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V. FIBRES OPTIQUES

Le centre optique ou centre visuel, sphère visuelle, occupe sur la face interne du lobe occipital la cinquième et la sixième circonvolution occipitale, c'est-àdire le lobule lingual et le cuneus ; son siège principal est dans la scissure calcarine. Son écorce est caractérisée à l'œil nu par une bande blanche, large d'un demi-millimètre, intercalée au milieu de la substance grise ; on la voit nettement en faisant une coupe perpendiculaire à la scissure calcarine. Signalée par Gennari (1776) et décrite quelques années après par Vicq d'Azyr, d'oii son nom de ruban de Vicq d'Azyr, strie ou raie de Gennari, elle présente son plus grand développement dans les lèvres de la scissure calcarine et se poursuit en s'affaiblissant dans le cuneus C^ et dans le lobule lingual 0^. Elle correspond à la strie de Baillarger élargie et épaissie.

Dans l'écorce calcarine, Meynert avait admis 8 couches. Cajal en compte 9 : couche plexiforme ou des cellules horizontales, — petites pyramides, — pyramides moyennes, — grandes cellules étoilées, — petites cellules étoilées, — cellules à cylindre-axe recourbé, — - pyramides géantes — grandes cellules à cylindre-axe recourbé et ascendant, — cellules triangulaires et fusiformes. On remarque surtout le petit nombre des cellules pyramidales géantes ou moyennes, et la présence de cellules étoilées grandes et petites à long cylindre-axe descendant. Gajal pense que les cellules géantes sont des cellules motrices, dont le cylindre-axe agit par voie réflexe sur les centres des tubercules quadrijumeaux, du bulbe et de la moelle.

Ce qu'il y a de caractéristique, de spécifique en quelque sorte, c'est la zone des cellules étoilées (4'^ et o*^ couches), qui semblent être les cellules visuelles corticales par excellence. Elles sont plongées en effet dans le ruban de Vicq d'Azyr ou plexus optiqice, que Gajal considère comme l'épanouissement des fibres rétiniennes venant dans un épais feutrage enlacer les dendrites des cellules étoilées. Là est le siège principal des impressions sensorielles. A leur tour les cylindre-axes de ces cellules conduisent probablement aux régions corticales voisines les excitations qui s'y emmagasinent sous forme d'images latentes et servent à la mémoire.

Toutefois le ruban de Vicq d'Azyr, ne s'atrophiant que partiellement dans une cécité ancienne ou après la destruction des radiations optiques, doit contenir

Se. cale.

d'autres fibres que les fibres rétiniennes. (Henschen. Rapport au Congrès internat, de 1900.)

Les fibres de projection, radiations optiques, constituent la partie interne des radiations thalamiques postérieures dont le pédoncule est situé dans le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne. Elles sont centripètes et centrifuges.

Les fibres centripètes sont représentées par deux neurones, à partir de la rétine : le premier qui suit le nerf optique et la bandelette, et se termine dans les centres ganglionnaires du thalamus ; le second qui par la voie des radiations optiques s'étend du thalamus à l'écorce visuelle (radiations du pulvinar et du corps genouillé externe). Ce sont elles qui apportent l'impression rétinienne. — Les fibres centrifuges par la même voie intracérébrale descendent aux tubercules quadrijumeaux antérieurs (fibres cortico-quadrij umelles) et de là se mettent en relation avec les noyaux du bulbe et de la moelle. Elles ne sont pas directement motrices, car le siège du mouvement des yeux est dans l'écorce rolandique, mais elles mettent en jeu des associations motrices réflexes, consécutivement aux perceptions visuelles. (Voy. plus haut p. 460.)

Nous avons aussi indiqué d'autres fibres centrifuges, qui des tubercules quadrijumeaux antérieurs et peut-être même de l'écorce cérébrale retournent à la rétine. L'olfaction, l'ouïe, la vision, le tact possèdent en effet des fibres sensorielles centrifuges, dont le rôle est à peine entrevu. On leur a attribué successivement la propriété : d'agir sur les éléments terminaux, tels que les spongioblastes, pour gouverner les contacts cellulaires (nervi nervorum, deManouélian), de régulariser l'excitation nerveuse par une sorte de phénomène d'inhibition, ou encore de permettre l'objectivation ou l'extérioration des impressions perçues par le cerveau (Becbterew).

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