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B. — ARTÈRES CENTRALES

Sur la face ventrale de la moelle et du bulbe, des artères, nées des gros troncs antérieurs, pénètrent directement à travers la substance blanche pour atteindre les noyaux gris intérieurs; de même à la base du cerveau, qui est sa face ventrale, les vaisseaux de l'hexagone émettent des branches perforantes destinées aux masses ganglionnaires centrales, corps striés et couches optiques. Dans les deux cas, ces artères portent le nom d'artères centrales. A peine mentionnées et sans nom dans nos anciens traités classiques, elles ont pris maintenant une importance capitale, car elles sont par excellence le siège des lésions pathologiques qui conduisent aux hémorragies cérébrales.

Les artères centrales proviennent des artères de la base, c'est-à-dire de l'hexagone et des troncs vasculaires voisins, tels que la cérébrale moyenne et la choroïdienne antérieure ; même le groupe des optiques postérieures, qui apparaît sur la face externe du pédoncule cérébral, est encore à la base du cerveau. Heubner a donc raison d'appeler leur territoire, territoire basai. Elles naissent de la partie initiale des troncs vasculaires, tant qu'ils n'ont pas encore fourni de branches de bifurcation ; ainsi sur les cérébrales antérieures, elles ne vont pas au delà de la communicante ; sur la cérébrale moyenne, elles s'arrêtent au pôle de l'insula, à l'entrée de la scissure de Sylvius, et sur la cérébrale postérieure, au point oi!i cette artère se coude pour se trifurquer. Leur origine est sur le bord supérieur ou dorsal du tronc même, à angle droit sur lui, en sorte qu'on ne les voit pas si on ne soulève pas ce tronc de la surface cérébrale.

Chacune est isolée, parallèle à sa voisine, et monte tout droit dans la substance nerveuse; Heubner les compare aux rejetons qui poussent au pied des grands arbres, comparaison quelque peu forcée qui assimile le tronc vasculaire aux racines de l'arbre.

Il est bon d'indiquer que toutes les artères de la couche optique et des corps striés ne proviennent pas des vaisseaux de la base ; il en est qui sont fournies

Cérébr. ant.

Cérébr.moy.

Cérébr. p.

FiG. 383. — Origine des artères centrales (schéma).

par les artères ventriculaires, c'est-à-dire par les artères périphériques invagi nées.

On répartit les artères centrales en deux groupes, antérieur et postérieur, entre lesquels on peut intercaler un groupe intermédiaire.

1" Le groupe antérieur comprend les artères qui naissent des cérébrales antérieure et moyenne. Un groupe médian antérieur provient de la cérébrale antérieure en deçà de la communicante antérieure et de cette communicante elle-même; les artères perforent le corps calleux ou suivent un trajet rétrograde pour pénétrer par la partie interne de l'espace perforé antérieur, et par cinq ou six rameaux entrent dans la tête du noyau caudé (artères striées antérieures). — Un second groupe, latéral antérieur, bien plus important, se détache de la partie initiale de la sylvienne ou même de sa bifurcation quand celle-ci est précoce, et se dispose en série linéaire de branches de 0 mm. S à 1 mm. 5 de D.; quelquefois une branche importante vient du tronc même de la carotide ; toutes s'engagent dans les orifices de l'espace perforé antérieur et montent en haut et en dehors, pour se recourber ensuite d'arrière en avant et aborder les ganglions centraux.

Les artères de ce groupe qui naissent près de la carotide sont les striées internes (ou lenticulaires), elles vont aux deux membres internes ou noyau pâle du noyau lenticulaire. Celles qui ont leur origine en dehors, à la partie externe de l'espace perforé, sont les striées externes; elles ont pour terminaison le troisième membre (putamen) du noyau extra-ventriculaire ; quelques-

38** [ChARPY.]

A', câudc --

I npt,. ext.

I <•/!■. ext.

( V U'iilic.)

Cévébr. uni.

uns Je leurs rameaux les plus longs atteignent en haut soit le corps du noyau caudé (a. lenlicido-slriées), soit la couche optique {a. lenllculo-opLlqices ou opliqiies anlérieurei<). Los artères striées ne s'épuisent donc pas dans le noyau lenticulaire ; elles se prolongent jusqu'au thalamus et au noyau intra-ventriculaire; pour cela elles sont ohligées de traverser la capsule interne oîi elles |)euvent être rompues et par leur hémorragie atteindre tel ou tel des faisceaux qui passent à ce niveau.

Parmi les striées externes qui vont au troisième membre du noyau lenticulaire, il en est qui s'y enfoncent directement par sa hase, mais la plupart s'appliquent en éventail sur sa face externe et la pénètrent à des hauteurs différentes; elles sont situées dans la capsule externe ou plus exactement dans l'espace décollable qui sépare la capsule du corps strié. Il en est une surtout, longue et volumineuse, que Charcot a appelée Y artère de V hémorragie cérébrale, car c'est à ses dépens que se fait le plus grand nombre de ruptures artérielles, et peut-être y est-elle prédisposée par le soutien insuffisant qu'elle trouve dans ce milieu. Elle longe la base du noyau extra-ventriculaire, puis se dirige en avant et en dedans, et pénètre dans le ganglion par quatre à cinq rameaux.

2'^ Le groupe intermédiaire n'est que l'ensemble des petites artères qui proviennent soit de la communicante postérieure, soit de la choroïdienne antérieure. Elles fournissent quelques rameaux au bras postérieur de la capsule interne et à la couche optique; mais le plus grand nombre a pour zone de distribution le troisième ventricule. Duret a donné le nom d'optiques internes à ces branches qui naissent de la communicante postéi-ieure et il les a distinguées en antérieures, qui pénètrent entre le tuber cinereum et les tubercules mamillaires par l'espace perforé latéral, et postérieures qui s'engagent par la partie la plus avancée de l'espace perforé interpédonculaire ; mais comme toutes ces artères qui montent verticalement et n'ont qu'un CQurt trajet paraissent s'épuiser

Cérébr. inoy. (sylo.)

FiG. 384. — Artères striées.

Coupe frontale passant par le tronc de la scissure de Sylvius (esp. perl'.) Figure en partie schématisée.

surtout dans les parois du ventricule qu'elles longent, il vaut mieux les appeler :

artères chc venlrictcle moyen.

3'' Le groupe postérieur comprend les artères ganglionnaires qui émanent des cérébrales postérieures. Une première série se voit sur le bord interne du pédoncule cérébral, à l'angle de bifurcation du tronc basilaire; grOupe postérieicr interne ou de l'espace perforé postérieur. Celles qui occupent la ligne médiane, à la bifurcation du tronc basilaire, sont les artères centrales

--. Terr. des choroïd.

— Tarr. des a striées

Ch. an

FiG. 385. — Territoires vasculaires des artères centrales, coupe vertico-tran&versale.

En rose, à gauche, communicante postérieure; à droite, artères striées. — En bleu, en liaut, clioroidiennes antérieure et postérieure; en bas,clioroïdienne antérieure. — En gris foncé, à gauclie, ciioroïdienne médiane. — En gris clair, artères optiques post. de la cérébrale postérieure. — Figure schématisée.

des noyaux d'origine du moteur commun et du pathétique, et représentent la fin des artères spinales; les latérales sont, comme celles de la communicante postérieure qu'elles suppléent souvent, des optiques internes postérieures ou pour mieux dire des artères postérieures du ventricule moyen. — Beaucou') plus en dehors, sur le bord externe du pédoncule cérébral, mais toujours t!o son tronc non encore bifurqué, la cérébrale postérieure émet les artères optiques externes postérieures, qui forment le groupe postérieur externe. On les voit pénétrer, au nombre de trois ou quatre et plus, dans les sillons transversaux qui sont sous le pulvinar, le long des bras des corps genouillés, longer un moment le pédoncule et s'avancer horizontalement dans les régions postérieure et moyenne de la couche optique et jusque dans la substance grise du ventricule moyen. Elles sont volumineuses; quand elles.se rompent, le foyer

[CHARPY.]

NÈVROLOGIE.

peut être limité à la couche optique, mais si l'hémorragie est étendue, elle envahit les ventricules (inondation ventriculaire) ou fuse dans le bras postérieur de la capsule interne et le long du pédoncule cérébral.

En résumant la distribution centrale par régions, nous obtiendrons les groupements

suivants :

1° Substance grise du ventricule moyen. — Artères perforantes (optiques internes),

fournies par la communicante postérieure et par la cérébrale post., dans l'espace interpé-

donculaire; artères fournies par les choroïdiennes médianes. 2° Couche optique. — La couche optique, qui appartient au cerveau intermédiaire, est

surtout vascularisée par la cérébrale postérieure, qui est du territoire vertébral. Elle reçoit d'elle directement les optiques postérieures, et indirectement, par la choroïdienne postérieure, des branches moins nombreuses. Du territoire carotidien : les optiques antérieures ( lenticulo- optiques), branches des striées externes qui émanent de la cérébrale moyenne; très accessoirement, des perforantes de la choroïdienne antérieure, destinées à sa partie la plus externe, et des rameaux périphériques de cette môme choroïdienne par le sillon opto-strié.

3» Noyau caudé. — A la

tête du noyau caudé vont : les striées antérieures, perforantes de la cérébrale antérieure ; une partie des striées externes, perforantes de la cérébrale moyenne; et, suivant Duret, la terminaison de la choroïdienne postérieure.

A sa queue : des branches de la choroïdienne antérieure.

3° Noyau lenticulaire. —

Au globus pallidus, les striées internes de la cérébrale moyenne. Au membre le plus interne du globus pallidus, les

Sir. ant.

Sir. ext.

Chor. ant.

Opt. posl.

Cérébr. p.

386, — Territoires vasculaires des artères centrales, coupe horizontale.

En rose, territoire des artères striées. — En bleu, choroïdienne anté-

FlG.

rieure. — En bleu pâle, territoire inconstant de la choroïdienne antér. Figure schématisée.

perforantes de la choroïdienne antérieure. Au membre externe ou putamen, les striées externes,

4° Capsule externe. — Artères striées externes.

5° Capsule interne, — Au bras antérieur, les striées internes, émanées de la sylvienne et de la cérébrale antérieure depuis son origine jusqu'à la communicante antérieure.

Le bras postérieur qui contient les faisceaux moteurs et sensoriels, est alimenté par trois artères : 1° Par la cérébrale moyenne, qui lui abandonne les rameaux postérieurs des striées externes (lenticulo-optiques); ce territoire sylvien comprend la partie supérieure de la capsule, au-dessus de l'angle du membre moyen du noyau lenticulaire. — 2° Par la communicante postérieure, dans le tiers antérieur de sa partie profonde, surtout par la grosse branche que Duret appelle l'artère optique interne et antérieure. — .3° Par la choroïdienne antérieure, dans les deux tiers postérieurs de cette même partie profonde. Si la communicante est petite, la choroïdienne fournit à toute l'étendue de la partie profonde du bras postérieur (Kolisko).

Les artères centrales, provenant directement du tronc des cérébrales, sont par cela même

moins éloignées du cœur que les artères corticales; elles sont la troisième division artérielle à compter de l'aorte. Ce sont en outre des artères terminales, qui n'émettent que quelques branches latérales et se terminent en pinceaux, sans communiquer avec les artères A'oisines. On peut les injecter une à une avec une seringue de Pravaz, et on observe que chacune est indépendante, sans branche anastomotique, et que si on force l'injection, on n'agrandit pas le territoire, on produit seulement une exlravasation. Pour ces deux raisons, leur proximité des gros troncs et l'absence de voies de décharge anastomotiques, il est probable que la tension du sang qu'elles contiennent est sujette à de nombreuses variations et qu'elle doit en général être plus élevée que dans les vaisseaux corticaux. On peut voir là une circonstance prédisposante aux artérioscléroses et aux anévrysmes miliaires, si fré- ^luents dans le domaine des artères ganglionnaires. Mendel {Sem. médic, 1891) dit s'être assuré, par un dispositif expérimental spécial, que la pression est sensiblement la même dans les artères striées que dans la carotide, et qu'elle est beaucoup plus élevée que dans les artères corticales. Virchow objecte que les artères striées devraient être flexueuses, si la tension y était plus forte et qu'en tous cas cette condition ne sufllt à expliquer ni la rupture hémorragique ni l'unilatéralité de ces ruptures.

G. — ARTERES GHOROIDIENNES

Carot.

Comin. }3. .

Clior. ant.

Br. iemp.

A. ceiitr.

Les prolongements que la pie-mère envole dans le ventricule moyen et dans les ventricules latéraux, bien que très amoindris comparés à leur grand développement dans la vie embryonnaire, reçoivent pourtant encore de . nombreux vaisseaux, qui sont peutêtre la source du liquide ventriculaire. Ce sont les artères dtoroïdiennes (ventriculaires de Duret).

On distingue trois ^''^'''^^' ■ p- paii'es d'artères choroïdiennes : les clioroïdiennes antérieure , postérieure et médiane.

1° Artère choroïdienne antérieure

(ch . inférieure de quelques auteurs). — Cette artère, constante, soit chez l'homme soit chez les animaux domestiques, naît de la carotide interne, entre l'origine de la communi-

Fio. .387. — Artère choroïdienne antérieure.

€ante postérieure et la Cerveau disséqué et vu par sa base. La corne temporale du ventricule latéral " . est ouverte.

bifurcation en cérébrale moyenne et cérébrale antérieure. Son calibre intérieur est de 0 mm. 5; il est relativement beaucoup plus considérable chez le fœtus ; les plexus choroïdes

[CHARPV.]

590 NÉVROLOGIE.

sont alors volumineux et la choroïdienne égale presque les autres artères de la base.

Elle peut provenir de la cérébrale postérieure; en cas d'absence, ce qui est rare, elle est suppléée par la communicante postérieure.

Elle se dirige en dehors et en arrière, longe la bandelette optique d'abord sur son bord externe, puis sur son bord interne et pénètre dans la corne inférieure du ventricule latéral. Dans son trajet intra-ventriculaire, qui s'étend jusqu'au trou de Monro, elle occupe le bord externe du plexus choroïde latéral.

Sur la base de l'encéphale elle émet les collatérales suivantes : — 1" l'artère de la cinquième temporale. Ce vaisseau constant s'anastomose en réseau avec les branches temporales de la cérébrale moyenne et de la cérébrale postérieure, destinées également à la circonvolution de l'h.ippocampe ; — 2° de petites branches pour la bandelette optique et le pédoncule cérébral, branches anastomosées avec des rameaux analogues de la communicante postérieure ; — 3° des artères centrales ou perforantes, signalées par Heubner, artères volumineuses, non anastomotiques, au nombre de trois ou quatre, jusqu'à huit, qui pénètrent dans les trous qu'on voit en dehors et en dedans de la bandelette optique et sur cette bandelette même. Elles sont destinées au bras postérieur de la capsule interne et au membre interne du noyau lenticulaire.

Dans le ventricule latéral, la choroïdienne se divise en nombreuses branches parallèles, anastomotiques entre elles et avec la choroïdienne postérieure. Elle donne des rameaux à la toile choroïdienne, d'autres à la queue du noyau caudé, et d'autres nombreux qui s'enfoncent dans le sillon opto-strié.

Kolisko observe que la choroïdienne antérieure se comporte comme une grosse artère de la base. Elle possède un territoire périphérique et un territoire central.

Le territoire périphérique comprend surtout la bandelette optique, la cinquième temporale et le plexus choroïde. Comme il est largement anastomotique, il peut être suppléé par toutes les artères voisines. S'il y avait insul'flsance dans la circulation collatérale, Toblitération du tronc artériel provoquerait l'hémianopsie et Thémianosmie.

Le territoire central embrasse le globus pallidus du noyau strié extra-ventriculaire, le bras postérieur de la capsule interne, dans ses deux tiers postérieurs et en hauteur jusqu'à l'angle supérieur du membre moyen du noyau extra-ventriculaire, exceptionnellement la partie la plus externe de la moitié supérieure de la couche optique. Comme ce territoire est terminal, l'oblitération des branches centrales est une lésion grave. Kolisko a rassemblé plusieurs observations de ramollissement de la capsule interne par oblitération de la choroïdienne antérieure. On a noté de l'hémiplégie, de la paralysie de la face et de la langue, quelquefois même de l'hémianesthésie ou de l'hémianopsie. Le faisceau cortico-protubérantiel de Meynert peut être englobé dans la lésion.

2° Artère choroïdienne postérieure (ch. supérieure et antérieure, Henle, Theile; postérieure et latérale, Duret). — Cette artère naît de la cérébrale postérieure, aussitôt après l'abouchement de la communicante postérieure, contourne le pédoncule cérébral, et, pénétrant par la partie moyenne de la fente de Bichat, s'engage dans le plexus choroïde latéral dont elle longe le bord interne. Elle s'y divise en quatre ou cinq longues branches parallèles, qui donnent des rameaux externes aux villosités du plexus, des rameaux internes à la toile choroïdienne. Cette artère est relativement atrophiée ; elle ne dépasse pas en avant le sommet de la couche optique et ne fournit pas aux parois ventriculaires (Duret).

3" Artère choroïdienne médiane (ch. postérieure et médiane, Duret ; supérieure et postérieure, Henle et ïheile ; sans nom dans nos classiques fran-

çais). — C'est une branche récurrente de la cérébelleuse supérieure (de la cérébrale post. d'après Duret), souvent assez volumineuse, qui, après avoir fourni aux tubercules quadrijumeaux et à la valvule de Vieussens, s'engage dans la toile choroïdienne. Elle occupe le plexus choroïde médian, et s'y bifurque parfois en deux troncs parallèles, qui s'étendent jusqu'à la tête du noyau caudé. Dans le ventricule moyen, elle donne des branches collatérales à la glande pinéale, aux parois du ventricule et à la couche optique. Ses rameaux terminaux sont destinés à la tète du noyau caudé, qui, dans le cas où les artères

Ci'i'cb.. p

Chor. p.

Chor. m. Cérébell. sup.

FiG. 388. — Artères choroïdiennes.

Figure schématiséi.

centrales de la cérébrale antérieure sont peu développées, est prescjue exclusivement vascularisée par la choroïdienne médiane.

Les trois artères choroïdiennes communiquent largement entre elles dans la toile choroïdienne, et les injections poussées par la choroïdienne antérieure arrivent rapidement dans la cérébrale postérieure. Aussi l'oblitération du tronc de l'une d'entre elles serait sans influence sur la nutrition des parois ventriculaires.

Conditions anatomiques de la circulation cérébrale

artérielle.

Sur toute l'étendue des centres nerveux, la disposition du système artériel semble pouvoir être exprimée par la même formule : la substance nerveuse est nourrie par des artères terminales provenant d'un réseau anastornotique.

La moelle nous a déjà présenté à sa surface un double réseau : un grand réseau ou couronne vasculaire constituée par les gros troncs afférents anastomosés, d'où partent directement les artères centrales et d'autres vaisseaux de la substance grise postérieure; un fin réseau, issu du premier et contenu dans la pie-mère, qui donne naissance aux vaisseaux

[CHARPY.]

NEVROLOGIE.

nourriciers de la substance blanclie. Nous avons dit que, d'après Kadyi, toutes les artères, une fois entrées dans la moelle, élaient terminales, c'est-à-dire non anastomotiques. — La surface du cerveau offre une disposition analogue. A la base est un grand réseau, l'hexagone de Willis; c'est de lui ou des gros troncs qui en procèdent qu'émanent les artères centrales ou ganglionnaires, destinées à la substance grise profonde. Sur toute l'écorce s'étend un réseau fin, réseau pial, formé par les ramifications répétées et anastomosées des gros troncs afférents; il fournit les artères nourricières des circonvolutions, qui sont terminales comme les artères ganglionnaires. Dans la moelle comme dans le cerveau, les artères centrales et les artères périphériques représentent deux territoires distincts, le premier enclavé dans le second, tous deux s'entrepénétrant sur leurs confins, mais ne communiquant pas ensemble; chacun d'eux à son tour, territoire central et territoire cortical, est subdivisé en une infinité de territoires secondaires également fermés et indépendants. Le système artériel de l'encéphale communique-t-il avec celui de la dure-mère? Nous avons signalé les rameaux que la cérébrale antérieure, plusieurs artères corticales de la scissure interhémisphérique et les cérébelleuses abandonnent à la dure-mère, mais cela n'implique pas des communications entre les deux systèmes artériels. Heubner, qui s'est

servi d'injections pénétrantes et qui a injecté une trentaine de cerveaux extraits avec leur duremère, dit que l'injection des artères cérébrales n'a jamais passé dans la méningée moyenne, et nie par conséquent toute relation vasculaire. Cependant, au moins chez les animaux de laboratoire, la ligature des deux vertébrales et des deux carotides ne supprime pas complètement la pression vasculaire dans l'hexagone (Corin), ce qui semble indiquer quelque voie d'apport secondaire.

L'hexagone est le premier réseau anastomotique. La division des branches, leur situation perpendiculaire à la carotide et leur volume moindre que celle-ci, ralentissent le sang et diminuent la pression ; la tension qui, dans la carotide du chien, atteint 120 à 180 mm. de mercure, n'est plus que de 80 à 90 dans l'hexagone, avec des écarts de 60 à 130 (Corin). Les communications d'avant en arrière entre les carotides et les vertébrales sont établies par les communicantes postérieures, que secondent des anastomoses disposées sur la convexité entre les cérébrales moyennes et les cérébrales postérieures. Les communications bilatérales, de droite à gauche, ont pour voies : en avant la communicante antérieure, en arrière la jonction des deux cérébrales postérieures en un tronc unique, le tronc basilaire, et en dehors de l'hexagone les anastomoses qui unissent le réseau des cérébelleuses avec les artères du lobe occipital, ainsi que le territoire mixte du pédoncule cérébral. On signale aussi des artérioles anastomotiques entre les faces internes des hémisphères, au-dessus du genou du corps calleux, au-dessous de la faux; les pies-mères droite et gauche sont en effet au contact à ce niveau.

Chez le cheval, la ligature simultanée des deux carotides est constamment mortelle, parce que le tronc basilaire ne communique pas ou ne s'unit que par un rameau très grêle avec la carotide. L'àne peut survivre, si on espace les ligatures de 36 heures; chez lui l'anastomose est constante et considérable. Le lapin résiste, au moins au point de vue cérébral, à la ligature des deux carotides et de la vertébrale droite; la vertébrale gauche suffît à la circulation totale. La pression vasculaire de l'hexagone est à peine influencée ; le cerveau examiné 10, 20, 40 heures après la ligature est pâle, mais non altéré. Il faut lier les quatre vaisseaux pour amener la mort. Enfin le chien supporte la ligature des quatre artères du cerveau, les deux vertébrales et les deux carotides; il y a des troubles graves immédiats, mais qui disparaissent quelques heures après ou même bien plutôt. A. Cooper, sur un chien qu'il injecta 9 mois après cette quadruple ligature, constata que la circulation s'était rétablie par des anastomoses des branches de la sous-clavière avec la carotide externe qui fournit en partie le tronc basilaire, et des intercostales supérieures

FlG,

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