GANGLION OPHTALMIQUE
Syn : G. ciliaire, g. lenticulaire, g. de roculo-moteur, g. de Schacher.
Le ganglion ophtalmique a été découvert par Schacher en 1701. De coloration grisâtre, il affecte la forme d'un quadrilatère aplati dans le sens transversal ; il mesure environ deux millimètres dans le sens antéro-postérieur, un millimètre seulement dans le sens vertical. Il est appliqué sur la face externe du nerf optique à la jonction du tiers postérieur et des deux tiers antérieurs de celui-ci ; une distance de 6 à 8 millimètres environ le sépare du sommet de l'or-
,i'.. . Br.siip.mol.oc.com.
R. nasale.
N. ciliaire.
J^ P '?\iC~ T^;; ^.. R. mot. oc. com.
. Br. mf. mot. oc. com.
. R. plex. cav.
FiG. 524. — Ganglion ophtalmique.
bite. Il est plongé dans le tissu cellulo-adipeux de cette région qui le masque et rend son isolement difficile. (Voy. fig. 524).
Chez certains animaux (Sélaciens, Ganoïdes, Amphibiens), le ganglion ophtalmique est immédiatement accolé au tronc du moteur oculaire commun ; c'est sur ces connexions intimes du ganglion et de la 3^ paire que Schwalbe se base pour le rattacher à celle-ci; ce que nous avons déjà dit de sa structur(> montre bien que cette manière de voir ne saurait être acceptée.
Le ganglion ophtalmique possède des rameaux afférents ou racines et des rameaux efférents.
Rameaux afférents ou racines, — Les rameaux afférents du ganglion ophtalmique sont au nombre de 3; ils constituent autant de rami communicantes qui rattachent ce ganglion au moteur oculaire commun, au nasal et au plexus caverneux.
a) Le rameau du moteur oculaire commun se détache de la branche que la 3^ paire envoie au muscle petit oblique. Long de 1 à 2 millimètres seulement, ce rameau se porte en haut et en avant et vient aboutir à l'angle postéro-inférieur du ganglion ophtalmique. Encore appelé racine courte à cause de sa brièveté, grosse racine à cause de son volume plus considérable que celui des deux autres racines du ganglion ophtalmique, le rameau du moteur oculaire commun est souvent désigné sous le nom impropre de racine motrice du ganglion ciliaire. (Voy. Disposition générale du sympathique céphalique.)
b) Le rameau du nasal se déiachedece nerf à son entrée dans l'orbite; il se porte en bas et en avant et vient se jeter dans l'angle postéro-supérieur du ganglion. Long et grêle, il est parfois décrit sous le nom de racine longue ou de racine grêle du ganglion ophtalmique; le terme de racine sensitive, sous lequel on le désigne ordinairement, doit être rejeté.
c) Le rameau du plexus caverneiix constitue la racine sympathique des auteurs; il se détache de la partie antérieure du plexus caverneux, pénètre dans l'orbite par l'anneau de Zlnn et aboutit au bord postérieur du ganglion.
Rameaux efférents. — Les rameaux efîérents du ganglion ophtalmique portent le nom de nerfs ciliaires. Ces nerfs se détachent par trois à six troncs seulement du bord antérieur du ganglion ; mais ces troncs ne tardent pas à se diviser, de sorte qu'au moment où les nerfs ciliaires abordent le globe oculaire, ils sont au nombre de vingt environ. Ils sont ordinairement distribués en deux groupes, l'un supéro-externe, l'autre inféro-interne et entourent le nerf optique contre lequel ils sont appliqués. Rappelons qu'à ces nerfs ciliaires issus du ganglion ophtalmique et qu'on désigne souvent sous le nom de nerfs ciliaires courts viennent s'adjoindre deux ou trois autres filets plus longs et plus volumineux, nés directement du nasal : les nerfs ciliaires longs.
Les nerfs ciliaires pénètrent dans le globe oculaire au niveau de son pôle postérieur; leur trajet et leur terminaison dans le globe seront précisés plus loin. (Voyez OEil, in Organes des sens). Contentons-nous de dire ici qu'ils cheminent successivement sur la face externe de la choroïde et du corps ciliaire et qu'ils se terminent en avant par deux groupes de filets : des filets iriens et des filets cornéens. Dans leur trajet intra-oculaire, ils s'anastomosent en formant une série de plexus : le plexus choroïdien, le plexus ciliaire, le plexus irien et le plexus cornéen lui-même décomposable en plusieurs plexus secondaires. Les plexus choroïdien, irien et ciliaire présentent de nombreuses cellules nerveuses; par contre, le plexus cornéen n'en présente pas. De ces plexus partent des fibres pour les vaisseaux de l'œil, le muscle ciliaire, la musculature de l'iris et enfin pour la cornée.
Avant de pénétrer dans le globe oculaire, les nerfs ciliaires envoient à l'artère centrale de la rétine un ou deux filets très grêles qui pénètrent en même temps que cette artère dans l'épaisseur du nerf optique et qu'on décrit parfois sous le nom de nerf de ïiedemann.
Variétés. — Le ganglion ophtalmique, ses racines et ses branches peuvent présenter de nombreuses variétés. Nous n'indiquerons ici que les plus fréquentes ou les plus intéressantes, renvoyant pour de plus amples détails au traité déjà plusieurs fois cité de Krause et Tegelmann (voy. Généralités, p. 757), au mémoire de Switzer (Von einigea nichl haiifig vorkommenden Varialionen der Aiigennerven, Copenhague, 1845) ou à la Névrologie de Henle (2" édition, p. 405).
a) Le ganglion opIUahnique peut manquer (Gûnz, Switzer, Hallet, Hyrtl, cités par Henle). Il s'agit là probablement de cas de pseudo-absence dans lesquels les cellules constituantes du ganglion se sont disséminées le long des racines de celui-ci. Le ganglion ophtalmique peut être perforé par une artère ciliaire (Hyrtl).
Des ganglions accessoires ont été signalés par Fœsebeck, Switzer, Adamuck.
6) La racine courte peut manquer (Switzer), être multiple (Cruveilhier, ^'alentin, Switzer), ou venir du tronc du moteur oculaire commun (Switzer).
c) La racine longue peut manquer (Morgagni, Meckel, Swilzer, Hirzel); elle peut venir normalement du tronc de l'ophtalmique (Winslow, Switzer), du sus-orbitaire (Swilzer),
NERFS CRANIENS.
du lacrymal (Pje-Smith, Howse et Davies-Colley, cités par Ilenle), du ganglion de Casser (Hirzel).
d) La racine sympathique peut être formée par plusieurs filels.
(?) Le ganglion ophtalmique peut présenter des racines supplémentaires qui viennent de la branche supérieure du moteur oculaire commun (Schlemm, Hyrtl, Lanz, Valentin, cités par Henle), du nerf lacrymal (Hyrtl), du moteur oculaire externe (Petit, Longet, Hyrtl, Adamuk, cités par Henle), du ganglion sphéno-palatin. L'existence de cette dernière racine, admise par Tiedemann et Arnold, est niée par Hyrtl qui soutient que ces auteurs ont pris pour un filet nerveux une simple bride fibreuse; Valentin, en se basant sur plusieurs examens histologiques, admet au contraire l'existence de cette racine anormale.
/■) Le nombre des 7ierfs ciliaires est variable. — Ils peuvent naître directement des racines, en aval du ganglion. Le ganglion ophtalmique peut fournir anormalement un fllet pour le droit supérieur, et le releveur de la paupière (Fœsebeck, Switzer), un filet pour le" droit inférieur et le petit oblique (Arnold), un ou plusieurs filets pour la glande lacrymale (Béraud, Krause), une anastomose pour les nerfs ciliaires issus directement du nasal (Hyrtl); Delbet (Arch. cTophialmoL, 1887), a vu un nerf ciliaire se diriger vers le limbe
Plcx. cav.
-- Br. sup. mot. oc. coin.
Mot. oc. coin N. o'phlalm
Br. d'orig. du plex. carot.
G. cervic. sup.
N. nasal.
G. opht.
Br. inf. mot. oc.
com.
Fibf es 11 ido-consirict.
Fibi es contractant muscle ciliaire.
Fibiet, inso-contr. de l'œil.
Fibicb 11 ido-dilatatrices.
Fib) es ) elachant le muscle ciliaire.
Fibres vaso-dilat. du segm. ant. de l'œil.
FiG. 525. — Schéma de la constitution des nerfs afférents et efférents du gang-lion ophtalmique.
scléro-cornéen, puis revenir en arrière et pénétrer dans la sclérotique près du pôle postérieur de l'œil.
Systématisation. {Résumé.) — Le ganglion ophtalmique, ses racines et ses branches forment un tout complexe à la constitution duquel prennent part des fibres de valeur et de signification bien différentes. Bien qu'il s'agisse là de notions ordinairement rejetées du cadre des traités d'anatomie, je crois utile d'indiquer brièvement ici la constitution ou plus exactement la systématisation du ganglion ophtalmique et de ses branches (').
1) La racine fournie par le moteur oculaire commun apporte au ganglion ophtalmique deux ordres de fibres; les premières provoquent la constriction de l'iris (fibres irido-constrictives), les deuxièmes amènent la constriction du muscle ciliaire (fibres accommodatrices). Les unes comme les autres ont leur neurone d'origine dans les centres antérieurs du noyau pédonculaire de la 3" paire. (Voy. page 512.)
2) La racine nasale du ganglion ophtalmique contient deux sortes de fibres. Ce sont : 1" des fibres sensitives, centripètes, qui donnent la sensibilité à la cornée; 2° des fibres sympathiques, centrifuges; celles-ci comprennent : a) des fibres irido-dilatatrices; b) des fibres relâchant le muscle ciliaire; c) des fibres vaso-dilatatrices pour la rétine. Fait remarquable, toutes ces fibres dont le rôle physiologique est si différent suivent un trajet sensiblement identique pour arriver à la racine nasale du ganglion ophtalmique (François- Franck, Dastre, Morat, Doyon). Venues de la partie inférieure de la moelle cervicale ou de la partie supérieure de la moelle dorsale, elles montent dans le cordon du sympathique cervicalo traversent le ganglion cervical supérieur et arrivent au ganglion de Casser par les anastomoses qui unissent ce dernier au plexus caverneux*. Elles sont rejointes à ce niveau