II. Branches terminales. — Fibres pour la muqueuse linguale
Branches
collatérales.
; Filets I muqueux.
Filets . anastomo- I tiques.
Je rappelle que le sulcus terminalis placé à deux ou trois millimètres des papilles caliciformes représente la
Anastomoses. — Le glosso-pharyngien s'anastomose avec le facial, le pneumogastrique et le sympathique.
1. Les anastomoses avec le facial sont directes ou indirectes.
a) L'anastomose directe est représentée par un filet qui se détache du facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien et gagne le glosso-pharyngien en croisant la face antérieure de la jugulaire interne. Nous avons vu que ce rameau anastomotique était surtout intéressant parce qu'il pouvait apporter au facial les filets sensitifs destinés aux téguments du conduit auditif externe, filets normalement fournis par le rameau auriculaire du vague. (Voy. page 849 et fig. 483.)
b) Les anastomoses indirectes sont formées par l'union des grands et petits nerfs pétreux profonds avec les grands et petits nerfs pétreux superficiels.
On admet généralement que le grand et le petit nerf pétreux profonds apportent aux deux nerfs pétreux superficiels, et par leur intermédiaire aux deux ganglions sympathi(iues sphéno-palatin et otiijue. des fibres sensitives; mais rien n'est moins démontré et, en réalité, la valeur physiologi(iue des deux nerfs pétreux profonds est encore inconnue. Ajoutons que d'après Cari et Urbantschich, le petit nerf pétreux profond serait la voie de retour vers le glosso-pharyngien des fibres gustatives venues de la partie antérieure de la langue; celles-ci suivraient les troncs nerveux suivants : lingual, tronc du trijumeau, ganglion otique, petit nerf pétreux superficiel, petit nerf pétreux profond, rameau de Jacobson. Nous avons vu (Facial, anastomoses, p. 857) que Ton admet aujourd'hui que les fibres en question suivent la corde du tympan, le facial et l'intermédiaire de Wrisberg.
2. L'anastomose avec le pneumogastrique est un rameau toujours très grêle qui unit le vague et le glosso-pharyngien à leur sortie du crâne. D'après Cruveilhier, cette anastomose apporterait au glosso-pharyngien des filets moteurs eux-mêmes fournis à la 10'^ paire par le spinal. Pour Bischofï", au contraire, il s'agirait de fibres motrices passant du glosso-pharyngien dans le vague.
3. L'anastomose avec le sympathique va du ganglion d'Andersch au rameau carotidien du ganglion cervical supérieur.
Distribution générale et homologies. — Comme on le voit, le nerf glosso-pharyngien est un nerf mixte moteur et sensitif. Il contient aussi, comme tous les autres nerfs crâniens, un certain nombre de fibres sympathiques; ce sont des fibres vaso-dilatatrices etsécrétoires, qui lui sont apportées par son anastomose avec le ganglion cervical supérieur.
Chez les vertébrés^ inférieurs dont l'appareil branchial présente une disposition métamérique très nette, le glosso-pharyngien chemine en avant du 3"^ arc (1^' arc de certains auteurs). Il se distribue aux muscles annexés à cet arc et à la muqueuse qui tapisse la fente branchiale placée en avant de ce dernier, c'est-à-dire la 2'^ fente (Voy. fig. 415).
Chez l'homme, le territoire moteur et le territoire sensitif de la 9*^ paire sont loin d'avoir une disposition aussi nettement métamérisée. Le territoire moteur du glosso-pharyngien tend à se confondre avec celui du facial et la plupart des muscles, annexés au 2*^ et au 3*^ arcs, présentent une double innervation que leur fournissent les 7*^ et 9'^ paires. — De même, au point de vue sensitif, le glosso-pharyngien innerve non seulement la zone qui répond originairement à la 2^^ fente branchiale ou à la face profonde du 3^ arc branchial (base
ligne de soudure des deux ébauclies de la langue : l'ébauclie antérieure, tuberculum impar, pointe, et l'ébauche postérieure, base ou corps.
NERFS CRANIENS. 875
de la langue, zone amygdalienne du pharynx), mais il donne aussi la sensibilité à des parties qui dérivent de la V^ fente, comme la caisse du tympan et la trompe d'Eustache.
De par ses connexions 'centrales et sa distribution périphérique, le glossopharyngien peut être considéré comme une branche ventrale du pneumogastrique qui se serait complètement isolée du tronc de ce nerf. Comme la 10*^ paire, il appartient au groupe des nerfs dorsaux ou branchiaux dont il présente tous les caractères. (Voy. Généralités, page 768.)
Dixième paire : NERF PNEUMOGASTRIQUE.
Définition. — Le pneumogastrique, ou nerf vague, a un territoire beaucoup plus étendu que celui des autres nerfs crâniens. Alors que la sphère de distribution de ceux-ci reste limitée à l'extrémité céphalique, le pneumogastrique prend une part importante à l'innervation des viscères contenus dans .les deux grandes cavités splanchniques, le thorax et l'abdomen. La 10^ paire se distribue en effet, au cœur, à la plus grande partie du tube digestif et à ses dépendances embryologiques (poumons, foie, etc.).
Origines réelles et connexions centrales (Résumé). — Le pneumogastrique est un nerf mixte; il comprend donc des fibres motrices et des fibres sensitives qu'il nous faut étudier séparément au double point de vue de leur origine et de leurs connexions centrales.
1. Fibres motrices. — A) OmciNE réelle. — Les fibres motrices de la 10° paire sont formées par les prolongements cylindraxiles d'un noyau dit : nucleus ambiguus. On a vu page 487 que ce noyau était situé dans le champ latéral du bulbe, en pleine substance réticulée, en arrière de l'olive, en dehors des fibres radiculaires de l'hypoglosse, en dedans de la racine spinale du trijumeau. Commun aux 9°, 10= et 11= paires, il fait partie de la colonne grise qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-externe des cornes antérieures de la moelle. Issues du nucleus ambiguus, les fibres motrices du pneumogastrique se portent d'abord en arrière, puis en avant et en dehors et émergent au niveau du sillon collatéral ^du bulbe. 11 ne paraît pas exister de fibres radiculaires croisées. — B) Les CONNEXIONS CENTRALES, corticaUs et réflexes des noyaux bulbaires de la portion motrice du pneumogastrique sont encore mal connues*.
2. Fibres sensitives, — A) Origine réelle. — Les fibres sensitives du pneumogastrique ont leur cellule d'origine hors des centres nerveux, dans les ganglions jugulaire et plexiforme que nous décrirons plus loin. Ces ganglions sont essentiellement constitués par des cellules vinipolaires dont le prolongement unique se bifurque en deux prolongements secondaires. Le prolongement périphérique (pr. cellulipôte, pr. protoplasmique) vient d'un point quelconque du territoire sensitif de la 10= paire. Le prolongement central (pr. cellulifuge, pr. cylindraxile) se porte vers le bulbe et se divise dans l'épaisseur de ce dernier en deux branches: l'une, courte et horizontale, vase terminer dans le noyau de l'aile grise; l'autre, plus long et vertical, s'incorpore au faisceau solitaire et va se terminer dans la colonne grise annexée à ce faisceau. Noyau de l'aile grise et noyau du faisceau solitaire, communs aux 9= et 10° paires forment les noyaux sensitifs terminaux de ces nerfs. — B) Les connexions CENTRALES^ corticales et réflexes de la portion sensitive du pneumogastrique sont mal déterminées.
Origine apparente. — Le pneumogastrique émerge du bulbe par dix ou quinze filets radiculaires. Ceux-ci sortent en arrière de l'olive, au niveau du sillon collatéral, sur une hauteur de 5 millimètres. Ils forment avec les filets
1. D'après Van Gehuchten, dont nous avons déjà signalé les recherches en étudiant le glosso-pharyngien (Voy. la note de la page 865), il faudrait modifier les données que nous possédons à l'heure actuelle sur l'origine des fibres motrices du nerf vague de la façon suivante : 1° Le nucleus ambiguus appartiendrait exclusivement au pneumogastrique ; 2° Le noyau de l'aile grise serait un noyau moteur, d'une nature spéciale, caractérisé par le petit volume de ses éléments constituants; il serait commun au pneumogastrique et au spinal.
du glosso-pharyngien qui leur sont sus-jacents et les filets du spinal, placés au-dessous, une série ininterrompue. Parfois quelques-uns des filets d'origine du pneumogastrique sortent de l'épaisseur même du corps restiforme.
Trajet. — Ces filets radiculaires convergent les uns vers les autres et, après un trajet de quelques millimètres, se réunissent en un tronc unique. Celui-ci, d'abord aplati et rubané, prend rapidement une forme cylindrique. Il se porte d'abord en haut, en avant et un peu en dehors vers le trou déchiré postérieur (Voy. fig. 512); il se réfléchit ensuite sur le rebord postérieur de cet orifice et plonge verticalement dans la région cervicale; il traverse successivement le cou, le thorax et pénètre enfin dans l'abdomen pour se terminer dans le plexus solaire.
Ganglions. — Nous avons vu que l'origine réelle des fibres sensitives du pneumogastrique se trouvait dans les cellules de deux ganglions, placés sur le trajet de ce nerf : le ganglion jugulaire et le ganglion plexiforme.
Le ganglion jugulaire se présente sous la forme d'une petite masse arrondie, de coloration grisâtre et d'une longueur moyenne de 4 millimètres. Il est situé au niveau du trou déchiré postérieur.
he ganglion plexiforme sous-jacent au précédent est nettement extra-crânien et occupe l'espace latéro-pharyngien (Voy. Rapports) ; il affecte la forme d'un fuseau allongé d'une longueur de 15 millimèti'es environ. Son aspect diffère beaucoup de celui du ganglion jugulaire. Il paraît au premier abord formé par une intrication de faisceaux nerveux, d'où le nom de plexus ganglioformis sous lequel le désigna autrefois Willis. Sa structure et sa signification sont cependant analogues à celles du ganglion jugulaire; comme ce dernier, il a la valeur d'un ganglion spinal. Son aspect particulier est dû à ce que la partie véritablement ganglionnaire est recouverte par de nombreuses fibres anastomotiques que le vague reçoit à ce niveau, fibres dont les plus importantes sont celles qu'apporte la branche interne du spinal.
Rapports. — Nous étudierons successivement les rapports du pneumogastrique dans le crâne, au niveau du trou déchiré postérieur, au niveau du cou, dans le thorax et dans l'abdomen.
I. Portion intra-cranienne. — Dans le crâne, le pneumogastrique chemine entre le glosso-pharyngien qui est au-dessus et en dedans de lui et le spinal, placé au contraire au-dessous et en dehors.
Comme ces deux nerfs, il est d'abord situé au-dessous du feuillet viscéral de l'arachnoïde. Il traverse ensuite la cavité arachnoïdienne, enveloppé par un manchon séreux qui lui est commun avec la 9*^ et la 11*^ paire. En avant, le pneumogastrique répond à cette gouttière qui creuse la face postérieure du tubercule occipital. En arrière il répond au flocculus.
IL Portion intra-pariétale. — Au niveau du trou déchiré postérieur, le pneumogastrique occupe la partie interne étroite de cet orifice. En dedans de lui, sort le glosso-pharyngien isolé de la 10*^ paire par une petite bande fibreuse, souvent plus ou moins complètement ossifiée. En dehors le spinal sépare le* pneumogastrique de la jugulaire interne. Immédiatement au-dessous du trou déchiré, la face antérieure de la 10*= paire est croisée par le sinus pétreux inférieur
NERFS CRANIENS. 877
qui, sorti du crâne, en dedans du glosso-pharyngien, gagne, transversal, le golfe de la veine jugulaire.
III. Portion cervicale. — Au niveau du cou, le pneumogastrique occupe successivement l'espace latéro-pharyngien postérieur et la région sterno-mastoïdienne.
a) Dans Vespace latéro-pharyngien postérieur, dont j'ai déjà rappelé les limites (Voy.Glosso-pharyngien, p. 868 et fig. 495 et 496), le pneumogastrique présente avec les autres organes placés comme lui dans cet espace les rapports suivants : le glosso-pharyngien d'abord placé en dedans de lui se porte en bas et en avant formant avec le pneumogastrique un angle aigu couvert en bas. Le spinal, accolé à la 10*' paire à sa sortie du trou déchiré postérieur, lui envoie une importante anastomose, puis, s'éloignant d'elle, passe en arrière de la jugulaire interne pour gagner la face profonde du sterno-cléido mastoïdien. Le grand hypoglosse, lorsqu'il émerge du canal condylien antérieur, est d'abord placé en arrière et en dedans du pneumogastrique ; il croise ensuite obliquement la face postérieure de ce nerf pour aller contourner plus bas la carotide externe. Le ganglion cervical supérieur du grand sympathique, situé en arrière et un peu en dedans du pneumogastrique, le sépare des muscles pré vertébraux. La jugulaire interne et la carotide interne s'accolent en avant de la 10"^ paire. Signalons encore les rapports du nerf vague avec les ganglions lymphatiques contenus dans l'espace latéro-pharyngien postérieur, rapport qui n'est pas sans intérêt depuis qu'on a attribué à ce voisinage la mort subite observée dans certains cas d'adéno-phlegmons latéro-pharyngiens (Voy. Thoyer-Rosat, Th. de Paris, 1898).
h) Dans la région sterno-mastoïdienne, le pneumogastrique est placé dans l'angle dièdre ouvert en arrière, formé par l'accolement de la jugulaire interne et de la carotide primitive. Il est contenu dans la gaine celluleuse commune à ces deux vaisseaux (sur la constitution de cette gaine, voir le t. II, p. 427). Le grand sympathique appliqué contre les muscles prévertébraux est placé en arrière et en dehors du pneumogastrique; ses rameaux cardiaques croisent très obliquement le nerf vague. Ajoutons qu'au niveau de l'apophyse transverse de la 6"^ cervicale, l'artère thyroïdienne inférieure, après avoir perforé le ganglion cervical moyen (Drobnik), croise la face postérieure du nerf vague.
IV. PoRTiox iNTRA-THORAciQUE. — Daiis le tliorax, le pneumogastrique occupe le médiastin postérieur. Pour bien préciser ses rapports, nous les envisagerons successivement : au niveau de l'entrée du thorax, au-dessus de la bifurcation de la trachée, au niveau de cette bifurcation et enfin audessous d'elle.
1) Au niveau de V orifice supérieur du thorax, les rapports varient suivant le côté considéré. — A droite, le pneumogastrique passe entre la veine sous-clavière qui est en avant et l'artère sous-clavière qui est en arrière. Il émet à ce niveau le nerf récurrent qui embrasse dans son anse la face inférieure de l'artère. En dehors du pneumogastrique descend le^ phrénique, qui envoie au ganglion cervical inférieur un filet anastomotique qui passe sous l'artère. Enfin, en dedans, les filets sympathiques qui forment la partie antérieure ou préartérielle de l'anneau de Vieusseus, s'enroulent également au-dessous de la sous-clavière pour aboutir
au ganglion de Neubauer. Trois anses nerveuses contournent ainsi la partie initiale de la sous-clavière droite (Voy. fig. 501). — A gauche, le nerf s'enfonce dans un espace quadrilatère, limité en avant par la carotide interne, en arrière par l'artère sous-clavière gauche, en dedans par la trachée, en dehors par la plèvre gauche ; le canal thoracique, qui gagne le confluent de la veine sous-clavière et de la jugulaire interne, croise obliquement le côté externe du
nerf vague.
2) Dans le médiastin, au-dessus de la bifurcation de la trachée, le pneunio-
Gançj. moy
Seal. anl.
Phrén.
Manubriicm
M. int.