VARIÉTÉS ET ANOMALIES DES NERFS CARDIAQUES
]" Nerf cardiaque supérieur. — Les variétés en sont nombreuses, et il n'est pas rare de les constater sur le même sujet; l'absence d'un des nerfs cardiaques supérieurs est pour ainsi dire, banale. — Andersch ainsi que Henle et quelques autres considèrent, d ailleurs, le nerf cardiaque supérieur comme n'existant que du côté gauche. — On a décrit sur son trajet un petit gang-lion situé, de préférence, au point où le nerf croise la thyroïdienne intérieure ou à quelques millimètres au-dessus (Valentin); ce renOement est connu sous le nom de ganglion thyroïdien ou mieux de ganglion cardiaque supérieur. — Murrey a mi le nerf cardiaque supérieur pénétrer dans la gaîne du pneumogastrique au niveau de la «e cervicale pour en ressortir à 1 ou 1,5 centimètres plus bas, tandis que du cote oppose il avait son trajet ordinaire, et recevait un gros rameau du nerf vague. — Bock, Valen-
tin, etc., ont signalé des anastomoses, inconstantes d'ailleurs, entre le nerf cardiaque supérieur d'une part, et le phrénique, le glosso-pharyngien et l'hypoglosse d'autre part. — D'après Cruveilhier, le nerf cardiaque supérieur se bifurque parfois contre l'artère sousclavière qu'il embrasse pour aller s'unir avec un des rameaux cardiaques du pneumogastrique; il existe là une anse semblable à celle du récurrent, mais placée en dedans d'elle. — Enfin, le nerf cardiaque supérieur peut tirer son origine à la fois du sympathique et du pneumogastrique; il comprend alors les fibres constitutives du nerf dépresseur de Cyon (Voir Pneumogastrique)-
2° Nerf cardiaque moyen. — Ce nerf peut se constituer avec des filets des nerfs cardiaques supérieur et inférieur. — Arnold prétend qu'au point où il pénètre dans la cage thoracique, le nerf cardiaque moyen se renfle en un petit ganglion dit ganglion cardiaque moyen; d'après Valentin, le renflement ganglionnaire gauche serait plus développé que le droit et le suppléerait souvent. — Il peut n'exister qu'un seul nerf cardiaque moyen, et c'est en général le nerf droit qui fait défaut.
3° Nerf cardiaque inférieur. — Il n'est pas rare de voir les différentes racines du nerf cardiaque inférieur rester isolées dans toute l'étendue de leur trajet; alors, celles qui proviennent du ganglion cervical inférieur, prennent le nom de troisième nerf cardiaque, et celles qui se détachent du premier thoracique celui de quatrième nerf cardiaque (Arnold, Valentin). — Dans quelques cas, le nerf cardiaque inférieur s'unit au nerf moyen pour former le gros nerf cardiaque (ramus cardiacus crassus, Valentin). — Enfin, pour Meckel, le nerf cardiaque inférieur n'existe qu'à droite, tandis que Valentin l'a rarement vu faire défaut à gauche.
2° Plexus cardiaque. — Les trois nerfs cardiaques sympathiques s'anastomosent avec les rameaux cardiaques du pneumogastrique et du récurrent pour former autour de la crosse aortique et sur la bifurcation de l'artère pulmonaire un très riche plexus, le plexus cardiaque, dont les branches périphériques se distribuent aux vaisseaux et aux parois du cœur. Exceptionnellement, la branche descendante de l'hypoglosse envoie quelques fins ramuscules à ce plexus, mais Luschka a montré qu'ils provenaient du ganglion cervical supérieur, et qu'ils passaient dans le tronc de l'hypoglosse par l'intermédiaire des branches anastomotiques des deux premiers nerfs cervicaux.
Le plexus cardiaque embrasse la crosse aortique : du côté gauche, il ne dépasse guère le canal artériel, et du côté droit, il s'arrête contre la branche ascendante de l'aorte ; en bas il répond à la branche droite de l'artère pulmonaire, et en arrière à la face antérieure ainsi qu'à la bifurcation de la trachée. Au point de vue descriptif, on le divise en plexus antérieur ou superficiel situé en avant, et en plexus postérieur ou profond disposé en arrière de la crosse aortique. Au centre du plexus antérieur, dans la concavité de l'aorte, tout près de la division de l'artère pulmonaire et contre le ligament artériel, se trouve un ganglion lenticulaire de 5 à 6 millimètres de longueur sur une épaisseur moyenne de 2 millimètres et demi, c'est le ganglion de Wrisberg ou ganglion pardiaque inférieur, parfois fragmenté en une série de petits amas ganglionnaires. Au niveau de chaque pédicule du poumon, le plexus cardiaque échange quelques fibres avec le plexus pulmonaire.
Plexus cardiaque superficiel, Cruveilhier. — Syn. : Plexus cardiaque antérieur, Henle; plexus aortique antérieur, Andersch; plexus cardiaque inférieur, Valentin. — Cette partie du plexus cardiaque, étalée en avant de l'aorte et de l'artère pulmonaire, se constitue avec les nerfs cardiaques supérieurs du pneumogastrique et le nerf supérieur gauche du sympathique; elle est moins considérable que la partie profonde, mais elle présente toujours un ou plusieurs renflements ganglionnaires (ganglion de Wrisberg). Les fdets nerveux qui la constituent, sont faciles à voir sous le feuillet viscéral du péricarde chez l'enfant et même chez l'adulte;
on les aperçoit moins bien chez le vieillard ainsi que chez les individus atteints d'aortite, de dégénérescence athéromateuse de l'aorte, ou de dégénérescence graisseuse du cœur.
Plexus cardiaque moyen et protond. — Syn. : Grand plexus cardiaque, Haller; plexus cardiaque postérieur, Ilenle; plexus cardia(iue supérieur, Valentin. — Situé derrière l'aorte et en avant de la trachée, à la même hauteur que le plexus superficiel, le plexus profond est formé par des mailles plus nombreuses et plus serrées. L'union entre les deux plexus se fait par des filets qui passent entre la branche droite de l'artère pulmonaire et la crosse aortique. Tous les nerfs cardiaques S3'mpathiques, à l'exception du nerf supérieur gauche, et tous les nerfs issus du pneumogastrique, sauf les deux nerfs cardiaques supérieurs participent à sa formation; ce nombre considérable de rameaux afférents explique amplement qu'il l'emporte comme volume sur le plexus superficiel. En arrière, le plexus cardiaque s'insinue entre l'artère pulmonaire et la bifurcation de la trachée ; c'est à cette partie, que Cruveilhier et Sappey réservent le nom de plexus profond, celle que nous venons de décrire étant désignée par 5UX sous le nom de plexus moyen.
Branches périphériques. — Du plexus cardiaque partent des filets destinés aux parois des gros vaisseaux, quelques petits rameaux se portent aussi iirectement dans la paroi des oreillettes, mais, la plupart des nerfs qui s'en détachent se groupent en deux plexus secondaires qui accompagnent les artères Boronaii'es ; on les décrit sous le nom de plexus coronaires droit et gauche.
a) Plexus coronaire droit ou antérieur. — Les rameaux qui le constituent proviennent presque exclusivement du plexus cardiaque superficiel, et s'étalent 5ur l'artère coronaire antérieure qu'ils accompagnent dans le sillon interventriculaire antérieur. Chaque subdivision de l'artère est entourée d'un petit plexus secondaire duquel naissent les nerfs du cœur proprement dits (Voy. An- 2,éiol., p. 608); le plexus droit se distribue à la face antérieure et au bord iroit du ventricule droit.
b) Plexus coronaire gauche ou postérieur. — Plus volumineux que le précélent, il reçoit la plus grosse partie des filets du plexus cardiaque profond que 'on peut suivre sur l'artère coronaire gauche jusqu'à la pointe du cœur. Le slexus gauche fournit des rameaux à toute la face postérieure du cœur, au )ord gauche, et à la face antérieure du ventricule gauche.
On trouve sur le trajet des plexus coronaires, de petits ganglions quelquebis visibles à l'œil nu, mais le plus souvent microscopiques (Remak, Henle). Les oreillettes sont innervées, soit directement par le plexus coronaire postérieur, soit par les plexus secondaires qui accompagnent les branches collatérales des artères coronaires.
Les recherches embryologiques de W. His junior ont permis de délimiter le territoire de listribution des nerfs cardiaques : Faorte ascendante, l'artère pulmonaire et les ventricules eçoivent les filets sympathiques et ceux du vague que les nerfs cardiaques supérieurs ipportent au plexus cardiaque, tandis que les rameaux des oreillettes proviennent des nerfs ;ardiaques inférieurs. • — Les premiers nerfs cardiaques apparaissent vers la fin de la 4°, et lu commencement de la 3'= semaine. Ils naissent de chaque pneumogastrique et de chacun les cordons du sympathique, et aboutissent au bulbe artériel; plus tard, ils s'enchevêtrent ■ntre l'aorte et l'artère pulmonaire en un plexus, le plexus bulbaire. Dans le courant de la ■■= semaine, de nouveaux filets se détachent de la partie inférieure des deux nerfs vagues
et se portent à la face postérieure des oreillettes, où ils s'unissent a des filets sympathiques inférieurs pour former le plexus auriculaire. Plexus bulbaire et plexus auriculaire s'envoient
Aorte.
. Symp.
' Pneum.
Plex. auric.
FiG. 607. — Les plexus du cœur chez l'embryon humain. — D'après W. His junior.
des rameaux anastomotiques qui passent derrière le sinus transverse du péricarde, où se constitue un nouveau plexus, le plexus intermédiaire qui contient des filets venus directement du sympathique et du pneumogastrique. Tous ces plexus renferment des cellules ganglionnaires venues du sympathique avec les nerfs, de sorte qu'à la fin du 3= mois les plexus coronaires se sont développés aux dépens du plexus bulbaire. Le plexus cardiaque superficiel et une partie du plexus profond de l'adulte représentant le plexus bulbaire, le reste du plexus profond dérive du plexus intermédiaire, quant au plexus auriculaire, il donne seulement les filets nerveux des oreillettes.
Constitution du sympathique cervical. — Les recherches physiologiques de Cl. Bernard, de Morat, Langley, etc., ont permis d'établir ainsi qu'il suit la constitution du sympathique cervical :
1° Des fibres pupillo-dilatatrices provenant des 1", 2° et 3"= nerfs dorsaux (Budge, Mlle Klumpke). Ces fibres montent par le cordon cervical, le ganglion cervical supérieur et le rameau carotidien jusqu'aux filets anastomotiques avec le ganglion de Casser, d'où elles passent dans le ganglion ophtalmique et dans les nerfs ciliaires. Pour Budge, les 1" et 8*= nerfs cervicaux donnent également des fibres pupillo-dilatatrices.
2" Des fibres motrices pour les muscles lisses du globe oculaire et des paupières, originaires des 4'= et 5° nerfs dorsaux (Langley); (jnelques-unes de ces fibres aboutissent au muscle droit externe (H. Mùller).
3° Des fibres vaso-motrices pour les vaisseaux de la face, de l'oreille, etc. (Cl. Bernard, Donders). Chez le chien et chez le chat, les vaso-constricteurs naissent du 2^ au 4° nerf dorsal, du 2" au 8° chez le lapin (Langley).
4° Des fibres centripètes pour le centre vaso-moteur du bulbe (Aubry), issues du 3" au 5° nerf dorsal; elles constituent le nerf accélérateur du cœur. D'après de Cj'on (1897), indépendamment des fibres centripètes connues, il existe dans le nerf dépresseur, des fibre.^ susceptibles d'agir sur les nerfs accélérateurs du cœur, sur l'appareil oculo-moteur et sur la glande thyroïde. Ces diverses fonctions paraissent solidaires et leur trouble se manifeste par la maladie de Basedow.
5° Des fibres secrétaires pour la glande sous-maxillaire qui viennent des 2° et 3° nerfs dorsaux (Cl. Bernard).
6° Des fibres pilo-motrices observées chez le singe par Sherrington du 2" au 3° nerf dorsal.
7" Des fibres vaso-motrices et sécrétoires pour la glande thyroïde (Voy. Briau, Lyon médical, 1897.).
8° Des fibres sécrétoires pour la glande lacrymale (Wolferz)?
Les neurones spinaux ont leurs arborisations terminales dans les ganglions cervicaux moyen et inférieur, oii se trouvent les neurones sympathiques fournissant les fibres qui viennent d'être énumérées.
Tableau de la distribution du sympathique cervical.
Nerf
ou
rameau
caroticlien.
Branche externe.
Branche interne.
Nerf carotico-tympanique.
Filet carotidien du nerf vidien.
Anasloaioseaveclegrand nerfpétreux profond.
Filet innominé.
.\nastomose avec le moteur oculaire externe.
— avec le moteur oculaire commun.
— avec le pathétique.
— avec le ganglion de Casser et le nerf ophtalmique.
— avec le ganglion ophtalmique.
Branches | I Rameaux vasculaires.
supé- 1 i — hypophysaires.
rieures. \ \ — sphénoidaux.
de l'apophyse basilaire.
Avec le glosso-pharyngien.
e pneumogastrique.
) — le spinal.
[ — le grand hypoglosse.
Nerf 1 Filet pour le ganglion d'Andersch (glosso-pharyngien). jugulaire. ( Filet pour le ganglion jugulaire (pneumogastrique). Branches externes': Rameaux communicants avec les 4 premières paires cervicales. Branche inférieure : Cordon du sympathique.
Plexus de l'artère carotide externe.
— de la thyroïdienne supérieure.
Filets anaslomotiques
f Ave(
Branches antérieures ou vasculaires
Branches postérieures
Branches internes ou viscérales.
— de la linguale.
— de la faciale. ■
— de la pharyngienne inférieure.
— de l'auriculaire postérieure.
— de l'occipitale.
Filets musculaires.
— osseux.
Rameaux pharyngiens.
— œsophagiens.
— laryngés.
— cardiaques : nerf cardiaque super.
1 Filets vasculaires pour la carotide primitive. — — pour la thyroïdienne infér.
Filets anastomotiques pour le récurrent.
pour le phrénique.
Filets cardiaques : nerf cardiaque moyen. ^Branches externes : Rameaux communicants pour les 4" et 3'' nerfs cervicaux.
/'Branches! Plexus de l'artère thyroïdienne inférieure.
( supé- Plexus des branches collatérales cervicales de la sous-clavière.
\ rieures. (Plexus de la \e\'\éhv^\& : nerf vertébral Plexus hasilaire.
'^celïilal ] Branches externes : Rameaux communicants avecles 6% 1" et 8= paires cervicales. itiférieur. ] Branche inférieure : Cordon sympathique.
/ [ Anastomose avec le récurrent.
[ \ — avec le nerf cardiaque moyen.
\Branches internes \ Rameau musculaire pour le long du cou.
( Rameau cardiaque -.nerf cardiaque inférieur.
/ Plexus antérieur Plexus coronaire antérieur ou droit.
P^e^us I ( Plexus coronaire postérieur ou gauche,
cardjafyîfe . I Ple.xus postérieur | Anastomoses avec le plexus pulmonaire.