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ARTICLE PREMIER

COUCHE OPTIQUE

La couche optique montre à l'œil nu un mélange de substance blanche et de substance grise, dont on se rendra compte à l'aide d'une coupe horizontale un peu superficielle.

Substance blanche. — La substance blanche se présente sous la forme du stratum zonale et des lames médullaires.

1° Le stratum zonale (couche en ceinture) recouvre la face postérieure ou base et la face supérieure, sur une épaisseur un peu inférieure à 1 mm. Sa plus grande minceur est au niveau du tubercule antérieur. Les fibres affectent surtout une direction sagittale ; elles proviennent des radiations optiques (faisceau sagittal du lobe occipital) dont une partie superficielle recouvre le pulvinar, et du pédoncule inférieur de la couche optique qui émerge le long du bord interne.

2° Les lames médullaires sont l'une externe et l'autre interne. La lame médidlaire externe, mal limitée chez l'homme, sépare la face externe du thalamus d'une mince coque de substance grise appelée couche réticulée.

3° La lame médullaire interne est dirigée en sens antéro-postérieur et divise la couche optique en deux noyaux externe et interne ; elle se bifurque en avant et circonscrit le noyau antérieur; en arrière, elle est à peine apparente.

Sur sa face interne, la couche optique se prolonge dans la substance grise du troisième ventricule; par places seulement, le faisceau rétroflexe de Meynert et le pédoncule du thalamus établissent une démarcation.

Substance grise. — La coupe horizontale superficielle dont nous avons parlé révèle l'existence de trois masses grises, noyaux cendrés de Burdach, incomplètement séparés par la lame médullaire interne, et fusionnés sur une partie de leur surface : ce sont les noyaux antérieur, externe et interne, auxquels on peut ajouter le pulvinar.

1" Noyau antérieur. — Ce noyau occupe le sommet de la couche optique et produit le renflement très variable du tubercule antérieur (corpus subrotondum). Il est encapsulé par la bifurcation de la lame médullaire interne en arrière et par le stratum zonale en avant. Sur sa face inférieure s'irradie la terminaison du faisceau de Vicq d'Azyr, qui vient du tubercule mamillaire. Il présente sur la coupe horizontale une forme en coin, à renflement antérieur ou tête, à queue dirigée en arrière, qui l'a fait comparer à un noyau caudé en miniature. La tète reçoit des fibres rayonnantes corticales qui lui arrivent par le bras antérieur de la capsule interne.

2° Noyau externe. Le noyau externe est situé entre la couche réticulée et la lame médullaire interne. Il est plus long que le noyau interne qu'il déborde en

avant et en arrière; il s'en distingue encore par sa teinte claire, sa couleur rougeâtre et par les stries blanches transversales qui émanent de toute la longueur de la couche réticulée. Ces fibres radiées sont le prolongement des fibres de la couronne rayonnante ; le plus grand nombre pénètrent par l'extrémité postérieure (pédoncule postérieur).

Déjerine rattache au noyau externe : le noyau en coupe ou noyau semi-lunaire de Flechsig, situé entre le centre médian de Luys et les radiations du novau rouge, et la zone réticulée ou grillagée, mince lamelle grise, appliquée sur la face externe de la couche optique et pénétrée par le passage des fibres cortico-thalamiques.

3° Noyau interne. — Le noyau interne est beaucoup plus court, d'une couleur plus sombre; on n'y voit pas à l'œil nu de stries transversales. Il se continue par places en dehors avec

le noyau externe, en dedans avec la substance grise ventriculaire. Dans sa partie inférieure et postérieure, une lame blanche incomplète, lame médullaire moyenne, isole avec la lame médullaire externe un petit noyau gris de 5 à 6 mm. de diamètre, placé entre les deux noyaux précédents et le pulvinar; c'est le centre médian de Luys.

4° Pulvinar. — Le pulvinar ou tubercule postérieur n'est bien développé que chez

l'homme. On le rattache tan-

,», , i XA. FiG. 326. — Noyaux et lames médullaires de la couche

tôt au noyau externe tantôt ■' ooliaue

au noyau interne. Il présente (.^^,p^ horizontale suporncieiie. - Côté gauche.

des fibres radiées qui proviennent soit de la bandelette optique soit des fibres destinées au lobe occipital.

Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses de la couche optique, de taille et de forme variées, sont multipolaires. La plupart sont à cylindre-axe long, quelques-unes, en nombre discuté, à cylindre-axe court épuisé sur place. Le prolongement nerveux suit une direction indéterminée.

Elles sont irrégulièrement disséminées et ne sont pas réunies en centres anatomiques. Celles du noyau externe sont en général plus petites.

Lamem.ext

N. caudé

Pulvinar

Connexions de la couche optique.

Radiations thalamiques.

Placée comme une station intermédiaire entre le tronc cérébral qu'elle termine et le cerveau antérieur qu'elle précède, la couche optique est en rapport avec ces deux segments nerveux par de nombreux et puissants faisceaux.

[CHARPY.]

480 NEVROLOGIE.

1" Connexions avec le tronc cérébral, le cervelet et la moelle.

Ces connexions sont assurées par les irradiations de la calotte du pédoncule cérébral, car aucune fibre ne passe par le pied du pédoncule, et presque toutes sont des fibres afférentes. Dans cette catégorie rentrent :

Le ruban de Reil ou faisceau sensitif qui des noyaux de (Joli et de Burdacli se rend au novau externe et au centre médian de la coucbe optique;

Les radiations du noyau rouge, suite du pédoncule cérébelleux supérieur, qui associent le cervelet au thalamus ;

La commissure blanche postérieure. Cette commissure est située transversalement au-dessus de l'orifice supérieur de l'aqueduc de Sylvius. Elle est sur la limite du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen. On l'observe chez tous les vertébrés. Elle parait être composée de fibres entre-croisées à court trajet dont les unes relient la couche optique à la substance réticulée du pédoncule cérébral, tandis que les autres établissent peut-être une commissure interthalamique. Leur origine principale est dans le pulvinar et la partie voisine du noyau externe.

2*^ Connexions avec les centres sensoriels. — ("omme la sensibilité générale (l'uban de Reil), les sens de la vue, de l'audition et de l'olfaction ont des rapports anatomiques avec la couche optique.

, Celle-ci en effet, par son pulvinar et le corps genouillé externe adjacent, reçoit la racine externe de la bandelette optique; par le corps genouillé interne qu'on peut lui rattacher, les fibres auditives de la voie centrale; et celles du cerveau olfactif par les fibres de projection du rhinencéphale que nous avons étudiées plus haut : le faisceau de Vicq d'Azyr, le tœnia tlialan)i,la bandelette demi-circulaire.

3'^ Connexions avec les corps striés. — Chez tous les vertébrés, d'après Edinger, ces ganglions sont étroitement associés, surtout au niveau de leur base.

On distingue des fibres strio-thalamiqucs, latérales, disséminées, mais très nombreuses, qui nées du noyau caudé, mais principalement du noyau lenticulaire, traversent horizontalement le genou et le bras postérieur de la capsule interne qu'elles découpent en segments rectangulaires et pénètrent la couche optique par sa face externe, après avoir tra\'ersé sa zone réticulée et sa lame médullaire externe. Ce sont des sortes de ponts jetés d'un ganglion à l'autre; — et des fibres strio-thalamiques inférieures qui occupent la base du thalamus et du cerveau. Elles se groupent en faisceaux (anse lenticulaii-e) que nous décrirons avec le corps strié.

4° Connexions avec Vécorce cérébrale. — La couche optique est reliée à toute la surface corticale de l'hémisphère par d'innombral)les fibres de projection qui constituent la couronne rayonnante optique, laquelle se mêle intimement dans le centi-e ovale à la couronne rayonnante du pédoncule cérébral. C-es fibres sont de deux ordres : les unes, fibres cortico-thal a miques , sont corticit'uges, les autres, en nombre presque égal (Déjerine),/^^^^^ thalamo-coriicales. sont corticipètes. Les connexions sont donc assurées dans les deux sens. Ces libres émergent de la face externe (ou y pénètrent) et de la couche réticulée de la couche optique et se dispersent en tous sens. Au point de leur émergence

thalamique, elles sont unies en groupes plus ou moins apparents que l'on a désignés sous le nom de pédoncules.

On distingue : l°les fibres /"ro nia /f s qui proviennent du lobe de même nom et forment le pédoncule antérieur. Celui-ci, dirigé horizontalement en arrière et en dedans, occupe à lui seul la plus grande partie du bras antérieur de la capsule interne ; — 2P' les fibres pariétales, verticales, dont le pédoncule supérieur est mal limité; — 3° les fibres occipitales, avec leur pédoncule postérieur; celles de la face interne constituent les radiations optiques qui émergent du pulvinar et passent par le segment le plus reculé du bras postérieur de la

Péd post

Fib pni tet

N. lent.

-- N.caudé

Rad.de lacaloile

FiG. 327. — Couronne rayonnante de la couche optique.

Les corps striés en rouge, la couche optique en bleu. ^ Figure scliématique.

capsule interne ; — 4° les fibres temporales, dont le pédoncule inféneur fait partie de l'anse pédonculaire de Gratiolet et contourne le bord antérieur du pédoncule cérébral.

A la couche optique se rattachent la région sous-optique et les commissures de la base.

A. RÉGION SOUS-OPTiaUE

La région sous-optique ou sous-thalamique est la calotte du cerveau intermédiaire, ou si l'on veut la partie basale et postérieure de ce segment des centres nerveux. Elle continue et termine la région de la calotte du pédoncule cérébral. L'étude de cette petite région est des plus importantes et des plus difficiles dans les recherches de laboratoire, car elle représente la jonction du tronc cérébral au cerveau, une sorte de point nodal où les faisceaux nombreux de l'étage supérieur du pédoncule cérébral, eux-mêmes continuation de ceux de la protubérance et du bulbe, se croisent et s'orientent en divers sens pour s'unir à la couche optique, à la capsule interne, au corps strié. L'intercalation de ganglions nouveaux, comme le corps de Luys, augmente encore cette complication.

[CHARPY.]

NEVROLOGIE.

FouEL, Untersuchungen ûber die Ilaubenregion, in Arch. f. Psych., 1877. — M. et Mme Dkjerine, Anatomie, t. II.

Cette région, de forme quadrilatère, a pour limites : en haut, la face inférieure delà couche optique; en bas, le locus niger de Sœmmering; en dehors, le pied du pédoncule cérébral qui se prolonge dans la capsule interne; en dedans, la substance grise du troisième ventricule. Elle se continue en arrière avec la calotte des pédoncules cérébraux, en avant dans la partie postérieure de l'espace perforé antérieur ou substance innominée de Reichert.

On trouve dans la région sous-optique : des faisceaux médullaires, un noyau gris particulier, le corps de Luys, et la partie supérieure, terminale, de deux centres cellulaires du cerveau moyen, du noyau rouge et du locus niger.

Corps de Luys. — Luys a découvert en 1865 ce petit ganglion qui occupe la partie postérieure de la région. Le corps de Luys a la forme d'une lentille biconvexe à faces supé-

N. caudé

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