‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 42 sur 368 · M£VR0L0G1E · texte numérisé non relu

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tance de 8 centimètres, quelquefois beaucoup moindre, de 2 centimètres seulement. Chez le fœtus il descend encore plus bas et atteint le cul-de-sac durai, c'est-à-dire la fin du segment interne du filum. Il ne représente pas l'axe géométrique du cylindre médullaire; car placé près du tiers antérieur dans les régions cervicale et dorsale, il occupe le centre à la région lombaire et se dirige, dans le cùne terminal, vers la face postérieure. Sa longueur est d'environ 30 centimètres. Large chez les vertébrés non mammifères et chez les mammifères inférieurs, large aussi chez l'embrvon humain, il se rétrécit fortement dès le milieu de la vie fœtale, et n'a plus chez l'adulte qu"un dixième ou même un demi-dixième de millimètre, ce qui le fait à peine visible à l'œil nu ; il devient très apparent si on laisse sécher une coupe de moelle qui a trempé dans l'alcool. La forme ovalaire de sa section montre de grandes variétés, suivant le niveau considéré et aussi suivant les sujets.

Le canal de l'épendyme est le canal ou tube médullaire épithélial de l'embryon, rétréci par la formation nerveuse qui l'entoure. La forme large embryonnaire persiste encore chez l'adulte dans le cùne terminal et constitue le ventricule terminalde la moelle, découvert par W. Krause en 1873. C'est le cinquième ventricule des centres nerveux, car le ventricule de la cloison ne mérite ce nom' ni par son origine ni par sa structure; mais d'autre part le ventricule de la moelle, bien que dérivé du canal neural embryonnaire, n'est pas entièrement assimilable à ceux du cerveau: peut-être eùt-il mieux valu l'appeler le sinus terminal.

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FiG. 123. — Le ventricule terminal.

Coupe frontale du cône et du ventricule terminal. Grandie du double. (D'après Krause.)

Quoi qu'il en soit, ce ventricule occupe la partie inférieure du cùne terminal, au-dessous de l'émergence du nerf coccygien: il correspond donc ii ]a partie coccygienne ou caudale de la moelle, que nous avons considérée comme frappée tout entière d'arrêt de développement. Quelquefois un renilement bulbeux au-dessus de l'origine du filum indique extérieurement sa présence. 11 est en général triangulaire sur la coupe et fusiforme en longueur; ses deux liouts supérieur et inférieur se continuent avec le canal épendymaire. Sa longueur est de 8 à 10 mm.; son D. transversal de 1 mm. à 0,5; son D. ant. postérieur de 1 h 0,4: on le voit bien à l'œil nu sur une pièce durcie, et s'il a échappé si longtemps à Tattention, c'est que sa paroi postérieure rapidement altérée après la mort le laisse béant en arrière, ce qui avait fait croire à Stilling' que le canal de l'épendyme s'ouvrait ciiez l'homme en arrière dans le sillon médian postérieur du renilement lombaire. Le ventricule aftleure en effet le sillon médian postérieur ou plutôt, car celui-ci est déjà effacé, la face postérieure de la moelle dont il n'est séparé que par une mince couche d'épithélium et de substance nerveuse. Il est revêtu d'une couche d'épithélium cilié vibratile, qui repose sur la substance gélatineuse centrale: l'épithélium garde le type embryonnaire dans les parois latérales et postérieure qui contribuent plus particulièrement à former le ventricule.

Le A'entricule terminal reste sans changement et avec ses mêmes dimensions de la naissance à l'âge adulte. Vers quarante ans, il commence à s'oblitérer, mais on le retrouve encore dans l'extrême vieillesse. On l'a constaté chez les animaux au moins chez les jeunes et même chez l'embryon d'amphioxus. II ne faut pas le confondre avec le sinus rhombo'idoA des oiseaux, qui siège à la moelle sacrée et non dans le cùne, et qui est constitué par un épaississement de névroglie gélatineuse comblant le sillon postérieur et traversé par le canal normal.

Sur le Ventricule terminal : W. Kr.ause. Der Ventriculus terminalis. Arch. f. nncroscop. Anatomic, 1873. — Saixt-Remy. Portion terminale de l'épendyme. Thèse, Nancy, 1887. — Argltixski, Arch. f. microsc. Anal., 1897.

MORPHOLOGIE DE LA MOELLE 18Ï

Le canal de l'épendynie est un tube épithéliaL Son épithélium, dérivé de l'ectoderme qui s'est invaginé pour former le canal médullaire, repose sur la substance gélatineuse centrale que nous décrirons plus loin. Il est constitué par une seule rangée de cellules épithéliales cylindriques dites cellules épendymaires; il y en a cent sur une coupe du renflement cervical. La cellule cylindrique regarde le canal par sa base qui porte des cils vibratiles très délicats ; ces cils sont de bonne heure inertes et setransforment partiellement chez Fadulte en un plateau cuticulaire. La partie périphérique de la cellule est pointue et se termine en un prolongement filiforme qui se perd dans la substance grise pour les cellules latérales ; mais celui des cellules ventrales et dorsales traverse en direction sagittale la commissure antérieure et la commissure postérieure pour se terminer sous la pie-mère des sillons médians de la moelle. Cette disposition existe encore dans l'année qui suit la naissance; elle ne tarde pas à s'effacer dans la partie ventrale où l'on retrouve à peine quelques fibres traversant la commissure blanche, tandis qu'elle persiste chez l'adulte, dans la partie dorsale ; le septum médian postérieur est en effet formé de fibres horizontales de névroglie qui proviennent des cellules épendymaires ou de cellules voisines du canal central. Entre les grandes cellules épithéliales sont des cellules intercalaires plus petites et des fibres de névroglie qui arrivent jusqu'à la surface du canal. Chez l'embryon, les cellules épendymaires possèdent un seul prolongement central, très court, qui regarde la cavité, et un prolongement périphérique très long qui traverse en sens radié toute l'épaisseur de la substance nerveuse et aboutit à la face interne de la pie-mère (voy. p. 88).

Le canal de l'épendyme contient du liquide céphalo-rachidien en communication avec celui du quatrième ventricule et avec celui qui entoure le bulbe.

Il est très fréquent de trouver chez l'adulte des oblitérations partielles du canal de l'épendj'me; elles sont produites tantôt par des amas épithéliaux provenant de la prolifération de l'épithélium normal, tantôt par des végétations névrogliques contenant des vaisseaux et englobant les cellules épithéliales désagrégées. Frommann en a constaté ving-deux fois sur vingt-cinq moelles examinées, le plus souvent à la région cervicale. Quand elles sont longitudinales, fait qui semble plus commun dans la portion sacrée, le canal paraU double, en canons de fusil. On ne sait s'il y a des cas de canal normalement et originellement double.

Schulz, qui a étudié plus récemment {Neurol. Centr., 1883) une série de vingt moelles d'adulte aussi normales que possible, a fait les constatations suivantes : quatre fois seulement le canal épendymaire était parfaitement libre et son épithélium normal (sujets de 15 à 33 ans); — quatre fois, canal libre mais avec amas cellulaires intérieurs; — deux fois, lumière oblitérée à la région lombaire seulement; — dix fois, par conséquent dans la moitié des cas, oblitération complète du canal dans toute sa longueur (sujets de 18, 22, 26, 28, 3.5, 52, 53, 56 et 76 ans). Ordinairement, quand le canal renferme des amas cellulaires, sa paroi est mal délimitée et sa couche profonde est infiltrée de cellules nouvelles.

(Voy. aussi Bonne. Revue neurolog., 1899.)

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NÉVROLOGIE.

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