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RACINES POSTÉRIEURES

Arboris.

Collât, long.

Coll. courte

Br. ascend.

2° Bifurcaiion des fibres. — La racine postérieure monte obliquement clans le sillon, et presque immédiatement, dans la partie externe du faisceau de Burdach, chaque fibre se divise sous un angle de 150" environ en deux branches terminales longitudinales, l'une descendante, l'autre ascendante. Cette bifurcation en T est un fait d'une très grande généralité, puisqu'on l'a constatée non seulement chez tous les vertébrés, mais encore chez les vers et chez les crustacés.

La branche descendante se porte vers la partie de la moelle sousjacente, en se déplaçant de plus en plus vers la ligne médiane; après un certain trajet, elle se recourbe pour pénétrer dans la corne postérieure et s'y terminer. Bien que le parcours de ces fibres ne soit pas exactement déterminé, il est probable qu'elles sont de longueur variée, les courtes étant les plus nombreuses.

La branche ascendante monte verticalement dans le cordon postérieur. L'étendue de leur trajet permet de classer ces branches en plusieurs catégories, les longues, les courtes et les moyennes. Les longues s'élèvent jusqu'au bulbe, et se terminent dans les noyaux de Goll et de Burdach; peut-être même en est-il qui vont directement jusqu'au cervelet; les courtes ne paraissent pas dépasser cinq ou six centimètres, après quoi elles s'enfoncent transversalement dans la corne postérieure Oi^l elles déploient leur ar- Racine antérieure borisation terminale ; les moyennes f,,. 137. - Bifurcation des racines postérieures.

sont intermédiaires aux deux autres Fig. schémat. Les deux branches d'une fibre de racine comme longueur et d'étendue très postérieure et ses collatérales. Voy. aussi la fig. 46.

variée. Cette conception résulte de

l'observation des dégénérations ascendantes des racines postérieures, dégénérations qui s'étendent jusqu'au bulbe, mais vont toujours diminuant et s'épuisant de bas en haut.

Les deux branches ascendante et descendante se terminent dans la substance grise du côté correspondant de la moelle et ne s'entrecroisent pas.

3" Groupement des fibres radicidaires. — Au moment oii elles abordent la tête de la corne postérieure, les fibres radiculaires se répartissent en deux

Racine posi.

Br. desc.

[CHARPY.]

NEVROLOGIE

Racines (groupe interne)

1 Gr ext (zone margin.)

■ C. iimil.

Rolando

. Zone plex.

(noyau) •Fib. longil.

groupes, l'un externe et l'autre interne. Le groupe externe ou latéral occupe une région particulière, riche en ciment interstitiel et faiblement teintée sur les coupes colorées, région connue sous le nom de z-one marginale ou zone de Lissauer; elle est en partie située dans le cordon latéral. Les fibres radiculaires externes sont peu nombreuses, fines et courtes ; il en est do même de leurs collatérales. Leur trajet ne paraît pas dépasser l'intervalle de deux racines. Elles se terminent dans la partie externe de la tête de la corne postérieure.

Le groupe interne., auquel s'est joint un groupe intermédiaire peu développé chez l'homme, est le groupe principal. Les grosses fibres, riches en collatérales, se placent dans la partie externe du faisceau de Burdach ; elles

sont de longueurs diverses comme nous l'avons vu, et ce sont elles qui constituent la presque totali té des cordons postérieurs.

4" Collatérales des racines postérieures. — Les fibres radiculaires émettent par leurs deux branches de nombreuses collatérales qui multiplient singulièrement leurs connexions avec la substance grise. Ces rameaux myélines, plus fins que la tige d'origine, ont une direction transversale ; on les avait pris d'abord pour les racines elles-mêmes, et dans la partie externe du cordon de Burdach leur grosseur et leur nombre leur avaient fait donner le nom de fibres irradiées. Elles paraissent cependant faire défaut dans les fibres longues ou au moins dans la partie périphérique de ces fibres, car on ne les retrouve pas dans les cordons de Goll (Van Gehuchten).

Les collatérales sont d'autant plus longues qu'elles naissent plus près du point de bifurcation de la tige radiculaire. On peut les diviser en courtes, moyennes et longues.

Les collatérales courtes abordent immédiatement la tête de la corne postérieure qu'elles traversent en lignes méridiennes et s'y terminent en arborisation autour des nombreuses cellules nerveuses qu'elle contient. Celles-ci occupent la substance même de Rolando dans laquelle elles forment une triple couche, et la partie centrale de la tête dite noyau de la tête ou zone plexiforme. Les fibres collatérales prennent part soit au lacis fibrillaire qui sous le nom de couche limitante ou zonale entoure extérieurement Rolando, soit au plexus très serré contenu dans l'intérieur même du croissant rolandique.

Les collatérales moyennes comprennent : 1" les collatérales de Clarke, qui se rendent dans la colonne de ce nom et s'y déploient autour des cellules, riches

FiG. 138. — Topographie de la corne postérieure.

Les deux groupes des racines postérieures et les zones con centriques de la tête de la corne poster. — • Côté droit.

RACINES POSTERIEURES.

Groupe int.

Clarke

Coll.commis.

F. sensitivo mot.

elles-mêmes en expansions protoplasmiques. Le plexus remarquable qui en résulte s'atrophie dans le tabès. On sait que la colonne de Clarke est l'origine du faisceau cérébelleux direct; — 2" les collatérales commissurales. Emanées surtout de la partie externe du cordon de Burdach, elles passent par la commissure grise postérieure et se rendent dans la corne postérieure du côté opposé. Ces fibres peu nombreuses, et simples collatérales, représentent l'unique entrecroisement sensitif radiculaire.

Les collatérales longues naissent principalement de la bifurcation ou d'un point voisin. Elles se groupent pour former le faisceau sensitivo-moteur (f. collât, réflexe de Kœlliker), qui, du cordon de Burdach , .longe la face interne de la corne postérieure, traverse son col en direction antéro- postérieure et vient s'épanouir dans la corne antérieure.

Ses arborisations terminales sont destinées surtout au groupe cellulaire latéral qui renferme les principales cellules radiculaires motrices. Ce faisceau est sans doute la voie directe de l'arc réflexe. Il apporte aux cellules motrices les impressions sensitives périphériques qu'il a reçues de la racine postérieure et des cellules du ganglion rachidien. L'entrelacement des arborisations terminales du faisceau collatéral avec les expansions protoplasmiques des cellules radiculaires représente l'articulation entre les deux moitiés de l'arc réflexe de la partie sensitive et de la partie motrice. Cette disposition de l'arc réflexe élémentaire est comparable à celle de deux personnes qui se tiendraient par une de leurs mains entrecroisée avec la main voisine (arborisation sensitive centrale et arborisation protoplasmique), et qui conserveraient chacune une main libre (arborisation sensitive périphérique et arborisation de la plaque motrice musculaire).

5" Fibres motrices des racines postérieures. — La dégénération wallérienne et l'expérimentation physiologique ont révélé dans les racines postérieures, chez quelques animaux du moins, la présence défibres motrices centri- En eflet la section d'une racine postérieure montre que certaines

Fio. 139. — Collatérales des racines postérieures.

Racines posU'T. émettant à leur entrée dans la moelle leurs collatérales courtes, moyennes et longues. Dessin schématique.

fuges.

[CHARPY.]

NEVROLO.GIE.

fibres dégénèrent clans le bout périphérique, aliénant au ganglion, et non dans le bout central ou médullaire ; et d'autre part, ainsi que l'a montré Stricker, confirmé plus tard par Gœrtner et par Morat, cette même racine contient des fibres vaso-dilatatrices. Ces fibres proviennent des cellules radiculaires que nous avons indiquées dans la base de la corne antérieure ; on pense qu'elles se terminent dans les ganglions sympathiques auxquels elles apportent une excitation motrice. Van Gehuchten croit qu'elles font défaut chez les mammifères ; la physiologie les révèle cependant chez le chien.

Peau

Nerf sensit.

Gangl. spinal

Rac. ant.

Nerf moteur

Muscle

FiG. 140. — L'arc réflexe.

Trajet d'une impression sensitive et d'une excitation motrice passant dans un même étage de la moelle.

B. Constitution radiculaire des cordons de Goll et de Burdach. — Nous venons de voir que la racine postérieure, à son entrée dans la moelle, se place par la grande majorité de ses libres, celles du groupe interne, dans la partie latérale du cordon postérieur, contre la corne postérieure. Cette disposition n'est possible que si la nouvelle arrivée refoule vers la ligne médiane la racine sous-jacente dont elle vient prendre la place. Ce déplacement successif des racines postérieures en dedans et en arrière, à mesure qu'on s'élève vers le haut de la moelle, est connu sous le nom de loi de Kahler. Comme ces groupes s'épuisent en montant, par la disparition de leurs fibres courtes et moyennes, leur territoire devient de plus en plus étroit el plus interne; pour la même raison, les fibres radiculaires sont situées d'autant plus près de la ligne médiane et de la périphérie de la moelle qu'elles sont plus longues et viennent^le plus bas.

11 n'y a pas de différence de structure entre les cordons de Burdach et de Goll; ils ne sont point systématisés. Tous les deux sont formés de fibres radiculaires, et la même fil)re qui appartenait en bas au faisceau cunéiforme

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