‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 325 sur 368 · FOR.MK HAUTE NORMALE FORME BASSE · texte numérisé non relu

FOR.MK HAUTE NORMALE FORME BASSE

Sciatique poplité externe^ r r S H 1 L~ S, L,, S.,. S,, S.„ £4(85).

(région dorsale) . . . .\ ^3. 1^4- -1 v ^^y o 1 . -

Sciatique poplité interne g . ^ g^ (g , S^^ Lg, S., (S3). S„ S„ Lg, Sg (S,).

(région ventrale) . . . ) ^' ^ " '

Les chiffres sont disposés d'après la quantité décroissante des fibres que reçoit chaque nerf, les parenthèses indiquent que les racines correspondantes sont inconstantes ou rares.

POIRIER ET ClIARPY. — III. ' "

Trajet et rapports. — Le grand nei"f sciatique, émanant du plexus sacré, présente les mêmes rapports que celui-ci dans la cavité pelvienne; aussi les paralysies du sciatique consécutives aux accouchements laborieux, les névralgies sciatiques dans les cancers du rectum ou de l'utérus, s'expliquent par la compression du plexus ou des racines du nerf. Le grand nerf sciatique commence à la grande échancrure sciatique ; de là, il descend à la face postérieure de la fesse, puis de la cuisse, jusqu'à la partie supérieure du creux poplité où il se divise en ses deux branches terminales : le sciatique poplité externe et le sciatique poplité interne qui, comme lui, sont des nerfs mixtes. Nous aurons donc à étudier les rapports du grand nerf sciatique : 1'' à sa sortie du bassin ; 2° à la région fessière; 3° à la face postérieure de la cuisse.

1° A la sortie du bassin. — Le sciatique quitte la cavité pelvienne à la partie inférieure de la grande échancrure; à son émergence, il se présente sous une forme rubanée et repose sur l'épine sciatique dont le séparent les insertions du jumeau supérieur et du petit ligament sacro-sciatique. Il aborde la région fessière profonde au-dessous du pyramidal, au-dessus du jumeau supérieur, en dehors des vaisseaux honteux internes et de l'ai'tère iscliiatique (Voy. Angéiol., page 801), et en dedans du nerf fessier inférieur; le nerf cutané postérieur de la cuisse se place entre lui et le bord inférieur du pyramidal.

2" A la région fessière. — Le sciatique descend alors verticalement dans la gouttière comprise entre la saillie postérieure du grand trochanter, et la tubérosité iscliiatique (point trochantérien de la névralgie). La position exacte du nerf par rapport à ces deux saillies osseuses varie avec les auteurs. D'après Henle, d'après Schwalbe et d'après la plupart des classiques étrangers, il occuperait exactement le fond de cette gouttière, à égale distance du trochanter et de l'ischion. Sappey l'a trouvé plus rapproché de la tubérosité iscliiatique que du grand trochanter, lorsque le membre inférieur occupe la position intermédiaire entre la rotation interne et la rotation externe. Il est évident que les rapports du sciatique avec les surfaces osse^ises se modifient avec les déplacements de la cuisse sur le bassin, mais la position indiquée par Sappey est exacte, comme nous avons pu nous en rendre compte à maintes reprises. Cruveilhier a, du reste, donné un repère précis sur le squelette : le nerf longe le côté externe de la tubérosité iscliiatique qui le protège dans les chutes sur le siège, et répond à la rainure nettement accusée qui sépare cette saillie du rebord cotyloïdien. A la fesse, le sciatique repose par sa face antérieure sur les deux jumeaux, sur le tendon de l'obturateur interne, et sur le carré crural dont il croise à angle droit la direction des fibres. Il longe en dehors l'artère iscliiatique qui lui envoie de distance en distance de petites artérioles ou quelquefois une branche plus volumineuse désignée sous le nom d'artère du nerf sciatique. En arrière il est recouvert par la moitié inférieure du grand fessier, dont il est séparé par le nerf cutané postérieur de la cuisse. Le nerf sciatique, . qui se présentait à sa sortie du bassin sous l'aspect d'une laine aplatie, a pris une Forme nettement cylindrique à la partie inférieure de la fesse.

3" .1 la région j)ostérieure de la cuisse. — En passant de la i-égion fessière dans la région postérieure de la cuisse, le sciatique se dirige un peu en dehors. Il occupe alors exactement le milieu du pli fessier oi^i il est relativement super-

NERFS RAGHIDIENS.

ficiel, et répond à l'espace compris entre le bord externe du biceps et le bord interne du tendon du grand fessier.: c'est le point le plus facile à atteindre pour l'excitation électrique.

]:>'abord situé en arrière de la partie supérieure du grand adducteur, et en dehors du tendon ischiatique du biceps, le nerf sciatique se place en avant de

AH. îsch.

PelU se. .

Isch.

Gt\ n. sciai.

V pei'f. .

• Cire. ini.

Perfor.

Fem. prof.

-- Perfor.

FiG. 582. — Arlères et veines du nerf scialique. D'après une injection sur un enfant.

ce tendon, et correspond dès lors à la ligne âpre du fémur dont il est séparé en dedans par les insertions du grand adducteur, et en dehors par celles du vaste externe d'abord et de la courte portion du biceps ensuite. Il descend ainsi dans l'angle dièdre formé par ces divers muscles, recouvert par la longue ])ortion du biceps qui le croise de dedans en dehors, et atteint l'extrémité supérieure du losange poplité où il apparaît entre le tendon inférieur du biceps en dehors, et celui du demi-tendineux en dedans; en arrière, il est caché par le bord externe du demi-membraneux. C'est, en général, dans l'angle formé par le biceps et par le demi-tendineux, alors c[u'il n'est plus séparé de la peau que

par quelques pelotons adipeux et j^ar l'aponévrose fémorale, qu'il se divise en ses deux branches terminales. Dans la dernière partie de son trajet, le sciatique est souvent accompagné par des veines qui peuvent être variqueuses et devenir la cause de névralgies rebelles, et par un rameau artériel quelquefois volumineux, l'artère du nerf sciatique que Hyrtl a vu s'anastomoser avec la poplitée. Lorsque l'artère iscbiatique est très grêle, le nerf reçoit quelques artérioles venues des perforantes de la fémorale profonde et qui s'anastomosent en anse sur le bord interne du nerf (Voy. fîg. 582).

Distribution. — Nous venons de voir que le sciatique se divise en ses deux branches terminales à la partie supérieure du losange poplité. Dans 15 à 20 pour 100 des cas (Eisler), cette division existe dès l'origine; alors le sciatique poplité externe passe entre les deux chefs principaux du pyramidal, tandis que le poplité interne apparaît au-dessous' de ce muscle. On peut voir quelquefois les deux nerfs perforer isolément le pyramidal, et cheminer indépendamment l'un de l'autre, ou s'unir sur une certaine étendue pour se séparer ensuite à un niveau variable suivant les sujets. Sans nous occuper davantage des observations ayant trait à la division précoce du sciatique dont les plus intéressantes ont été rappelées et groupées par Mouret (Montp. mécL, 1893) à propos de quelques faits personnels, nous ferons observer que dans de pareils cas toutes les collatérales, sauf le nei-f de la courte portion du biceps et un petit filet articulaire, proviennent du sciatique poplité interne, qui est presque toujours la plus volumineuse des deux branches nerveuses à leur sortie du bassin.

Ces faits étant connus, nous allons étudier successivement : a) les branches collatérales, et 6) les branches terminales du grand nerf sciatique.

A. Branches collatérales. — Ces branches, destinées aux muscles de la face postérieure de la cuisse, sont au nombre de six : 1° le nerf supérieur du demi-tendineux; 2° le nerf de la longue portion du biceps; 3" le nerf inférieur du demi-tendineux ; 4" le nerf du demi-membraneux et du grand adducteur ; 5° le nerf de la courte portion du biceps; 6" le rameau articulaire du genou. Parmi ces nerfs, les quatre premiers sont fournis par le sciatique poplité interne, et les deux autres par le poplité externe, comme on le voit dans les cas de division précoce du sciatique.

1" Nerf supérieur du demi-tendineux. — Aussitôt après avoir croisé la tubérosité ischiatique, et avant de s'enfoncer sous le tendon du biceps, le nerf sciatique donne un rameau assez court qui se dirige en dedans, et s'enfonce dans le tendon commun du demi-tendineux et du biceps qu'il aborde par sa face antérieure. Certains filets nerveux sont encore visibles vers l'extrémité inférieure du demi-tendineux. Le nerf du demi-tendineux fournit souvent un filet, en général très grêle, pour la longue portion du biceps, dans la partie supérieure de laquelle il se perd ; dans quelques cas, ce filet peut être assez volumineux et représenter le nerf principal de ce muscle.

2° Nerf de la longue portion du biceps. — Ce nerf se détache du sciatique dans l'angle de séparation des tendons ischiatiques du biceps et du demi-tendineux; quelquefois il naît immédiatement au-dessous du précédent. Il descend en bas et en dehors par rapport au tronc du sciatique, et al)orde la longue portion du biceps vers le milieu de sa face antérieure ou profonde. A l'intérieur

NERFS RACHIDIENS.

Demi-i.

Demi-m.

Dami-t .

Se. p. inl.

/es s.

Biceps c. p.

du muscle, le nerf se subdivise en rameaux descendants, et en rameaux ascendants qui remontent jusque vers les insertions ischiatiques. Le volume de ces derniers varie en raison inverse de celui des filets fournis par le nerf supérieur du demi-tendineux.

3" Nerf inférieur du demi-tendineux. — Le plus souvent isolé, le nerf inférieur du demi-tendineux provient quelquefois d'un tronc commun avec le nerf de la longue portion du biceps ou avec celui du demi-membraneux. Il se dirige en bas et en dedans dans l'interstice qui sépare le demi-membraneux du demi-tendineux, et aborde ce dernier muscle en son milieu par sa face profonde ou par son bord externe. Il donne des rameaux récurrents très grêles, la partie supérieure du demi-tendineux étant innervée, comme nous l'avons vu, par un rameau spécial.

4" Nerf du demi-membraneux et du grand adducteur. — La manière dont se comporte ce nerf est essentiellement variable, et il est difficile de savoir quelle est la disposition normale. Tantôt, en effet, il existe deux nerfs destinés au demi-membraneux, et une branche distincte pour le grand adducteur; tantôt le nerf supérieur du demi-membraneux donne un rameau au grand adducteur ; tantôt enfin, et cela paraît être le cas le plus fréquent, on trouve un tronc unique d'où partent une branche pour le grand adducteur et un ou deux rameaux pour le demi-membraneux.

Le nerf du demi-membraneux descend directement en bas et un peu en dehors et s'enfonce

dans ce muscle à sa partie moyenne; lorsqu'il existe deux rameaux distincts, ils s'anastomosent presque toujours et chacun d'eux pénètre séparément dans le muscle par sa face interne. Le rameau du grand adducteur aborde ce muscle dans son tiers supérieur et tout près de ses insertions à la ligne âpre, quelquefois cependant il chemine de dehors en dedans entre le demi-tendineux et le grand adducteur, et vient s'étaler à la face postérieure de ce dernier.

D'après Cruveilhier, les quatre ou cinq nerfs précédents naissent toujours de

Saph. exl.

Biceps l.p.

FiG. 583. — Nerf sciatique à la cuisse. D'après Sappey modifié.

]a partie suj)éi'ieu.re du sciatique entre le carré crural et le tendon ischiatique du biceps, souvent inème par un tronc commun.

5" Nerf de la courte portion du biceps. — L'origine du nerf de la courte portion est essentiellement variable. Ce nerf peut naitre du sciatique sous le grand fessier, sous la longue portion du biceps, ou enfin vers la partie moyenne de la cuisse, lorsque le sciatique croise les insertions de la courte portion du i)iceps. Il se porte en deliors, et s'étale à la face postérieure de ce muscle, où on peut le suivre jusqu'à l'union de ses deux chefs.

B» Nerf articulaire supérieur du genou. — Signalé tout d'abord par Cruveilhier, ce nerf est décrit par les auteurs étrangers, et par Henle en particulier, sous le nom de nerf articulaire supérieur du genou, par opposition à un rameau articulaire inférieur que nous verrons se détacher du sciatique poplité interne. Ces deux nerfs existent concurremment, et il n'y a pas là une variation d'origine comme l'avait pensé Cruveilhier. Le nerf articulaire supérieur du genou naît tantôt isolément, tantôt du nerf de la courte portion du biceps. Il descend le long du bord interne de cette courte portion, passe devant le sciatique poplité externe, et gagne, au milieu du tissu graisseux du creux poplité, la face postéroexterne de l'articulation du genou. Dès qu'il atteint le condyle externe, il le contourne, s'insinue sous le tendon du biceps, et s'étale sur la face externe de la capsule articulaire. Quelques filets se distribuent au ligament latéral externe, d'autres peuvent être suivis jusqu'à la rotule.

Le nerf sciatique fournit encore vers le tiers supérieur de la cuisse un petit nerf osseux, découvert par Beck en 1846 sur le dromadaire, et;, retrouvé depuis chez l'homme. Eniin, lorsque le nerf cutané postérieur de la cuisse est très grêle, et s'épuise à la partie supérieure du losange poplité, le grand nerf sciatique donne un rameau cutané, nerf cutané postérieur moyen de la cuisse (Henle), qui traverse l'aponévrose et va innerver les téguments de la région postérieure de la jambe.

B) Branches terminales. — Des deux branches de division du grand nerf sciatique, l'une est destinée aux muscles et à la peau de la région antérieure et externe de la jambe et de la face dorsale du pied, c'est le sciatique poplité externe ; l'autre continue la direction du nerf primitif et se distribue à la partie postérieure de la jambe et à la face plantaire du pied, c'est le sciatique poplité interne.

Nous étudierons donc successivement et comme nerfs distincts : 1° le nerf sciatique poplité externe; 2" le nerf sciatique poplité interne.

1' Nerf sciatique poplité externe.

Syn. : Nerf péronier, Bock, Valentin, Henle, Schwalbe; nerf poplité externe, Quain; nerf sciatique poplité externe, CruveiUiier, Sappey 'et auteurs français; nervus peroneus communis, Anat. Nom.

Le nerf sciatique poplité externe, branche de bifurcation externe du grand nerf sciatique, se présente toujours avec un volume un peu moindre que celui du sciatique poplité interne.

Trajet et rapports. — Déjà isolé à la partie supérieure du creux poplité, ce nerf gagne directemoiit la région externe et inférieure du genou; il côtoie

NERFS RACIIIDIENS. 1121

le bord interne du biceps et s'accole à la face postérieure du jumeau externe qu'il contourne pour arriver en arrière de la tête du péroné. Il s'enroule alors autour du col de cet os, et parvient ainsi à la face externe de la jambe. Derrière la tête du péroné, il est séparé de la surface osseuse par l'insertion supérieure du soléaire, tandis que sur le col il est directement appliqué contre le périoste; c'est le point péronier de la névralgie sciatique, et c'est à ce niveau qu'il peut être emprisonné par le cal dans les fractures de la tête du péroné. A la région externe de la jambe, le sciatique poplité externe chemine entre les insertions supérieures du long péronier latéral, dans un canal musculo-fibreux à l'intérieur duquel il se divise en ses deux branches terminales.

Distribution. — Le sciatique poplité externe donne quatre branches collatérales et deux branches terminales, que nous allons examiner successivement.

A) Branches collatérales. — Ce sont de haut en bas : 1'^ le rameau articulaire du'genou ; 2"' le nerf saphène péronier ; .3" la branche cutanée péronière ; i° les rameaux musculaires du jambier antérieur.

1° Rameau articulaire du genou. — Syn. : Nerf articulaire d'Arnold; rameau articulaire inférieur du genou, Henle. — Ce rameau, toujours distinct de celui qui vient du grand nerf sciatique, a son origine vers la partie moyenne du losange poplité, et se porte vers les vaisseaux articulaires supérieurs externes pour passer avec eux entre le jumeau externe et le tendon du biceps. Parvenu au niveau de l'interligne articulaire, il se divise en deux rameaux secondaires qui accompagnent les branches de division de l'artère articulaire. L'un de ces rameaux se distribue à la région an-téro-externe de la capsule, l'autre fournit des filets descendants qui vont se terminer à la partie postéro-externe de l'articulation. Le rameau articulaire du genou donne encore un filet, constant d'après Riidinger, qui descend en arrière du ligament latéral externe, et va s'épanouir à la partie postérieure de l'articulation péronéo-tibiale supérieure.

2" Nerf saphène péronier, Cruveilhier. — Syn. : Nerf accessoire du saphène externe, Sappey; nerf 'cutané péronier postérieur moyen, Bock, Valentin; racine externe du saphène externe, Hirschfekl; nerf communicant péronier, Henle; branche antérieure du nerf cutané postérieur externe de la jambe, Schvvalbe; ramus anastomoticusperoneus, Anat. Nom. — La disposition et le volume du saphène péronier dépendent du mode de distribution du saphène externe (Voy. page M 32). En général, le volume du saphène péronier est inférieur à celui du saphène externe, d'où le nom d'accessoire du saphène externe que lui a donné Sappey, mais il n'est pas rare de trouver un accessoire égal ou d'un diamètre supérieur à celui du saphène ; aussi la dénomination de saphène péronier pour l'accessoire et de saphène tibial pour le saphène externe adoptée par Cruveilhier est-elle préférable. C'est d'ailleurs dans ce sens qu'a été établie la terminologie employée par les auteurs étrangers, et par l'Anatomische Nomenclatur.

Le nerf saphène péronier se détache du sciatique poplité externe à la partie supérieure du creux poplité, et descend parallèlement au sciatiqu(^ poplité interne, entre l'aponévrose jambière et le muscle jumeau externe. Vers la partie moyenne du mollet, il se place en dehors d'un des affluents du saphène externe, passe au-dessous de cette veinule avec laquelle il traverse l'aponévrose. Le

point où le saphène péronier devient sous-cutané varie avec les sujets ; le plus souvent il répond à la région inférieure du mollet, lorsque les fibres tendineuses font suite au corps charnu du triceps sural. Dans son trajet sous-aponévrotique, le nerf émet quelques filets qui se distribuent à la peau de la région externe du mollet ; leur nombre et leur épaisseur dépendent de l'étendue du territoire de distribution de la branche cutanée péronière. Après avoir perforé l'aponévrose, le saphène péronier se dirige un peu obliquement en dedans, et va s'unir au saphène externe à la hauteur de la malléole externe, contre le bord correspondant du tendon d'Achille. L'union se fait assez souvent par deux ou trois anses anastomotiques qui embrassent la veine saphène externe, ou quelques-unes de ses branches constituantes.

Dans quelques cas, assez rares d'ailleurs, l'anastomose entre le saphène et son accessoire n'existe pas ; c'est là une disposition favorable pour étudier la distribution particulière de chacun d'eux. Le saphène péronier fournit alors des rameaux cutanés (rameaux calcanéens de Cruveilhier), qui vont se distribuer à la peau de la région externe du calcanéum ; parmi eux, se trouve un filet spécial qui passe sous les arcades veineuses de la saphène externe, et se perd dans les téguments qui recouvrent la face postérieure du talon. Cruveilhier décrit encore un rameau malléolaire qui passe sur la malléole externe, et s'unit, en avant du cou-de-pied, avec le filet de la branche externe du musculocutané de la jambe.

3" Branche cutanée péronière. — Syn. : Nerf cutané postérieur externe, Valentin; branche antérieure du cutané postérieur externe de la jambe, Schwalbe; nerf cutané externe de la jambe, Luschka. — Cette branche naît du sciatique poplité externe, un peu au-dessous du nerf précédent, quelquefois par un tronc commun avec lui (nervi cutanfei surœ latérales, Anat. Nom). A son origine, elle répond à la partie postérieure du condyle externe dont la sépare le corps charnu du jumeau correspondant; elle perfore presque aussitôt l'aponévrose poplitée, et se divise en deux ordres de rameaux, les uns supérieurs, les autres inférieurs.

a) Panneaux supérieurs. — Au nombre de deux ou trois, ils proviennent souvent d'un tronc commun, croisent au-dessus de l'aponévrose le sciatique poplité externe et le tendon du biceps, et décrivent, à la hauteur de l'interligne articulaii'e ou un peu au-dessus, des anses à concavité supérieure. Les filets les plus élevés s'unissent aux ramifications terminales du fémoro-cutané, et se distribuent à la peau qui recouvre l'aileron externe de la rotule ; les filets inférieurs se perdent dans les téguments de la région supéro-externe de la jambe, certains peuvent être suivis jusqu'aùp.ej,du tubercule de Gerdy.

b) Rameaux inférieurs. — Ceux-ci descendent vers la partie antéro-externe de la jambe en avant du péroné, en s'entrelaçant avec les veines superficielles. Ils fournissent en arrière quelquelà ts qui se perdent dans la peau de la région ex' ^rne et moyeniie du creux poplité. Un ou deux ramuscules inférieurs peuvent atteindre la malléole externe, et s'anastomoser avec le saphène externe ou son accessoire ; les filets cutanés qu'ils fournissent sont toujours situés dans un plan plus superficiel que les mailles du réseau veineux sous-cutané.

Henle et Schwalbe décrivent la branche cutanée péronière comme une branche antérieure du saphène péronier.

4° Rameaux musculaires (Anat. Nom.). — Syn. : Nerfs du jambier antérieur;

branches musculaires ou récurrentes, Cruveilhier; nerf supérieur du jainbier antérieur, Schwalbe. — Les rameaux musculaires, le plus souvent au nombre de deux, sont destinés au muscle jambier antérieur; ils se séparent du sciatique poplité externe au niveau du col du péroné, et, en général, avant sa division en branches terminales. D'abord situés entre les fibres d'insertion du long péronier latéral, ils se dirigent ensuite en avant, traversent la cloison aponévrotique qui sépare les muscles de la région externe de ceux de la loge antérieure de la jambe, et contournent la face postérieure de l'extenseur commun des orteils, pour venir s'appliquer contre le ligament interosseux. Ils se placent alors un peu au-dessus de l'orifice par lequel passent les vaisseaux tibiaux antérieurs, et se perdent entre les fibres d'insertion du jambier antérieur au tubercule de Gerdy. Le filet le plus élevé, sensiblement ascendant, croise l'articulation péronéo-tibiale supérieure, à la face antérieure de laquelle il donne un petit nerf articulaire (Cruveilhier). Quelques filets émanés du rameau supérieur et du rameau inférieur se distribuent à la partie la plus élevée du ligament interosseux. Comme, dans certains cas, les rameaux musculaires naissent du tibial antérieur près de son origine, quelques auteurs (Henle, Schwalbe) les décrivent comme des collatérales de ce nerf.

B) Branches terminales- — Elles sont au nombre de deux : 1" Le nerf musculo-cutané ; 2° le nerf tibial antérieur.

1° NERF MUSCULO-CUTANÉ (Cruveilhier, Sappey, etc.).

Syn. : Nerf cutané antérieur; nerf cutané dorsal moyen du pied, Valentin; nerf péronier externe, Sœmmering-; nerf cutané commun dorsal du pied; nerf cutané du péroné; nerf péronier superficiel, Luschka, Henle, Schwalbe, Anat. Nom.

Le nerf musculo-cutané représente la branche de bifurcation externe du sciatique poplité externe ; il est destiné à l'innervation motrice des muscles péroniers, et à l'innervation sensitive de la région dorsale du pied et des orteils.

Trajet et rapports. — Le nerf musculo-cutané se sépare à angle aigu du tibial antérieur au niveau du col du péroné, au milieu des insertions supérieures du muscle long péronier latéral. Son trajet, d'abord oblique en avant, devient vertical, aussitôt que le nerf a traversé la cloison aponévrotique qui sépare les muscles de la région externe de ceux de la région antérieure de la jambe. Le nerf chemine dans un canal musculo-fibreux, d'abord entre l'extenseur commun et le long péronier latéral, puis entre ce dernier et le court péronier. Il descend ensuite dans. "Jaiterstice celluleux compris entre le court péronier et l'extenseur commun 'a la face antéro-externe duquel il apparaît pour devenir sous-aponévrotique ; il traverse presque aussitôt l'aponévrose, et commence son trajet sous-cutané. Le poi'?';,'<l? perforation se trouve le plus souvent vers le tiers inférieur de la jambe; quoique assez variable comme, 'situation, il siège toujours au-dessus de l'interligne tibio-tarsien. C'est quelquJois sous l'aponévrose, mais le plus souvent sous la peau que le nerf musculo-cutané se divise en ses deux branches terminales.

Distribution. — Avant sa bifurcation, le nerf musculo-cutané fournit des rameaux moteurs destinés aux muscles péroniers et quelques filets cutanés; nous lui décrirons donc des branches collatérales et des branches terminales.

a) Branches collatérales- — Ce sont, d'après leur origine : 1" les nerfs du long péronier latéral; 2" le nerf du court péronier latéral; 3" les filets cutanés.

1" Nerfs du long péronier latéral. — Ces nerfs sont, en général, au nombre de deux. L'un, supérieur, nait quelquefois du sciatique poplité externe et le plus souvent du musculo-cutané, mais toujours avant que ce nerf ait pénétré dans le canal musculo-fibreux ; il se dirige en bas et en dehors, et s'enfonce dans la partie supérieure du long péronier latéral. L'autre, inférieur, plus volumineux, se détache du musculo-cutané à la sortie du canal du long péronier, et au niveau des fibres d'insertion les plus élevées du court péronier latéral ; il se place à la face interne du long péronier sur laquelle il descend, on peut le suivre entre les fibres charnues de ce muscle jusque vers son tendon.

2'' Nerf du court péronier latéral. — Ce nerf s'isole du musculo-cutané à l'intérieur ou à la sortie du canal du long péronier latéral. Il s'engage alors dans l'interstice des deux péroniers, et envoie, de distance en distance jusque vers son tendon, des filets qui s'étalent à la face externe du court péronier. Ce nerf provient quelquefois d'un tronc qui lui est commun avec le rameau inférieur du nerf du long péronier. lequel est alors très grêle, et, dans ce cas, le nerf du court péronier envoie des filets à la -face interne du long péronier latéral.

,3" Filets cutanés. — Ils naissent toujours du musculo-cutané, lorsque ce nerf a perforé l'aponévrose de la jambe. Cruveilhier distingue un filet malléolaire qui s'unit à un rameau homonyme du saphène péronier, et qui se distribue avec lui à la peau qui recouvre la malléole externe ; ces rameaux nerveux varient en raison inverse l'un de l'autre, et se suppléent fréquemment.

b) Branches terminales. — Les deux branches terminales sont l'une interne, l'autre externe: on les désigne sous le nom de nerf cutané dorsal interne, et de nerf cutané dorsal moyen du pied (Anat. Nom.).

l" Nerf cutané dorsal interne du pied. — Syn. : X. pédieux antérieur; n. péronier interne. — C'est la plus volumineuse des deux branches de bifurcation du nerf musculo-cutané. Elle se dirige en dedans vers le bord interne du pied et, après avoir croisé le ligament annulaire du tarse, elle prend une direction à peu près parallèle au tendon de l'extenseur propre du gros orteil, dont elle n'est séparée que par l'aponévrose superficielle du dos du pied. Le nerf cutané dorsal interne émet une série de fines branches secondaires qui s'entrelacent avec les veines superficielles; dans la région du cou-de-pied, les veines sont plus superficielles que les nerfs, c'est le contraire qui a lieu vers les orteils. Ce nerf donne trois branches principales destinées à l'innervation cutanée des orteils : la première, ou la plus externe, naît vers le bord inférieur du ligament annulaire du tarse; la deuxième, ou moyenne, se détache un peu plus bas, et répond au faisceau interne du pédieux ; la troisième, ou la plus interne, représente la continuation du nerf. La branche externe croise le tendon extenseur du 2^^ orteil, se place sur l'aponévrose dans la gouttière déterminée au niveau du 2'^' espace intermétatarsien par la saillie des tendons extenseurs du 2^ et du S'^ orteil, et donne les collatéraux externe du 2*^' et interne du 3* orteil. La branche moyenne chemine sous la peau dans l'intervalle correspondant au 1'''' espace intermétatarsien, c'est à proprement parler le l"^' nerf interosseux

NERFS RAGHIDIENS.

Se. jy- exl

pei

Musc, eut

Ext. pr

Tib. ant.

Jamb. ant.

dorsal qui, arrivé à l'extrémité antérieure de l'espace, se divise en deux rameaux très grêles ; ceux-ci sont toujours renforcés par les branches terminales du nerf tibial antérieur (Vo)^ page 1017), et constituent alors le collatéral externe du gros orteil, et le collatéral interne du 2^ orteil. La branche interne ne se divise pas, et va former le collatéral interne du gros orteil.

Les ramifications terminales du nerf cutané dorsal interne du pied s'unissent entre elles par des filets anastomotiques ; de plus, la branche externe s'anastomose avec un filet du nerf cutané dorsal externe, la branche moyenne reçoit les deux rameaux provenant de la bifurcation du tibial antérieur, et la branche interne s'adjoint souvent quelques filets terminaux du saphène interne. On rencontre à peu près constamment sur le trajet des branches terminales des nerfs du pied ou sur les collatéraux des renflements nevrilématiques connus depuis longtemps sous le nom de ganglions illusoires (Valentin).

Les collatéraux des orteils seront étudiés dans un chapitre d'ensemble (Voy. page 114.3).

2" Nerf cutané dorsal moyen ou Intermédiaire, Anat. Nom. — Syn.

Xerf cutané moyen du dos du pied; nerl' péronier externe. — Ce nerf, plus grêle que le précédent, croise de dehors en dedans la direction de l'extenseur commun des orteils, et vient se placer entre les saillies des tendons extenseurs du .3'^ et du ¥ orteil, dans la dépression sus-aponévrotique qui répond au 3*^ espace interosseux. Parvenu à l'extrémité antérieure de cet espace, le nerf cutané ^^^ g84 j^Terf musculo-cutané et nerf tibial dorsal moj^en du pied, après avoir antérieur. — D'après Hirschfeld.

reçu un filet anastomotique du saphène externe, se divise en collatéral externe du 3^ et en collatéral interne du 4<^ orteil.

Les rapports réciproques des nerfs cutanés dorsaux interne et moyen varient avec les sujets. Souvent c'est le nerf interne qui fournit cinq collatéraux et le nerf moyen deux seulement; dans d'autres cas, au contraire, le nerf interne se divise en trois collatéraux, les quatre autres provenant du nerf moyen. Ce dernier peut même s'étendre vers la région externe et envoyer les collatéraux externe du 4^ et interne du 5^ Une pareille disposition serait la règle d'après

Saph. exl

Ext, pr.

Tib. ant.

les statistiques des auteurs anglais. Quelle que soit la distribution des nerfs dorsaux du pied et des orteils, ils présentent souvent des anses nerveuses qui enlacent les veines superficielles; ces anses ont été bien figurées par Hirschfeld. Le musculo-cutané est surtout le nerf moteur des muscles péroniers, sa paralysie entraîne une variété particulière de pied plat connue sous le nom de pied plat paralytique qui résulte de l'impotence fonctionnelle du long péronier latéral (Duchenne de Boulogne).

2° NERF TIBIAL ANTÉRIEUR

Syn. : Nerf tibial antérieur, Langenbeck ; rameaux musculaires du nerf péronier, Valentin; nerf musculo-cutané antérieur du péronier; nerf tibial antérieur ou interosseux, Cruveilhier; branche terminale interne du sciatique poplité externe ou tibiale antérieure, Sappey; nerf péronier profond, Luschka, Henle, Schwalbe, Anat. Nom.

Le nerf tibial antérieur, branche de bifurcation interne du sciatique poplité externe, est surtout un nerf moteur pour les muscles de la région antérieure de la jambe et pour le pédieux ; il ^ .nit seulement deux filets pour la peau du l*"' espace interdigital.

Trajet et rapports. — Le nerf tibial antérieur se sépare du musculocutané au milieu des insertions supérieures du long péronier latéral, entre lesquelles il chemine jusqu'à la cloison aponévrotique qui sépare ce muscle de l'extenseur commun. Il s'accole alors au côté externe des vaisseaux tibiaux antérieurs, et descend d'abord entre l'extenseur commun et le jambier antérieur, puis entre ce dernier et l'extenseur propre du gros orteil. Situé tout au fond de l'intervalle qui sépare ces muscles, et au voisinage du ligament interosseux, le nerf affecte avec les vaisseaux des rapports différents suivant le point oî^i on l'envisage : tout d'abord placé en dehors d'eux il les croise à angle très aigu en passant en avant, et vient s'appliquer à leur côté interne près du point où les libres tendineuses remplacent le corps charnu des muscles antérieurs de la jambe. Le nerf reste d'ailleurs toujours plus superficiel que les vaisseaux qui se trouvent directement appliqués contre le ligament interosseux (Voy. Angéiol., page 88.3).

Arrivé sous le ligament annulaire du tarse, le tibial antérieur s'insinue sous le tendon de l'extenseur du gros orteil, et apparaît à la face dorsale du pied, entre le bord externe du tendon correspondant et le bord interne du pédieux ; les vaisseaux, qui se trouvent un peu en dehors du nerf, cheminent sous le bord interne de ce muscle. La division du nerf tibial antérieur s'opère en général sous le ligament annulaire, un peu au-dessous de l'interligne tibio-tarsien.

Distribution. — Le tibial antérieur émet, dans son trajet à la jambe, un certain nombre de branches collatérales, avant de se diviser en ses deux branches terminales.

a) Branches collatérales. — Elles sont au nombre de six à sept, parmi lesquelles quatre musculaires, un rameau articulaire et des filets vasculaires.

1° Nerf supérieur du jambier antérieur. — Il se détache, en général, du tibial antérieur au moment où ce nerf passe sous l'extenseur commun; il croise fréquemment en avant l'artère tibiale antérieure, et se perd dans le corps charnu du jambier antérieur au-dessous des filets que ce muscle reçoit du sciatique poplité externe.

NERFS RACHIDIENS. 1127

2" Nerf de l'extenseur commun des orteils. — Ce nerf liait à peu près au même niveau que le précédent, et se dirige en bas et en dedans, pour s'enfoncer, après un trajet très court, dans l'extenseur commun des orteils. Il est presque toujours caché par les fibres de l'extenseur qu'il faut dissocier pour l'apercevoir.

3" Nerf inférieur du jambier antérieur. — Il se sépare du tibial antérieur dans l'interstice compris entre le jambier antérieur et l'extenseur propre du gros orteil, et passe en avant des vaisseaux tibiaux pour aboutir à la partie moyenne du muscle auquel il est destiné.

4" Nerf de l'extenseur propre du gros orteil. — Celui-ci tire son origine du tibial antérieur, après que ce nerf s'est mis en rapport avec la face interne de l'extenseur propre; il descend le long de ce muscle jusqu'à sa partie moyenne, où il se divise en filets supérieurs ou récurrents, et en filets inférieurs ou descendants.

5" Rameau articulaire. — Le tibial antérieii'T fournit, vers l'extrémité inférieure de la jambe, un rameau pour la face antérieure de l'articulation tibiotarsienne; souvent très court, celui-ci n'apparaît nettement que lorsqu'on a sectionné le ligament annulaire antérieur du tarse.

6" Filets vasculaires. — Dans tout son trajet, le nerf tibial antérieur envoie de distance en distance de fins ramuscules vasculaires, en général au nombre de trois, qui se perdent dans les parois de l'artère et des veines tibiales antérieures.

b) Branches terminales. — Les deux branches de bifurcation du tibial antérieur, l'une interne, l'autre externe, sont profondes et recouvertes par deux aponévroses, l'aponévrose dorsale superficielle, et l'aponévrose profonde qui les fixent à la face supérieure du tarse (Sappey).

1° Branche interne. — Syn. : rameau profond interne du dos du pied, Cruveilhier; nerf profond du dos du pied, Sappey; nerfs digitaux dorsaux externe du gros orteil et interne du 2% Anat. Nom. — Plus volumineuse que l'externe, la branche interne représente la continuation du nerf tibial antérieur ; d'abord placée en dedans des vaisseaux pédieux, entre le tendon extenseur du gros orteil, et le bord interne du muscle pédieux, elle s'insinue sous ce muscle, aborde le premier espace intermétatarsien, et le parcourt jusqu'à son extrémité antérieure. Là, elle apparaît entre le tendon extenseur du 2« orteil, et le tendon du pédieux qui se jette sur l'extenseur propre du gros orteil et se comporte de façon un peu différente suivant les sujets. Si les collatéraux dorsaux du L^' espace fournis par le musculo-cutané font défaut, elle supplée entièrement ce nerf; le plus souvent, la branche interne se divise en deux rameaux secondaires qui perforent séparément l'aponévrose, et vont se fusionner avec les collatéraux dorsaux du muscùlo-cutané destinés au premier espace interdigital. Les collatéraux venus du tibial antérieur donnent quelques filets très grêles aux articulations phalangiennes du 1^^ et du 2« orteil. Cruveilhier et Rûdinger ont décrit, en outre, un ou deux petits rameaux pour le ^' muscle interosseux dorsal; d'après Ruge, ces rameaux ne pénètrent pas dans la substance du muscle, mais s'insinuent entre ses deux chefs, pour aller se distribuer à la face interne et externe des articulations métatarso-phalangiennes voisines.

2" Branche externe. — ^!J>i- '■ inmeau profond externe du dos du pied, Cruveilhier; rameaux musculaires, Anat. Nom. — Cette branche, dont l'origine se trouve un peu au-dessous du ligament annulaire antérieur du tarse, passe sous l'artère pédieuse, plus rarement au-dessus de ce vaisseau, et va s'accoler à l'artère dorsale du tarse avec laquelle elle s'enfonce sous le pédieux. Après avoir fourni quelques filets moteurs à ce muscle, elle envoie au-dessous de lui, dans les 2^, 3<^ et 4^ espaces intermétatarsiens, de fins ramuscules qui s'appliquent contre le squelette (Cruveilhier), et se comportent comme le nerf interosseux dorsal du l"^'" espace. On les désigne, depuis Rûdinger, sous le nom de 2*^, 3^ et 4*^ nerfs interosseux dorsaux ; ils fournissent de fins filets aux articulations tarso-métatarsiennes, métatarso-phalangiennes et à celles des orteils (Rûdinger), mais ils n'innervent pas, comme on l'a prétendu, les muscles interosseux. D'après Cunningham, le nerf du 2'^ espace enverrait cependant un filet au 2* interosseux dorsal, mais il ne faut voir là qu'un nerf de la sensibilité musculaire ou, à la rigueur, quelques fibres de la 2^ sacrée ayant emprunté le trajet du sciatique poplité externe.

Le sciatique poplité externe, dont nous venons d'étudier successivement toutes les branches, commande aux mouvements de redressement du pied dans la marche. Sa paralysie amène, indépendamment du pied plat (voir Musculocutané), une démarche particulière; le malade steppe, c'est-à-dire que son pied ne quitte jamais le sol, le talon seul est relevé, mais la pointe frotte toujours à terre. Les paralysies du sciatique poplité externe, consécutives aux accouchements laborieux, ne reconnaissent pas pour cause unique la compression du tronc lombo-sacré, puisque le sciatique poplité externe reçoit également des fibres de la 1"^ et de la 2*^ sacrée. Arnould (Th. de Bordeaux, 1892), partant du fait qu'à leur origine des plexus les nerfs de l'extension sont postérieurs par rapport aux nerfs de la flexion, fait remarquer que les fibres destinées aux muscles extenseurs se trouvent au contact des surfaces osseuses du pelvis, et par suite plus exposées à la compression et à l'écrasement.

2° Nerf tibial antérieur.

Syn. : Nerf libial postérieur, Langenbeck; nerf poplité ou poplité interne. Bock, etc; nerf sciatique poplité interne, Cruveilhier, Sappey; nerf tibial, Henle, Schwalbe; nervus tibialis, Anat. Nom.

Le nerf sciatique poplité Interne, plus volumineux (quelquefois le double) que le sciatique poplité externe, parait, par sa direction, continuer le grand nerf sciatique; il se distribue à la musculature de la face postérieure de la jambe et de la région plantaire, ainsi qu'aux téguments de la plante du pied et des oi'teils.

Situation et rapports. — Le nerf sciatique poplité interne parcourt la grande diagonale du losange poplité. Il apparaît à l'angle supérieur de celui-ci, entre le bord Interne du biceps et le bord externe du demi-membraneux, sur un plan un peu plus antérieur (plus profond) que le sciatique poplité externe. Parvenu à l'angle inférieur, il s'enfonce entre les deux jumeaux, et passe sous l'arcade aponévrotique du soléaire, immédiatement en avant des vaisseaux tiblo-péroniers. Dans le tiers supérieur de ce trajet, le nerf est sous-aponévrotique, et situé en dehors des vaisseaux dont il reste séparé par une couche

NERFS RAGHIDIENS.

Demi t

graisseuse assez épaisse; ce n'est que vers le tiers moyen du creux poplité, entre les deux jumeaux, qu'il vient s'accoler aux vaisseaux pour former le paquet vasculo-nerveux. Dans la moitié supérieure du losange poplité, les organes sont disposés de la superficie vers la profondeur, de la façon suivante : directement au-dessous de l'aponévrose, on rencontre le nerf sur la ligne médiane, en avant et un peu en dedans se trouve la veine, qui recouvre en partie l'artère plus interne et plus profonde (Voy, AngéioL, page 829); dans le segment inférieur du losange, la position respective du nerf et des vaisseaux s'est consei'vée, mais la veine, un peu déjetée en dedans, cache complètement l'artère. Ainsi, dans tout le creux poplité, le nerl reste toujours l'organe le plus externe du paquet vasculo-nerveux, d'où l'indication de porter le nerf en dehors pour découvrir l'artère (Gruveilhier). La veine saphène interne, comprise dans un dédoublement de l'aponévrose, se place, avec sa crosse, en dedans du sciatique poplité interne ; les ganglions lymphatiques poplités sont également situés en dedans, mais plus profondément que le nerf. Lorsque la jambe est en extension, le sciatique poplité interne donne l'impression d'une corde fortement tendue sous la peau, et appliquée contre l'aponévrose ; tandis que, dans la flexion, le nerf s'éloigne sensiblement du fascia, et devient plus difficile à percevoir. ^^ g^^^

Distribution. — Le nerf sciatique poplité interne prend le nom de nerf tibial postérieur aussitôt après avoir franchi l'anneau du soléaire; nous considérerons donc le tibial postérieur comme la branche

terminale, et nous décrirons comme collatérales toutes les branches qui naissent du sciatique poplité interne dans le creux poplité.

A. Branches collatérales. — Elles se laissent classer en trois groupes d'après leur nature : 1" branches musculaires; 2° branches articulaires; 3" branche sensitive ou nerf saphène externe.

1° Branches musculaires- — Au nombre de cinq, ces branches sont destinées aux muscles de la région poplitée et du mollet ; ce sont :

FiG. 585. — Nerf sciatique poplité interne et nerf "tibial postérieur. — D'après Sappey.

a) Nerf du jumeau interne. — Il se détache souvent à la partie supérieure du creux poplité d'un tronc qui lui est commun avec le saphène externe; puis, il se porte en dedans, croise en avant les vaisseaux poplités, et vient se placer au-dessus et un peu en arrière de l'artère jumelle interne avec laquelle il s'enfonce sous le tendon du jumeau correspondant. Tantôt le nerf pénètre immédiatement dans le muscle, tantôt il chemine sur une certaine étendue entre celui-ci et le ligament postérieur de l'articulation du genou.

b) Nerf du jumeau externe. — Celui-ci a fréquemment une origine commune avec le nerf du soléaire, et se sépare du sciatique poplité interne un peu au-dessous de l'angle de bifurcation du grand nerf sciatique. Il vient s'accoler à la face postérieure des vaisseaux jumeaux externes avec lesquels il s'insinue entre le tendon réfléchi du demi-membraneux, et la face antérieure du jumeau externe qu'il aborde parfois par son bord interne.

c) Nerf du soléaire. — Qu'il provienne d'un tronc commun avec le précédent ou qu'il se détache isolément du poplité interne, ce nerf, le plus volumineux des rameaux musculaires, se dispose en dedans de l'ai'tère jumelle externe, et descend verticalement en arrière du muscle poplité, et en avant du jumeau externe. Il croise la face postérieure du plantaire grêle au moment où celui-ci devient tendineux, puis il se perd dans la partie supérieure et postérieure du soléaire.

d) Nerf du plantaire grêle. — Il est en général très grêle, et naît tantôt isolément de la face antérieure du sciatique poplité interne, tantôt d'un tronc qui fournit les nerfs du jumeau externe et du soléaire. C'est souvent la dernière branche collatérale du sciatique poplité interne ; il se dirige en dehors et en bas, s'insinue entre le poplité et le plantaire grêle, et aborde ce dernier par son bord interne ou par sa face antérieure.

e) Nerf du poplité. — Ce nerf, relativement volumineux, se sépare du sciatique poplité interne entre les deux jumeaux, à la hauteur de l'interligne articulaire du genou. Il se dirige en avant et en dehors vers la face postérieure du muscle poplité, et après avoir croisé la face antérieure du plantaire grêle, il donne trois ordres de rameaux : les uns musculaires, les autres vasculaires et d'autres enfin destinés au ligament interosseux.

a) Rameaux musculaires. — Ils proviennent du nerf, lorsque celui-ci descend contre la face postérieure du muscle poplité. Les uns se dirigent par un trajet récurrent vers ses insertions condyliennes, les autres naissent au niveau du bord inférieur du muscle poplité, lorsque le nerf du poplité qui descend sur le bord externe du tronc tibio-péronier a croisé l'artère tibiale antérieure.. Ces derniers rameaux contournent le muscle poplité, et s'étalent sur sa face antérieure ; quelques-uns de ces filets aboutissent à la face postérieure de l'articulation péronéo-tibiale supérieure.

6) Rameaux vasculaires. — Ils se distribuent aux branches de bifurcation de l'artère poplitée. Les filets de la tibiale antérieure viennent souvent des rameaux musculaires inférieurs, ou de la partie supérieure du nerf interosseux; ceux de la tibiale postérieure et de la péronière se détachent du nerf du poplité, lorsqu'il passe dans l'angle de division du tronc tibio-

NERFS lUCllIDIENS. 1131

péronier. Ces derniers tirent leur origine, tantôt des branches musculaires, tantôt du nerf interosseux tout près de sa naissance (llalberstma, 1847).

y) Rameau du ligament interosseux : nerf interosseux de la jambe, Anat. Nom. — C'est le plus volumineux des rameaux fournis par le nerf du juuscle poplité; tout d'abord décrit par Fischer (1791), il a été bien étudié, au point de vue de sa distribution, par Halberstma (1847). Dès son origine, il accoui- [)agne l'artère tibiale antérieure, et passe avec elle par l'orifice supérieur du ligament interosseux entre les deux lames duquel il descend jusqu'à son extrémité inférieure. Là, il apparaît à l'orifice inférieur du ligament, au côté interne de l'artère péronière antérieure, et s'unit à un filet du nerf périostique du péroné, branche du tibial postérieur (Voy. page 1135). Les ramifications terminales du nerf interosseux se perdent dans le périoste de la partie inférieure et postérieure du tibia; à ce niveau, Halberstma aurait rencontré 1 fois sur 14 un petit renflement ganglionnaire. Avant de s'enfoncer dans la membrane interosseuse, le nerf interosseux fournit quelques filets à la région postérieure de l'articulation péronéo-tibiale supérieure; nous avons vu qu'il fournit souvent des ramuscules vasculaires aux artères tibiales antérieure et postérieure (Halberstma). D'après Rauber, le nerf interosseux émet un filet périostique supérieur pour le tibia ; ce filet nait avant c|ue le tronc originel aie traversé le ligament interosseux, il longe le bord intérieur du muscle poplité, et s'étale sur le périoste du tibia en une série de fines fibrilles auxquelles sont appendus de nombreux corpuscules de Pacini. Le filet périostique donne toujours le nerf diaphysaire du tibia qui pénètre avec les vaisseaux dans le trou nourricier de cet os; Schwalbe considère ce nerf diaphysaire comme un rameau distinct du nerf du muscle poplité qu'il désigne sous le nom de nerf osseux du tibia.

2" Branches articulaires. — Ces branches, groupées par Cruveilhier sous le nom de nerf articulaire postérieur du genou, sont le plus souvent au nombre de trois; elles ont été bien étudiées par Rûdinger. Deux d'entre elles, dites branches articulaires supérieures, naissent dans la moitié supérieure du losange poplité; elles se portent directement en avant sur les vaisseaux articulaires supérieurs autour desquels elles forment un réseau assez riche appelé plexus poplité. De ce dernier, partent quelques filets vasculaires qui se portent sur l'artère poplitée et sur ses branches articulaires. Les plus volumineux accompagnent l'articulaire moyenne, et aboutissent aux ligaments croisés, d'autres pénètrent dans l'articulation avec l'artère articulaire supérieure et interne, d'autres enfin s'insinuent entre la veine poplitée et la veine saphène externe, reçoivent une fine anastomose du nerf sciatique poplité externe, et vont se perdre dans le ligament poplité. La branche articulaire inférieure naît tantôt du nerf du plantaire grêle, tantôt de celui du muscle poplité, ou même des deux à la fois.; elle se dirige en bas et en dedans contre le tendon postérieur du demi-membraneux, et envoie ses ramifications terminales à la partie interne et inférieure de l'articulation du genou.

3" Branches sensitives. - On la désigne sous le nom de nerf saphène externe ou tibial.

POIRIER ET CTIARrV. — lll-

NERF SAPHENE EXTERNE OU TIBIAL

Syn. : Nerf sapliène libial, Cruveilhier, Sappey; nerf coiumunicanl libial, Bock, Langen-

beck, Jlenle; nerf cutané long de lajamljeet

(lu pied, Valentin; nerf externe ou tibial du

pied; nerf sapliène inférieur; nerf surai,

Schwalbe; nerf cutané interne de la jambe,

Anal. Nom.

G>\ fess

N. cut.post.

Le nerf sapliène externe est destiné à l'innervation des téguments qui recouvrent la face postéro-externe de la jambe, et le bord interne du pied.

Origine, trajet et rapports. — Le

saj)hène externe se détache du sciatique poplité interne à la partie supérieure ou moyenne du creux poplité, assez souvent même au tiers inférieur de la cuisse (Henle), et se dirige directement en bas dans l'intervalle compris entre les deux jumeaux; quelquefois, il naît d'un tronc commun avecle nerf du jumeau interne.

Dans la première partie de son trajet qui répond à la région poplitée, il se trouve placé en arrière du sciatique poplité interne, entre les nerfs et les vais^seaux jumeaux, et en avant de l'aponévrose poplitée. La crosse de la sapliène externe passe en dedans de lui, et la veine n'a de rapports directs avec le nerf qu'en ce point ; dans tout le reste du creux poplité, elle est plus superficielle que lui (Voy. Angéiol., page 1046). Dans le segment supérieur de la jambe, ces deux organes s'accolent l'un à l'autre, et dans son trajet sous-aponévrotique le nerf est d'abord situé en dedans, puis directement en avant de la veine, au côté externe de laquelle il apparaît à la partie inférieure du mollet. Dans toute l'étendue de cette région, le nerf chemine dans un canal fibreux à section triangulaire, distinct de celui de la veine qui est situé plus profondément; il est souvent accompagné par une fine artériole émanée de la jumelle interne. Devenu sous-aponévrotique, le saphèue externe descend parallèlement au tendon d'Achille, et en

dehors de la veine sapliène, jusque vers la pointe de la malléole externe;

mais il reste toujours pins profond que la veine siphène dont les affluents

Sajih. exl.

R. cale

FiG. 380. — Nerf snphène tibial el nerf sapliène pèrinier. — D'après deux dessins de Hirschfeld.

NKRFS RAGHIDIENS. II33

passent au-dessus de lui, quelques-unes de ces veinules sont parfois embrassées par des ellipses nerveuses. C'est vers le tiers inférieur, plus rarement vers le tiers moyen de la jambe, que le saphène externe s'anastomose avec son accessoire; cette anastomose, parfois double, est toujours assez importante pour que le volume du nerf paraisse sensiblement augmenté. Parvenu derrière la malléole externe, le nerf saphène externe décrit une courbe concentrique à celle de la veine, et placée dans la concavité de cette dernière. La courbe du nerf est distante de la pointe de la malléole de 1 centimètre à 1 centimètre et demi; elie en est séparée par les tendons et les gaînes synoviales des deux muscles péroniers latéraux.

Distribution. — Le nerf saphène externe ne donne pas de filets sensitifs à la jambe, et c'est seulement vers la malléole qu'il envoie quelques rameaux cutanés, les nerfs calcanéens externes. Ceux-ci enlacent dans leurs anses la courbe du saphène externe, et se distribuent à la peau qui revêt la partie externe du calcanéum; quelques-ims se réfléchissent jusque dans la région plantaire. Arrivé au bord externe du pied, le saphène externe fournit quelques filets malléoaires, quelques ramuscules à la peau du bord externe et du dos du pied, et une anastomose oblique ou ansiforme qui passe sous la veine dorsale externe, et s'unit à la branche externe du musculo-cutané. Au voisinage de la tubérosité du 5*^ métatarsien, il se divise en ses deux branches terminales : l'une externe, plus grêle, devient le collatéral externe du petit orteil, l'autre interne, plus volumineuse, se subdivise à son tour à l'extrémité antérieure du ¥ espace interosseux en collatéral interne du petit, et en collatéral externe du ¥ orteil. Tandis que la branche externe chemine parallèlement au bord du pied, l'in terne se dirige obliquement sur sa face dorsale, croise le tendon du péronier antérieur, le pédieux, et l'extenseur du petit orteil dont elle reste cependant séparée par l'aponévrose. C'est souvent la branche interne qui fournit l'anastomose avec le musculo-cutané, dans la région malléolaire.

D'après Rudiuger, au niveau du cou-de-pied, le nerf saphène externe donne quelques filets articulaires : en général, deux sont destinés à la partie externe de la capsule tibio-tarsienne, et un troisième aboutit au ligament antérieur de cette articulation ainsi qu'à l'appareil ligamenteux qui occupe le sinus du tarse. Ces nerfs articulaires, primitivement superficiels, traversent successivement le ligament annulaire, puis l'aponévrose du dos du pied; ils embrassent souvent la malléole externe dans une anse à concavité supérieure.

M. Branche terminale. — La branche terminale du sciatique poplité interne porte le nom de nerf tibial postérieur.

NERF TIBIAL POSTÉRIEUR

Syii. : Nerf tibial poslérieui- des classiques français; nevf tibial des auteurs étrangers: nervus tibialus, AnatNom.

Le nerf tibial postérieur est la continuation plutôt que la terminaison du

sciatique poplité externe; il commence à l'arcade du soléaire, et se divise dans

la gouttière rétro-calcanéenne en deux branches : le nerf plantaii'e interne et le

nerf plantaire externe.

Situation et rapports. — Le nerf tibial postérieur, dès qu'il s'est placé en avant de la masse charnue du soléaire, répond par sa face antérieure au tronc

Demi-t

veineux tibio-péronier qui le sépare des faisceaux inférieurs du muscle poplité; les vaisseaux tibiaux antérieurs passent un peu en dehors de lui. Sa direction générale est légèrement oblique en dedans, de sorte qu'à la partie supérieure du mollet, il correspond au milieu du soléaire, tandis qu'à la partie inférieure il est situé sur le bord interne du tendon d'Achille. Il est logé en avant, dans l'interstice celluleux compris d'abord entre le jambier postérieur et le fléchisseur

commun des orteils, puis entre celui-ci et le fléchisseur propre. A^ers le point de bifurcation du tronc tibio-péronier, il croise les vaisseaux péroniers qui gagnent la région externe de la jambe, et vient se placer au côté interne et un peu en arrière de l'artère et des veines tibiales postérieures. Les rapports du tibial postérieur sont les mêmes, depuis l'anneau du soléaire, jusqu'à la malléole interne ; le nerf et les vaisseaux sont fixés contre la couche musculaire profonde j)ar l'aponévrose profonde ou rétrosoléaire, qui sépare le paquet vasculonerveux d'abord du soléaire, puis du tendon d'Achille et de l'aponévrose jambière. Dans la région du cou-de-pied, le nerf est le plus postérieur des organes qui cheminent dans la gouttière rétro-malléolaire. Il^se trouve à peu près à égale distance entre le bord postérieur de la malléole interne et le bord interne du tendon d'Achille, en arrière et un peu en dedans du tendon du fléchisseur propre du gros orteil ; le tendon du fléchisseur commun reste plus externe, c'est-à-dire plus profond. Les vaisseaux tibiaux postérieurs conservent leur situation vis-à-vis du nerf, et restent en avant et en dedans ; l'artère est donc plus superficielle que le nerf. Un double feuillet aponévrotique est interposé entre la peau et le paquet vasculo-nerveux : c*est d'abord l'aponévrose superficielle de la jambe renforcée par quelques fibres du ligament annulaire du tarse, puis l'aponévrose profonde ; nerfs et vaisseaux sont d'ailleurs contenus dans une gaine conjonctive commune, dépendance de cette aponévrose profonde. Distribution. — Avant de se diviser en ses deux branches terminales, le nerf tibial postérieur donne à la jambe un certain nombre de collatérales :

A. Branches collatérales. — On peut les grouper : 1" en branches musculaires ; 2° en branches vasculaires ; 3" en branches articulaires; 4° en branches sensitivos.

Page 1