C. gen. inl
FiG. 310. — • Racines et centres ganglionnaires optiques.
Face latérale gauche du troue cérébral. — La partie optique est teintée en bleu.
genouillé externe et au pulvinar ; elle enveloppe le premier de ces ganglions dans une capsule médullaire, tandis qu'elle le pénètre par ses fibres profondes et contribue à former ses lames médullaires.
Une partie de ces deux espèces de fibres se poursuit au delà du corps genouillé et aboutit au pulvinar, à son stratum zonale et à ses couches profondes. — La branche postérieure (branche intermédiaire ou moyenne, Gratiolet et Stilling), grossie de quelques-unes des fibres précédentes, passe entre les deux corps genouillés et se continue dans le bras du tubercule quadrijumeau antérieur, par lui dans ce ganglion. Elle est petite chez l'homme et chez le singe, forte chez beaucoup d'animaux. Le tubercule antérieur reçoit donc des fibres optiques par deux voies, directement de la bandelette, indirectement de la nappe radiculaire qui rampe à la surface du pulvinar et du corps genouillé ; toutes lui arrivent par le bras antérieur.
2° La racine interne, bien moins développée, se rend ou parait se rendre au corps genouillé interne, uni lui-même par un bras au tubercule quadrijumeau postérieur. Elle n'appartient pas aux voies optiques.
Telle est la description de nos classiques français. C'est aussi celle de Stilling- {Arch. f. micr. Anat., 1880). Mais les grandes variations individuelles que présente cette région chez l'homme ont conduit quelques auteurs à un exposé différent. Retzius, entre autres, après avoir revisé ce point d'anatomie, conclut qu'il y a deux racines : une racine antérieure, qui va au corps genouillé externe et à la couclie optique (pulvinar) ; une racine postérieure,
([ui se rend au tubercule quadrijumeau antérieur. Cette dernière répond ù notre racine interne et n'est pas destinée au corps gennuillé homonyme {Biolog. Unlersuch., t. VllI, 1898, p. 65). — Ces divergences qui portent sur Tanatomie macroscopique, apparente, sont sans importance pour la structure réelle.
D'autres racines ont encore été indiquées, dont Texistcnce n'a pas été vérifiée chez l'homme ou qui se rfipportent à d'autres sj'stèmes. Telles sont : la racine descendante d« Stilling qui par la voie du pédoncule se prolongerait jusqu'au bulbe; — la racine basale, composée de fibres qui vont du chiasma ou de la bandelette à la substance grise du troisième ventricule et que l'on a attribuée aux fibres pupillaires réflexes; — enfin le tractus pédonculaire transverse de Gudden, que l'on a tour à tour rapporté aux voies optiques, aux racines du moteur oculaire commun, aux fibres aberrantes du pédoncule cérébral (voy. p. 257).
Trajet des fibres rétiniennes. — Le nei-f optique et la bandelette qui le prolonge contiennent environ 430 000 fibres, les unes fines, les autres très fines. Elles appartiennent probablement toutes a l'appareil visuel. Un certain nombre d'animaux possèdent, plus ou moins fusionné avec le chiasma et le tractus optique, un système de fibres connu sous le nom de commissure de Gudden et dépendant des corps genouillés internes, sans relation aucune avec la vision. Déjerine, se fondant sur des observations où l'atx'ophie des yeux a entraîné la dégénérescence totale de la bandelette, pense que, chez l'homme, celle-ci et le chiasma sont entièrement affectés aux voies rétiniennes ; la commissure de Gudden serait représentée par des fibres noyées dans le plancher du troisième ventricule.
Nous étudierons successivement la terminaison des fibres optiques dans les ganglions, leur entre-croisement, leur groupement en faisceaux et leur position topographique.
î° Terminaison des fibres optiques dans les ganglions centraux.
— Ces fibres, nous l'avons dit, sont les cylindre-axes des grandes cellules ganglionnaires qui occupent la couche la plus interne de la rétine et dont les dendrites s'entrelacent à leur tour avec le prolongement central des cellules bipolaires ; ces dernières sont elles-mêmes unies aux cellules visuelles des cônes et des bâtonnets. A leur autre extrémité, les fibres rétiniennes, pénétrant dans les ganglions centraux, leur a1)andonnent d'abord des collatérales, puis s'y terminent par de vastes arborisations qui se juxtaposent aux ramifications dendri tiques des cellules nerveuses.
Les ganglions reçoivent toutes les fibres rétiniennes; il ne semble pas exister, chez l'homme, de fibres direcles allant sans interruptio-n du globe oculaire à l'écorce cérébrale ; ils sont les noyaux terminaux du premier neurone. Mais il s'en faut qu'ils aient tous les trois la même valeur.
Le corps genouillé externe est le centre principal. Cruveilhier a depuis longtemps consigné dans son Anatomie la remarque suivante : « Un fait important, c'est que dans un grand nombre de cas d'atrophie des nerfs optiques que j'ai eu l'occasion d'examiner chez l'homme, l'atrophie portait sur le corps genouillé externe, et nullement sur les tubercules quadrijumeaux antérieurs. » Les observations récentes rapportées par Henschen confirment celles de Cruveilhier. V. Monakow estime que le corps genouillé externe reçoit 80 pour 100 des fibres optiques.
he pidvinar vient en seconde ligne; son contingent de fibres est très réduit, 20 pour 100 des fibres visuelles, d'après V. Monakow.
POIRIER ET CIIARrV. — -111. 30
[Cil A HP Y.]
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NEVROLOGIE.
Quant au tubercule quadrijumeau antérieur, si important chez les vertébrés inférieurs dont il est le centre optique fondamental (lobes optiques), il diminue à mesure que les autres centres s'accroissent, et n'est plus chez l'homme qu'un organe rétrogradé, affecté en partie à l'appareil oculaire, en partie aux voies acoustiques. Il peut être lésé, sans provoquer de trouble visuel, ce qui n'est jamais le cas du corps genouillé, et l'atrophie de l'œil le laisse souvent indemne. On le considère aujourd'hui comme étant le centre réflexe des mouvements pupillaires et accommodateurs, et accessoirement un centre de transmission des impressions lumineuses aux noyaux gris de la protubérance et du bulbe.
Fibres rétiniennes centrifuges. — L'immense majorité des fibres optiques
sont des fibres centripètes , afférentes aux ganglions. Il existe toutefois un nombre fort restreint de fibres centrifuges, que Cajal a découvertes et qu'il a observées chez tous les vertébrés. Elles naissent des ganglions et se terminent dans la couche profonde de la rétine autour des spongioblastes. Leur action est énigmatique. (Juelques-unes sont probablement des fibres sympathiques, issues du ganglion ciliaire et du ganglion cervical supérieur.
2» Entre-croisement. — Conformément à la toi générale d'après laquelle, chez les vertébrés supérieurs, les faisceaux des centres nerveux sont composés de deux espèces de fibres, des fibres croisées prédominantes et des fibres directes moins nombreuses, les fibres du nerf optique subissent dans le chiasma un entre-croisement partiel. H y a pour chaque œil un faisceau croisé, et un faisceau direct qui représente au plus le tiers de celui-ci. Cet entre-croisement ou décussation, déjà établi par Cruveilhier d'après des observations de dégénération consécutive à la perte du globe oculaire, est aujourd'hui définitivement confirmé par l'anatomie pathologique, par la méthode expérimentale et aussi par les observations directes.
L'entre-croisement est total chez les vertébrés non mammifères, oiseaux, reptiles, poissons; tout le nerf optique d'un côté passe dans la bandelette opposée. Il est partiel au contraire chez la plupart des mammifères, c'est-à-dire qu'ils possèdent un faisceau direct, souvent très grêle comme chez les ron-
Scliéma de la constitution du nerf optique (d'après Van Gehuchten).
geurs, plus gros chez le chat et le singe, et surtout chez l'homme. Gudden avait pensé que le croisement total est lié à la vision monoculaire, tandis que la vision binoculaire, dans laquelle les champs visuels se superposent quand on fixe un objet, comporterait un croisement seulement partiel; l'homme a la vision binoculaire la plus parfaite, puisque ses deux yeux sont presque parallèles. Mais cette explication ne s'accorde guère avec les différences que l'on observe chez les animaux très voisins, ni avec ce fait que des oiseaux à vision binoculaire, tels que la chouette, ont pourtant une décussation complète.
La décussation se fait sur un plan vertical; elle est dorso-ventrale. Un grand nombre de fibres, au lieu de suivre la diagonale du rectangle, décrivent des anses qui pénètrent jusque dans le nerf optique opposé et simulent des fibres arquées.
Outre ces deux espèces de cylindre-axes à trajet univoque, le chiasma contient un certain nombre de fibres bifurquées, dont une branche est directe tandis que l'autre passe du côté opposé. On ignore la signification de ces fibres découvertes par Cajal, Hannover avait en outre décrit des fibres arquées antérieures ou fibres commissurales, qui allaient d'un œil à l'autre en passant par le chiasma ; elles sont encore admises par quelques observateurs récents, qui leur font jouer un rôle dans l'ophtalmie sympathique.
3" Groupement en faisceaux. — D'après leur origine dans le champ de la rétine, les fibres optiques se divisent en fibres périphériques et fibres centrales ; les premières se subdivisent en fibres temporales et fibres nasales. De là trois faisceaux : le faisceau temporal, le faisceau nasal et le faisceau central ou maculaire (macula lutea).
Le faisceau temporal ou direct est composé uniquement de fibres directes. Il a pour territoire d'origine la partie externe ou temporale de la rétine, partie moins étendue que le segment interne, car le plan de séparation est un méridien vertical qui passe par la macula lutea, à plusieurs millimètres en dehors de la papille.
Le faisceau nasal ou croisé ne comprend que des fibres croisées. Il naît de la moitié interne ou nasale de la rétine dont la surface est sensiblement plus grande que la précédente.
Le faisceau maculaire ou /. central, constitué aux dépens des deux moitiés de la rétine, contient par suite des fibres directes et des fibres croisées. Son origine est dans la tache jaune ou inacula lutea, point central de la vision, situé au pôle postérieur de l'œil, en dehors de la papille. Cette région possède une structure spéciale: elle n'a que des cônes et pas de bâtonnets; les cellules ganglionnaires s'accumulent sur sa périphérie. Son importance fonc-
FiG. 312. — Situation des faisceaux dans la rétine, œil gauche. — M, macula lutea.
P, papille (d'après Henschen).
Les lignes courbes indiquent que le faisceau temporal (en bleu à droite) vient se placer dans les parties supérieure et inférieure de la papille; le faisceau nasal (en rouge, à gauche), dans la parlie interne; le faisceau maculaire (pointillé rouge et bleu), dans la partie externe.
[CHARPY.]
NÈVROLOGIE.
tlonnelle est considérable, car elle est le centre de fixation et de la vision distincte; sa lésion se traduit par un scotome ceiitral. Le faisceau maculaire occupe la macula et l'espace qui la sépare du nerf optique; les fibres croisées et directes qui le constituent ne paraissent pas nettement séparées dans la rétine et chaque moitié de la macula possède une innervation bilatérale. Dans les voies optiques, il représente un peu plus du quart du champ total.
4° Situation homologue des faisceaux. — Henschen a fait voir, par l'analyse d'un grand nombre d'observations, que les faisceaux conservent le longdès voies optiques une situation semblable à celle qu'ils avaient dans la rétine. Les schémas suivants que nous lui empruntons et que l'on comparera avec celui des champs rétiniens (fig. 312) nous montrent cet ordre de position.
Le faisceau temporal occupe la partie externe du nerf optique, la partie supéro-externe de la ^'' bandelette. Le faisceau nasal est au côté interne du nerf, inférointerne de la bandelette ; comme il est croisé, c'est le faisceau du nerf optique droit que l'on voit sur cette coupe de la bandelette Le faisceau maculaire centrale et, seul dans la bandelette, comprend encore deux espèces de fibres, directes et croisées.
L'étude de la coupe verticotransversale du chiasma est intéressante. Elle nous montre :
au centre le faisceau maculaire
Le faisceau temporal en bleu, le faisceau nasal en rouge: le j.- i. i
faisceau maculaire, au centre, en pointillé bleu et rouge. — Nerf avOC ses deUX parties temporale
optique gauche, tranehe postérieure. — Chiasma. — Bandelette „ , directe nasale OU croisée "
gauche. On voit en haut la coupe de la commissure de Gudden. ' '
au milieu, dans les segments supérieur et inférieur, la partie principale des fibres nasales seules ; — sur les côtés, des couches horizontales feuilletées contenant les fibres temporales ou directes et la partie la plus externe des fibres nasales. La décussation se fait donc sur un plan vertical.
Henschen conclut de ces faits que les faisceaux optiques gardent leur individualité et leur position respective non seulement jusqu'au corps genouillé, mais, comme nous le verrons, jusqu'à l'écorce occipitale ; la rétine, c'est-à-dire le champ visuel périphérique, se projette verticalement dans ses centres cérébraux, et chacun de ses quadrants, supérieur, inférieur, externe, interne, est représenté par un segment homonyme auquel le relie un conducteur isolé.
gauche.
garde la position
Fig. 313. — Situation respective des faisceaux clans le nerf optique, le chiasma et la bandelette optique (d'après Henschen).
Ainsi le segment dorsal du corps genouillé externe correspond au segment dorsal de la rétine (quadran+s supérieurs) et ce territoire reçoit les fibres mêlées des deux moitiés supérieures de cette membrane ; il est probable que chaque secteur de ce ganglion représente un secteur des deux rétines de situation symétrique.
Fibres pupillaires. — Les voies optiques contiennent, outre les fibres visuelles, des fibres dites pupillaires, fibres centripètes, sensitives, qui transmettent au noj^au du moteur oculaire commun l'excitation lumineuse et provoquent la contraction réflexe de la pupille. Le trajet de ces fibres est tout à fait incertain. Hensclien présume qu'elles occupent les bords latéraux du cliiasma et la partie supéro-externe de la bandelette; Becliterew dit qu'elles sont partiellement croisées et affirme qu'elles abandonnent le tractus un peu avant le corps genouillé, pour s'enfoncer dans la base du cerveau. Quelques auteurs les conduisent directement au noyau du moteur commun, au noyau secondaire qui préside aux mouvements de la pupille et de l'accommodation, mais la plupart pensent, avec V. Monakovv, que les fibres pupillaires se terminent dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs, dont elles représentent l'unique contingent oculaire ; ces ganglions à leur tour sont reliés par des fibres descendantes aux noyaux du moteur commun et des nerfs moteurs de la face. Ils sont les centre* réflexes des mouvements que détermine l'impression lumineuse.