I. — MANTEAU DE L'HEMISPHERE OU PALLIUM
(surface extérieure du cerveau)
Le cerveau occupe la plus grande partie de la cavité crânienne, toute cette cavité à l'exception de la loge cérébelleuse. Sa surface plissée est de couleur grise, d'un gris clair ou foncé suivant le type pigmentaire du sujet.
Il présente la forme d'un ovoïde à grosse extrémité postérieure. Cette forme varie comme celle du crâne ; elle se rapproche de l'ellipse chez les dolichocéphales au crâne allongé, de la sphère chez les bracbycéphales au crâne court, avec toutes les transitions mésaticéphaliques qui relient ces deux types extrêmes. Les deux formes, crânienne et cérébrale, ne sont pas rigoureusement calquées l'une sur l'autre et leur indice n'est pas identique ; les sinus frontaux en avant, la protubérance occipitale interne en arrière rétrécissent sensiblement le diamètre antéro-postérieur des hémisphères. Dans la très grande majorité des cas, et probablement toujours dans les conditions normales, c'est le cerveau qui décide de la forme; la botte osseuse se modèle sur lui, comme le font les méninges, et le suit dans toutes ses expansions à la façon de la capsule d'un viscère. Dans certaines conditions anormales, telles que les déformations artificielles du crâne ou les soudures précoces des os de la voûte de cause pathologique, c'est la boite crânienne qui détermine, mais encore d'une façon partielle, la conformation extérieure des hémisphères.
La longueur moyenne du cerveau, mesurée au compas, de la pointe du lobe frontal à celle du lobe occipital, est de 16 centimètres; sa plus grande largeur de 13 et sa hauteur de 12.
Sa surface totale, en le supposant déplissé, est' d'environ J2000 centimètres carrés, dont un tiers appartient à la surface libre et les deux tiers à la surface profonde, cachée dans les sillons et les scissures.
On distingue dans le cerveau une région supérieure ou convexité, une région inférieure ou base.
A. — CONVEXITÉ DU CERVEAU. — La face convexe répond à la voûte du crâne depuis les arcades orbitaires jusqu'à la protubérance occipitale; elle n'est séparée de la face osseuse endocrânienne que par les méninges, par la duremère surtout; la présence d'empreintes sur cette face, mieux marquées il est vrai à la base qu'à la voûte, atteste ces rapports de contiguïté. -^Ue est divisée en deux moitiés par la scissure interhémisphérique (scissure médiane, fente interhémisphérique, fente du manteau) qui est verticale et
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antéro-postérieure. En avant et en arrière, elle s'étend sur toute la hauteur; au
milieu, elle s'arrête au corps calleux. La faux du cerveau la remplit en partie.
Cette scissure sépare le cerveau en deux hémisphères ou deux cerveaux, les
cerveaux droit et gauche de Galien. Elle peut être déviée d'un côté ou de l'autre
(Criiveilhier).
Les deux hémisphères ne sont pas rigoureusement symétriques. Pres(|ue toujours Tun des <leux est plus lourd de quelques grammes. Le gauche est généralement plus long-, surtout en arrière, et sa densité e^^t souvent un peu plus forte. Sa partie frontale se développe plus lard que celle de droite. On peut considérer ces afiymélries comme un caractère supérieur, car elles n'existent pas chez les mammifères inférieurs et sont à peine marquées chez les singes et les races primitives. Quant aux grandes asymétries, visibles au premier couj) (Fœil, ijui déforment la scissure médiane, on les a rencontrées principalement dans des cas extrêmes, d'une part chez des idiots ou des faibles d'esprit, et alors elles relèvent d'encé-
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Sillon de l'iiippocampe FiG. 200. — Face interne du cerveau.
phaiites, d'atrophies crâniennes, d'agénésies cérébrales, et d'autre part chez des sujets distingués. Bichat avait un de ses lobes cérébraux notablement plus volumineux que l'autre.
Dans chaque hémisphère, il faut considérer une face interne, une face externe et une face inférieure.
La face interne, conformée en croissant, est plane, verticale, .séparée de celle du côté opposé par la faux du cerveau. Les deux faces internes sont au contact presque immédiat à travers l'espace fenêtre de la faux et sous ce repli fibreux ; Cruveilhier les a vues soudées par des ponts de substance grise.
En isolant cette face interne tout entière à l'aide du couteau qui sépare l'hémisphère droit de l'hémisphère gauche, on remarque qu'elle comprend deux parties : une périphérique formée par les circonvolutions et qui appartient au manteau ; une centrale, sectionnée, limitée en haut par le sillon du corps calleux, en bas par le sillon de l'hippocampe, et qu'on appelle le seuil ou. limen de l'hémisphère. Ce seuil est constitué par le corps calleux avec son sillon qui forme le limbe, par la voûte à trois piliers, la cloison transparente et le troisième ventricule.
La [ace externe convexe et figurant un segment de surface sphérique, appliquée contre les écailles osseuses de la voûte, montre quatre saillies en rapport avec les bosses frontale, temporale, pariétale et occipitale, mais très atténuées, bien moins marquées que les saillies de la voûte crânienne. Les extrémités antérieure et postérieure sont arrondies ; la postérieure dépasse le cervelet d'environ 25 mm., sauf dans quelques races chez lesquelles le recouvrement est incomplet. Cette face est profondément entaillée par la scissure de Sylvius, qui naît de la l)ase où elle correspond aux petites ailes du sphénoïde, et monte obliquement («n haut et en arrière sur la face convexe qu'elle ne parcourt qu'à moitié et qu'elle divise en deux régions, l'une antérieure ou fronto-pariétale, l'autre pos-
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