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Cellules de Golgi ou courts

cvlindre-axes

Imprégnation par la méthode de Golgi ; le cylindre-axe est vu en totalité et marqué en rouge. (D'après Van Gehuchten.)

CHARPY

NEVROLOGIE.

Col. Clarke

Rac. post.

Cell. Roi.

Les groupes cellulaires out une certaine valeur anatomique ; on les retrouve identiques ou peu modifiés à des niveaux différents et quelquefois sur un trajet très long ; mais leur signification physiologique est restreinte, car aucun d'eux n'est formé d'une seule espèce de cellules. Les uns, comme les groupes de la (îorne antérieure, sont des mélanges de cellules radiculaires et de cellules de cordon; les autres, comme la colonne de Clarke, contiennent des cellules à fibres homo-latérales et à fibres commissurales. Ce ne sont donc pas des formations homogènes, pas plus d'ailleurs que les cordons eux-mêmes, comme nous le verrons plus loin.

Les groupes principaux sont les groupes antérieurs, externe et interne, la colonne de Clarke, ceux de la corne latérale et de la substance de Rolando.

1" Groupe exlerne ou latéral A& la corne antérieure. Situé à l'angle antérieur et externe de la corne ventrale, il est composé de quelques cellules de cordon et surtout de cellules radiculaires de grande taille. Il est l'origine principale des racines antérieures, et, à partir du sixième nerf cervical, il est la source du nerf spinal.

2° Groupe interne ou médian de la corne antérieure. Il occupe l'angle antérieur et interne et se prolonge sur la face interne en sens antéro-postérieur. Il renferme quelques cellules radiculaires et un grand nombre de cellules commissurales.

Dans les régions où la moelle Zone piexif. est étroite, ces deux groupes sont ordinairement confondus en un seul. Dans les parties larges des renflements cervical et lombaire, ils se subdivisent en plusieurs groupes secondaires; les cellules y sont plus nombreuses et plus grosses, d'autant plus grosses que la fibre nerveuse radiculaire qui en émane a un plus long trajet à parcourir.

3" Groupe de la corne latérale ou colonne latérale. — La colonne latérale ou colonne intermédiaire (troisième colonne de Stilling, tractus intermédio-latéral de Lockhart Clarke) occupe la corne latérale, dépendance de la corne antérieure. La plupart des auteurs admettent que la colonne nerveuse n'existe que là oij il y a une corne latérale, c'est-à-dire dans la région dorsale seule, que son maximum de développement est à la partie dorsale supérieure, et que dans les régions cervicale et lombaire, ces cellules disparaissent, remplacées par les cellules les plus postérieures du groupe latéral qui prend à ce niveau un grand accroissement. AVal-

Cell. bas . p.

Cell interm.

Corne lat.

Gr. ext.

Gr. int.

FiG. 133. — Groupement des cellules nerveuses.

La disposition des groupes et des cellules solitaires est schématisée sur une coupe de la moelle thoracique.

dèyer soutient au contraire que la colonne n'est sans doute large et compacte qu'à la région thoracique, mais que sur tout le reste de la moelle, dans les parties cervicale, lombaire et sacrée, elle se continue par de petits groupes de cellules de forme caractéristique situées dans la base de la forrnation réticulaire et dans les travées du réseau, et qiii ne se confondent jamais avec les cellules du groupe posté ro-latéral. La colonne serait donc continue, mais en tout cas très amoindrie dans les renflements. Nous avons vu que quelques auteurs avaient considéré la colonne latérale comme l'origine motrice du grand sympathique, opinion tout à fait hypothétique.

4° Colonne de Clarke. — ■ C'est le noyait dorsal de Stilling, la colonne vésiciilaire postérieure de Lockhart Clarke. Cette colonne nerveuse est située dans la corne postérieure, sur la face interne de sa base, un peu en arrière de la commissure grise. Sa forme est ronde ou ovale; on la distingue facilement à l'œil nu sur les coupes colorées. Elle s'étend d'une manière discontinue depuis le 2" ou S'' nerf lombaire ou même le 4'^ (observ. de R. Krause) jusqu'au 1*=' nerf dorsal ou au 8'^ cervical, et sa plus grande largeur est dans la partie de transition lombo-dorsale; mais des traînées de cellules semblables la prolongent à ses deux extrémités, en haut jusqu'au 3'= nerf cervical, en bas, jusqu'à la partie inférieure de la région sacrée, et peuvent même s'y grouper en noyaux.

La colonne de Clarke renferme deux espèces de cellules : de grosses cellules, riches en substance chromophile et en expansions protoplasmiques, qui sont l'origine du faisceau cérébelleux di- r. , ^ ^, ,

o Col. de Clarke

rect, et des cellules petites et pauvres ;;

en grains chromophiles, qui sont des cellules commissurales dont le cylindre-axe traverse la commissure antérieure.

5" Groupe de la substance de Rolando. — La substance gélatineuse de Rolando est une forme spéciale de substance grise qui coiffe la tête de la corne postérieure et en constitue la partie marginale. Elle présente en coupe l'aspect d'un croissant. Son épaisseur, qui est de 0 mm. 3 en moyenne, s'accroît beaucoup au niveau des renflements de la moelle, car elle est proportionnelle aux racines

postérieures, dont un grand nombre viennent se terminer autour de ses cellules. Pauvre en éléments névrogliques, elle est au contraire la partie la plus riche en cellules nerveuses. Ces dernières s'y disposent sur trois rangs concentriques; les unes sont des cellules de cordon, dont les fibres sont destinées au cordon latéral ou au cordon postérieur, les autres sont des cellules de Golgi à cylindi'e-axe court.

A côté de ces groupes principaux de cellules, on en a signalé d'accessoires, moins typiques et moins constants. Ce sont entre autres : les cellules basales de

FiG. 134. — Colonne de Clarke.

Coupe transversale de la moelle thoracique.

NEVHOLOGIE.

la corne postérieure, qui forment au milieu ou sur le côté externe de la base de cette corne de petits amas assez clairsemés, — les cellules qui occupent la zone plexiforme dans la tête de la corne postérieure ; — le groupe central, dit aussi para ou péri-épendy maire; — le groupe intermédiaire de Waldeyer, situé entre la corne antérieure et la corne postérieure, au voisinage des cellules de la corne latérale.

Les cellules péri-épendy maires occupent la substance gélatineuse centrale-. On donne ce nom à une couche transparente, finement fibrillaire, qui entoure le canal central de la moelle et supporte les cellules épithéliales. Nettement limitée en ayant et en arrière par les commissures grises, elle se fond sur les côtés dans la substance spongieuse ; son plus grand développement est à la région lombaire. La substance gélatineuse centrale est traversée par les prolongements périphériques des cellules épendy maires. Contrairement à la substance de .Rolando, elle est riche en cellules de névroglie, et pauvre en cellules nerveuses; .celles-ci sont, des cellules de cordon, principalement du type commissural.

B. Fibres bes cordons.

Les fibres de la substance blanche, émanées des cellules de la substance grise de la moelle ou de cellules situées au delà (cerveau, cervelet), se groupent en faisceaux distincts qu'on appelle les cordons de la moelle.

Dans chaque moitié, le sillon collatéral postérieur où s'engagent les racines

Gnll

Burdach

Zone de Lissauer

Cérébel. dir.

(Flechsig)

Pyr. croise

Gowers

l'yr. direct (Tûrck) Fondamental FiG. 133. — Faisceaux de la moelle.

Fig. schématiquiB. — Topographie des faisceaux a la région cervicale. Le l'aisceau pyramidal en roug'e.

postBrieu?res introduit une division naturelle, macroscopique, en deux parties : Je cordon antéro-latéral et lé cordou postérieur. La séparation du premier en cordon antérieur et cordon latéral est déjà artificielle; on, est obligé de prendre pour limite une ligne conventionnelle qui passe par le filet le plus externe des racines antérieures, et cette ligne coupe en.certâins points des faisceaux d'un

RACINES POSTERIEURES. 195

même système de fibres. Ce n'est donc qu'une division commode au point de vue topographique.

Le cordon postérieur comprend les deux faisceaux ou cordons de Goll et de Burdach, que sépare quelquefois le sillon intermédiaire postérieur. Le cordon antéro-latéral présente sur la coupe une masse uniforme de fibres cloisonnées par la pie-mère et la névroglie ; ces cloisons sont entièrement indépendantes des faisceaux, et ceux-ci ne peuvent être reconnus que sur des moelles malades, dans lesquelles la lésion est systématisée à un groupe de fibres, ou sur les moelles fœtales dont les différentes parties ne suivent point un développement synchrone. C'est par ces deux méthodes qu'on a pu distinguer dans le cordon latéral les faisceaux constitutifs dont nous donnons ici le tableau :

Cordon postérieur ^ Cordon de Burdach. ; Racines postérieures et

l Cordon de Goll. ) Fibres endogènes.

! Faisceau fondamental antéro-latéral.

Cordon antéro-latéral, ) Faisceau pyramidal (voie cérébrale motrice).

) Faisceau cérébelleux direct. ) ,r • •. ,,

I ^ ■ . r- t Voies cérébelleuses.

[ Faisceau de Gowers. )

Dans ces différents cordons ou faisceaux, on appelle fibres endogènes celles qui naissent dans la moelle, c'est-à-dire des cellules de cordon, et fibres exogènes celles qui proviennent de cellules nerveuses situées hors de la moelle.

L Cordons postérieurs et racines postérieures. — Le cordon postérieur, uniforme dans la région lombaire, semble, dans la région dorsale supérieure et dans le renflement cervical, se partager naturellement en deux faisceaux : un faisceau externe, faisceau de Burdach ou faisceau cunéiforme, qui a la forme d'un coin dont le sommet mousse confine à la commissure grise ; un faisceau interne ou médian, cordon de Goll ou cordon grêle, placé comme un triangle de chaque côté du sillon médian postérieur. Ils sont séparés l'un de l'autre par le sillon intermédiaire que parcourent une cloison conjonctive et des vaisseaux; le cordon de Goll a une teinte plus sombre et se colore plus vivement.

Cette distinction est surtout apparente ; elle n'a guère qu'une valeur topographique et non structurale. Les deux cordons sont l'un comme l'autre constitués essentiellement par les ramifications des racines postérieures, fibres exogènes qui viennent s'y étager et s'y classer, et tous deux contiennent en outre, à titre d'éléments accessoires, un certain nombre de fibres endogènes, fibres intramédullaires d'association, dont les affections pathologiques ont révélé l'existence.

Nous décrirons successivement : la pénétration des racines dans le cordon postérieur, — leur répartition dans les faisceaux de Burdach et de Goll, — les fibres endogènes d'association.

A. Pénétration des racines postérieures. — Les racines postérieures diffèrent des racines antérieures au triple point de vue de leur embryogénie, de leur morphologie et de leur fonction. Les racines antérieures sont des expansions de cellules nerveuses intra-médullaires ; elles croissent et se dirigent en sens centrifuge pour aller se terminer dans les organes périphériques ; leur

NEVROLOGIE.

Collatér.

spinal

conduction est exclusivement motrice. Les racines postérieures sont ganglionnées, elles sont les prolongements des cellules nerveuses des ganglions rachidiens, cellules extra-médullaires ; elles croissent et se dirigent en sens centripète pour aborder la moelle où elles se terminent ; leur conduction est sensitive.

1° Origine des fibres radiculaires. — Chaque fibre d'une racine postérieure nait d'une cellule nerveuse du ganglion spinal ou rachidien, situé dans le trou de conjugaison. Les cellules du ganglion sont bipolaires chez les poissons; chez les autres vertébrés, elles sont d'abord également bipolaires à pôles opposés au début de la vie embryonnaire, puis se transforment en type à pôles géminés, et enfin, par le rapprochement des deux fibres et leur enveloppement dans une seule gaine de myéline, en cellules d'apparence unipolaire, avec séparation ultérieure des deux filaments suivant le type en T découvert par Ranvier (voy. fig. 35). Mais au fond, sous cet aspect morphologique qui montre

la fusion des deux pôles hac.post. ^^^^ gg^^j^ -j reste tou-

jours deux prolongements distincts : l'un externe, plus gros, qui se dirige vers la périphérie (peau, muqueuse...) ou plutôt qui en vient et que certaines particularités semblent devoir faire considérer comme un prolongement protoplasmique modifié, myéline à cause de sa longueur et possédant une conduction cellulipète (Cajal); l'autre interne, grêle, qui part de la cellule, se dirige vers la moelle et s'y termine après être devenu fibre de cordon postérieur. Ce sont ces derniers prolongements qui constituent les racines postérieures ; ils représentent probablement les vrais cylindre-axes, leur conduction est centripète par rapport à la moelle, cellulifuge par rapport à leur cellule d'origine. Par conséquent la section de la racine postérieure entraînera la dégénération du bout central, partie isolée de sa cellule, et laissera intact le bout périphérique qui reste uni à son élément généi-ateur, et d'une manière générale tout bout ganglionnaire conservera, au moins un certain temps, son activité et son intégrité.

La racine postérieure, émanée du ganglion spinal, arrive à la moelle et s'y dispose en une série linéaire de 6 à 8 radicules plus nombreuses et plus volumineuses que les radicules antérieures. Chaque radicule, unique sur sou plan transversal, ramasse ses filets en un faisceau compact qui s'engage dans le sillon collatéral postérieur et le suit jusqu'à la rencontre de la tête de la corne postérieure qu'il semble envelopper. Stilling a compté sur une moelle, pour la totalité des racines postérieures, 504,473 fibres (contre 300,000 pour les racines antérieures).

,-. N. mixte

FiG,

Rac. antér, 136. — Origine des racines.

Schéma montrant l'origine des racines postérieures dans le gan spinal, en opposition aux rac. antér. qui naissent dans la moelle.

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