Rameaux péricardiques
Pneumogastrique j 1- Rameaux hépatiques.
gauche. j 2. Rameaux gastriques.
Pneumogastrique | 1- Rameaux œsophagiens.
droit. 1 2. Rameau pour le ganglion semi-lunaire.
Disposition générale et homologies. — Le pneumogastrique est un nerf mixte, moteur et sensitif. Il se distribue essentiellement au tube digestif, à ses dérivés embryologiques et au cœur. Une partie des fibres qu'il donne à ces organes lui est fournie par le spinal qui n'est d'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, qu'une simple racine de la 10*^ paire. (Voy. Spinal, page 900.)
Quoi qu'il en soit, la disposition générale des deux nerfs vagues est réglée par celle des organes auxquels ils se distribuent. Chez les vertébrés inférieurs, dont le tube digestif présente, dans sa partie initiale, une disposition segmentaire, due aux fentes branchiales, les branches ventrales du pneumogastrique sont elles-mêmes disposées métamétriquement. De même, chez les vertébrés supérieurs, les nombreuses différences de trajet et de rapport que présentent les deux vagues sont consécutives à la disposition asymétrique qu'acquièrent au cours du développement : 1" le tube digestif; 2" les gros vaisseaux de la base du cœur.
1° Les deux pneumogastriques courent en effet, tout d'abord, sur les parties latérales du tube dig-estif. Mais, lorsque l'estomac a exécuté son mouvement de rotation qui oriente ses faces dans un plan frontal, le pneumogastrique gauche se trouve reporté sur la face antérieure de l'organe, alors que le pneumog-astrique droit se place sur la face postérieure. La torsion de l'estomac, se propageant au segment inférieur de l'œsophage, les deux pneu-
NERFS CRANIENS. 893
mogastriques perdent également, dans la partie inférieure du thorax, leur situation latérale, pour tendre à se placer dans un même plan sagittal.
2" L'évolution des troncs artériels de la base du cœur exerce sur la disposition des deux pneumogastriques et de leurs branches une influence non moins considérable. On sait que, vers la fin du premier mois de la vie intra-utérine, le tronc artériel, issu du cœur, émet une série d'arcs vasculaires. les arcs aortiques. Ceux-ci courent parallèlement les uns au-dessous des autres sur les parties latérales du cou, pour aller ensuite former au niveau de la paroi postérieure les aortes descendantes. Les deux pneumogastriques croisent perpendiculairement la face externe des arcs aortiques et émettent à ce niveau plusieurs branches qui passent entre ces arcs pour atteindre les organes auxquels elles sont destinées. Les deux nerfs vagues ont à ce moment un trajet symétrique; mais on sait que les arcs aortiques ne gardent pas longtemps leur disposition primitive ; ils subissent deux modifications principales : d'une part, il y a développement inégal suivant le cùté considéré, d'autre part, il y a migration tlioracique des arcs inférieurs. C'est la combinaison de ces deux modifications qui entraîne l'asymétrie des deux vagues et de certaines de leurs branches. En effet, si, au niveau du 4° arc par exemple, les deux pneumogastri((ues croisent d'abord deux vaisseaux de même calibre et placés au même niveau, il n'en est plus ainsi plus tard lorscjne le 4" arc est devenu, à gauche, la crosse aortique, à droite, l'artère sous-clavière. De même, les deux récurrents, d'abord horizontaux, croisent symétriquement la face inférieure des G" arcs aortiques': mais cette disposition ne tarde pas à se modifier; à gauche le G" arc forme le canal artériel qui entraîne avec lui le récurrent dans sa migration thoracique ; à droite ce 6° arc s'atropliie ; il en est de même du 5° et l'anse du récurrent vient s'enrouler autour du ¥ arc, c'est-à-dire de la sous-clavière. Il y a donc asymétrie complète dans les rapports définitifs des deux nerfs et c'est à tort qu'on dit i)arfois qu'à droite comme à gauche le récurrent contourne le ¥ arc.
Outre son territoire viscéral, le pneumogastrique présente chez certains vertébrés inférieurs, et notamment chez les poissons, un territoire cutané assez étendu. Celui-ci est desservi par un rameau spécial, le rameau latéral du vague; ce rameau, dont les embryologistes qui ont abordé l'étude de l'histogenèse des nerfs périphériques ont fait leur objet d'étude de prédilection, vient se terminer dans une série d'organes cutanés qui semblent doués de fonctions spéciales. Wiedersheim et Keibel les regardent comme destinés à percevoir les vibrations de l'eau. Chez ces animaux, le pneumogastrique est donc, par son rameau latéral, un véritable nerf sensoriel. Chez les vertébrés supérieurs, ce territoire cutané du vague est extrêmement réduit et n'est plus représenté que par le champ de distribution du rameau auriculaire.
Le pneumogastrique appartient au groupe des nerfs crâniens ventraux. Il présente tous les caractères qui spécilient ces nerfs. (Voy. Généralités, p. 76.3.) 1" C'est un nerf mixte, moteur et sensitif ; 2'^ il a une émergence dorso-latérale ; 3° ses fibres motrices viennent, pour la plus grande partie du moins, de la colonne grise qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-externe des cornes antérieures de la moelle; 4° les muscles striés qu'il innerve dérivent des plaques latérales et le vague n'intervient jamais dans l'innervation de la musculature formée par les somites céphaliques (loi de van \\'ijhe).
1. Dans un mémoire publié dans la Bibliographie anaiomiqy.e de 1895, M. Cannieu s'est précisément basé sur les rapports du nerf récurrent et des arcs aortiques pour soutenir que la crosse de l'aorte dérivait non pas du quatrième, mais du troisième arc. Le raisonnement de M. Cannieu est le suivant : le récurrent, dit-il en substance, est le nerf du 4° arc branchial : il doit donc passer soit au-dessus, soit au-dessous de l'arc aortique correspondant, c'est-à-dire du quatrième. Or, si l'on admet que la crosse de l'aorte dérive du quatrième arc, il faut admettre par cela même que le récurrent passe soit au-dessus d'elle, ce qui n'est pas, soit au-dessous, ce qui n'est pas non plus. Le nerf chemine en effet, comme nous l'avons vu, au-dessous du canal artériel. Ce canal, d'après M. Cannieu, doit donc être regardé comme formé par le quatrième arc aortique, voire même paile troisième, mais non par le cinquième. — Malheureusement les déductions d'ailleurs parfaitement justes de M. Cannieu ont un point de départ qui est loin d'être démontré. Le récurrent est en effet non pas le nerf du quatrième arc, mais bien celui de ce sixième arc dont l'aryténo'ide l'orme le squelette et dont Ivallius a récemment étudié l'évolution. Dès lors, en appliquant le même raisonnement que M. Cannieu, on arrive a regarder a priori \& crosse aortique comme dérivant du quatrième arc ; c'est d'ailleurs l'origine que lui assigne Boas, de par ses recherches directes.
Relations du pneumogastrique et du grand sympathique. — Nous avons Aai que la plupart des nerfs crâniens entraient en relation avec le système du grand sj^mpathique. Ces relations sont de deux ordres : d'un coté, le sympathique cervical envoie aux nerfs crâniens des fibres qui empruntent le trajet de ces nerfs pour se rendre à leur territoire terminal ; d'autre part, les nerfs crâniens fournissent aux ganglions du sympathique céphalique des fibres c£ui ont la valeur de véritables rami communicantes.
Le pneumogastrique n'a, avec les ganglions du sympathique céphalique, aucune connexion. Par contre, il donne la plus importante partie de ses fibres aux ganglions annexés aux branches viscérales du sympathique (ganglion de Wrisberg et ganglions intra-cardiaques, ganglions semi-lunaires, etc.). Ces ganglions constituent de véritables points nodaux où viennent se rencontrer le système du pneumogastrique et le système du gi^and sympathic^ue. Au delà, ces deux nerfs sont anatomiquement confondus et, seule, l'analyse physiologique peut nous dire ce qui appartient à chacun d'eux.
Cette association intime du pneumogastrique et du grand sympathique existe dans toute la série des vertébrés. On s'est même demandé si, chez les vertébrés inférieurs, dont le grand sympathitjue présente une réduction extrême, tout ou partie du rôle que ce nerf remplit chez les vertébrés supérieurs n'était pas dévolu à la 10*^ paire. Il est encore difficile, à l'heure actuelle, d'être fixé sur ce point ; mais il importe de remarquer que cette réduction du grand sympathique chez les vertébrés inférieurs est plus apparente que réelle ; si la chaîne sympathique est absente, en revanche les groupes cellulaires périphériques qui constituent en somme la partie la plus importante du système ne font aucunement défaut (Lenhossek). Peut-être n'y a-t-il alors pas lieu de donner au nerf vague de ces animaux une importance morphologic|ue plus grande et un rôle physiologique plus considérable qu'au pneumogastric[ue des vertébrés supérieurs.
Onzième paire : NERF SPINAL
Syn, : Nerf accessoire.
Définition. — Le nerf spinal, ou nerf de la 11* paire, est un nerf purement moteur. Né de la portion supérieure de la moelle cervicale et de la partie inférieure du bulbe, il se termine par deux branches dont l'une va innerver le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze et dont l'autre va se jeter dans le tronc du nerf vague.
Cette terminaison partielle du spinal dans la 10'= paire, l'origine de sa portion bulbaire aux dépens d'un noyau qui lui est commun avec le pneumogastrique, enfin son apparition tardive au cours du développement phylogénique, tout cela montre bien que le spinal n'est qu'une annexe du nerf vague. Et, si quelque modification devait être apportée à la classique nomenclature de Sœmmering, une des plus désirables serait certainement celle qui consisterait à enlever à l'accessoire son autonomie, pour n'en faire qu'une simple racine du pneumogastrique.
Origine réelle et connexions centrales. — (Résumé. Yoy. p. 184.). 4. Origine ukelle. — Le spinal est formé par les prolongements cylindraxiles de deux noyaux : un noyau médullaire et un noyau bulbaire. 1) Le noyau médullaire s'étend en hauteur depuis l'émergence de la ¥ paire rachidienne jusqu'à la partie supérieure de la moelle cervicale.
NERFS CRANIENS.
Il est formé par le groupe cellulaire antéro-exlerue de la corne antérieure et non par la corne latérale, d'ailleurs à peu près disparue ù ce niveau. Les fibres émanées de ce noyau sont toutes des fibres directes; elles sortent de la moelle par un trajet en z, assez complexe, qui a été décrit et figuré page 486. — 2) On admet généralement que le noyau bulbaire est représenté par la partie inférieure du nucleus ambiguus. Van Gehuchten s'est récemment attaché à démontrer que les fibres du spinal naissaient du noyau de l'aile grise en môme temps qu'une partie des fibres motrices du pneumogastrique (Voy. la note de la page 865).
B. Connexions centrales. — Il est vraisemblable, étant donnée la multiplicité des fonctions du spinal, que ce nerf possède des centres corticaux multiples. Un seul est bien connu, c'est le centre des fibres que le spinal envoie aux muscles adducteurs des cordes vocales. Ce centre (centre laryngé phonatoire de Krause, Semon et Ilorsley... etc.) est placé au niveau de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante, en arrière du centre de Broca'.
Gloss. phar.
Pneiimog .
Origine apparente. — Les fibres radiculaires du spinal émergent les unes au niveau du bulbe (racines bulbaires), les autres au niveau de la partie supérieure de la moelle cervicale (racines médullaires).
a. Racines bulbaires. — Les racines bulbaires dont le nombre varie de 3 à (3 émergent du sillon latéral du bul])e, au-dessous des fibres radiculaires du pneumogastrique.
b. Racines méchtllaires. — Les racines médullaires sortent au niveau du cordon latéral de la moelle, à deux ou trois millimètres en avant de l'émergence des racines postérieures. Le plus inférieur des filets médullaires répond le plus souvent à la o"^ paire rachidienne.
Le niveau jusqu'auquel descendent les racines médullaires du spinal varie beaucoup suivant les sujets. D'après Iloll, la fréquence des différentes dispositions serait la suivante :
Les racines du spinal descendent jusqu'à la 3" cervicale 7 fois sur 100. — — — G" — 26 — '—
Fio. oll
Origine apparente du nerf spinal.
La moelle et le bulbe sont vus pai" leur face postérieure.
L'origine médullaire du spinal peut même se dorsale.
prolonger jusqu'à la première paire
Trajet. — La portion médullaire du spinal monte verticalement dans le canal rachidien, pénètre dans le crâne par le trou occipital et vient s'accoler à la portion bulbaire. Ainsi formé par la réunion de ces deux portions, le spinal se porte en avant, en dehors et un peu en haut, soi't du crâne par le trou déchiré postérieur, puis se divise presque aussitôt en deux branches terminales.
Rapports. — Nous étudierons successivement les rapports du spinal dans le canal racJiidien, au niveau du trou occipital, dans le crâne et enfin au niveau du trou déchiré postérieur.
1. Semon, Ilorsley et Risien Russell ont démontré l'existence, cbez le chien et le chat, d'un centre a6rf((Cleur des cordes vocales {centre laryngé respiratoire). L'existence de ce centre, placé à côté du centre phonatoirechez ces animaux, n'est pas encore démontrée chez l'homme.
Facial el.
acoust.
Glossn-piMi Pneiniif).
Spinal.
Ihjpogl.
1™ dent llgt.
dentelé
R ]wst. {" n. cerv.
1 lerlèbr.
R post. T n. cerv.
médull. spin.
R post. V n. cerv.
1) Dans le canal rachidien, la racine médullaire du spinal chemine, verticale, dans l'espace sous-arachnoïdien, le long des faces latérales de la moelle cervicale. Elle est en rapport : en dedans, avec le cordon latéral ; en dehors, avec le sac durai ; en avant, avec le ligament dentelé qui la sépare des racines antérieures ; en arrière, avec les quatre premières racines postérieures; elle est souvent accolée à la première et à la deuxième de ces racines, avec lesquelles elle
peut présenter d'intéressantes connexions sur lesquelles nous reviendrons plus loin.
2) Au niveau du trou occipital, la racine médullaire du spinal passe au-dessus de la première languette du ligament dentelé ; cette languette va se iixer à l'extrémité du diamètre transverse du trou occipital ; le spinal rencontre ensuite l'artère vertébrale qui, oblique en avant et en dedans et très légèrement ascendante, se porte vers la face ventrale du bulbe.
Le nerf enjambe la face supérieure de l'artère que croisent, à quelques millimètres en avant, les filets radiculaires de l'hypoglosse. Au niveau du point où elle passe sous le spinal, l'artère vertébrale émet l'artère cérébelleuse inférieure, qui remonte verticalement en croisant, tantôt la face antérieure, tantôt la face postérieure nerf (Voy. fîg. 512).
3) Dans le crâne, les deux racines du spinal croisent la face antérieure du lobule du pneumogastrique et convei'gent l'une vers l'autre en formant un angle aigu dont le sommet répond au trou déchiré postérieur. Elles cheminent à ce niveau dans une gaînè arachnoïdienne qui leur est commune avec le pneumogastrique et le glosso-pharyngien sur la face postérieure du tubercule occipital, creusée d'une gouttière répondant au passage des trois nerfs (Poirier). (Voy. fig. 476, p. 839).
4) Dans le trou déchiré posténeur, le spinal occupe la partie moyenne de cet orifice. Il est placé entre la terminaison du sinus latéral qui est en dehors el le ganglion jugulaire du pneumogastrique qui est en dedans. Il est intimement uni à ce dernier.
Distribution. — A sa sortie du trou déchiré postérieur, le spinal se partage en deux branches : une branche interne et une branche externe.
Fig. 512. — Portion médullaire du spinal.
Vue postûrieurfi après ablation de l'écaillc occipitale et ouverture Je la partie supérieure du canal racliidien.
NERFS CRANIENS.
1" La branche interne, principalement formée par les filets bulbaires, se jette dans la partie externe du ganglion plexiforme qu'elle aborde dans le voisinage de son pôle supérieur. Elle perd dès lors son autonomie anatomique et c'est au physiologiste qu'il appartient de dégager du pneumogastrique ce qui revient au spinal et de montrer le rôle capital que joue la 11'^ paire dans l'innervation motrice du larynx, du cœur, du pharynx et peut-être de l'œsophage.
2° La branche externe, plus volumineuse que la précédente, est essentiellement formée par les filets médullaires. Dès son origine, elle se porte en bas, en
Carot. int.
Gioss. pharijn.
Lingual
Dent. inf.
— Gr. hypogl.
---A. linguale.
1 tliyr, sup.
B)\ desc. hypogl.
Bi\ desc. int.plex. cerv.
en et n. sous-clav.
FiG. 513. — Branche externe du spinal. — D'après Hirschfeld.
arrière et en dehors. Elle est en rapport à ce niveau : en avant, avec la face postérieure de la jugulaire interne, des muscles styliens et du digastrique; en arrière, avec les apophyses transverses des vertèbres cervicales doublées par les muscles grand droit antérieur et long du cou et avec l'artère occipitale. Elle arrive ainsi à la face profonde du sterno-cléido-mastoïdien ; dans quelques cas, elle passe au-dessous de ce muscle sans le traverser (Turner); mais, le plus souvent, elle perfore son chef profond (chef cléido-mastoïdien) ; elle apparaît alors dans la partie supérieure du creux sus-claviculaire ; la distance qui, au niveau du bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien, la sépare de la pointe de l'apophyse mastoïde, est de 4 ào cent, environ. Dans le creux sus-claviculaire, la branche externe du spinal relativement superficielle n'est recouverte que par les téguments et l'aponévrose cervicale superficielle. Elle arrive ainsi jusqu'au trapèze qu'elle aborde par son bord antérieur et dans l'épaisseur duquel elle s'épuise en rameaux terminaux.
LES WERFS.
. Parot
Spinal Slerno-viasl.
3° cervlc.
Slerno-occip.
Cléidn-occipil.
, Spinal
Au total, la branche externe fournit deux sortes de branches : des ])ranches sterno-mastoïdiennes et des branches trapéziennes.
a) Branches sterno-mastoïdiennes. — Le spinal partage l'innervation du sterno-cléido mastoïdien avec un rameau issu du 3^ nerf cervical. D'après Maubrac (thèse de Bordeaux, 1883), l'innervation de ce muscle serait la suivante. Le spinal et la .3^ branche cervicale formeraient dans l'épaisseur du sterno-cléidomastoïdien une arcade anastomotique. Les 4 faisceaux du sterno-cléido-mastoïdien (cléido-mastoïdien, cléido-occipital, sterno-mastoïdien et sterno-occipital) recevraient des filets issus de l'arcade anastomotique en question. De plus, le cléido-mastoïdien recevrait constamment des filets directement issus du spinal ;
de même le sterno-occipital et le cléido-occipital seraient souvent innervés par des filets directement émanés de la 3<^ racine cervicale. — Cette description de Maubrac ne saurait s'appliquer à tous les cas.
L'arcade anastomotique qui unit le spinal au rameau cervical du sternocléido-mastoïdien peut faire défaut, et lorsqu'elle existe, elle ne donne souvent naissance à aucun rameau.
Il m'a semblé que, dans la majorité des cas, spinal et rameau cervical se ramifiaient isolément , et que l'un et l'autre donnaient un ou plusieurs rameaux à chacun des chefs du sterno-cléido-mastoïdien ; chaque chef était ainsi innervé à la fois par le spinal et le 3" nerf cervical. Il m'a paru aussi c^ue, pour tous les chefs, sauf pour le cléido-occipital, la part du spinal était généralement prépondérante.
h) Branches trapéziennes. — Les branches qui vont au trapèze s'anastomosent également avec des rameaux, issus des branches antérieures des 3«, 4" et 3« nerfs cervicaux. Mais, si l'existence de ces anastomoses permet difficilement de préciser, au point de vue anatomique, la part qui revient au spinal dans l'innervation du trapèze, en revanche l'expérimentation physiologique montre que ce nerf se distribue surtout à la portion claviculaire du muscle.
Anastomoses. — Le spinal s'anastomose avec les racines postérieures des deux premiers nerfs cervicaux, avec le pneumogastrique et avec les branches trapézienne et sterno-mastoïdienne du plexus cervical. Nous avons déjà étudié cette dernière anastomose en étudiant le mode de terminaison de la branche externe du spinal. Nous connaissons aussi la plus importante des anastomoses avec le pneumogastrique ; elle est représentée par la branche interne du spinal ; 11 nous suffira d'ajouter que parfois la 11^ paire s'unit encore au nerf vague par deux ou trois filets qui, dans le trou déchiré postérieur, vont du tronc du spinal au ganglion jugulaire'. Par contre, il nous faut insister plus longuement sur les anastomoses du spinal et des deux premières paires cervicales.
1. Ajoutons que la braïiche externe du spinal peut encore s'anastomoser clans, quelques cas exceptionnels avec l'hypoglosse ou le pneumogastrique (Lobstein).
FiG. 514.
Cléido-mastoïdien.
Innervation du slerno-cléidomastoïdien.
NERFS CRANIENS.
FiG. olo. — Schéma des différents types de rapports du spinal et des deux premières racines cervicales postérieures.
AnastoYiioses du spinal et des deux pre'inières racines cervicales postérieures. — Pendant son trajet ascendant, la portion médullaire du spinal contracte souvent des anastomoses avec les racines postérieures des deux premiers nerfs cervicaux. Depuis le jour où, en 1833, Mayer signala pour la première fois leur existence, ces anastomoses ont toujours excité la curiosité des anatomistes. Nous n'entrerons pas ici dans le détail des controverses qu'elles ont soulevées et nous renvoyons pour l'historique au très couiplet mémoire de Kazzander'. Nous bornant à exposer ici l'état actuel de la question, nous indiquerons d'abord les différentes modalités anato- a & c
miques observées ; nous verrons ensuite comment il faut les interpréter.
Le spinal peut entrer en relation soit avec la première racine postérieure, soit avec la deuxième.
1 ) Les rapports du spinal et de la première racine peuvent ordinairement se rapporter à l'un des types suivants.
(Voy. fig. 313) ; a) dans la grande majorité des cas (60 fois sur 100 [Kazzander]), la racine postérieure croise le nerf en n'affectant avec lui que des rapports de contiguïté : ces rapports varient d'ailleurs du simple contact à l'accolement le plus intime (type I, fig. 315, A); Ij) dans d'autres cas (type II), la première racine naît par deux filets dont l'un croise le tronc du spinal et dont l'autre semble se jeter dans la 11*^ paire (fig. 313, B); c) dans un .S*^ type qui se rencontre dans 20 pour 100 des cas, la première racine reçoit un filet de renforcement qui se détache du bord externe du spinal (fig. 313, C) ; d) plus rarement, la première racine vient tout entière du spinal (type IV, fig. 313, D) ; e) enfin, dans 8 pour 100 des cas, cette racine fait défaut (fig. 513, E).
2) Les rapports du spinal et de la deuxième racine postérieure sont beaucoup plus simples. Le plus souvent, il y a simple croisement (fig. 313, A). Parfois, la deuxième racine envoie au spinal un ou plusieurs filets anastomotiques, qui se détachent, soit du tronc même de la racine, soit de la moelle, ordinairement un peu au-dessus de l'émergence de la deuxième racine (fig. 313, F).
Telles sont les dispositions habituelles ; il s'agit maintenant de les interpréter. On admet généralement, aujourd'hui, que dans tous les cas of^i il existe des filets reliant les racines postérieures au spinal, l'existence de ces filets s'expHque par un accolement temporaire des fibres du système radiculaire postérieur au tronc de la 11"^ paire. Les schémas de la figure 315 montrent en effet que la plupart des dispositions que nous avons indiquées peuvent s'expliquer soit par une sup- |)léance partielle ou totale de la première racine par la deuxième (Voy. C et D, fig. 515) soit par un accolement temporaire au tronc du spinal d'un faisceau radiculaire aberrant appartenant cà l'une ou l'autre de ces deux racines (B et F).
-^ 1. Kazzander. Ueber den Nervus accessorius Willisii und seine Beziehungen zu den oberen Cei-vicalnerveii hi'im Menschen und einigen Haussaiigethieren. Arch. f. Anat. , AnM. Abth., 1891, p. 210.
Type II
Type III
Type I
FiG. 516. — Schéma des différentes dispositions du ganglion du spinal.
Ganglions du spinal. ■ — L'élude des ganglions du spinal est intimement liée à celle des rapports de ce nerl avec le système radiculaire postérieur. C'est encore Mnyer (jui signala pour la première fois l'existence d'un ganglion sur le tronc du spinal. En France, Vulpian attira le premier l'attention sur cette particularité anormale de la 11'= paire. Depuis, la présence de ganglions sur le spinal a été indiquée par nombre d'anatomistes. L'existence de ces ganglions est d'ailleurs loin d'être rare, puisqu'il résulte des dillérents relevés (Kazzander, Testut, Trolard, etc.) qu'on les rencontre dans 2.j à 30 pour 100 des cas environ. Ils affectent ordinairement une des trois dispositions suivantes : a) le plus souvent on trouve un renllement ganglionnaire à Fintersection du tronc du spinal et de la première racine postérieure (flg-. 5IG, type I); 6) plus rarement le ganglion se trouve placé sur le segment du nerf
compris entre la première et la deuxième racine postérieure (type II) ; c) enfin, on a également rencontré des ganglions placés sur le trajet des racines médullaires ou bulbaires de la 11= paire (type III). Dans les deux premiers cas, on doit regarder ces ganglions comm.e appartenant soit à la première racine postérieure (type I), soit au faisceau de renforcement qu'elle reçoit de la deuxième (type II). Mais lorsque les ganglions sont placés sur le trajet des racines du spinal, cette explication n'est plus admissible et il est difficile de les rattacher au système radiculaire postérieur. Il est vrai que parfois ces soi-disant ganglions ne sont que de simples renflements de la gaine conjonctive du nerf; Hyrtl et plus récemment Kazzander en ont donné la preuve incontestable. Mais il n'en est pas toujours ainsi ; dans un cas décrit et figuré par Kazzander il existait bien un véritable ganglion, contrôlé liistologiquement, sur une des racines bulbaires du spinal; on est bien obligé d'admettre dans les cas de ce genre que le spinal contient anormalement des fibres sensitives auxquelles appartiennent les ganglions en question.
Signification morphologique. — Le nerf spinal appartient au système des nerfs encéphaliques dorsaux ; il n'a cependant pas la même valeur que les autres éléments constituants de ce groupe; il n'est en réalité qu'une annexe du pneumogastrique; cela ressort nettement de l'étude de ses origines, de sa distribution et de son évolution phylogénique. Nous avons vu, en effet, en rappelant les origines du spinal, que les fibres de sa portion bulbaire naissaient d'un noyau, qui leur était commun avec celles du pneumogastrique. De même, l'étude de la distribution du spinal nous a montré qu'une importante partie de ses fibres allait se jeter dans le ganglion plexiforme du pneumogastrique. Enfin, lorsqu'on suit l'évolution du spinal dans la série animale, on voit qu'il apparaît beaucoup plus tardivement que les autres nerfs crâniens; les poissons et les amphibiens ne possèdent pas de 11® paire (Wiedersheim) ; celle-ci ne commence à se montrer que chez les reptiles et, chez ceux-ci, elle ne constitue manifestement qu'une simple racine du pneumogastrique.
Doi
même paire : NERF GRAND HYPOGLOSSE
Définition. — Le grand hypoglosse, ou 12" paire crânienne, est un nerf purement moteur. Il se distribue aux muscles de la langue, au muscle géniohyoïdien et à tous les muscles de la région sous-hyoïdienne.
Origine réelle et connexions centrales {Résumé, voy. p. 481). — A. OmoixE réelle. — Le grand hypoglosse est formé par les prolongements cylindraxiles d'un noyau situé dans le myélencéphale. Ce noyau appartient à la colonne grise qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-interne des cornes antérieures de la moelle. Dans le sens vertical, ses limites sont assez exactement intliquées par deux plans horizontaux, rasant les deux
NERFS CRANIENS. 901
extrémités de l'olive bulbaire. Adjacent au raphé, il répond en arrière au plancher du 4'= ventricule au niveau de l'aile blanche interne. On a encore décrit à la 12'= paire deux autres noyaux : le noyau antérieur de Meynert ou accessoire de M. Duval, et le noyau dit de Roller. Leur participation à la formation du grand hypoglosse semble douteuse. — Les fibres, émanées du noyau principal, sont toutes des libres directes. Van Gehuchten, qui avait d'abord admis chez le poulet une décussation partielle, la rejette maintenant, au moins chez l'homme.
A leur sortie du noyau, les fibres radiculaires se portent en avant et en dehors ; elles laissent en dedans d'elles le faisceau longitudinal postérieur elle ruban de Reil interne, et en dehors le champ réticulé et l'olive. Quelques-unes d'entre elles traversent cependant cette dernière. Elles arrivent ainsi sur la face postérieure du faisceau pyramidal; elles exagèrent alors leur obliquité en dehors et viennent apparaître au niveau du sillon préolivaire.
B. Connexions CENTRALES. — Les voies d'association réflexe, unissant les origines bulbaires de la 12'= paire aux noyaux des nerfs sensitifs cérébro-spinaux, sont encore mal connues. — Par contre, son centre cortical est localisé sans conteste au niveau de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante, au-dessus du centre du masticateur et du facial inférieur. — Les prolongements cylindraxiles des cellules de ce centre forment la voie motrice centrale de la 12° paire ; elles font partie du faisceau géniculé dont elles partagent le trajet. Elles se déçussent au niveau du bord inférieur de la protubérance pour se terminer dans le noyau bulbaire du côté opposé.
Origine apparente. — Les libres radiculaires du grand hypoglosse émergent au niveau du sillon préolivaire. Elles se groupent en 10 à 16 filets. Le plus inférieur de ceux-ci répond ordinairement à un plan horizontal passant par Fentre-croisement des pyramides. On admet généralement que la plus élevée des racines de la 12"^ paire émerge au niveau de la partie moyenne de l'olive. Beck' fait observer avec raison qu'il est rare de voir cette racine distante de plus de 4 millimèti-es du bord inférieur de la protubérance.
Variétés. — Parfois les racines de l'hypoglosse confinent inférieurement à l'émergence de la première racine antérieure cervicale. Beck a observé des cas où il existait entre l'hypoglosse et la première racine un faisceau qui, quelques millimètres après sa sortie de la moelle, se divisait en deux fascicules dont l'un allait rejoindre la i'I" paire, tandis que l'autre allait se jeter dans la racine cervicale sous-jacente. — Il est fréquent de voir des libres radiculaires du grand hypoglosse émerger de l'olive ou des pyramides bulbaires. — Uudinger a vu naître la 12" paire du plancher du quatrième ventricule. — Buiïet-Delmas a rencontré un cas, plus bizarre encore, dans lequel l'hypoglosse se détachait du ganglion plexiforme du pneunrogastrique.
Trajet. — Les filets radiculaires inférieurs, légèrement ascendants, les filets moyens, horizontaux et les filets supérieurs, légèrement descendants, convergent vers le trou condylien antérieur. Ils se groupent ordinairement en deux faisceaux, beaucoup plus rarement en trois. Ces faisceaux ti-aversent la dure-mère, tantôt par deux orilices distincts (19 fois sur 32 cas, Beck), tantôt par un seul (13 fois sur 32 cas). Ils pénètrent ensuite dans le canal condylien antérieur à l'entrée duquel ils se fusionnent en un tronc unique. A sa sortie du crâne, le grand hypoglosse se porte d'abord en bas, en avant et en dehors. Puis, au niveau du bord postérieur du muscle hyo-glosse, il se recourbe graduellement pour devenir oblique en haut, en avant et en dedans. Dans son ensemble il décrit une courbe assez régulière dont la concavité regarde en haut et en avant. Le lingual et le glosso-pharyngien décrivent des courbes analogues, mais de rayon plus petit et inscrites dans celle de la 12^ paire. (Voy. fig. 518.)
Rapports. — Dans ce trajet, le grand hypoglosse occupe successivement :
^ 1. Beck. Ueber den Austritt d. N. Ilypoglossiis u. N. ccrvic. primus ans dem CeiUralorgane beim yicnschen, etc. Anai. Ileft. von Merkel u. Bonnet, 1890.
l'étage postérieur du crâne, le canal condyllen antérieur, l'espace latéro-pharyngien, la région carotidienne et la région sus-hyoïdienne.
1) Au niveau de V étage postérieur, les filets radiculaires du grand hypoglosse croisent la face postéro-supérieure de la portion latéro-bulbaire de l'artère vertébrale; à quelques millimètres en arrière, l'artère est croisée par le spinal; entre les deux nerfs monte ordinairement l'artère cérébelleuse inférieure (Voy. fig. 512). D'abord contenus dans l'espace sous-arachnoïdien, les filets radiculaires de l'hypoglosse traversent ensuite la cavité arachnoïdienne ; ils sont
Gl. pai oi
M. stylo-hyo
A. facinle
A. lingu
B>'. descend
Tronc thyro-lmg facial.