A. BRANCHES COLLATÉRALES
Abstraction faite de quelques rameaux extrêmement grêles, que les filets radiculaires du glosso-pharyngien abandonnent à la pie-mère à leur sortie de l'encéphale (Boclidaleck), la \)^ paire fournit les branches collatérales suivantes : le nerf de Jacobson, les rameaux pharyngiens, le nerf du stylo-pharyngien, les rameaux carotidiens, le nerf du stylo-glosse et les rameaux tonsillaires.
1" Nerf de Jacobson (n. tympanicus, ramus auricularis n. glosso-pharyngii). — Le nerf do Jacobson se détache de la face externe du ganglion d'Andersch. Il se porte en avant et en dehors et pénètre presque aussitôt dans un canal osseux, creusé dans l'épaisseur du rocher, le canal tympanique, dont l'orifice inférieur est situé sur la crête osseuse qui sépare l'orifice inférieur du canal carotidien de la fosse jugulaire. Ce conduit tympanic[ue, long de 6 à 8 millimètres environ, conduit le nerf sur la paroi inférieui'e de la caisse du tympan. Le nerf tympanique s'applique alors sur la paroi interne de la caisse, creusant sur elle une mince rainure. Un peu au-dessous du promontoire, il se divise en six filets terminaux : deux se portent en arrière, deux en avant, deux en haut.
a) Filets postérieurs. — Ces filets postérieurs sont toujours très grêles. Le filet inférieur se dirige vers la fenêtre ronde et se distribue à la membrane qui f)bture cet orifice. Le filet supérieirr s'épanouit sur la portion de la muqueuse tympanique qui entoure la fenêtre ovale.
h) Filets antérieurs. — Des deux filets antérieurs, l'un chemine sur la paroi postérieure de la trompe et se distribue à la muqueuse tubaire; l'autre, généralement désigné sous le nom de nerf carolico-tympmiicjiœ, sort de la caisse du tympan par un conduit spécial qui l'amène dans la portion verticale du
canal carotidien. Il se termine en se jetant dans le plexus carotidien ; ce filet est souvent double, soit dans tout son trajet, soit dans le voisinage de sa terminaison carotidienne (Voy. lig. 494).
c) Filets supérieurs. — Les deux filets supérieurs ont une disposition sensiblement identique. Chacun d'eux s'engage dans un canal osseux particulier qui le conduit sur la face antérieure du rocher. Là, l'un se réunit au grand nerf pétreux superficiel ; on le désigne généraleuient sous le nom de grand nerf pétreux profond. L'autre aboutit au petit tierf pétreux superficiel, c'est le petit nerf pétreux profond.
En somme, sur les six filets du nerf de Jacobson, trois sont des filets muqueux (filets de la trompe, de la fenêtre ronde et de la fenêtre ovale), trois sont des filets anastomo tiques (nerf carotico-tympanique, grand et petit nerf pétreux profonds).
[,a clesciiplion (jue nous venons de donner du nerf de .lacobson est celle que Ton trouve dans la plupart de nos classiques français, elle diffère par contre notablement de celle des
F. rand
N. Jacobson
Fie. un.
Branches terminales du nerf (le Jacobson.
Facial
G. n. pclr. sup. —
P. n. pélr. prof. - G. 11. pétr. prof.
P. n. pétr. sup. ' '
Corde d. lymp G. d'Andersdi .
FacAal.
. N. pclr. sup. maj.
Ram. cnm.n.f.cutn^pl.
N.pelr. pr. min.(Arn.)
A'. }jctr. sup. minor.
G. oltcum.
Chorda." lympani.
G. pelrosum.
Schéma A
Schéma B
FiG. 498. — Schéma des branches terminales du glosso-pharyngien. A : nomenclature l'rancaise. — 15 ; nomonclature allemande.
auteurs allemands. Cette différence tient d'ailleurs moins à un désaccord sur la disposition analomique elle-même qu'à des divergences d'interprétation et de nomenclature.
Si nous laissons de côté les descriptions anciennes de Jacobson, de Ilitzel, d'Arnold, etc., nous voyons que la plupart des anatomistes allemands (Valentin, Henle, Luschka, Schwalbe, etc.) décrivent le nerf de Jacobson et les nerfs pétreux de la façon suivante : Ils considèrent le nerf de Jacobson comme se continuant directement avec le petit nerf pétreux superficiel, qui est lui-même regardé comme émanant du ganglion olique. Il existe ainsi une longue anastomose, allant du ganglion d'Andersch au ganglion olique. Cette anastomose présente deux portions, l'une intra-pétreuse, c'est le nerf de Jacobson, l'autre extra-pétreuse c'est le petit nerf pétreux superficiel. Si on fait abstraction des filets destinés aux muqueuses tubaire et tympanique, on voit partir de cette anastomose trois filets anastomotiqucs : le premier se détache de la partie extra-pétreuse de l'anse anastomotique et va au ganglion
NERFS CRANIENS. 871
p-éniculé, c'est le r. commimicans nervi facinlis ciim plexu tympanico. Le deuxième, issu de la portion intra-pétreuse de l'arcade, va s'unir au filet émané du plexus sympathique carotidien et gagne avec lui le grand nerf pétreux superficiel : c'est le n. petrosus prof, minor d'Arnold ou n. carotico-tympanicus sup. Le troisième va se jeter dans le plexus péricarotidien; il constitue le n. carotlco-lympœiicus on r. carotico-tympanicus inf.
Ce mode de description diffère assez de celui que nous donnent nos classiques pour que l'étude du nerf de Jacobson et des nerfs pétreux dans les ouvrages allemands soit difficile pour un lecteur français. La comparaison des deux schémas de la figure 498 et la lecture du tableau ci-joint faciliteront le passage d'une nomenclature à l'autre.
Nomenclature française. Nomenclature allemande.
Grand nerf pétreux superficiel N. petros. superfic. major.
Petit nerf pétreux superficiel A^ petros. superfic. minor, plus le ramus com,-
municans nervi facialis cum plexu tympanico.
Grand nerf pétreux profond N. petros. prof, minor A'XmoXû. on nervus carotico-tympanicus superfic.
Pelit nerf pétreux profond Ce nerf n'est pas décrit comme branche autonome et correspond à la portion de l'arcade anastomotique comprise entre l'épanouissement du nerf de Jacobson et l'abouchement dans cette arcade du rarn. communicans nervi facialis cum plexu tympanico.
Comme on le voit, ce qui distingue surtout le mode de description des auteurs allemands, c'est le fait de décrire comme un rameau autonome {ramus communicans nervi facialis rurn plexu tympanico), le petit segmeot marqué d'un astérisque sur le schéma A, segment que nous regardons comme la partie initiale du petit nerf pétreux superficiel. Si ce segment avait la direction représentée sur le schéma B, direction que lui donne Ilenle dans son texte et dans ses planches, le mode de description allemand serait certainement bien plus logique; mais en réalité il n'en est rien; comme l'a montré depuis longtemps Garibaldi (Sliidi sul piccolo nervo petroso, Communication au Congrès de Turin, 1876), le segment en question a toujours la direction indiquée sur le schéma A.
.le dois ajouter que l'existence de ce segment a été niée par Bischoff (Mikrosk. Analyse der anastrjmosen der Kopfnerven, Mûnchen, 180.5). Mais dans une série de recherches de contrôle, Krause (Zeitschr. f.rat. Med., 1866, vol. XXVIII, fasc. I) et Garibaldi {toc. cit.) ont montré que cette existence ne pouvait faire l'objet d'aucun doute.
Glande tympanique. — Dans son passage à travers le canal tympanique, le nerf de Jacobson est entouré par une gaine de tissu rougeâtre auquel on donne le nom impropre de glande tympanique. Cette gaine, longue de 4 millimètres environ s'interpose entre le périnèvre et le périoste du conduit osseux. Elle est essentiellement formée par des amas de cellules cubiques, disposées soit en amas arrondis, soit en boyaux allongés et entourées par de riches lacis de capillaires. Sa structure rappelle donc en tout point celle des glandes coccygienne et carotidienne. W. Krause {Med. Centralblatt, 1878, p. 737) regarde cette glande tympanique comme le reliquat des branches d'une artère qui, chez les Chéiroptères, les Rongeurs et les Insectivores, traverserait le canal tympanique pour se distribuer à la caisse du tympan.
2" Rameaux pharyngiens. — Les rameaux pharyngiens, au nombre de deux ou trois, se détachent du glosso-pharyngien à des hauteurs différentes au moment oi^i ce nerf contourne le face externe de la carotide interne. Ils se portent en dedans et s'anastomosent avec les rameaux pharyngiens fournis par le pneumogastrique et le ganglion cervical supérieur du sympathique pour former le plexus pharyngien, auquel appartient l'innervation motrice, sensitive, vaso-motrice et sécrétoire du pharynx.
3" Nerf du stylo-pharyngien {ramus circitmplexus, Valentin). — Le nerf du stylo-pharyngien se détache de la 9'= paire au moment où celle-ci va atteindre le hord postérieur de ce muscle. Il s'épanouit à la surface du stylopharyngien, en s'anastomosant avec la terminaison du filet musculaire fourni
par le facial. Il en résulte la formation d'une sorte de plexus qui entoure de ses mailles la partie moyenne du muscle.
Variétés. — Le neif du stylo-pliaryngien fournit parfois un rameau au stylo-hyoïdien et au digastri(jue. Sappey considère même ce rameau comme constant. D'après Valentin et Schwalhe, le nerf du stylo-pharyngien fournirait quelques rameaux muqueux qui, après avoir traversé le constricteur supérieur se distiihueraient à la muqueuse du pharynx.
4° Rameaux carotidiens. — Ordinaii-ement au nombre de deux, les rameaux carotidiens s'appliquent sur la carotide interne et viennent s'unir à des filets du pneumogastrique et du ganglion cervical supérieur, pour former le plexîis péricarotidien. (Voy. Grand sympathique.)
50 ]\fQpf (Ju stylo-glosse . — Ce filet nait souvent par un tronc commun
G. génicule G. n. pélr. sup.
.-N. max. sup.
G.'jn. péir. prof.
P. n. pétr. prof.
G. d'Andersch.
R.anast.avecVII
R. tonsUl
N. max. inf.
^ G. sphén. palal.
N. palat.
R. carotid.
R. pjharyng.
R.slyl.pharyng.
R. terni.
R. carolid.
R. siyl. glosse
FiG. 499. — Schéma de la distribution du glosso-pharyng-ien.
avec le nerf du stylo-pharyngien. Il pénètre dans le stylo-glosse au niveau du tiers inférieur de ce muscle. Il s'anastomose avec le rameau lingual du facial.
6" Rameaux tonsillaires. — Les rameaux tonsillaires naissent du glossopharyngien à quelques millimètres en arrière de la base de la langue. Ils se portent vers la face externe de l'amygdale sur laquelle ils forment im petit plexus, le plexus tonsillaire d'Andersch dont les mailles entourent l'épanouissement de l'artère tonsillaire, branche de la palatine ascendante. Ils se distribuent à la muqueuse qui recouvre l'amygdale et les deux piliers du voile du palais.