II. SYMPATHIQUE THORAGO-ABDOMINAL
Syn. : Pars thoracalis et abdominalis sj'mpathici, Anat. Nom.
Nous étudierons successivement : 1° La chaîne sympathique : A, dans la région thoracique, etB, dans la région lombaire; 2° les rameaux communicants dans ces deux régions ; 3° la distribution périphérique du sympathique thoraco-abdominal.
A. Région thoracique. — Dans cette région, le sympathique présente un aspect nettement segmentaire ; il se trouve constitué par une série régulière de ganglions, en nombre à peu près égal à celui des vertèbres, et qui se mettent en rapport avec les centres médullaires par un nombre égal et régulier de rameaux communicants.
Les ganglions de la chaîne thoracique varient peu comme nombre ; en général, on en compte onze, quelquefois dix, plus rarement douze. La réduction numérique des ganglions est plus apparente que réelle (Cruveilhier) ; elle tient presque toujours à la fusion de deux ou même de plusieurs ganglions en un seul. Leur forme, souvent ovoïde, devient dans certains cas pyramidale, conique, etc. ; leur volume est sensiblement le même, à l'exception des deux premiers et du dernier qui l'emportent presque toujours sur les aïitres par leurs dimensions ; quant à leur coloration, elle est comme partout d'un gris rosé.
Le cordon sympathique qui réunit ces ganglions a parfois une couleur blanchâtre; dans la plupart des cas, elle est d'un gris terne. Lorsque le nombre des ganglions est réduit, leurs deux extrémités s'effilent, et il devient difficile de limiter les ganglions d'avec le cordon (Cruveilhier). En général simple, la chaîne du sympathique se compose dans quelques cas de deux ou trois petits cordons juxtaposés. Dans une observation de Haller, le cordon unissant le sixième et le septième ganglion dorsal manquait totalement.
Situation et rapports. — La chaîne sympathique est située le long d'une ligne passant par les articulations de la tête des côtes avec le corps vertébral correspondant; les ganglions répondent presque toujours à l'interligne articulaire, mais ce n'est pas là une règle absolue, et ils peuvent reposer sur la tête de la côte, ou sur le corps de la vertèbre. On les rencontre aussi sur le corps vertébral à égale distance des deux côtes, et on les a vus, mais plus rarement, contre la partie antérieure du trou de conjugaison. Le cordon sympathique croise les vaisseaux intercostaux à angle droit (Voy. fig. 608); la partie supérieure de la chaîne sympathique gauche est en partie cachée par la crosse et la portion descendante de l'aorte. A droite, la veine azygos, de la dixième jusqu'à la quatrième vertèbre dorsale, chemine en avant du cordon sympathique. La plèvre pariétale, avant de se réfléchir dans la plèvre médiastine, tapisse les faces latérales de la colonne vertébrale, et recouvre la chaîne sympathique, placée dans le tissu cellulaire sous-pleural.
Parmi les ganglions thoraciques, les deux premiers méritent une description spéciale. Le premier est, en général, le plus volumineux; il mesure de 1 à 3 centimètres, et se fusionne souvent avec une partie du ganglion cervical inférieur. Il est ovoïde, étoile, souvent semi-lunaire, et embrasse alors dans sa concavité
la partie inféro-interne de l'artère sous-clavière près de la naissance de la vertébrale. Situé presque constamment sur la première côte, il s'étend parfois jusqu'à la partie supérieure de la deuxième, et peut alors s'unir avec le deuxième ganglion thoracique, rappelant ainsi le ganglion stellaire des carnassiers. Lorsqu'il est très développé, il envoie un filet au plexus cardiaque. C'est le quatrième nerf cardiaque (Valentin). Le deuxième ganglion thoracique, de forme triangulaire et à peu près de même volume que le précédent, répond, tantôt à l'articulation de la tète costale avec le corps de la deuxième vertèbre dorsale, tantôt il se cache en partie sous la deuxième côte. En général, il s'unit au premier ganglion thoracique par un cordon court et aplati.
Le dernier ganglion thoracique, d'aspect étoile, est en partie masqué par le muscle intercostal interne correspondant; le cordon intermédiaire qui lui fait suite, traverse le diaphragme par un orifice particulier placé à l'union des portions costale postérieure et lombaire de ce muscle, ou entre les piliers et l'arcade du psoas (Poirier) ; dans certains cas, il 'perfore la partie externe du pilier correspondant.
B. Région lombaire. — Le sympathique lombaire s'étend de l'orifice diaphragmatique jusqu'au niveau de l'articulation sacro-vertébrale. Il suit une direction parallèle à la courbure lombaire, et longe les insertions internes ou arcades du psoas ; il se trouve donc plus rapproché de la ligne médiane que le sympathique thoracique. Du côté droit, la chaîne est recouverte par la veine cave inférieure, du côté gauche, elle est en partie cachée par l'aorte abdominale. Les ganglions sont le plus souvent au nombre de cinq, quelquefois de quatre (le troisième et le quatrième étant réunis en un seul, Valentin) et, plus rarement de trois ; par leurs caractères extérieurs, ils rappellent ceux de la région dorsale. Le cordon sympathique, assez régulier, paraît un peu épaissi au point où il traverse le diaphragme pour unir le dernier ganglion dorsal au premier lombaire ; mais il n'est pas rare de voir le sympathique interrompu à ce niveau, comme d'ailleurs entre le dernier ganglion lombaire et le premier sacré (Cruveilhier). Ces interruptions ne sont pas toujours complètes, et la chaîne sympathique est représentée alors par un filet très grêle.