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BRANCHES ANTERIEURES DES NERFS RACHIDIENS

Caractères généraux. — Les branches antérieiu-es ou ventrales des nerfs rachidiens se distribuent à la peau et à la musculature de toute la région antéro-latérale du cou et du tronc, ainsi qu'à la totalité des muscles et du revêtement cutané des membres. Toutefois, au niveau de la partie antéro-supérieure du cou (région sus-hyoïdienne), l'innervation sensitive appartient bien, aux premières paires rachidiennes, mais les muscles sous-jacents reçoivent leurs fibres motrices des deux derniers nerfs crâniens, le spinal et l'hypoglosse.

Le diamètre des branches antérieures, à part quelques rares exceptions, l'emporte de beaucoup sur celui des branches postérieures, ce qui a permis à certains auteurs de considérer ces dernières comme de simples rameaux du nerf rachidien, dont le tronc serait représenté par la branche antérieure. Dans l'ensemble, l'épaisseur des branches antérieures augmente de la 1'^ cervicale à la i''^ dorsale, puis diminue brusquement dans la région thoracique, pour s'accroître régulièrement de la 1™ lombaire à la 1"^ sacrée, et s'abaisser de nouveau de la l''' sacrée à la 1"^ coccygienne, de sorte que les nerfs les plus grêles se trouvent ainsi occuper les deux extrémités de la colonne vertébrale.

De tous les nerfs rachidiens, les nerfs thoraciques ou intercostaux ont seuls conservé nettement le caractère métamérique, ceux des autres régions se sont entrelacés et unis en plexus, surtout compliqués au niveau des membres : aussi n'est-ii pas possible de donner une description générale des branches antérieures. Nous avons exposé précédemment (page 940) les tentatives faites pour homologuer les nerfs des plexus aux nerfs thoraciques, et l'on a pu voir, par les diverses opinions que les auteurs professent à ce sujet, toutes les difficultés que soulève cette question. Nous rappellerons cependant qu'un caractère constant de toutes les branches antérieures, marque indéniable d'une disposition segmentaire primitive, réside en ce que chacune d'elles donne toujours un rameau pour le sympathique (rameau communicant), et une petite branche pour le squelette rachidien (nerf sinu-vertébral).

On compte, au point de vue descriptif, quatre plexus groupés deux à deux. Ce sont, pour le cou et pour le membre supérieur : le plexus cervical et le plexus brachial, dont l'ensemble constitue le plexus cervico-brachial ; pour le bassin et pour le membre inférieur : le plexus lombaire et le plexus sacré dont la réunion forme le plexus lombo-sacré. Le plexus cervical est relativement simple; quant aux autres, ils ont acquis, par suite de l'évolution des membres, une complexité telle qu'il est impossible de les ramener à une description typique. Les plexus étant unis deux à deux par un rameau anastomotique, il on résulte que les branches antérieures, sauf au niveau du thorax, forment une série ininterrompue dont chaque terme est en relation avec le terme qui précède et avec celui qui suit. Les deux premières branches du plexus cervical sont également anastomosées avec les derniers nerfs crâniens, ce qui conduit à penser que, si phylogéniquement on peut assimiler le spinal et l'hypoglosse aux branches antéi-ieures des nerfs rachidiens à peine modifiées, nerfs crâniens et nerfs rachidiens ont une commune origine, sont construits sur le

même type, celui du nerf segmentaire, et ont été rendus solidaires par des fonctions de même nature. Les relations des deux premières paires cervicales avec l'hypoglosse sont même plus intimes que celles de deux nerfs intercostaux quelconques.

La disposition générale des branches antérieures nous permet de les ranger en trois groupes principaux, dont deux sont caractérisés par l'union de ces branches en plexus, tandis que dans le troisième chaque branche a un trajet isolé. Ce sont :

A. Le plexus cervico-bracJiial ;

B. Les nerfs intercostaux ;

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