VI. FIBRES ACOUSTIQUES
Le centre acoustique ou auditif, ou sphère auditive, est localisé à la partie moyenne de la première temporale T'. On a constaté plusieurs fois l'atrophie de cette circonvolution chez les sourds-muets ; on a observé aussi son état d'imparfait développement chez des sujets devenus sourds d'une oreille dans l'enfance, en même temps que la circonvolution du côté opposé (homonyme à l'oreille perdue) avait par compensation augmenté de volume.
L'écorce auditive possède, comme caractères spéciaux, de grandes cellules fusiformes ou triangulaires disséminées au-dessus de la couche -moyenne, un nombre considérable de cellules d'association du type à double ramification dendritique, et la délicatesse des fibres du plexus sensoriel qui s'épanouit dans la couche des petites pyramides (Cajal).
FiG. 347. — L'écorce calcarine et le ruban de Vicq d'Azyr.
Coupe perpendiculaire à la scissure calcarine.
[CHARPY.]
520 NÉVROLOGIE.
C'est encore un centre bilatéral, dont chaque côté reçoit des fibres des deux nerfs acoustiques; il est nécessaire de détruire les centres droit et gauche pour produire d'un seul côté une surdité complète; la destruction unilatérale n'entraîne que des troubles inappréciables ou d'autres fois une surdité également unilatérale, mais de faible intensité et de courte durée.
Quelques auteurs pensent que les fibres du limaçon s'y projettent avec leur position réciproque et leur échelle de tons; chaque partie du centre auditif serait accordée à une octave différente. On a observé chez l'homme des surdités tonales.
C'est en arrière de ce centre que se trouve, comme nous le verrons plus loin, le siège de l'audition verbale.
Les fibres de projection acoustique sont de deux ordres, corticifuges et corticipètes.
Les fibres corticifuges, peu nombreuses, mal connues, appartiennent les unes aux fibres sensorielles centrifuges dont nous venons de parler à propos des voies optiques, les autres à la voie des réflexes moteurs. Bechterew dit qu'en excitant le centre cortical on provoque des mouvements dans le pavillon de l'oreille. Ces fibres paraissent avoir pour aboutissant les tubercules quadrijumeaux antérieurs, centres ganglionnaires tout à la fois visuels et acoustiques, lleld a reconnu en effet que ces tubercules reçoivent non seulement des fibres rétiniennes, mais aussi des fibres auditives, et c[u'ils émettent des fibres descendantes qui les relient aux noyaux moteurs des nerfs crâniens et à la moelle par la voie du faisceau longitudinal postérieur ou du faisceau prédorsal (voy. p. 387). Ainsi s'expliqueraient ces associations synergiques réflexes par lesquelles un son ou une image font contracter l'oreille ou les paupières, diriger l'œil et la tête ou Fécarter du côté qui nous apporte l'impression.
Les fibres corticipètes constituent la voie acoustique centrale. Celle-ci se compose de deux segments : un segment postérieur, qui s'étend du noyau bulbaire du nerf acoustique au tubercule quadrijumeau postérieur et au corps genouillé interne ; il est représenté par le faisceau acoustique ou ruban de Reil latéral ; — un segment antérieur, de ces mêmes ganglions au centre cortical. Le tubercule quadrijumeau postérieur et le corps genouillé interne sont donc des centres ganglionnaires ou primaires interposés sur le trajet delà voie acoustique centrale, comme les tubercules quadrijumeaux antérieurs et le corps genouillé externe sur celui de la voie optique, le bulbe et le trigone olfactifs sur le parcours des fibres de l'olfaction.
A. Segment postérieur de la voie centrale. — Faisceau acoustique ou Ruban de Reil latéral (lemniscus lateralis de la Nom. anat.
allemande). — Ce faisceau a une double origine, ce sont les deux noyaux dans lesquels se termine la branche cochléaire ou limacienne du nerf de la 8'= paire, le noyau antérieur et le tubercule latéral. Quant à la branche vestibulaire, dont les fonctions se rapportent au sens de l'équilibre et non à celui de Faudition, elle possède des noyaux bulbaires distincts (noyaux de Deiters et noyau postérieur), et sa voie centrale se confond avec celle de la sensibilité.
Les deux racines du faisceau acoustique restent distinctes sur un court trajet
et constituent les fibres trapézoïdales et les stries acoustiques. Toutes deux sont situées dans la calotte de la protubérance; les premières dans le plan ventral, les secondes dans le plan dorsal.
1° Noyau acoustique antérieur; fibres trapézoïdales. — Les cellules du noyau antérieur ou ventral émettent des cylindre-axes qui se dirigent transversalement en dedans et forment une couche horizontale de fibres médullaires, appliquées contre les fibres protubérantielles les plus profondes et connues sous le nom de corps trapézoïde. Chez la plupart des animaux, le corps trapézoïde est visible extérieurement sous la forme d'une nappe blanche striée, entre le bulbe et la protubérance; les pyramides antérieures le recouvrent près de la ligne médiane (fig. 348).
Chez l'homme, il est invisible extérieurement, non qu'il ait subi une réduction bien sensible, mais parce que le puissant développement de la protubérance l'a enfoui sous une couche épaisse de fibres horizontales comme lui, et seules ses fibres inférieures débordent un peu sur le bulbe au-dessus du pont de Varole.
Les fibres trapézoïdales, en partie directes, en partie / 1croisées, s'accroissent de "^ fibres accessoires qui leur sont fournies par les petits ganglions voisins qui s'échelonnent en montant vers les tubercules quadrijumeaux, par le noyau du corps trapézoïde. par la petite olive supérieure et
par le noyau latéral qui
, XX j •' / FiG. 348. — Le corps trapézoïde du sanûlier
prolonge cette dernière (v. (^,^p^. ^ ^^[^ ^^^^.^ ^^ Vie).
fig. 350). Elles abandonnent au noyau du facial d'importantes collatérales qui servent sans doute de voie réflexe motrice.
2" Tubercule acoustique latéral; stries acoustiques. — Les axones des cellules du tubercule acoustique, dont nous avons signalé le grand développement dendritique, constituent les stries acoicstiques ou médullaires, barbes du calamus. Celles-ci entourent la face externe, puis la face postérieure du corps resliforme, apparaissent superficielles sur le plancher du quatrième ventricule, qu'elles parcourent horizontalement ou en sens oblique (strie ascendante, baguette d'harmonie, conductus sonorus), et plongent dans la profondeur en traversant pour la plupart le raphé à un niveau variable. Arrivées près de la ligne médiane,
Péd. cércbr
Protub.
Cervelet