I. Pour plus de détails
Traités de physiologie.
par des fibres de même valeur, d'origine bulljaire. Elles passent alors dans l'ophtalmique et arrivent au ganglion par sa racine nasale.
3) La racine sympathique contient : a) les fibres vaso-constrictives de l'œil; b) les fibres vaso-dilatatrices du segment antérieur de l'œil (iMorat et Doyon).
Les fibres qui donnent à la cornée sa sensibilité doivent traverser le ganglion sans s'interrompre. Il n'en est pas de même des autres fibres constituantes des racines qui se terminent probablement dans le ganglion par des arborisations libres. Pour les fibres du moteur oculaire commun, cet arrêt dans le ganglion ciliaire a été rigoureusement démontré par Apolant; cet auteur, après section de la 3'= paire n'a point trouvé de fibres dégénérées dans les nerfs ciliaires. Il est vraisemblable que chacune des fibres qui se termine dans le ganglion s'articule avec plusieurs neurones; les nerfs ciliaires contiennent en effet beaucoup plus de fibres que les racines du ganglion.
Cette systématisation du ganglion ophtalmique et de ses branches peut se résumer dans le tableau suivant :
Ganglion ophtalmique.
„., j ., ., .,.,, , , , I Ne s'interrompent pas dans le
Fibres dormant la sensibilité a la cornée. I ,. ^ *
\ ganglion.
Racine nasale. { Fibres irido-dilatatrices
Fibres relâchant le muscle ciliaire. .
Fibres vaso-dilatatrices de la rétine. .
Racine du i Fibres accommodatrices \ S'interrompent dans le gan-
moteur oculaire. | Fibres irido-constrictives / glion.
„ • i Fibres vaso-constriclives de l'œil . . .
Racine i „., ii ^ ^ • ^ *
., . {Fibres vaso-dilatatrices du segment an-
sympathique. ] , . ■ ■ i. i
•^ ^ ^ I teneur de 1 œil.
GANGLION SPHÉNO-PALATIN
Syn. : Ganglion nasal, g. rhinicum, g. de Meckel.
Le ganglion sphéno-palatin a été découvert par Meckel en 1749. On le représente habituellement comme un nodule arrondi, occupant la pai'tie moyenne de Farrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire et appendu par deux ou trois filets assez grêles au nerf maxillaire supérieur. Tout est à reprendre dans cette description : fonne, situation, rapports.
A la réunion des anatomistes tenue à Paris en janvier 1899, M. Poirier a donné une descrijotion du ganglion plus conforme à la réalité ; nous avons pu en vérifier l'exactitude sur les pièces présentées par notre maître et sur nos préparations personnelles.
La forme du ganglion est le plus souvent celle d'un cône dont l'axe se dirige d'arrière en avant ; ce cône est légèrement aplati dans le sens transversal ; son sommet se continue sans ligne de démarcation bien nette avec le nerf vidien.
Sa situation est la suivante: il est logé dans la niche osseuse que forme l'extrémité antérieure, évasée, du canal vidien. Placé dans cette anfractuosité sur la paroi postérieure de la région, et accolé au squelette, il laisse libre la
1. Chez le chien, il existe un rameau anastom'olique direct entre les deux ganglions : le rameau cervico-gassérien.
2. Cette systématisation des fibres qui aboutissent au ganglion ophtalmique résume les recherches de Vulpian, F. Franck, Dastre, Morat, Doyon, etc.; c'est elle que l'on trouve indiquée dans la plupart de nos traités classiques de physiologie. Sans entrer dans des discussions qui n'ont pas leur place ici, il importe cependant de remarquer que certains physiologistes décrivent autrement la composition des racines du ganglion ophtalmique. C'est ainsi, par exemple, que d'après Elinson (Travaux du laboratoire de l'université de Kazan, 1876), les vasomoteurs de la rétine passaient, non seulement par la racine nasale, mais encore par la racine courte et ta racine dite sympathique.
NERFS CRANIE?^S. 917
partie antérieure de l'arrière-fond, partie qui est occupée par le segment terminal flexueux de l'artère maxillaire interne.
Envisagé au point de vue de ses rapports avec le nerf maxillaire supérieur, le ganglion sphéno-palatin présente les particularités suivantes. Tout d'abord, il n'est pas placé comme le montrent la plupart des figures, immédiatement au-dessous de ce nerf, mais à plusieurs millimètres en dedans. Il est aisé de s'en rendre compte, lorsqu'on examine de face la paroi postérieure de la fosse ptérygo-maxillaire (Voy. Ostéologie, fîg. 450). On constate alors que l'orifice antérieur du canal vidien, en regard duquel est placé le ganglion, est beaucoup plus interne que le canal ,, ...
1 T- , A*, indien.
srrand rond. Il n'est point ^ - ' — "^^-^-■-''
suspendu au nerf maxillaire ^""^^^^^^ --'' !^rT^ a^ sph paiat
supérieur par deux ou trois ^i^\ =;yr-^ —-^'S g. sph. paiat
filets plus ou moins grêles,
mais par un véritable plexus
sur lequel se détache le nerf }^^ ^ , , , .'■'"^ , . , ,•
^ ^, , FiG. 520. — Schéma du ganglion spheno-palatin.
spnéno-palatin. C est sur- D'après Poirier.
tout par l'intermédiaire du
nerf sphéno-palatin que le ganglion est rattaché au maxillaire supérieur. Ce nerf sphéno-palatin affecte par rapport au ganglion deux dispositions principales. Tantôt il passe en avant de la base du ganglion (type I, fig. 526); tantôt il croise sa face externe (type II, fig. 526). Dans l'un et l'autre cas, la majeure partie de ses fibres n'offrent avec le ganglion de Meckel que des rapports de contiguïté. Jamais nous n'avons vu le nerf sphéno-palatin naître de la partie inférieure du ganglion comme on le décrit et représente dans nos classiques. Un certain nombre des fibres de ce nerf se terminent cependant dans le ganghon; nous avons vu (page 817) qu'elles s'isolaient souvent en plusieurs filets qui s'anastomosaient entre eux, formant ainsi un plexus supra-ganglionnaire.
Le ganglion sphéno-palatin possède des rameaux afférents ou racines et des rameaux efféî'ents.
Rameaux afférents ou racines. — Les rameaux afférents du ganglion sphéno-palatin comprennent : 1'^ le nerf vidien ; 2" les fibres que le nerf sphénopalatin abandonne au ganglion au moment où il le croise.
1" Neuf vidien. — Le nerf vidien est formé par la réunion de .3 rameaux : le grand nerf pétreux superficiel, le grand nerf pétreux profond et un filet sympathique émané du plexus carotidien.
a) Le grand nerf pétreux superficiel se détache, comme nous l'avons vu en étudiant le facial, delà partie intra-pétreuse, au niveau du ganglion géniculé ; comme le montre bien le schéma de la figure 475, il ne paraît présenter avec ce ganglion que des rapports de contiguïté. Dès son origine, il se porte en avant et en dedans, en cheminant dans un canal spécial qui le conduit sur la face endocrânienne antérieure de la pyramide pétreuse. Il dé])ouche dans le crâne par un orifice qui porte le nom de hiatus de Fallope (voy. Ostéologie, page 453). A ce niveau, il est rejoint par le grand nerf pétreux profond.
b) Le graml nerf pétreux profond représente une des six branches termi-
nales du nerf de Jacobson. Né de la partie intra-tympanique de ce nerf, il sort de la caisse et s'engage dans un canal qui l'amène sur la face endocrânienne antérieure du rocher, à côté du grand nerf pétreux superficiel avec lequel il se fusionne.
c) Le troisième rameau d'origine du nerf vidien est un filet sympatJtique qui se détache du plexus péricarotidien, au niveau de la portion horizontale du canal carotidien. Il perfore la paroi antéro-supérieure osseuse ou fd3reuse de cette portion du canal et vient rejoindre le tronc formé par la fusion des deux nerfs précédents.
La réunion de ces trois filets forme le nerf vidien. Celui-ci traverse le trousseau fibreux qui obture le trou déchiré antérieur; il arrive ainsi jusqu'à l'orifice postérieur du canal vidien; il parcourt ensuite ce conduit d'arrière en avant; à
, N. lacryin.
...-!.,?•■. —â-- Gl. lacrym.
'-^/ Aro.orbit. iac . . . N. temp. mal.
N. max. sup.
Fibres vaso-dilatatrices.
Fibres secrétoires.
■ - Fibres des muscles du voile.
N. palatins.
Ophlalm.
R. du plex. carot.
G.n.pétr. sup. __ .
P.n.pétr.prof.
Corde iymp.
G. d'Andersh
FiG. 527. — Schéma de la constitution des nerfs afférents et efférents du ganglion sphéno-palatin.
côté de lui chemine l'artère vidienne, branche de la maxillaire interne, et un plexus veineux. Au moment oii il va déboucher dans la fosse ptéry go-maxillaire, il rencontre le ganglion sphéno-palatin dans le sommet duquel il paraît se terminer.
2° Fibres du nerf sphéno-palatin. — Au moment oii le nerf sphéno-palatin côtoie le ganglion de Meckel, il lui abandonne quelques-unes de ses fibres. Nous venons de voir qu'il est fréquent de voir ces fibres s'isoler du tronc sphéno-palatin et former un ou plusieurs filets indépendants qui s'anastomosent entre eux ; ils constituent ainsi une sorte de plexus, qui relie le bord supérieur du ganglion au nerf maxillaire supérieur. (Voy. fig. 526.)
Rameaux efférents. — Le ganglion sphéno-palatin ne possède pas de rameaux efférents anatomiquement isolés ; il se borne à envoyer des fibres en quantité plus ou moins grande aux nerfs que nous avons décrits comme les branches terminales du nerf sphéno-palatin, c'est-à-dire aux nerfs nasaux supérieurs, au nerf naso-palatin, aux 3 nerfs palatins et aux rameaux orbitaires.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer, il est absolument contraire à la réalité de décrire ces nerfs comme émanant du ganglion sphéno-palatin. La plus
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grande partie de leurs fibres constituantes leur viennent directement du nerf maxillaire supérieur. Nos dissections et nos examens histologiques ne nous ont laissé aucun doute sur ce point.
Branches anormales. — Le ganglion sphéno-palatin peut envoyer un filet anastomotique 1' au ganglion ciliaire (Tiedemann, Arnold, Valentin), l'existence de ce filet est niée par Hyrtl ; 2" au moteur oculaire externe (Beck, Valentin).
Systématisation. (Résumé.) — La systématisation du ganglion sphéno-palatin est moins bien connue que celle du ganglion ophtalmique. Voici les notions généralement admises aujourd'hui.
1) Le nerf vidien apporterait au ganglion deux ordres de fibres : a) les premières, destinées aux muscles du voile du palais, viennent du facial ; fibres cérébro-spinales, innervant des muscles striés, elles traversent le ganglion sans subir dans ce dernier une interruption cellulaire et passent directement dans le nerf palatin postérieur. — 6) Les deuxièmes sont des fibres sécréloires; comme les précédentes, elles viennent du facial, mais elles se terminent dans le ganglion et s'articulent là avec un deuxième neurone qui les prolonge jusqu'à leur territoire terminal; parmi ces fibres, les unes se rendent aux glandes des fosses nasales ou du voile du palais en suivant les nerfs nasaux, le nerf naso-palatin ou les nerfs palatins; les autres passent dans le nerf sphéno-palatin, remontent ainsi jusque dans le nerf maxillaire supérieur, puis suivent l'arcade orbito-lacrymale pour aboutir à la glande lacrymale (Voy. Laffay, th. de Bordeaux, 1896)
2) Les fibres que le nerf sphéno-palatin abandonne au ganglion sphéno-palatin paraissent être pour la plupart des fibres vaso-dilatatrices, dont les unes viennent du bulbe et dont les autres sont apportées à la 5* paire par les anastomoses qui unissent le ganghon de <3asser au ganglion cervical supérieur.
Après avoir subi dans le ganglion une interruption cellulaire, ces fibres se divisent en deux groupes : a) les unes s'engagent dans les branches terminales du nerf sphéno-palatin, au territoire duquel elles vont se distribuer; 6) les autres passent dans le vidien et arrivent au facial par le grand nerf pétreux superficiel; elles gagnent ensuite la corde du tympan et vont former les fibres vaso-dilatatrices des glandes sous-maxillaire et sublinguale. (Jolyet et Laffont). Remarquons cependant que d'après Morat et Doyon ces fibres vaso-dilatatrices appartiendraient au facial qui les posséderait dès son émergence du bulbe.
On peut résumer la systématisation du ganglion de Meckel de la façon suivante :
Ganglion, sphéno-palatin.
/ Fibres motrices pour les muscles du voile du pa- î Ne s'interrompent pas I lais ) dans le ganglion.
Nerf vidien. { ^Glandes du voile du palais et des\
Fibres ) j^gg^g nasales
secretoires. J ^, , , , S
\ Glande lacrymale F ,,.