‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 41 sur 368 · C. horizonialcH · texte numérisé non relu

C. horizonialcH

FiG. 118. — Orientation des coupes sur la moelle.

Schéma indiquant la direction des coupes saeittale, iiorizontale et frontale.

1 ' Substance grise. — La substance grise doit sa couleur au pigment que renferment les cellules nerveuses dont elle est peuplée et aux cylindre-axes sans myéline qui la traversent; le gris tire sur le lilas à cause des nombreux vaisseaux qui s'y ramifient.

Elle est formée de deux moitiés symétriques droite et gauche, réunies par un pont transversal appelé la commissure grise. La commissure grise est placée derrière la commissure blanche qu'on

voit au fond du sillon médian antérieur. Le canal de l'épendyme, qui est percé au milieu d'elle, la divise en deux parties :

Racine post. ^^^^ ^ grise antérieure et une c. grise postérieure, ceiie dernière plus épaisse (D . antéro post. au niveau des renflements, 0 mm. 13), visible sur une étroite surface au fond du sillon médian postérieur.

Chaque moitié de la substance grise a la forme d'une épée dite carrelet c'est-à-dire à trois arêtes, ou encore d'un croissant dirigé d'arrière en avant; les convexités des deux croissants se regardant et étant unies par la barre de la commissure grise, il en résulte sur la coupe une figure en X ou en H.

La substance grise de chaque moitié est divisée en deux parties par une ligne transversale conventionnelle qui passe par le canal de l'épendyme : une partie ventrale, corne antérieure, et une partie dorsale, corne postérieure.

FiG. 119. — La substance grise de la moelle.

Figure schématique destinée à montrer la forme en H de la substance grise et ses rapports avec les racines nerveuses. La partie antérieure regarde en bas et à gauche. On a enlevé en haut un anneau de substance blanche.

MORPHOLOGIE DE LA MOELLE

La corne antérieure regarde en avant et en dehors. Sa forme générale est arrondie ou quadrangulaire avec un contour découpé en pointes ou en lobes. Elle se distingue à l'œil nu delà corne postérieure par sa grande surface, parsonéloignement de la circonférence delà moelle et par les nombreux prolongements qui s'irradient de sa périphérie. On la divise en deux parties, la tète et la. base, sans qu'il y ait entre ces deux régions une ligne de démarcation bien reconnaissable.

La corne postérieure est toujours plus longue et plus mince. Elle est plus près de la surface extérieure qu'elle affleure presque à la région cervicale ; elle n'émet pas d'irradiations apparentes et elle est entourée par la substance gélatineuse de Rolando, substance translucide qui coiffe en Voii en croissant l'extré-

Cornc làt.

F orm. réticulée

Col. de Clarke

"orne poster Iciiro

Sitbrl. de Rolando FiG. 120. — Les cornes de la substance grise.

Topographie schénnntic|ue des cornes antérieure et postérieure du côté droit. Par exception, la partie antérieure est ici tournés vers le haut.

mité de la corne. La corne postérieure est partagée en trois parties : la tète (caput), renflement arrondi ou fusiforme, dont le sommet (apex), bien marqué dans les régions cervicale et thoracique, se voit au fond du sillon coll. postérieur; — le col (cervix), étranglement qui manque à la corne antérieure, — et la base.

Les bases des deux cornes s'adossent et se pénètrent; le point de rencontz'e s'appelle la région intermédiaire.

Dans la portion thoracique de la moelle, surtout dans la région supérieure de ce segment, on remarque sur le flanc de la substance grise une saillie triangulaire dont le sommet libre regarde directement en dehors ou bien un peu en arrière : c'est la corne latérale (corne . moyenne, tractus intermédio-latéral). Elle fai t défaut à la région lombaire ; on ne la reconnaît pas non plus à la région cervicale, où elle parait être absorbée par le grand développement latéral de la corne antérieure qui se projette en dehors en saillie arrondie. Bien qu'elle appartienne topographiquement à la zone intermédiaire, on la rattache ordinairement à la corne antérieure dont elle fait manifestement partie chez quelques

[CHAnPV.]

animaux.

L'aiiij'le

NEVROLOniM

rentrant, entre la corne latérale et le col de la corne postérieure, est occupé par un réseau de substance grise dont les mailles plus ou moins grandes circonscrivent des îlots de substance blanche. Ce réseau est la formation réticnlée, indistincte à la région lombaire, bien marquée à la région tboracique, et de plus en plus développée à mesure qu'on se rapproche du bulbe.

Les différentes cornes que nous avons décrites n'ont cet aspect que sur une coupe transversale ; si l'on regarde l'axe gris dans son entier, en élévation, on aura une colonne cannelée, composée de colonnes secondaires qui sont les cornes de la substance grise (fig. 119); les colonnes antérieures sont principalement motrices, et les postérieures, sensltives.

FiG. 121. — Formes de lit substance g'i'ise aux différentes régions de la moelle.

2° Substance blanche. — La substance blanche doit sa couleur aux fibres nerveuses à myéline dont elle est composée. Elle forme autour de la substance grise une écorce ou manteau d'inégale épaisseur, que nous avons vue divisée en cordons antérieur, latéral et postérieur. La périphérie du manteau médullaire n'est pas continue; elle est entaillée d'abord de nombreuses incisufes par où s'enfoncent des cloisons de la pie-mère, puis par les sillons déjà décrits. Au niveau du sillon antérieur, l'angle est arrondi ; il est vif au contraire à l'origine du sillon médian postérieur. La substance grise est recouverte sur toute sa circonférence par la substance blanche, sauf en un point, au fond du sillon médian postérieur, où la commissure grise est à nu. On a dit qu'il en était de même pour le sillon collatér. postérieur ; mais ni chez les animaux, ni chez l'homme, ni chez l'embryon, le sommet de la corne postérieure n'arrive jusqu'à la pie-mère; il en est toujours séparé par une couche de substance blanche. Il est juste d'ajouter que cette mince couche paraît être uniquement formée par le faisceau externe des racines postérieures, et que si l'on arrachait ce faisceau, on verrait le cordon latéral séparé du cordon postérieur et l'apex de la corne pointant au fond du sillon collatéral.

Ni l'étendue, ni la forme, ni la structure des diverses coupes ne sont identiques sur toute la hauteur de la moelle. Non seulement chacune des cinq régions que nous avons admises a sa morphologie propre et constante, mais dans chaque région chaque segment de moelle, avec sa paire rachidienne, a une certaine individualité qui distingue les coupes des différents niveaux, et on a pu dire que la l'orme d'une section de la moelle est l'expression de la nature intime et de la valeur fonctionnelle de la région où la coupe a été faite. Le renflement cervical, de forme ovalaire, se fait remarquer surtoirt pas l'énorme élargissement de sa corne antérieure qui absorbe la corne latérale et

Coupes trnnsvei'i5ales passant, lie haut en bas, par : 1° la région cervicale sup. ; 2* le renllement cervical ; 3° la région tlioracique; 4" le renHement loml)aii'e; 5° la région sacrée; (>° le cône terminal,

MORPHOLOGIE DE LA MOELLE

par sa formalioa réticulée; la moelle thoraci([uo, à contour circulaire, par sa corne latérale et le type en H de sa mince substance grise; le renflement lombaire, par sa corne antérieure uniformément agrandie, sa corne postérieure large et arrondie avec un col peu marqué, presque semblable à la corne antérieure, et non plus effilée, fUsiforme comme aux régions dorsale et cervicale.

Les rapports quantitatifs des deux substances grise et blanche varient suivant les régions considérées. Gratiolet avait déjà établi une estimation générale. Stilling, dont les chiffres diffèrent d'ailleurs sur plusieurs points de ceux de Gratiolet, a précisé ces rapports sur ses coupes en série et a établi leur loi de croissance et de diminution. Plus tard Flechsig a repris ces mensurations pour chaque faisceau des cordons. Des données de Stilling il résulte que : 1" La substance grise est sensiblement proportionnelle au volume d'ensemble de la moelle, très réduite à la région thoracique, très agrandie au niveau des renflements;

FiG. 122. — Renflement cervical de la moelle.

Enfant de 2 ans; coupe au niveau du sixième nerf cervical. (D'après Wakleyer.)

elle s'accroît comme les nerfs qu'elle reçoit ou qu'elle émet; mais cette loi de rapport entre la substance grise et les racines nerveuses n'est vraie que des cornes antérieures; les cornes postérieures y échappent en partie; — 2° La substance blanche subit un accroissement presque régulier de bas en haut.

R. Krause et Aguerre ont donné récemment de nouvelles mensurations prises sur une moelle de femme adulte (Anat. Anz., 1900).

3° Canal de l'épendyine. — Le canal de Vépendyme ou canal central est une cavité percée au centre de la moelle qu'elle traverse clans toute sa longueur. On appelle épendyme, de épi, sur, et endwna, vêtement, le tissu qui forme la paroi du canal.

Le canal commence en haut h l'angle inférieur du quatrième ventricule, passe dans la partie inférieure du bulbe, puis dans toute la moelle, s'élargit en bas du cône médullaire pour former le ventricule terminal et de là très étroit se poursuit dans le filum terminale, où il finit en cul-de-sac, jusqu'à une dis-

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