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PLEXUS SOLAIRE

Syn. : Cerveau abdominal des anciens anatomisles; plexus solaire, Wallcr, Langenbeclc, Cruveilliier; plexus épigastrique; plexus cœliaque, Henle, Schwalbe, Anat. Nom.

Le plexus solaire, les ganglions semi-lunaires et les plexus viscéraux de l'abdomen qui en dépendent, sont surtout reliés au grand sympathique par les nerfs splanchniques. Aussi la plupart des auteurs les décrivent-ils comme représentant les nerfs périphériques du sympathique thoracique ; mais, il ne faut pas oublier que les plexus viscéraux reçoivent aussi des filets du sympathique lombaire, que nous signalerons au cours de notre description. Nous allons donc étudier successivement : 1" le plexus solaire et les ganglions qu'il renferme ; 2" les plexus périphériques qui tirent leur origine du plexus solaire.

1" Plexus solaire et ganglions de ce plexus. — Le plexus solaire est formé par une série de ganglions et de nerfs anastomosés entre eux, et qui sont compris entre les deux nerfs grands splanchniques droit et gauche; de ce centre, rayonnent un certain nombre de plexus secondaires, disposition qui justifie le nom de plexus solaire.

Situation. — Le plexus solaire est situé sur la ligue médiane dans la région épigastrique profonde (plexus épigastrique), en avant de l'aorte et des piliers du diaphragme, au-dessus de la tête et du corps du pancréas, en dedans du bord interne des capsules surrénales ; sa limite supérieure à l'orifice aortique du diaphragme, sa limite inférieure répond à la naissance des artères rénales. Les ganglions et les nerfs qui le constituent paraissent disposés avec symétrie autour de l'origine du tronc cœliaque et de l'artère mésentérique supérieure, d'où le nom de plexus cœliaque. Le plexus est recouvert en avant par le col du pancréas et par le feuillet pariétal du péritoine qui tapisse l'arrière-cavité des épiploons ; cette dernière le sépare de la face postérieure de l'estomac, de la petite courbure et du petit épiploon.

Constitution. — Le plexus solaire est formé par un certain nombre de branches afférentes. Ce sont : en haut et en dehors, des nerfs d'origine sympathique, les grands et les petits splanchniques ainsi que les filets des ganglions lombaires supérieurs; en haut et près de la ligne médiane des nerfs d'origine cérébro-spinale, la terminaison du pneumogastrique droit, plus rarement quelques filets du pneumogastrique gauche, et des rameaux terminaux des deux

phréniques. Nous préciserons plus loin les points où aboutissent exactement ces nerfs.

Le plexus solaire est en outre constitué par des ganglions désignés sous le nom général de ganglions solaires, que l'on considère comme les centres auxquels se rendent les branches afférentes, et desquels émanent les plexus secondaires. En général, ils sont assez faciles à distinguer les uns des autres, et sont disposés symétriquement, mais il n'est pas rare de les voir se fusionner en un centre nerveux abdominal (Bichat). Parmi ces ganglions, quelques-uns ont reçu une dénomination particulière et méritent d'ailleurs une description spéciale ; ce sont : a) les ganglions semi-lunaires ; b) les ganglions aortico-rénaux ; c) les ganglions mésentériques supérieurs. Dans la plupart des cas, les ganglions semi-lunaires apparaissent avec leur forme caractéristique, et restent isolés des autres, ce qui explique que bon nombre d'anatomistes ne décrivent que ces deux seules masses ganglionnaires dans le plexus solaire. Nous allons étudier successivement les trois paires de ganglions.

a) Ganglions semi-lunaires. — Syn. : Ganglion cœliaque; ganglion splanchnique: ganglion abdominal. — Quoique leur forme soit un peu variable, les ganglions semi-lunaires se présentent dans la majorité des cas avec l'aspect en croissant qui leur a valu leur nom ; ils sont au nombre de deux, un droit, l'autre gauche, et affectent une disposition symétrique de chaque côté de l'aorte. Leur couleur gris rougeàtre tranche assez nettement sur la teinte blanche des nerfs splanchniques. Leur volume est presque toujours en raison inverse de celui des ganglions voisins; chez la plupart des individus, le ganglion droit l'emporte sur le gauche. Les dimensions moyennes des ganglions semi-lunaires varient entre 20 et 25 millimètres de longueur sur 10 à 15 millimètres en largeur.

Placé de chaque côté de l'aorte abdominale, chaque ganglion semi-lunaire dont la concavité regarde en haut et un peu en dedans, repose sur le pilier correspondant du diaphragme, en dedans de la capsule surrénale et au-dessus du bord supérieur du pancréas. Lorsqu'ils sont un peu volumineux, les ganglions semi-lunaires atteignent par leur extrémité interne l'origine du tronc cœliaque, et arrivent presqu'au contact l'un de l'autre sur la ligne médiane; dans l'ensemble, leurs rapports sont les mêmes que ceux du plexus cœliaque, décrits plus haut. Quelquefois, ces ganglions sont morcelés en une série de petits amas secondaires occupant la même région. Ils présentent à considérer : a) des branches afférentes, et ê) des branches efîérentes.

a) Branches afférentes. — Aux ganglions semi-lunaires, ainsi que nous l'avons dit, parviennent un certain nombre de rameaux afférents. Le ganglion du côté droit reçoit à son extrémité externe le grand nerf splanchnique, et à son extrémité interne la terminaison du pneumogastrique correspondant. Les deux nerfs aboutissent aux deux cornes du croissant ganglionnaire, et paraissent ainsi réunis par une arcade nerveuse très épaisse. C'est cette disposition particulière, signalée pour la première fois par Wrisberg, qui est connue depuis sous le nom d'anse mémorable de Wrisberg. Dans la concavité du ganglion, entre le grand splanchnique et le vague, viennent se terminer les dernières ramifications phrénico-abdominales du phrénique droit (Habershon), tandis

que quelques filets issus du petit splanch nique abordent le ganglion par sa convexité. — Le ganglion semi-lunaire gauche ne présente pas de disposition rappelant l'anse mémorable ; le grand nerf splancbnique aboutit bien à la pointe externe, mais le pneumogastrique gauche fait défaut à la pointe interne. Cependant, dans la concavité du croissant, on retrouve quelques fins ramuscules phrénico-abdominaux du phrénique gauche (Habershon), et, à la partie externe de la convexité, il existe toujours de minces filets venus du petit splanchnique. La partie la pliis interne de sa convexité est réunie à celle du ganglion droit par de petits rameaux aplatis qui enlacent l'origine du tronc cœliaque.

ê) Branches efférentes. — Ces branches naissent à peu près exclusivement de la convexité des ganglions, et participent à la formation du plexus solaire.

h) Ganglions aortico-rénaux. - — Ces deux ganglions, symétriques par rapport à l'aorte comme les précédents, sont placés un peu au-dessous d'eux à l'origine même de l'artère rénale; de petits rameaux aplatis les unissent à la partie inférieure des ganglions semi-lunaires. Chacun d'eux reçoit à sa partie externe la presque totalité des nerfs petit splanchnique et splanchnique inférieur; le ganglion lombaire supérieur leur fournit également quelques filets très grêles. Les deux ganglions envoient, de leur côté, aux ganglions mésentériques supérieurs de fins ramuscules qui passent sur l'origine de l'artère mésentérique supérieure, et semblent ainsi servir de trait d'union entre les ganglions aortico-rénaux droit et gauche.

c) Ganglions mésentériques supérieurs. — Ces deux masses ganglionnaires embrassent dans leur concavité la face inférieure de l'artère mésentérique supérieure; ils sont situés en dedans et un peu au-dessus des ganglions aorticorénaux dont il est parfois difficile de les distinguer. Une grosse anastomose transversale passant sous l'artère mésentérique, les rend solidaires l'un de l'autre ; ils reçoivent leurs branches afférentes du plexus qui entoure le tronc cœliaque, ou des ganglions précédents.

2° Distribution périphérique du plexus solaire. — Le plexus solaire est le véritable centre nerveux de la vie végétative; c'est de lui qu'émanent toute une série de plexus secondaires qui, le long des branches collatérales de l'aorte, vont se répandre dans les organes de la cavité abdominale. La symétrie de certains viscères a conduit les anatomistes à diviser les plexus abdominaux en : a) plexus pairs et b) plexus impairs.

a)i Plexus pairs. — Ces plexus accompagnent les artères diaphragmatiques inférieures, capsulaires moyennes, rénales et spermatiques, on les désigne sous le nom de : 1° plexus diaphragmatiques; 2° plexus surrénaux; 3° plexus rénaux; 4° plexus spermatiques. Comme ces plexus sont symétriques, nous les décrirons d'un seul côté, du côté droit, par exemple.

1" Plexus diaphragmalique. — Les filets nerveux qui le constituent naissent de la partie supérieure du plexus solaire et en particulier de la concavité du ganglion semi-lunaire ; ils se portent aussitôt sur les artères diaphragmatiques inférieures, et rampent d'abord sous le péritoine pariétal, puis avant de pénétrer entre les fibres charnues du diaphragme, ils s'unissent en un riche plexus avec les rameaux phrénico-abdominaux. Quelques filets se perdent directement dans la séreuse péritonéale, mais la grande difficulté est de faire la part du nerf phrénique, des nerfs intercostaux et du sympathique dans l'innervation du diaphragme. Le phrénique et les derniers intercostaux sont surtout des nerfs moteurs, tandis que le sympathique est probablement le nerf vaso-moteur et peut-être sensilif du dia-

phrag-me et des séreuses qui le revêtent. Si cette innervation sensitive était démontrée, on pourrait, peut-être, expliquer la douleur de l'épaule au cours des indaminations aiguës ou chroniques du péritoine et de la plèvre de la façon suivante : les fibres sensilives du sympathique parviennent au plexus solaire, et, de là, par l'intermédiaire des splanchniques, dans la partie supérieure de la moelle dorsale, dont les neurones d'association vont' se terminer au voisinage des origines des nerfs du plexus brachial. Le plexus diaphragmatique droit paraît toujours plus abondant que le plexus gauche; il est toujours pourvu d'un ganglion, le ganglion phrénique ou diaphragmatique, qui a été décrit avec le nerf phrénique (Voy. page 983). Valentin prétend avoir observé à peu près constamment des iilets anastomotiques entre le plexus diaphragmatique droit, et le plexus surrénal du même cùté.

2° Plexus surrénal. — Le plexus surrénal est constitué par des filets issus de la corne externe du ganglion semi-lunaire, par de petits ramuscules émanés du g-anglion aorticorénal; quelques fines branches provenant du plexus diaphragmatique, du phrénique et du petit splanchnique correspondant, vont renforcer ces filets, et s'unir en un réseau assez fort qui entoure l'artère capsulaire moyenne, et qui pénètre avec elle dans la face postérieure de la capsule surrénale, au niveau du bile. Les nerfs traversent la substance corticale et aboutissent dans la substance médullaire où ils paraissent se mettre en rapport avec de grosses cellules que certains auteurs considèrent comme des cellules nerveuses. Étant données les faibles dimensions de l'organe, le nombre des nerfs capsulaires est considérable ; d'après Kulliker, la plupart des nerfs du plexus surrénal sont formés de fibres blanches qui viennent vraisemblablement du pneumogastrique, du phrénique, et du petit splanchnique,

3° Plexus rénal. — Les rameaux nerveux qui constituent le plexus rénal se détachent de la partie inférieure du plexus solaire, et en particulier du ganglion aortico-rénal; à ces rameaux, viennent se joindre le nerf rénal postérieur et quelques filets du petit splanchnique, du S3'mpathique lombaire et du plexus aortico-abdominal. Le plexus qui chemine le long- de Tarière rénale affecte, d'après Sappey, une disposition particulière : les mailles qui le constituent sont à peu près parallèles et s'envoient des anastomoses transversales. Sur son trajet, le plexus rénal présente quelques renflements g-ang-lionnaires parmi lesquels il en est un situé en arrière de l'artère, et qui serait constant, d'après llirschfeld, aussi cet auteur a-t-il proposé de le désigner sous le nom de ganglion rénal postérieur. Parmi les anastomoses du plexus rénal, les plus importantes sont celles qu'il contracte avec le plexus surrénal en haut et avec le plexus spermatique en bas. Le plexus rénal envoie quelques filets au bassinet et à l'uretère (Lobstein) ; sur ceux destinés à l'uretère, Dogiel a pu constater l'existence de cellules ganglionnaires particulièrement nombreuses chez le chien et chez le chat. Le plexus rénal du côté droit fournit, en outre, quelques rameaux à la veine cave inférieure. Parvenu au hile du rein, le plexus se divise en une série de petits plexus secondaires qui s'enfoncent dans le parenchyme rénal avec les divisions artérielles.

4° Plexus spermatique ou ovariqtie. — Ce plexus qui accompagne l'artère de l'organe génital, est surtout constitué par des fibres g-rises; il se détache en partie des ganglions mésentériques et aortico-rénaux. On observe, sur les rameaux qui le forment, la présence de nombreux renflements gang-lionnaires dont un, appliqué contre l'aorte à l'origine de l'artère spermatique (ou utéro-ovarienne), a reçu le nom de ganglion spermatique (ou ovarien). Le plexus spermatique s'anastomose avec le plexus rénal, et avec le plexus aortico-abdominal. Chez l'homme, le plexus spermatique suit le trajet des vaisseaux de même nom, traverse avec eux le canal inguinal et, après avoir donné quelques filets au canal déférent, il vient, au point de division de l'artère, former deux plexus secondaires, le plexus spermatique et le plexus épididymaire. Chez la femme, le plexus ovarique s'accole à l'artère utéro-ovarienne avec laquelle il pénètre dans le ligament large. Là, il donne des filets qui, le long de l'artère ovarienne, se rendent à l'ovaire et qui, par l'anastomose de l'ovarienne avec l'utérine, parviennent à la partie supérieure de la matrice où ils se perdent dans le plexus utérin. De fins rameaux se répandent, en suivant les branches tubaires, sur les parois de la trompe de Fallope.

b) Plexus impairs.— Ces plexus sont destinés aux organes impairs de la cavité abdominale; on les rencontre sur les artères qui naissent de l'aorte au niveau de la ligne médiane, c'est-à-dire sur le tronc cœliaque et ses branches, sur les deux mésentériques et sur l'aorte abdominale elle-même. Nous aurons donc à examiner : 1» le plexus coronaire stomachique; 2° le plexus hépatique; 3° le plexus splenique; ces trois plexus procèdent du plexus médian, le plexus cœliaque qui entoure le tronc cœliaque ; 4° le plexus mésentérique supérieur ; g» le plexus aortico-abdominal dont le prolongement inférieur est sou-

vent décrit sous le nom de plexus hypogastrique supérieur, et dont le plexus mésentérique inférieur représente la division la plus importante,

1° Plexus coronaire stomachique. — Le plexus coronaire stomachique vient du plexus cœliaque, et se porte immédiatement sur l'artère coronaire stomachique; à son origine, il reçoit quelques filets du pneumogastrique, avant que celui-ci aborde le ganglion semilunaire droit. Parmi les rameaux émanés du plexus de la coronaire stomachique, les uns s'accolent à la branche œsophagienne de ce vaisseau, et se perdent dans la région du cardia, les autres cheminent sur la petite courbure et s'étalent sur les deux faces de l'estomac au-dessous du revêtement péritonéal. Ces derniers s'anastomosent à gauche avec les ramifications secondaires du plexus splénique qui suivent les vaisseaux courts et la gastro-

Pi. mes. sup.

PL aort.abd.

k' g. lomb.

PL hyp.

Sciât

[PL Itémorr

PL niés. inl.

Vessie.

FiG. 609. — Plexus solaire et sympathique abdominal. — D'après Sappey.

épiploïque gauche, à droite avec les filets du plexus hépatique qui accompagnent la pylori((ue.

2^ Plexus hépatique. — C'est le plus riche des trois plexus développés aux dépens du plexus cœliaque. Ses rameaux constitutifs relativement volumineux proviennent surtout du ganglion semi-lunaire et du pneumogastrique droit; des filets du pneumogastrique gauche' y aboutissent également par l'intermédiaire des plexus nerveux de l'estomac. Le plexus hépatique entoure tout d'abord l'artère de môme nom avec laquelle il parvient dans le petit épiploon; là, il se subdivise en plexus secondaires pour chacun des organes contenus <lans cet épiploon. Le plexus hépatique proprement dit continue à cheminer sur Fartère liépatique avec laquelle il s'enfonce dans le foie; c'est de lui que se détachent les plexus secondaires qui parviennent au duodénum, à l'estomac et au pancréas, en suivant les collatérales de l'hépatique : pylorique et pancréatico-duodénale. Le long de l'artère cystique,

rampent quelques filets qui se rendent à la vésicule biliaire pour y former le plexus cystique, lequel s'unit à un autre plexus secondaire qui chemine sur le canal cholédoque. Le plexus de la veine porte suit, dans le foie, les nombreuses ramifications de ce vaisseau, mais il émet auparavant deux plexus très grêles vers le canal d'Arantius, et vers le ligament rond du foie; Arnold a nettement vu ces deux plexus chez le fœtus. La disposition des réseaux nerveux sur les voies biliaires est identique à celle qui s'observe sur les parois de l'intestin. Lobstein et Cruveilhier ont divisé le plexus hépatique en plexus hépatique antérieur <]ui accompagne l'artère hépatique, et en plexus hépatique postérieur qui suit le trajet de la veine porte.

3° Plexus splénique. — Les nerfs du plexus splénique proviennent du ganglion semilunaire droit, du ganglion semi-lunaire et du pneumogastrique gauches; les réseaux, plus réguliers que ceux des autres plexus, se portent sur l'artère splénique dont ils ne suivent

Ple.x. de Meissner

FiG. 610. — Le sympathique interstitiel de l'intestin. D'après Ramôn y Cajal.

On voit en coupe deux villosités renfermant des cellules sympathiques.

pas d'ailleurs toutes les flexuosités. Au niveau de la rate, le plexus splénique fournit des plexus secondaires pour chacune des branches de l'artère splénique; la plupart pénètrent dans le hile de l'organe, les autres suivent les vaisseaux courts et se rendent au grand cul-de-sac de l'estomac, quelques filets enfin accompagnent la gastro-épiploïque gauche et vont se distribuer à la grande courbure, puis aux deux faces de l'estomac, ainsi qu'au grand épiploon. Les filets de l'estomac présentent des anastomoses multiples avec le plexus de la coronaire stomachique, et avec les filets qui proviennent du plexus hépatique par l'intermédiaire de la pylorique, de la pancréatico-duodénale et de la gastro-épiploïque droite. Dans son trajet sur le bord supérieur du pancréas, le plexus de l'artère splénique envoie des filets nerveux qui accompagnent les branches artérielles destinées au pancréas : l'ensemble de ces filets nerveux constitue le plexus pancréatique de Cruveilhier.

¥ Plexus mésentérique supérieur. — Ce plexus, le plus considérable de l'abdomen, comprend à la fois des fibres grises et des fibres blanches qui forment une véritable gaîne à l'artère (Cruveilhier). Il s'engage entre les deux feuillets du mésentère, et accompagne la

mésentérique jusqu'à sa terminaison. A son origine, il est situé entre la portion horizontale du duodénum et le pancréas, et il envoie des filets nerveux à ces deux organes ; c'est dans cette région que se trouvent les gang-lions mésentériques'. Les nerfs fournis par le plexus mésentérique supérieur, de même que les collatérales de l'artère, se rangent en deux catégories : a) ceux qui naissent le long de la convexité artérielle et qui se perdent dans les parois du jéjuno-iléon ; h) ceux qui proviennent de la concavité et qui aboutissent au ceecum, au côlon ascendant et à la moitié droite du côlon transverse. Les plexus nerveux suivent le cours des branches artérielles, mais au lieu de former trois arcades superposées comme le font les vaisseaux, ils ne constituent qu'une seule série d'anses nerveuses accolées à l'arcade artérielle la plus voisine de l'intestin (Cruveilhier). Parvenus contre les parois du tube digestif, les filets nerveux s'insinuent le long du bord mésentérique sous le péritoine viscéral, et se distribuent en plexus secondaires dans les différentes tuniques de l'intestin (Voy. t. IV, Splanchn., p. 297). Vers le milieu du côlon transverse, le plexus mésentérique supérieur s'unit à l'inférieur par une arcade nerveuse superposée à l'arcade artérielle de Riolan. Chez le chat, on trouve de nombreux corpuscules de Pacini, appendus aux nerfs mésentériques, soit dans le mésentère, soit sur la surface péritonéale de l'intestin. Chez l'homme, les corpuscules sont rares sur le mésentère et sur l'intestin, ils paraissent surtout localisés dans le tissu cellulaire lâche qui entoure le pancréas (Genersich). Leur nombre, d'après Genersich, est en moyenne de 30 à 40 corpuscules réunis souvent en groupe de 8 à 10; il peut dépasser la centaine d'après Przewoski. Ces corpuscules sont sensiblement plus volumineux que ceux du derme cutané de la main ou du pied.

5" Plexus aorlico-abdominal ou intermésentérique ; plexus lombo-aortique, Cruveilhier. — Il se forme aux dépens de deux minces cordons qui figurent le prolongement inférieur du plexus solaire, et auxquels viennent se joindre les branches efférentes des ganglions lombaires. Ce plexus, à mailles assez lâches, se constitue à la face antérieure de l'aorte abdominale entre les deux artères mésentériques (plexus intermésentérique). A l'origine de l'artère mésentérique inférieure, il se subdivise en deux plexus secondaires, l'un qui descend sur la mésentérique inférieure et prend le nom de cette artère, l'autre qui accompagne l'aorte jusqu'à sa terminaison, c'est le plexus hypogastrique supérieur.

a) Plexus mésentérique inférieur. — Moins riche et moins serré que le plexus mésentérique supérieur, il suit la mésentérique inférieure et ses principales collatérales ; c'est ainsi qu'il donne les plexus coliques dont les rameaux aboutissent à la moitié gauche du côlon transverse, au côlon ascendant et à l'S iliaque. Le plexus hémorrhoïdal supérieur qui accompagne l'artère de même nom constitue, au voisinage de l'anus, le trait d'union avec le plexus hypogastrique inférieur.

b) Plexus hypogastrique supérieur. — Il se prolonge jusqu'à la division de l'aorte en iliaques primitives. Quelques filets très grêles passent sur l'artère sacrée moyenne, mais la plupart des rameaux nerveux cheminent le long des artères iliaques primitives où ils s'unissent aux filets du plexus hypogastrique proprement dit, à la formation duquel ils participent.

Constitution du sympathique tboraco-lombaire. — La majeure partie des fibres émanées des nerfs thoraciques se terminent dans les ganglions du cou ou dans ceux de l'abdomen; nous en avons signalé (page 1203) quelques-unes qui aboutissent à la région cervicale, nous ne nous occuperons que de celles qui se rendent dans les régions thoraciques et abdominales. On y trouve:

1" Les filets vaso-constricteurs pour les vaisseaux du poumon (Bradford). Chez le chien, ils sortent par les nerfs dorsaux du 2' au 7% et surtout par les 3% 4" et S'' d'où ils se rendent au ganglion stellaire.

2" Les nerfs vaso-constricteurs pour les vaisseaux des membres. Ces nerfs naissent pour le membre antérieur du 3" au 11 « nerf dorsal chez le chien (Bradford), du 4= au 9'' chez le chat (Langley); pour le membre postérieur, ils tirent leur origine du 11'= dorsal au 3" lombaire chez le chien (Bradford), du 11° dorsal au 4° lombaire chez le chat (Langley).

3" Les nerfs sudoripares des membres. Ceux du membre antérieur, issus du 3" ou 4^ nerf thoracique chez le chat, aboutissent au ganglion stellaire (Langley) ; pour le membre postérieur, chez le môme animal, ils viennent des deux derniers nerfs dorsaux et des trois premiers lombaires, et passent par le l"' ganglion sacré (Langley).

4" Les 7ierfs pilo-moteurs du tronc et des membres. Ils proviennent, d'après Langley, des 9 ou 10 dernières paires dorsales, et des 3 ou 4 premières lombaires.

Les nerfs splanchniques renferment :

1° Des fibres inhibitrices pour l'estomac et pour l'intestin qui, d'après Langley et Die-

kinson, passent par les ganglions du plexus solaire. L'excitalion du grand nerf splanchnique amène l'arrêt des mouvements péristaltiques de l'estomac : il se produit un relâchement des fibres longitudinales et une contraction tonique des fibres circulaires visible surtout au niveau du cardia et du pylore (Courtade el Guyon).

2" Des nerfs vaso-moteurs pour les vaisseaux de Vabdomen. — Ces nerfs, qui d'après Bayliss et Starling- naissent du 3' au 11= nerf dorsal , se composent de filets constricteurs et inhibiteurs; ils se terminent, d'après Langley et Dickinson, dans le plexus solaire.

Les nerfs vasculaires du rein, étudiés chez le chien par Bradford, sont de deux ordres : les filets dilatateurs émanent des six dernières paires dorsales, et les filets constricteurs des deux premières paires lombaires. Enfin, Fellner a montré que les nerfs dorsaux inférieurs et les deux premiers nerfs lombaires, envoient au plexus aortico-abdominal des filets moteurs pour les fibres circulaires, et des filets inhibiteurs pour les fibres longitudinales du rectum. D'après les recherches de Courtade et Guyon (1897), les conclusions de Fellner pourraient s'appliquer à la musculature de tout l'intestin.

Nous venons de signaler ,les filets sympathi(iues des nerfs lombaires supérieurs qui produisent sur l'intestin une action synergique de celles des dernières paires dorsales. Les filets sympathiques des nerfs lombaires inférieurs se rendent aux organes génitaux et à la portion de l'appareil urinaire contenue dans le petit bassin ; ils sont associés aux paires sacrées avec lesquelles nous les étudierons.

Distribution du sympathique tlioraco-abdominal.

/ Filets pulmonaires : nerf splanchnique pulmonaire. 1 Filets aortiques.

Branches ellerentes\ — pour la veine azygos et pour le canal thoracique. supérieures . . . ) osseux.

Ganglions j j œsophagiens.

et chaîne i f — pour le plexus cardiaque (quatrième nerf car-

thoracique. j \ diaque, nerf splanchni(iue supérieur).

Branches efférentes ^ Grand nerf splanchnique.

inférieures. • • ■ / ,i ^.^ c , , • ( Pet. n. splanchnique prop. dit.

' Petit nerf splanchnique. i . , „ , , . '- .,,.'•

'■ ' ( Nerf splanchnique inleneur.

i Semi-lunaires.

Ganglions . { Aortico-rénaux.

Mésentériques supérieurs.

Plexus 1 I Diaphragmatiques.

molaire J , n • i Surrénaux.

et ganglions. ^ j y Rénaux.

?permatiques ou ovariques.

Coronaire stomachique.

/ Hépatique propr. dit.

Plexus cœliaque . J Hépatique. De la veine porte.

Plexus.

Du canal cholédoque.

Impairs. (Splénique.

] Mésentérique supérieur.

. ^. , , • , S jMesenterique inférieur. Aortico-abdomina . . ] ,, . ■

l Hypogastrique supérieur.

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