V. occ. int
S. droi!
Pressoir .-■-
T". lemp.V. basil.
FiG. 39a. — Trajet curviligne de la veine de Galien. Coupe antéro-fjostérieure du cerveau sur la ligne médiane.
auteurs, est presque aussi considérable que la veine cérébrale interne dont elle semble une bifurcation. Elle existe de chaque côté sur la partie centrale de la base du cerveau. Elle commence au niveau de l'espace perforé antérieur, croise l'hexagone artériel et la bandelette optique pour se placer profondément dans la fente de Bichat qu'il faut écarter pour la voir, et contournant avec elle le pédoncule cérébral, comme l'artère cérébrale postérieure, passe derrière le T. Q. pour se jeter dans la veine cérébrale interne, sur le côté externe de sa partie courbe, quelquefois d'après Trolard dans le sinus droit. Assez souvent la veine basilaire n'accomplit qu'une partie de son trajet ; elle ne contourne pas le pédoncule et finit dans le sinus caverneux ou dans les veines flocculaires du cervelet, disposition qui rappelle celle de plusieurs animaux, chez lesquels la veine basilaire aboutit normalement à un sinus de la base.
Les branches d'origine, qui toutes convergent vers la veine basilaire au niveau de la pointe du lobe temporal, sont : 1" la veine sylvienne profonde, la plus importante des origines, et qui semble être la continuation même de la basilaire. — 2° Les veines perforantes de l'espace perforé antérieur. Ces veines, indiquées par Browning, ont été bien étudiées par Hédon sous le nom de veines striées inférieures. Ce sont des veines centrales, homologues de leurs artères. Elles sont modelées sur le type des artères striées. Nées du noyau caudé, de la capsule interne, et en très petite part de la couche optique, elles descendent soit par la capsule interne, soit en plus grand nombre par la capsule externe sur la face externe du noyau lenticulaire, et mêlées aux veines de ce ganghon arrivent à la base, où
elles sortent par les trous de l'espace perforé pour se rendre dans la veine basilaire. Un certain nombre vont en dehors à la veine sylvienne profonde. Elles sont plus grosses (]ue les artères striées et aussi nombreuses, soit de 10 à 15; souvent elles se réunissent on un ou deux troncs à leur embouchure dans la basilaire. Ces veines sont rectilig-nes et non anastomotiqucs. — 3° Les veines inférieures du lobe frontal, d'autres fois tributaires des sylviennes. — 4° La veine du bulbe olfactif. — 5° La veine antérieure du corps calleux. Née du genou du corps calleux, elle descend vers le chiasma en recueillant le sang' des circonvolutions adjacentes, s'anastomose avec la veine opposée par une branche plus ou moins nette qui rappelle l'artère communicante antérieure et se jette dans la veine basilaire. Parfois les deux veines calleuses antérieures se fusionnent en avant du chiasma et le tronc unique se jette dans une des bosilaires droite ou gauche. Cette veine rappelle l'artère cérébrale antérieure, mais elle est beaucoup plus petite, beaucoup moins longue et fait môme souvent défaut. En arrière d'elle, on trouve assez rarement sur la partie moyenne du corps calleux des veines intermédiaires qui vont au sinus long, inférieur.
Les branches collatérales de la veine basilaire sont : 1° en dedans, les veinules du chiasma, du tuber cinereum, des tubercules mamillaires et de l'espace perforé postérieur, toutes anastomosées d'un côté à l'autre et couvrant cette partie centrale d'un réseau veineux. Les veines de l'espace perforé sont, comme celles de l'espace antérieur, des veines centrales ou ganglionnaires qui viennent des parois du ventricule moyen et des couches optiques. — 2' en dehors, des veines de la face inférieure du lobe temporal, celles de la bandelette optique, et la veine de la corne inférieure du ventricule latéral. Cette dernière, signalée par Browning, est l'analogue de l'artère choroïdienne; elle longe la paroi externe de la corne dont elle tire ses origines, s'anastomose avec les veines choroïdiennes, et se jette dans la basilaire. Mentionnons encore plus loin, dans la portion ascendante, de petites veines du pédoncule cérébral et une veine flocculaire du cervelet.
En résumé le territoire de la veine basilaire comprend toute la partie centrale de la base du cerveau, les parties de l'hémisphère voisines de ce centre et par les perforantes une grande partie des corps opto-striés. Elle s'anastomose non seulement avec celle du côté opposé, mais du même côté avec la veine sylvienne superficielle ou veine de Trolard, avec la choroïdienne du ventricule latéral, avec les veines de la protubérance par une branche qui longe le bord supérieur du pont, avec les veines cérébelleuses.
5° Veines occipitales internes. — Elles viennent de la face interne et de la face inférieure du lobe occipital, notamment de la scissure calcarine et de la perpendiculaire interne. Nous avons décrit les autres veines occipitales (latérales ou externes), tributaires du sinus latéral.
6° Veine cérébelleuse supérieure. — Nous l'avons indiquée avec la circulation veineuse du cervelet; elle vient du vermis supérieur et se dirige sous la tente, d'arrière en avant.
Ces dernières collatérales, notamment la basilaire et la cérébelleuse, se jettent aussi souvent dans le tronc commun de Galien que dans ses deux veines d'origine.
Grande veine de Galien. — La grande veine de Galien, tronc commun des petites veines de Galien ou veines cérébrales internes, est un vaisseau cylindrique ou d'autres fois dilaté en ampoule, long de 1 cm., large de 0 cm. 5 (8 à 10 mm. de long, sur 5 à 8 de larg.) qui est situé dans la partie moyenne de la fente de Bichat, entre le corps calleux et le cervelet. Sa direction n'est ni horizontale ni dans l'axe du sinus droit. Braune a montré qu'elle est coudée deux fois sur elle-même, pour embrasser, dans une courbe à concavité antérieure, le bourrelet du corps calleux. Dans sa portion terminale, elle rampe sous la tente du cervelet, oblique comme elle, et débouche dans le sinus droit, très inclinée sur ce sinus qui lui est tangent. Elle s'ouvre un peu en arrière de l'extrémité antérieure du sinus, extrémité occupée par le sinus long, inférieur qui parfois d'ailleurs fait défaut ou est à peine indiqué. L'orifice est une fente étroite, de 5 mm., qui regarde en bas et un peu en avant ; la bande ligamenteuse qui est en avant de lui et qui n'est autre que le bord inférieur de la grande faux insérée sur la tente du cervelet, maintient le sinus droit tendu et assure la perméabilité de l'orifice veineux. Il est aisé de comprendre qu'au premier abord les conditions d'embranchement et de débouché de la veine de
[CHARPY.]
Galien sur le sinus droit ne ])araissent pas plus favorables que celles des veines cérébrales supérieures dans le sinus longitudinal.
Tantôt la veine de Galien est ininterrompue, tantôt elle reçoit une ou deux collatérales, notamment la basilaire et la cérébelleuse supérieure. Elle peut être divisée en deux par une cloison médiane, trace de la fusion imparfaite des deux cérébrales internes, et même on a vu deux troncs distincts dans une même gaine. L'arachnoïde se replie autour d'elle en cul-de-sac, sur une longueur de C|uelcj[ues millimètres, et lui forme un canal, appelé canal arachnoïdien de Bichat, c[ue nous avons dit ailleurs être un conduit borgne à son extrémité antérieure, contrairement à l'opinion du grand anatomiste. Au delà de la gaine arachnoïdienne, le tissu sous-arachnoïdien se prolonge sur l'extrémité de la veine et sur l'origine des deux cérébrales internes et constitue leur tunique adventice (Voy. p. 149).
On peut ainsi l'ésuuier le territoire du système de la veine de Galien. « Les veines qui se trouvent dans la masse des hémisphères, la couche corticale exceptée, et qui proviennent soit de la substance blanche (couronne rayonnante, corps calleux, capsule interne), soit des masses grises centrales (couche optique, noyau caudé, noyau lenticulaire) vont former sur les parois des ventricules latéraux des troncs plus volumineux qui s'engagent ensuite dans l'épaisseur de la toile cboroïdienne ; là ces troncs forment les deux veines cérébrales internes qui résument également la circulation veineuse des plexus choroïdes; ces deux veines se réunissent enfin en un seul tronc, la grande veine de Galien, aboutissant aux sinus de la voûte du crâne par l'intermédiaire du sinus droit (Hédon). »
Le système veineux de Galien n'est pas un système fermé, comme le prouvent les injections poussées d'arrière en avant dans le sinus droit. On injecte ainsi non seulement les veines de Galien, mais une partie des veines cérébrales superficielles, les veines cérébelleuses et de là les grosses veines du cou, jugulaire interne, vertébrale. L'injection passe par les anastomoses qui unissent les branches extérieures de Galien, la cérébelleuse supérieure, les deux calleuses, les occipitales et la basilaire, avec les autres veines du cerveau ou du cervelet. Mais il faut remarquer d'abord que ces anastomoses ne sont point considérables, ensuite qu'elles portent sur des branches très postérieures. Dans la portion antérieure des veines cérébrales internes, dès c[u'elles sont dans l'intérieur du ventricule, et surtout dans leur partie droite, les anastomoses avec l'extérieur sont presque nulles, et leurs anastomoses entre elles peu développées. C'est pour cela que des foyers morbides occupant la loge cérébelleuse, où la veine de Galien rampe sous la tente durale, peuvent compromettre le retour du sang veineux et entraîner une hydrocéphalie interne, d'autant que le mode de débouché de la veine dans le sinus est déjà défavorable. C'est ce que l'on voit dans les tumeurs du cervelet ou des tubercules ciuadrijumeaux, dans les exsudais tuberculeux; à plus forte raison dans les tumeurs du plexus choroïde (tubercules, cysticerques, psammomes).
Hexagone veineux. — Bien qu'on ne puisse assimiler la clisposiLion des artères du cerveau à celle des veines, et que les gros troncs artériels occupent la face inférieure ou ventrale de l'encéphale, et les gros troncs veineux la. face supérieure ou dorsale, ainsi qu'on le voit dans d'autres parties du corps, à la main notamment, il y a cependant à la base
•du cerveau une certaine analogie dans les deux distril)utions vasculaires, analogie superficielle qu'il ne faut pas pousser trop loin et qui tient surlouL à la configuration des parties imposant aux vaisseaux un trajet défini. C'est ainsi que Trolard a décrit un hexarjone veineux ou pol3'gone veineux, qui est adjacent à l'hexagone artériel, le débordant en certains points, débordé par lui dans certains autres. Les deux côtés latéraux, droit cl gauche, sont formés par la basilaire et la veine antérieure du corps calleux; le côté antérieur, par l'anastomose qui réunit les deux veines antérieures du corps calleux en avant du chiasma et un peu en arrière de l'artère communicante antérieure; le côté postérieur, par les anastomoses que s'envoient les deux veines basilaires le long du bord supérieur de la protubérance. En raison de la grande variabilité de ces anastomoses antérieures et postérieures, l'hexagone peut être incomplet ou transformé en cercle.
Caractères généraux des veines cérébrales. — 1" Les veines, en règle très générale, sont no7i satellites des artères, même lorsqu'il y a des veines doubles comme sur le bord supérieur de l'hémisphère ou dans le système de Galien. Quand ces deux vaisseaux marchent parallèlement, ce qui arrive pour l'artère et la veine sylvienne, ce n'est que sur un trajet assez court, et leur volume n'est point corrélatif l'un de l'autre. Dans les points où ils se superposent, l'artère est généralement profonde, enfouie dans le sillon, la veine est au contraire superficielle, en situation dorsale, comme c'est le type général pour le cerveau entier.
2° Les veines sont avalvulaires. On peut les injecter en tons sens. Si l'on ne passe pas toujours facilement du sinus longitudinal dans les veines supérieures, c'est moins à cause du repli valvuloïde qui marque le débouché de certaines veines, qu'en raison du trajet très coudé de celles-ci dans leur portion terminale.
3" Dans leur partie terminale, la plupart des veines, toutes celles en tous cas qui aboutissent à un sinus, sont enclavées dans la paroi de ce sinus ou dans la dure-mère ; leur terminaison est sinusienne, et leur coupe est béante, rigide comme celle du sinus luimême. Un certain nombre, au voisinage de la grande faux du cerveau et de la tente du cervelet, communiquent avec des cavités également rigides, les espaces parasinoïdaux de Browning, lacs sanguins de Trolard.
4° Elles sont dépourvues de tunique musculaire. Les veines cérébrales sont très minces. Leur gaine Ij'mphatique est très délicate. « Dans leur adventice, le pigment ne se montre qu'en petite quantité, contrairement aux artères. 11 s'y trouve do la graisse presque dans tous les cerveaux qu'on examine; elle est disséminée par-dessus sous forme de gouttelettes. On trouve très souvent aussi des cellules graisseuses entières. Les granulations et les cellules graisseuses peuvent exister isolément, dispersées sur l'adventice, ou encore former un anneau continu qui donne souvent l'illusion d'un élargissement fusiforme du vaisseau. Cette graisse sur l'adventice des petits vaisseaux est encore un débris de la période embryonnaire (Obersteiner). » Ni les veines cérébrales ni les veines durâtes ne possèdent de tunique musculaire; on ne trouve que quelques fibres lisses isolées, surtout sur les grosses veines cérébrales, encore sont-elles contestées par Browning.
L'absence de tunique musculaire et de valvules permet de penser que la pression doit être très basse dans les veines cérébrales, et qu'il suffit des faibles pulsations transmises par les artères, immergées dans le liquide sous-arachnoïdien, et de l'aspiration par les sinus pour faire circuler le sang veineux, notamment pour les veines supérieures qui vont contre la pesanteur. La faible tension nous expliquerait la rareté extrême des varices cérébrales; Moxon (1881), qui a examiné plusieurs milliers d'observations de lésions cérébrales, n'a jamais vu mentionner de varices réelles.
Anastomoses des veines cérébrales. — Comme les artères nourricières, les veines parenchymateuses, c'est-à-dire celles qui sont dans l'épaisseur de la substance nerveuse et non à sa surface, paraissetit être terminales, c'est-à-dire dépourvues de toute anastomose et disposées en petits territoires contigus mais indépendants. J'ai dit, paraissent, car ce fait aurait besoin d'être appuj'é par de nouvelles recherches. Il en est de môme des anastomoses centro-périphériques, c'est-à-dire entre les veines corticales et les veines ganglionnaires du système de Galien. Plusieurs observateurs (Ecker, Duret, Hédon) les signalent soit dans le centre ovale soit dans les corps striés; mais ces faits sont encore bien isolés, et l'on ne sait s'ils ne constituent pas une exception.
Les veines parenchymateuses corticales débouchent dans le réseau pie-mérien qui est un réservoir veineux identique au réservoir artériel, partout communicant. Ce réseau est surtout développé dans le fond des sillons, ses veines efférentes étant au contraire de préférence situées à leur surface. Les veines parenchymateuses ganglionnaires (opto-striées) débouchent directement, comme les artères centrales, dans les gros troncs veineux de la base ou des veines cérébrales internes, et sont en conséquence plus isolées, plus à la merci d'un arrêt circulatoire.
[CHARPy.