires.

Les fibres arciformes externes ou superficielles constituent à l'extérieur des couches ou rubans d'importance très variable, en sens inverse ordinairement du développement des fibres internes (voy. p. 226). Nous avons signalé les faisceaux périolivaires ou de la silique, de Burdach, et l'avant-pont d'Arnold. On distingue dans le système arciforme externe : 1° les fibres postérieures ou dorsales qui entourent le corps restiforme ; elles représentent les fibres de Goll et de Burdach, allant au cervelet, et le faisceau cérébelleux direct qui s'y dirige également ; 2° les fibres antérieures ou ventrales qui émergent du sillon antérieur ou du sillon de l'hypoglosse ; elles entourent l'olive (fibres périolivaires recouvrant le stratum zonale de l'olive) ou la pyramide antérieure (fibres péripyramidales) ou toutes les deux à la fois. Ces fibres émanent du noyau arciforme ou des noyaux des pyramides, ou bien de la profondeur, des noyaux du cordon postérieur.

(Voy. sur les fibres arciformes : Mingazzini, Ulteriori ricerche intorno aile fibrœ arciformes, Intern. Monatschr., 1893; — Kœllucer, Geivebelehre, 1893, p. 210 et 236).

40 Protubérance annulaire. — Région de réminentîa teres.

La coupe passe par le tiers inférieur de la protubérance. La section est irrégulièrement quadrilatère. On remarque sur le contour du dessin en avant (ici en bas) le sillon basilaire, les bourrelets pyramidaux, le pédoncule cérébelleux moyen sectionné, et sur la face postérieure ou supérieure le plancher du quatrième ventricule.

Le pied de la protubérance est formé par les faisceaux pyramidaux, encore compacts, dissociés plus haut, qui sont ici vus en coupe, et par les fibres transversales du pédoncule cérébelleux moyen. Ces fibres se terminent du même côté ou du côté opposé, ces dernières plus nombreuses, dans les noyaux gris protubérantiels infiltrés au milieu d'elles. Un grand nombre se croisent sur la ligne médiane et constituent un raphé, dans lequel un certain nombre prennent momentanément un trajet sagittal (faisceau médian). On divise les fibres transversales en trois couches : le stratum super ficiale, placé en avant du faisceau pyramidal ; le stratmn profundum, situé en arrière, et le stratum complexum ou médium qui pénètre et dissocie les faisceaux pyramidaux. Cette dernière couche n'apparaît qu'au-dessus du niveau du noyau moteur externe, par conséquent un peu plus haut que le niveau de notre coupe (Voy. Mingazzini, Sur le trajet du pedunculus médius, Intern. Monatschr., 1891).

[Cil A RPV.]

NEVROLOGIE.

Dans la calotte, nous observons de haut en bas : le noyau moteur oculaire externe entouré par le genou du facial, tous deux formant la saillie de Veminentia tercs. La saillie du funiculus teres, d'oii dépend cette éminence, est produite par la substance grise centrale disposée en cordons, renforcée par les noyaux de l'hypoglosse et du moteur externe, — la racine du moteur externe, — le novau du facial et sa branche radiculaire de sortie, — en dehors, la petite olive ou olive supérieure, centre ganglionnaire acoustique, — la racine spinale ou descendante du trijumeau avec la tête de la corne postérieure ; — au milieu, le raphé de la calotte, flanqué en haut par les faisceaux longitudinaux postérieurs à coupe triangulaire, en bas par le ruban de Meil ou faisceau sensitif, de forme triangulaire aussi, avec ses fibres vues en coupe ; — enfin sur les limites

Genou

N. mot. exl.

Noyau fac.

.. Facial

Péd. moyen

Olive sup.

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