Circulation périphérique et c. centrale
Scliéma.
.ivcc les vertébrales (Voy. les expériences de Ehrmann, de Corin). Chez Fliomme, il y a des cas assez nombreux où la ligature des deux carotides, faite a intervalle de G à 10 jours seulement, n'a pas produit d'accidents cérébraux; de même la ligature du tronc bracliiocéphalique, qui supprime une carotide et une vertébrale. Quant à la ligature d'une carotide seule, nous avons dit que, dans la majorité des cas, les accidents cérébraux observés dépendent d'une anomalie de l'hexagone ou de l'obstruction d'une de ses branches par artériosclérose.
Il en est de même des oblitérations expérimentales ou pathologiques des gros vaisseaux de l'hexagone. Ces dernières sont communes chez les sujets âgés ou alcooliques, et se présentent souvent sans ramollissement concomitant. Même des oblitérations multiples peuvent, si elles sont disséminées d'une certaine façon, ne pas troubler notamment le fonctionnement hydraulique de l'hexagone : Ileubner a donné le dessin d'un cerveau chez lequel quatre artères oblitérées, une vertébrale gauche, le segment moyen du tronc basilaire, la sylvienne gauche, la cérébrale antérieure droite, n'avaient pas produit d'infarctus. U fait observer que la condition dangereuse, c'est l'occlusion de deux artères du môrne côté, ce qui arrive souvent pour les cérébrales antérieure et moyenne, toutes deux d'origine carotidienne; dans ce dernier cas, la cérébrale postérieure, elle-même souvent rétrécie, est insuffisante à compenser les interruptions de l'hexagone.
Du réseau hexagonal ou de ses prolongements immédiats naissent les artères. centrales, qui sont des artères terminales, à territoire fermé. Nous avons déjà fait remarquer que cette origine rapprochée et leur caractère terminal y entretenaient une tension tout à la fois plus variable et plus forte; observons en outre que leurs anastomoses originelles sont beaucoup plus limitées que pour les artères corticales. Ces artères sont surtout menacées dans les oblitérations locales des vaisseaux de la base. Qu'un caillot ou une endartérite végétante forme la partie initiale de la cérébrale moyenne sur une longueur seulement de 2 cm., toutes les artères centrales du groupe latéral" antérieur seront fermées en même temps; une partie notable des striées externes et internes ne pourra plus conduire le sang aux noyaux ganglionnaires, dont la nutrition sera dès lors compromise.
Les artères corticales ou périphériques possèdent un second réseau, interposé entre elles et l'hexagone, le réseau pie-mérien; il couvre toute la surface des circonvolutions qui est une surface grise. Bien que les artères qui pénètrent dans la substance nerveuse soient, comme les artères ganglionnaires, des artères terminales, cependant leur très grand nombre et leur très grand rapprochement leur enlèvent leur indépendance; leur circulation est entièrement sous la dépendance du réseau d'où elles procèdent. La présence de ce réservoir commun, extrêmement divisé et extrêmement communiquant, entraîne plusieurs conséquences :
1° On peut admettre que la circulation doit y être notablement ralentie, et que la tension intra-vasculaire y est tout à la fois faible et uniforme. Le fait qu'une injection poussée par une artère adërente, après avoir rempli le réseau, s'engage beaucoup plus facilement dans les autres artères afférentes que dans les vaisseaux nourriciers de l'écorce, prouve que ce réseau forme un tout solidaire, continu, qui régularise la distribution du sang et l'emmagasine avant de le laisser passer à la substance nerveuse.
2» La suppléance est facile en cas d'obstruction d'une des branches afférentes. C'est ce que l'on constate de visu dans les injections partielles après avoir lié une artère un peu volumineuse; c'est ce que prouvent aussi les observations pathologiques ou expérimentales, où l'on a vu le tronc d'une grosse artère comme la sylvienne complètement oblitéré sans lésion cérébrale consécutive. Quand une cérébrale est fermée par un caillot ou par l'athérome de ses parois et que cette occlusion entraîne un ramollissement nécrobiotique,^ ce n'est donc pas parce que son territoire est complètement interdit à l'apport du sang, cest parce qu'il y a d'autres conditions défavorables, telles que l'artériosclérose du réseau luimême ou des autres artères afférentes, l'insuffisance de la circulation totale, peut-être même des phénomènes locaux de vaso-constriction. 11 n'est pas dans l'économie un seul organe, chez lequel la ligature d'un gros tronc artériel ne puisse, dans certaines circonstances, déterminer la gangrène.
3° Avec un réseau vasculaire, il ne peut pas y avoir de territoire au sens absolu du mot, même avec des artères terminales issues de ce réseau. Heubner insiste sur ce point que le réservoir de la pie-mère est une sorte de terrain neutre qui reçoit de tous et rend à tous, et que lorsqu'on parle de la région où se distribue une artère comme étant son territoire, ceci ne peut s'entendre que comme d'un lieu que le sang de cette artère remplit plus promptement et plus facilement; ce sont des lieux de passage habituels. Il est probable toutefois que les nerfs vasculaires nombreux que possède la pie-mère doivent donner a chaque artère qui les porte une certaine autonomie, en réglant dans son domaine la cousfriction et la dilatation de ses branches.
[CIIARPV.]
594 NKVROLOCIE.
Les (Jeux Iravaux (jui ont créé la (iiicslion des artères du cerveau et l'ont en grande partie résolue sont : Durkt, Recherches anatomiques sur la circulation de l'encéphale, yirclt. de physiologie, 1874; — Heubner, Die lueliche Erkrankung cler Hirnarterien, 1874.
Voyez aussi : Biscons, Recherches sur les artères céréhrales, Th. Bordeaux, 1890; — KousKO, Ueber die Beziehung der Arteria chor. anterior, 1891.