‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 13 sur 368 · III · texte numérisé non relu

III

POmiER ET CHARPY.

\ PRENANT

50 XKVROLOGIE.

rieure de ce bourrelet que nous avons appelé l'arc marginal et dont ils suivent la destinée.

Le bord inférieur de l'arc marginal, contigu à l'épitbélium des plexus choroïdes, différencie des fibres longitudinales qui continuent les piliers antérieurs du trigone et forment les piliers postérieurs du trigone. Les deux arcs marginaux se soudant sur une certaine étendue dans leur portion antérieure, les piliers antérieurs et les piliers postérieurs du trigone confluent en une masse impaire et médiane qui n'est autre que le corps même du trigone. A côté des piliers postérieurs du trigone les arcs marginaux produisent encore une autre

I-^iG. 31. — Figure schématique montrant la disposition des différentes formations enroulées autour du ganglion cérébral (corps strié).

si, rorps strié. — pch. plexus cliorùïde (en rouge). — ir, trigone. — ptr, pilier antérieur di.i trigone. — sp. .teptum lucidum. — ce, ce, corps calleux. — sam, sillon d'Ammon. — cam, corne d'Amnion. — cgr, corps ffodronné, prolongement de ce. — tL, tractus de Lancisi. — cb, corps bordant, prolongement du trigone.

bandelette, le co'rps frangé {p. mbria), aussi appelé corpjs horde. Ainsi le trigone reconnaît une double origine : sa portion antérieure (piliers antérieurs) provient d'un épaississement de la lame terminale; sa partie postérieure (corps et piliers postérieurs) est formée aux dépens de l'arc marginal.

Un peu plus tard que le trigone, se montre, sur les coupes transversales, dans la partie la plus élevée de la cloison des hémisphères, au-dessus du trigone par conséquent, une bande blanche, fibreuse, dont les fibres se recourbent de chac[ue côté en haut et en dehors pour atteindre l'écorce cérébrale. C'est là la première ébauche d'une puissante commissure interhémisphérique, le corpx calleux (fig. 30, ce). Des coupes médianes et verticales montrent que cette commissure n'existe d'abord que dans la partie la plus antérieure des hémisphères cérébraux, et qu'elle est représentée par un épaississement du bord supérieur de la cloison transparente, dont les piliers antérieurs du trigone forment d'autre part le bord inférieur. La portion antérieure du corps calleux ainsi constituée s'appelle le yenou. Plus tard, le développement du corps calleux se poursuit peu à peu

d'avant en arrière. De même que le bord inférieur de l'arc marginal produisait, après soudure des deux arcs droit et gauche, le corps du trigone, de même son bord supérieur fusionné avec celui du côté opposé constitue le corps calleux même et le bourrelet de ce corps. Le corps calleux n'est pas prolongé en arrière, dans le lobe temporal, par une formation issue de l'arc marginal, comparable au pilier postérieur du trigone. Mais l'arc marginal produit, là où il devient libre de toute soudure et où cesse le corps calleux, parallèlement au corps bordé et dans toute l'étendue du lobe temporal, un cor/ps bordant ou corps godronné (gyrus dentatus).

Enfin, la partie la plus élevée du bord supérieur de l'arc marginal fournit une bandelette, le tsenia tecta ou tractus de Lancisi, qui repose sur la face supérieure du corps calleux et qu'on rattache d'habitude en anatomie descriptive à cet organe. Les tractus de Lancisi se prolongent eux aussi, comme l'arc marginal dont ils dérivent, jusque dans le lobe temporal.

Ainsi l'on voit, par exemple à l'inspection de la figure schématique 31, que concentriquement au corps strié (-s^) et concentriquement les unes aux autres sont disposées un système de commissures interhémisphériques et de formations plus ou moins rudimentaires de l'écorce cérébrale, qui régnent sur toute la longueur du ventricule latéral et de son prolongement temporal. Ce sont essentiellement : le pli choroïdien avec les plexus choroïdes latéraux (pdi) ; — le pli arqué (corne d'Ammon) (cam); — l'arc marginal avec les formations qui en dérivent, savoir, le trigone (tr etptr), le corps bordant (cb), le corps calleux (ce) avec le corps godronné (cgr) et les tractus de Lancisi [tL). Il faut y ajouter une bande arciforme de paroi cérébrale, une circonvolution, bornée supérieurement par un sillon, le sillon calloso-marginal. ; c'est la circonvolution de l'ourlet ou du corps calleux continuée par la circonvolution de l'hippocampe. La plupart de ces formations se retrouveront en anatomie descriptive comme parois des cornes temporales du ventricule latéral.

Dans la partie de la paroi interne qui correspond au lobe occipital se produit aussi un sillon qui peut être considéré comme un prolongement du sillon arqué, auquel il succède aussi chronologiquement; c'est la scissure calcarine, qui se détache à angle obtus du sillon arqué et va jusque près de l'extrémité du lobe occipital. De même que le sillon arqué, elle repousse la paroi cérébrale en dedans ; ainsi se forme un pli saillant dans la corne occipitale du ventricule latéral, qui s'en trouvé rétrécie; c'est le calcar ou petit hippocampe.

La formation du corps calleux unissant les deux hémisphères au fond de la scissure interhémisphérique et la fusion des deux arcs marginaux pour constituer le trigone et le corps calleux ont amené, on le comprend, une nouvelle manière d'être dans la faux cérébrale, qui remplit la scissure interhémisphérique. La faux s'atrophie entre les deux arcs marginaux qui se soudent; la partie inférieure ou ventrale, avec les plexus choroïdes latéraux et la toile choroïdienne qui en dépendent, s'est trouvée séparée, par l'interposition du corps calleux et du trigone, de la partie supérieure, la faux proprement dite ou définitive qui est demeurée au-dessus de ces organes.

L'histogenèse et la formation systématique (systématogenèse) du cerveau antérieur n'ont pas encore été étudiées d'une manière suivie, comme l'ont été par His celles du cerveau rhomboïdal.

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On sait cependant, relativement à l'écorce cérébrale, que celle-ci au début a la constitution histologique fondamentale de toute paroi nerveuse embryonnaire. On y retrouve, décrits il est vrai par les auteurs (Vignal, par exemple) sous d'autres noms, la plaque interne, le manteau et une assise externe de neurosponge. C'est le manteau qui ici comme ailleurs produit les fibres nerveuses. Cette couche se différencie en un certain nombre de strates déjà reconnaissables au cinquième mois de la vie fœtale. La plus caractéristique de ces strates est constituée par de grandes cellules pyramidales.

Quant aux fibres nerveuses, elles se groupent en systèmes, qui sont les uns des systèmes commissuraux, les autres des systèmes longitudinaux ou de projection.^ous connaissons déjà les premiers qui relient entre eux les deux hémisphères (corps calleux, trigone, commissure blanche antérieure). Il faut leur ajouter des systèmes d'association représentés par des fibres qui unissent différentes régions d'un même hémisphère. Les systèmes de projection sont contenus dans une formation qui fait suite aux groupes fibreux du pédoncule cérébral et que l'on voit apparaître dans l'épaisseur des ganglions cérébraux (couche optique et noyaux du corps strié), et qui de là irradie dans tout l'hémisphère (couronne rayonnante).

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