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ANOMALIES D'ÉVOLUTION

1" Gliose cérébrale. — On rencontre dans l'épilepsie essentielle des lésions de la névroglie qui affectent de préférence l'écorce des circonvolutions psycho-motrices et de la corne d'Ammon. Chaslin considère qu'il s'agit d'une pliose ou sclérose névroglique constituée par une prolifération exubérante de la névroglie qui étouffe les cellules nerveuses. Ce trouble évolutif non inflammatoire, dans lequel un des deux éléments (la névniglie) dérivé du feuillet ectodermique devient prépondérant et fait avorter l'élément noble (cellules nerveuses), serait congénital et héréditaire. La maladie de Friedreich ou ataxie héréditaire est une afl'ection analogue ; c'est une gliose d'évolution localisée à la moelle (Déjerine).

Les idées de Chaslin ont été contestées par Blocq et îMarinesco. Ces auteurs concluent de leurs recherches que la gliose n'est pas constante dans l'épilepsie essentielle; que lorsqu'elle existe, bien qu'affectant principalement la zone psychomotrice, elle est variable dans son siège et son intensité ; qu'elle n'est pas pure mais associée à la sclérose conjonctive; que, par conséquent, il est plus logique de la considérer non comme la cause de l'épilepsie congénitale mais comme un effet, un reste inflammatoire des attaques congestives qui frappent les circonvolutions rolandiques.

Voy. Chaslin, Sclérose névrologique. Soc. Biologie, 1889 ; et Sclérose cérébrale, Arch. de médec. expérim., 1891 ; — Blocq et Marinesco, Lésions de l'épilepsie essentielle. Sein. médic, 1893.

2" Hétérotopies de substance grise. — Les hétérotopies ou formations anormales de substance grise sont fréquentes dans le cerveau. La statistique d'Otto donne pour 107 cas : cerveau, 20; cervelet, 80; moelle, 6; protubérance, 1. Dans les hémisphères cérébraux, ou

les observe le plus souvent, dans les 2/3 des cas, au voisinage immédiat des ganglions centraux, couche optique et corps strié, et de la paroi ventriculaire ; ou encore en plein centre ovale, et plus rarement auprès de l'écorce. Leur structure est celle de la substance grise normale la plus rapprochée. jMatell a récemment rapporté une observation d'hétérotopie paracorticale, chez une femme épiloptique, qui présentait de la microcéphalie et de la microgyrie. Le centre ovale, dans les deux hémisphères, était occupé par une masse grise infiltrée au milieu des fibres de projection et d'association, et reliée à l'écorce par des ponts de substance grise ; sa structure était celle des couches profondes de l'écorce cérébrale.

(Vo3^ Otto, Ilyperplasie der Hirnrinde, Virchow's Archiv, 1887 ; — Matell, Ein FalL von Heterotopie... Arcli. f. Psych., 1893. — Meine, Arch. f. Psyeli., 1898.)

3° Mîcrogyrie. — La microgyrie ou petitesse anormale des circonvolutions s'observe dans des conditions diverses. Tantôt elle existe seule, tantôt elle est associée à d'autres malformations, porencéphalie, absence du corps calleux.... Elle peut être totale ou partielle. Les circonvolutions allongées, très petites, serrées les unes conti'e les autres, rappellent difficilement dans leur disposition le type classique. Les cellules nerveuses de leur écorce sont plus ou moins arrêtées dans leur développement, suivant que la cause initiale réside dans le centre ovale ou dans l'écorce. C'est en effet à un arrêt de développement que l'on rapporte la production de la microgyrie ; cet arrêt peut porter sur la substance blanche et déterminer un plissement excessif de l'écorce, ou sur la substance grise corticale qui garde le type infantile. Cette anomalie un peu prononcée coïncide ordinairement avec l'idiotie. (Voy. Otto, Zur Kenntniss der Mikrogyrie, irc/i. /'. Psych., 1892.)

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