DISTRIBUTION GÉNÉRALE DES NERFS DU PLEXUS BRACHIAL
Le plexus brachial fournit deux sortes de nerfs : 1° des nerfs moteurs destinés les uns aux muscles volontaires, les autres aux parois des vaisseaux; 2° des nerfs sensitifs qui proviennent soit de la peau, soit du système squelettique (os ou articulations). Nous rappellerons rapidement l'origine et la distribution de chacune de ces variétés de nerfs.
1° Nerfs moteurs. — a) Nerfs des muscles striés. — Dans la région de la ceinture scapulaire, il existe un nerf pour chaque muscle, et, à l'exception du circonflexe, ces nerfs sont exclusivement moteurs. Le nerf axillaire est le nerf du muscle extenseur ou abducteur du bras, d'autres nerfs se rendent à des muscles fléchisseurs parmi lesquels le grand pectoral qui est en même temps adducteur, quelques-uns enfin comme les nerfs des muscles s'insérant aux tubérosités de l'humérus, agissent sur les muscles adducteurs et rotateurs du membre supérieur. Dans le membre supérieur, la disposition des territoires musculaires est très simple : la région dorsale du bras, la région dorsale et la région externe de l'avant-bras dépendent d'un seul nerf, le radial qui commande à la fois aux mouvements d'extension et de supination. Les territoires antérieurs, composés de muscles fléchisseurs et pronateurs, sont innervés par trois troncs nerveux : le musculo-cutané, le médian et le cubital, qui, nettement, distincts chez l'homme, sont fusionnés en partie ou en totalité chez certains mammifères (ruminants, rongeurs, etc.). Les fonctions auxquelles répondent ces nerfs sont d'ailleurs solidaires les unes des autres chez la plupart des mammifères, et c'est seulement chez l'homme que, certaines d'entre elles (opposition du pouce, flexion de la main sur le bord radial ou cubital, etc.) ayant acquis une importance plus considérable, il s'est produit une différenciation plus complète dans les voies de conduction, indice d'une séparation plus complète aussi dans les groupes cellulaires de la moelle, que l'expérimentation et la pathologie commencent à démontrer.
b) Nerfs vaso-moteurs. — Nous avons eu l'occasion de signaler à plusieurs reprises l'existence d'un certain nombre de filets nerveux qui se portent sur les parois des artères, autour desquelles ils forment de riches plexus dont se détachent les nerfs vaso-moteurs proprement dits. Il est démontré, par l'expérimentation, que les actions vaso-motrices sont sous la dépendance du système sympathique, mais on ne peut constater la présence de filets sympathiques distincts qu'à la racine du membre, puisque partout ailleurs les nerfs vaso-moteurs sont intimement fusionnés avec les nerfs mixtes ou avec leurs branches de division. Les fibres constitutives des nerfs vaso-moteurs proviennent, par l'intermédiaire des rameaux communicants, de la moelle épinière dans laquelle l'existence des centres vaso-constricteurs ou vaso-dilatateurs n'est plus contestée aujourd'hui. En outre, dans l'état actuel de nos connaissances, il est nécessaire
NERFS RACHIDIENS.
M. eut.
Br. eut.
int.
Rad.
Méd.
d'admettre que les nerfs vaso-moteurs sont des nerfs mixtes contenant à la fois des fibres motrices et des fibres sensitives. En effet, la méthode au bleu de méthylène a montré qu'il y avait au contact de l'endothélium vasculaire des terminaisons que nous devons considérer comme étant de nature sensitive (Voy. Généralités sur le système grand sympathique).
2° Nerfs sensitifs. — Ce sont manifestement les plus étendus, et peut-être les plus nombreux, puisqu'ils doivent renseigner les centres sur l'état de nos organes et du monde extérieur. Nous ne retiendrons que les deux catégories les plus importantes au point de vue pratique : a) les nerfs cutanés ; b) les nerfs articulaires.
a) Nerfs cutanés. — La racine du membre supérieur est innervée au point de vue sensitif, en avant par les nerfs sus-claviculaires, en arrière par les branches postérieures des nerfs cervicaux et dorsaux; une seule branche de la ceinture scapulaire, le circonflexe, se ramifie dans la peau du moignon de l'épaule. Quant aux téguments du membre supérieur ils sont tributaires des nerfs longs du plexus brachial. Toutefois la région interne et supérieure du bras, et la base du creux de l'aisselle, reçoivent des fibres sensitives de la perforante latérale du 2^ et quelquefois du 3*^ nerf intercostal. Nous n'entrerons pas dans la
description des zones cutanées dont il est très facile de se rendre compte en examinant les figures 565 et 567, dont la première représente la partie contributive de chaque nerf et la seconde celle de chaque racine rachidienne dans l'innervation sensitive du membre supérieur. Nous insisterons, néanmoins, sur
Cuba.
Méd.
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FiG. 565. — Territoires cutanés du membre supérieur. Schéma.
A gauche la face antérieure, à droite la face postérieure.
Les hachures grises indiquent le territoire du nerf circonflexe, la teinte plate grise celui du médian, le rouge celui du radial, le bleu celui du cubital. — Les territoires du musculo-cutané, du brachial cutané interne et de son accessoire sont réservés en blanc. — Les points en noir représentent les lieux d'élection pour l'excitation électrique.
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ce fait que les territoires empiètent les uns sur les autres, et que chacun d'eux reçoit ses fibres de plusieurs racines parmi lesquelles existe peut-être une racine prédominante; ces particularités ont été négligées pour ne pas trop compliquer le dessin. On verra que les
territoires les plus / ^'. c^
rapprochés du tronc sont innervés par les racines les plus élevées du plexus, et que les plus éloignés des centres sont tributaires des racines les moins élevées :
le bord radial correspond au côté / / \\ï proximal et aux racines les plus supérieures (Voy. Généralités, p. 943).
Ainsi l'épaule, racine du membre, est innervée par les rameaux sus-scapulaires du plexus cervical dont les fibres radiculaires passent parles 3'= et 4« paires cervicales C, et C4, et par le circonflexe G- et Gg ; le bord externe ou proximal du bras reçoit son innervation sensitive de plusieurs nerfs dont les racines viennent de Gg, G7 et G distal se répandent les filets du brachial cutané interne et de son accessoire, Gg, Dj. A l'avant-bras le bord radial ou proximal est innervé par le musculocutané G- et Gg ; la face postérieure par le radial Gg, G^, Gg ; le bord cubital ou distal par le brachial cutané Gg, Dj. La main reçoit à la face dorsale des fdets du radial Gg et G,, et du cubital Gg ; à la face palmaire des rameaux du médian G^, Gg, D^ et du cubital Gg et D^. Le membre supérieur peut donc être considéré, au point de vue de la distribution sensitive, comme formant un champ continu dont la main représenterait la partie moyenne, puisque cette dernière est innervée surtout par Gg, G^ et Gg intermédiaires entre G^ et
FiG. 566. — Distribution des racines rachidiennes à la face antérieure du membre supérieur. — D'après Thorburn.
Figure schématique montrant le parallélisme des champs radiculaires.
cs
cf
Fig". 567. — Distribution radiculaire des nerfs du plexus brachial au membre supérieur. — Schéma d'après les données de Head, de Thorburn, de Starr, etc.
tandis que sur le bord interne ou
NERFS RACHIDIENS.
C=; qui fournissent à la partie externe ou proximale et D, et D2 qui se distribuent à la région interne ou distale de la racine du membre. C'est ce que montre très bien la figure 566 empruntée à Thorburn.
b) Nerfs articulaires. — A cause de leur importance pratique dans les affections articulaires, nous croyons devoir présenter, sous forme de tableau, une vue d'ensemble des nerfs* articulaires.
1° Articulation de l'épaule
Région postérieure Nerf sus-scapulaire.
— antérieure Nerf circonflexe.
2" Articulation du coude
( Partie supérieure. Filetdunerf du brachial an ter. Musculo-cut. Région antéro-externe. .j moyenne.. — — du long supinateur. Radial. { — inférieure . — d'un rameau accessoire , Radial.
Région antéro-interne. . j Partie supérieure. Filet distinct du . Médian.
( — intérieure. — dunerf durondpronat. . Médian.
Région postéro- externe. \ ^"'^'^ supérieure. Filet d'un ram. du vaste ext, . Radiai. ( — inférieure . — distinct du Cubital.
Région postéro-interne. . j Partie supérieure. Filet distinct du Cubital.
( — intérieure — distinct du Cubital.
3° Articulations du poignet
Région antérieure. . . . Filets du nerf interosseux antérieur Médian,
— postérieure.. . . — — postérieur . Radial.
4° Articulations du carpe Région antérieure. . . . Filets de la branche profonde du Cubital.
— postérieure.. . . — du nerf interosseux postérieur Radial.
5° Articulations des doigts A. — Articulations métacarpo-phalangiennes.
Réo-ion antérieure \ ^^^^^^ ^^^ collatéraux palmaires des doigts.
^ . . . . ^ Rameaux de la branche profonde du cubital.
... ( Filets des collatéraux dorsaux des doigts,
postérieure • • • Wt <■ • * j . 11
( Nerfs interosseux dorsaux du radial.
B. — Articulations de la 1'° et de la 2' phalange. Région antérieure. . . . Filets des collatéraux palmaires.
— • postérieure ... — des collatéraux dorsaux et palmaires.
C. — Articulations de la 2' et de la 3° phalange. Région antérieure. . . . Filets des collatéraux palmaires.
— postérieure ... — des rameaux dorsaux des collatéraux palmaires,
sauf pour les deux doigts extrêmes.
Remarque. — En général, les articulations reçoivent l'innervation des mêmes troncs que les muscles qui les font mouvoir ; les nerfs articulaires sont plus nombreux et plus forts du côté de la flexion que du côté de l'extension.
Constitution radiculaire des nerfs du plexus brachial.
Dans les schémas qui ont trait à la constitution radiculaire du plexus brachial, et dans les tableaux que nous allons présenter sur ce sujet, nous nous proposons surtout d'établir une moyenne entre des résultats, quelquefois très différents, auxquels des observateurs du plus grand mérite sont parvenus par des méthodes diverses. Si nous avons tenu grand compte des données acquises, grâce à, l'étude macroscopique des plexus par les anatomistes du commencées.
ment de ce siècle, Sœmmering, Scarpa, Kronenberg, etc., cq^ifirmées depuis par les minutieuses dissections d'Herringham (1886), nous n'avons pas négligé les conclusions que l'expérimentation, entre les mains de Ferrier et Yfio, de Forgues, de Russel, de Sherrington, etc., a permis de foi-muler. Mais nous nous sommes surtout attachés, pour trancher les discordances de détails, aux résultats obtenus chez l'homme par la méthode anatomo-clinique. Aussi ce sont les nombreuses observations de l'école de la Salpêtrière, de Gowers, de Head, de Thorburn, d'Edinger, d'Allen Starr, etc., que nous avons essayé de schématiser et de synthétiser pour arriver à la constitution radiculaire du plexus brachial, tant au point de vue des fibres sensitives que des fibres motrices.
Comme pour le plexus cervical nous donnerons deux tableaux, l'un établissant la distribution de chaque racine dans les différents nerfs, l'autre indiquant la constitution radiculaire de chaque nerf. Lorsqu'une racine n'est pas signalée comme constante par tous les auteurs que nous avons consultés, nous avons fait suivre son indication d'un point d'interrogation. Les schémas 568-569 permettront de se rendre compte très rapidement de la distribution des racines rachidiennes et du mode de constitution du plexus brachial.
Tableau de la distribution des racines rachidiennes du plexus brachial entre les différents nerfs de ce plexus.
INNERVATION JIOTRICE