I. — COUCHES OPTIQUES
La couche optique ou thalamus est un ganglion volumineux situé en avant et en dehors des tubercules quadrijumeaux, en arrière et en dedans du corps strié, sur les côtés du troisième ventricule.
Sa forme est ovoïde, à grosse extrémité postérieure. Elle mesure en longueur, c'est-à-dire d'avant en arrière, 40 millimètres, en largeur ou transversalement 14 millimètres en avant et 18 en arrière, en hauteur ou épaisseur 18 en avant et 23 en arrière (chiffres de Krause). Les couches optiques, très rapprochées en
Fo'^tetie iriang
Tngone {pil ani
Commissure grise Tub ant.
Habenula
■ Ganglion habén.
Commiss. interpédonoiilaire
. Pulvinar
Glande pmeave ■ Tub. quad. ant.
FiG. 189. — Couches optiques, face supérieure.
avant où elles viennent buter contre le trigone, divergent en arrière, en faisant avec la ligne médiane antéro-postérieure un angle de 45 degrés. Cette direction est sensiblement perpendiculaire à celle du pédoncule cérébral sur lequel la couche optique est à cheval.
On leur décrit quatre faces, supérieure, inférieure, externe et interne, et deux extrémités, l'une petite, antérieure, l'autre grosse, postérieure.
1° Face supérieure. — La face supérieure, blanc grisâtre, couleur café au lait, est horizontale ; elle est constituée par une écorce médullaire, appelée stratum zonale. Triangulaire à sommet antérieur, convexe en tous sens, mais surtout dans le sens sagittal, elle donne à la couche optique sa forme caractéristique. Un sillon, sillon choroïdien, qui correspond au bord du trigone, la parcourt obliquement du trou de Monro à l'angle postérieur et externe, et
[CHARPY.]
NÉVROLOGIE.
Trigone
3° ventricule
Vent, latér.
. Face sup.
. Face exl.
Capsule int.
Face int.
Cal. du
marque à peu près son axe. Il la divise en deux ailes, externe et interne. L'aile externe, plus blanche, se renfle en avant, plus ou moins près de l'extrémité antérieure, en une saillie oblongue, le tubercule antérieur (corpus album subrotundum) ; cette aile appartient au plancher du ventricule latéral. L'aile interne est plus grande, elle occupe presque toute la partie postérieure, oij elle se fond insensiblement avec la grosse extrémité ; elle est recouverte par le trigone et les plexus choroïdes.
Sur la partie postérieure et interne de la face supérieure se détache un petit champ triangulaire à sommet antérieur, triangle ou trigone de Vhabenula, entre la couche optique, la glande pinéale et les T. Q. antérieurs. Il est limité : en dedans par une strie blanche, pédoncule de la glande pinéale ou habena,
habenula; en dehors par le sillon de l'habenula; en arrière par un sillon transversal profond qui le sépare des T. Q. (sillon souspinéal de quelques auteurs) (voy. fig. 208). L'aire du triangle est occupée par un petit renflement, mal délimité parce qu'il est complètement enveloppé de substance blanche, à peine reconnaissable chez l'homme, très prononcé chez beaucoup de mammifères, le ganglion de Vhabenula. Edinger fait observer que ce ganglion existe même chez les vertébrés les plus inférieurs, que chez tous il est situé en avant de l'épiphyse (glande pinéale), que chez tous aussi il est en relation avec les ganglions interpédonculaires et, par le pédoncule habénuiaire, avec la région olfactive du cerveau.
Le bord externe de la face supérieure est marqué par un sillon, s. opto-strié, qui sépare la couche optique du noyau caudé ; on y remarque un cordon brunâtre qui le parcourt d'un bout à l'autre et qui comprend la lame cornée, la bandelette demi-circulaire et la veine du corps strié, toutes parties que nous décrirons avec le cerveau antérieur ; elles sont confondues par quelques auteurs sous le nom de strie terminale.
Le bord interne est au contraire une arête vive, sur laquelle se détache la strie blanche de Vhabenula (dite encore teenia thalami, strie médullaire). Elle se dirige tout droit d'avant en arrière, du trou de Monro à la glande pinéale, qu'elle aborde en se coudant à angle droit sur elle-même. Nous venons de voir qu'à ce niveau elle laissait en dehors d'elle le triangle de l'habenula.
A la jonction de la face supérieure avec sa grosse extrémité ou base, à l'angle postérieur et interne de cette face supérieure, la couche optique est échancrée (échancrure ou incisure de l'habenula), en arrière du trigone habénuiaire.
Fig. 190. — Coupe frontale demi-schématique de la couche optique dans sa moitié postérieure.
A ce niveau la coupe présente une forme quadrangulaire. -^ D'après Schwalbe.
COUCHE OPTIQUE. 265
pour loger le tubercule quadrijumeau antérieur et son bras conjonctival.
Face inférieure. — Cette face, adhérente dans toute son étendue, est excavée et enroulée en arc sur le pédoncule cérébral qu'elle entoure aux trois quarts et qu'elle déborde en dedans et en dehors. C'est avec l'étage supérieur ou calotte du pédoncule qu'elle est soudée. Le sillon de Monro la limite en dedans et la bandelette optique en dehors.
Face externe. — La face externe est soudée partout à une partie blanche, le bras postérieur de la capsule interne ; près de sa jonction avec la face supérieure, elle confine au noyau caudé, dont la sépare la bandelette demi-circulaire. Elle est verticale, comme le montre la coupe qui joint ses deux bords, marqués l'un, le supérieur, par la bandelette demi-circulaire ; l'autre, l'inférieur, par la bandelette optique. En arrière, la couche optique présente sur la coupe une forme quadrangulaire, et la face externe est presque perpendiculaire à la face inférieure; en avant, ces deux faces passent insensiblement l'une dans l'autre, la coupe devient triangulaire (comparez les coupes 188, 190).
Face interne. — Cette face n'existe que dans les deux tiers antérieurs de la couche optique ; dans le tiers postérieur, elle est remplacée par les tubercules quadrijumeaux et le pédoncule cérébral. Elle est verticale, à angle droit sur la face supérieure. Sa surface, de couleur grise, est légèrement bombée ; elle mesure 8 à 10 millimètres. Elle fait partie du troisième ventricule. Ses limites sont : en haut, un liséré blanc saillant, l'habenula; en bas, une gouttière curviligne, le sillon de Monro. Dans sa moitié antérieure, elle est souvent unie à la face opposée par un pont transversal très court, très facile à rompre, la commissure grise.
La commissure grise, comm. molle, comm. moyenne, est une lamelle horizontale, d'une grande mollesse, qui unit les deux faces optiques du troisième ventricule. Elle se déchire facilement et se rétracte si complètement après sa déchirure, qu'on peut avoir de la peine à retrouver ses lambeaux. Sa forme est tantôt celle d'un cordon cylindrique, tantôt et plus souvent celle d'une lamelle quadrilatère aplatie. Son épaisseur est de 5 à 6 mm., et sa longueur, de droite à gauche, est de 1 à 2 mm., mais peut atteindre 17 mm. dans l'hydrocéphalie chronique.
La commissure fait souvent défaut, environ 20 fois sur 100, et bien plus souvent chez l'homme que chez la femme. Quelquefois elle est double, et dans ce cas les deux cordons sont ordinairement superposés.
Chez les animaux, elle est très vaste, ou pour mieux dire elle n'existe pas à l'état de commissure, les deux couches optiques étant soudées sur une grande partie de leur surface; cette soudure est d'ailleurs un phénomène secondaire. Chez l'homme l'écartement des couches optiques étire la soudure et provoque la formation d'un cordon.
Elle ne renferme aucune fibre nerveuse et seulement de la névroglie (Golgi, Willer); elle ne mérite donc pas son nom. Le fait qu'elle est plus grosse sur les cerveaux petits et dégénérés, plus volumineuse, plus constante, plus fréquemment double chez la femme que chez l'homme, tend à la faire considérer comme un organe rétrogradé, en voie de disparition (Tenchini).
Valenti a cité chez l'homme plusieurs cas de soudure des couches optiques par leur face interne; il les rapporte à une dégénérescence atavique.
Extrémité antérieure ou sommet. — Cette extrémité est arrondie et semble formée par l'inflexion en avant de la face supérieure ; elle limite en arrière le trou de Monro que le trigone ferme en avant.
Extrémité postérieure ou base. — La base de la couche optique (face postérieure de quelques auteurs), libre dans toute son étendue, est un bourrelet
[CHARPV.]
Couche opl.
transversal qui se continue insensiblement avec la face supérieure. Elle surplombe et recouvre le corps genouillé interne ainsi que le bras conjonctival antérieur; à son extrémité externe se voit le corps genouillé externe, à son extrémité interne le pulvlnar ou tubercule postérieur de la couche optique. Le pulvinar (coussinet) est une saillie arrondie qui n'est bien développée que chez l'homme et chez les singes ; il est moins détaché que le tubercule antérieur.
Coivps GENOuiLLÉs. — A la basc se rattachent deux petites masses ganglionnaires, les corps genouiUés externe et interne, qui constituent le métathalamus des embryologistes.
Le corps genouillé externe, placé à la jonction de la face externe avec la
base de la couche optique, en dehors et en avant du corps genouillé interne, est une saillie blanc grisâtre en forme de cœur à sommet antérieur. Il se détache mal sur la couche optique dans laquelle il est plus ou moins enfoncé. Son existence est constante chez les vertébrés (Edinger). Une bandelette blanche, appelée bras conjonctival antérieur, le relie au tubercule q.
antérieur ; elle est dirigée transversalement de dedans en dehors, et, après avoir quitté le tubercule quadrijumeau, passe entre le corps genouillé interne et le pulvinar, dans lequel elle semble quelquefois se perdre. Ce ganglion reçoit la racine externe de la bandelette optique. Le corps genouillé interne est situé en arrière du précédent et plus près de la ligne médiane. Il est aussi plus gris, plus petit et plus saillant. De forme ovale, il mesure dans son grand D. qui est transversal, 8 millimètres, et 4 en D. vertical. Un sillon net le sépare du pédoncule cérébral. A son extrémité interne aboutit le bras conjonctival postérieur. Ce bras, bien distinct du bras antérieur, part du tubercule quad. postérieur, se dirige en dehors et un peu en avant, et, arrivé sous le pulvinar, atteint le corps genouillé dans lequel il se perd en se rétrécissant ; il est quelquefois bifide. A l'extrémité externe se rend un ruban médullaire qui est la racine interne de la bandelette optique.
Entre les extrémités externes des deux corps genouillés, Rauber a décrit un cordon, plus facile à voir chez le nouveau-né, qu'il appelle l'anse intergéniculaire.
FiG. iOl.
Cervelet
Base ou face postérieure de la couche optique.
Le pulvinar et les corps genouillés.
TROISIEME VENTRICULE
TROISIEME VENTRICULE
Le troisième ventricule ou ventricule moyen est une cavité impaire et médiane, interposée entre les couches optiques, au-dessous du trigone, au-dessus de la région centrale de la base. Reste peu amplifié de l'ancienne vésicule intermédiaire ou V. des couches optiques, il n'en a pas gardé la forme régulière. Le développement des couches optiques l'a comprimé latéralement; il a pris l'aspect d'un entonnoir, très aplati de droite à gauche, situé de champ, dans le
Trou de Monro Pilier
Sillon de Monro Couche optique
Comm. blanche .
Lam. opliq.
{lame terni.)
Recess. opl. .-■''
Corps pitud
Habenula
Gl. pinéale
Tub. quad.
Aqueduc
FiG. 192.
Tub. mamill
Paroi latérale du ventricule moyen; coupe médiane antéro-postérieure. La paroi ventriculaire est teintée en bleu. — Imité de Reichert.
sens antéro-postérieur, avec un sommet qui regarde en bas et se confond avec la tige pituitaire.
On lui considère deux parois latérales, un bord antérieur, un bord postérieur, une voûte, et trois angles.
|o pQi;>Qis latérales. — Cette paroi prise dans son ensemble est triangulaire, lisse et de couleur grise. Le sillon de Monro la divise en deux parties distinctes. Ce sillon part de l'orifice de l'aqueduc de Sylvius par lequel il se continue avec le sillon Ihnitant du quatrième ventricule, se dirige horizontalement en avant en décrivant un arc à concavité supérieure, qui contourne la commissure grise, et aboutit au trou de Monro. Au-dessus est la partie thalamique; au-dessous, la partie sous-thalamique ou infundibulaire.
La partie t/ialamique est la face interne de la couche optique déjà décrite. C'est une surface ovalaire, à grand axe antéro-postérieur; entre l'habenula qui la limite en haut et le sillon de Monro en bas, elle mesure près de I centimètre.
La partie sous-thalamique ou infundibulaire, que termine en bas l'infundi-
[charpy:
NEVROLOGTE.
bulum, appartient à cette formation nerveuse appelée par quelques auteurs commissure grise de la base, masse grise du troisième ventricule, plancher du troisième ventricule. Elle est triangulaire, à base supérieure, cette base étant le sillon de Monrô ; sa hauteur est la même que celle de la partie supérieure. Elle est libre sur ses deux faces. Sa face externe correspond à la région centrale de la base du cerveau et présente successivement d'avant en arrière : l'espace perforé postérieur, les tubercules mamillaires, la saillie médiane de l'éminence sacculaire, le tuber cinereum que prolongent la tige et le corps pi-
Noyau lent. Noyau caudé
Corps calleux Trigone
Venir, laicr.
FiG. 193. — Voûte du ventricule moyen; coupe frontale.
La coupe passe au niveau des tubercules mamillaires. Le ventricule moyen est divisé en deux étages par la commissure grise. La pie-mère (toile choroïdienne et plexus choroïdes) en rouge.
tuitaire, le chiasma optique et, tout à fait en avant, la lamelle grise optique ou lame terminale.
Bord antérieur. — Ce bord est vertical ; il s'étend du trou de Monro au chiasma optique (fîg. 192). On y remarque de haut en bas : les deux piliers antérieurs du trigone, divergents et croisés transversalement par la commissure Manche antérieure qui passe en avant d'eux, d'où une surface triangulaire à base inférieure, par laquelle s'engage parfois un prolongement du ventricule de la cloison transparente (voy. fig. 189). Cet espace, que l'on a cru percé d'une fente et que Vieussens a appelé la vulve, est en réalité fermé en avant ; c'est la dépression vulvaire de Sappey, le recessus ou fossette triangulaire deSchwalbe; ce dernier terme me paraît le meilleur. — La lamelle grise optique ou lame terminale, à laquelle adhère le chiasma; elle se continue en haut avec la substance grise de la cloison transparente, en enveloppant la face postérieure des piliers du trigone, latéralement avec la substance perforée anté-
TROISIÈME VENTRICULE. 269
rieure, en arrière avec le tuber cinereum. Cette lame nerveuse, demi-transparente au milieu {fenêtre., de Retzius) est, après l'épithélium choroïdien, la partie la plus mince du cerveau ; elle est doublée extérieurement d'une pie-mère fibreuse, résistante, continue avec le névrilemme du nerf optique.
Bord postérieur. — Le bord postérieur ou plandier du troisième ventricule est oblique à 43 degrés en bas et en avant. A partir de l'aqueduc de Sylvius, il comprend : 1° la partie antérieure de la lame ou substance perforée postérieure, lame interpédonculaire, que nous avons décrite avec le cerveau moyen, mais dont la partie ventriculaire appartient au cerveau intermédiaire. — 2° Les tubercules ou corps rnamillaires, petits renflements ovoïdes de 5 à 6 millimètres de diamètre qui proéminent sur la face inférieure. Ils sont piriformes, d'après Retzius; leurs bases se pressent et s'aplatissent l'une contre l'autre et ne sont séparées que par un profond sillon, comblé lui-même par une lame grise très fragile ; leur sommet, dirigé en dehors et un peu en avant, se prolonge en un pédoncule ou bras qui se perd dans l'espace perforé latéral. Leur écorce est blanche et leur centre gris. — .3" En avant des tubercules rnamillaires, et en arrière du tuber, Retzius a indiqué : d'abord deux légères saillies latérales, tubercules prémarnillaires ; puis une saillie médiane, Véminence saccidaire, qui se traduit intérieurement par une fossette, le recessus sacculaire ; cette évagination du plancher ventriculaire est peut-être l'homologue du sac vasculaire des poissons (fig. 204) — 4° Le tuber cinereum, amas de substance grise et molle, situé en arrière du chiasma, en avant de l'émi^ nence sacculaire. Sa forme est bombée. Il correspond au point le plus déclive du ventricule. Vers son tiers antérieur il présente une évagination dirigée en bas et en avant et comme couchée sur la partie antérieure, c'est Yinfundibuluni ou tige pituitaire. Ce prolongement grisâtre, de forme conique, aplati d'avant en arrière, long de o à 7 millimètres, épais de 1 mm. 7 à 3 mm. 4 (Krause), se continue par sa base évasée avec le tuber, et par son sommet s'engage dans l'orifice de la tente pituitaire pour s'unir à la gland^e pituitaire qui lui semble appendue. L'infundibulum est percé d'une cavité qui s'étend jusqu'au voisinage de son sommet ; sa paroi antérieure est plus épaisse que la paroi opposée.
Bord supérieur ou voûte. — Le bord supérieur correspond à la voûte ou toit du troisième ventricule. Il est horizontal, étendu d'arrière en avant, de la fente de Bicliat au trou de Monro ; sa forme est arquée, à concavité infé rieure.
Au sens strict du mot et de la dérivation embryologique, la voûte du ventricule est limitée à son épithélium ; mais pratiquement et par le fait de superpositions et de soudures avec des organes voisins, il faut y adjoindre la toile choroïdienne, c'est-à-dire la pie-mère invaginée et adhérente à l'épithélium, et même le trigone cérébral ou voûte à trois piliers qui recouvre exactement la toile choroïdienne. Enfin, le corps calleux susjacent au trigone sépare encore de l'extérieur la voûte primitive autrefois libre.
Sur la vésicule du cerveau embryonnaire, cette voûte était relativement épaisse; mais elle a de bonne heure avorté, comme celle du quatrième ventricule, et s'est trouvée réduite à son feuillet épithélial primitif jeté transversalement de l'habenula droit à Fhabenula
17' [CHARPV.]
270 NEVROLOGIE.
j-'iiuclie, ot, on sens nnléro-postérieur, de la glande ])inéale aux piliers anlérieiirs du trigone; dans lous ces points ce l'euillot se continue avec l'épilhélium épendymaire du ventricule. Le toit n'est pas libre par sa face supérieure, mais recouvert par la toile choroidienne à la l'ace inférieure de kuiuelle il adhère intimement, si bien qu'en enlevant la toile choroidienne ou crève par là même le toit de la cavité. Des formations nerveuses, analogues aux ttenia et ligula du ([uatrième ventricule, se rencontrent assez souvent sur les bords de la voûte, entre l'épithélium et la toile choroidienne. Connues sous le nom de Isenias dea couche!< optiques ou du troisième ventricule, elles se présentent sous la forme de languettes déchiquetées, grisâtres, gélatineuses, insérées sur l'habenula, par conséquent sur les côtés de la voûte et s'étendant jusqu'à l'extrémité antérieure où elles se rejoignent.
Angles du ventricule (ûg. 192). — Les trois angles du ventricule présentent des particularités remarquables : — à l'angle antérieur, les trous de Monro, et entre eux la fossette triangulaire, la commissure blanche antérieure; — à l'angle postérieur, la glande pinéale, la fente de Bichat et l'aqueduc de S)dvius; — à l'angle inférieur, le chiasma, l'infundibulum et la tige pituitaire.
1" Angle antérieur. — Cet angle correspond au trou de Monro, auquel aboutissent le sillon de Monro et l'habenula. On appelle ainsi un orifice ovalaire, pair et symétrique, très étroit sur les sujets normaux, large sur les cerveaux atrophiés et dans l'hydrocéphalie interne, intercepté entre les piliers du trigone en avant et le sommet de la couche optique en arrière. Ce canal interventriculaire est un reste de la vaste communication qui existait chez l'embryon entre la vésicule hémisphérique et la vésicule intermédiaire ; il persiste avec ces grandes dimensions chez les reptiles et les batraciens. Par les trous de Monro, le ventricule moyen communique avec les ventricules latéraux; par eux aussi, ou plus exactement à côté d'eux, sous leur épithélium soulevé, passent les plexus choroïdes.
2" Angle postérieur. — A l'angle postérieur, on remarque de haut en bas : \a. partie transversale de la. fente de Bichat; par elle le ventricule s'ouvre à l'extérieur, mais en apparence seulement, car la paroi ventriculaire épithéliale a été seulement déprimée à ce niveau par l'invagination de la pie-mère, mais non perforée ; — la glande pinéale, évagination de la voûte ventriculaire, que nous décrirons plus loin; — la. co'inmissure blanche postérieure, cordon blanc, très court, tendu transversalement d'une couche optique à l'autre, en avant des tubercules quadrijumeaux; entre la glande pinéale et la commissure est un diverticule de la cavité ventriculaire, le recessus sous-pinéal ; — sous la commissure postérieure, Vorifîce supérieur ou antérieur, ou aditus (anus pour Vieussens) de l'aqueduc de Sylvius, qui fait communiquer le ventricule moyen avec le quatrième ventricule.
3° Angle intérieur. — Cet angle inférieur ou sommet du ventricule nous présente Vinfundihulum avec sa cavité (recessus infundibulaire), et, en avant de celui-ci, le chiasma des nerfs optiques. Le tuber cinereum se reploie audessus du chiasma et adhère à sa face supérieure ; cette partie du tuber est le trigone cendré de Mûller. A l'union du tuber avec la lamelle grise optique ou lame terminale se voit une dépression angulaire bordée par les nerfs optiques, le recessus opticpie ou àiyerticiûe p^^échiasmaticpœ, reste d'une fente qui chez l'embryon se prolongeait dans le pédoncule optique. C'est la partie la plus large du ventricule. On conçoit que des épanchements séreux ou autres dans
GLANDE PINEALE. 271
ces petites poches déclives des recessus puissent agir par compression sur les nerfs optiques.
Cavité du troisième ventricule (fig. 265). — La cavité, dont nous venons d'étudier les parois, est un espace triangulaire très étroit dont le grand axe est incliné à angle droit sur l'aqueduc de Sylvius. Elle ne mesure de droite à gauche que 4 à 5 millimètres, de sorte que ses faces sont presque en contact ; son D. antéro-postérieur est de 25 millimètres (23-27); sa plus grande hauteur ou D. vertical, est également de 25 millimètres, mesurée de l'habenula à l'infundibulum, mais de 15 seulement sur une coupe frontale moyenne. Elle communique par les trous de Monro avec la cavité des ventricules latéraux, par l'aqueduc de Sylvius avec le quatrième ventricule. On y voit plusieurs diverticules en cul-de-sac, deux à son angle postérieur, les recessus infra et suspinealis, deux à son angle inférieur, le recessus infundibulaire et le recessus optique.
Le sillon de Monro divise la cavité en deux étages : un étage supérieur ou thalamique, cloisonné lui-même par la commissure grise ; un étage inférieur sous-thalamique infundibulaire, que limitent circulairement la protubérance annulaire, les pédoncules cérébraux et les bandelettes optiques.
Bibliographie. — Retzius. Das Menschenhirn, 1890.