L.occip
FiG. 201. — Face externe du cerveau. D'après Hirschfeld.
térieure ou temporo-occipitale. En écartant les lèvres accolées de cette scissure, on reconnaît dans sa profondeur une vaste excavation dont la surface est plissée comme le reste de l'hémisphère et qu'occupe un lobe indépendant, Vinsukf. de
Reil.
La réunion à angle aigu de la face externe avec la face interne forme le bord supérieur ou bord sagittal de l'hémisphère, qui s'étend en ligne courbe antéropostérieure d'une extrémité à l'autre. Il est longé par le sinus longitudinal supérieur vers lequel convergent des veines nombreuses; c'est un des sièges d'élection des granulations de Pacchioni. La longueur moyenne du bord sagittal, mesuré dans son contour du pôle frontal au pôle occipital est de 28 centim. chez l'homme, de 26 centim. chez la femme, et, si on le prolonge en retournant sur la face inférieure jusqu'au trigone olfactif, de 34 et 32 centim. (Eberstaller.)
La face inférieure fait partie de la base du cerveau avec laquelle nous allons la décrire.
[CHARPY.]
NKVROLO<;iF.
B. — BASE DU CERVEAU. — L'encrpliale reposant sur sa convexité et les pcdoneuk's céréJ)raux ayant été sectionnés à leur entrée dans le cerveau, on a sous les yeux une vaste surface, horizontale et plane dans son ensemble, la hase du cerveau en anatoinie descriptive, composée de parties embryologiques diverses : face inférieure du manteau, base du cerveau antérieur et base du cerveau intermédiaire. — On y distingue deux régions latérales symétriques et une région médiane.
1" Régions latéraies. — Chacune des régions latérales droite et gauche est la face inférieure de riiémisphère et présente, comme les autres faces, des cir-
Scissure mcd.
Pcd. o'I
Empreinte- pet
IncÂs. occipil
FiG, 202. — Base du cerveau, d'après Hirsclifeld.
convolutions. Elle est séparée en deux parties, antérieure et postérieure, par le prolongement de la scissure de Sylvius qui arrive jusqu'à la région médiane en décrivant une courbe à concavité postérieure.
La partie antérieure, plane, comprenant le tiers seulement de la base de Thémisphère, est la face inférieure du lobe frontal ou lobule orbitaire ; elle repose sur la voûte de l'orbite sur laquelle elle creuse des empreintes bien nettes. Sa forme est triangulaire, à sommet mousse dirigé en avant; elle est limitée en dedans par un bord droit, qui touche le bord opposé, en dehors par un bord convexe, en arrière par une base concave, la scissure de Svlvius. Près du bord interne et parallèlement à lui, on remarque le pédoncule olfactif] il émerge en arrière d'une saillie triangulaire, le trigone olfactif, et se termine en avant par un renflement ovoïde, le bulbe olfactif; celui-ci repose sur la gouttière
ethmoïdale et donne naissance aux filets du nerf olfactif. Chez certains sujets, la partie qui sépare le bord interne d'avec le pédoncule olfactif, le gjTus rectus, est recouverte d'une bandelette blanche gaufrée, mal limitée en dehors, qui n'acquiert d'ailleurs son plein développement que chez les animaux osmaticjues ; c'est la substance réticulée du tractus olfactif (Brissaud).
La partie postérieure, rétro-sylvienne, est une surface uniforme, excavée pour loger le cervelet ; elle comprend la face inférieure des deux lobes temporal et occipital. Elle occupe, dans la cavité crânienne, deux surfaces différentes : en avant, la fosse sphtnioïdale étendue de la petite aile du sphénoïde au bord supérieur du rocher ; en arrière, la face supérieure de la tente du cervelet qui la sépare de cet organe. Une légère dépression, V empreinte pétreuse, marque sur l'hémisphère le point de contact de l'arête du rocher et la séparation des deux parties temporale et occipitale. La fente qui sépare cette face du cervelet et dans laquelle s'insinue la tente de la dure-mère est la fente cérébrale transversale antérieure, la fente transversale postérieure étant celle qui sépare le cervelet du bulbe.
La face inférieure de l'hémisphère en se rencontrant en dehors avec la face externe, en dedans avec la face interne, détermine un bord inférieur et externe, un bord inférieur et interne. Le bord inférieur externe est mousse, arrondi sur le lobe frontal et le lobe temporal, net et tranché sur le lobe occipital. Le bord inférieur interne présente une disposition inverse.
2" Région médiane. — Elle repose sur la partie centrale de la base du crâne, c'est-à-dire d'arrière en avant sur la lame quadrilatère, la selle turcique, la gouttière optique et les petites ailes du sphénoïde, toutes parties appartenant au même os. On y remarc|ue une excavation en forme de fer à cheval ouvert en avant, et aux deux extrémités de la ligner.médiane, l'origine et la terminaison de la scissure interhémisphérique.
Extrémité antérieure de la scissure interhémisphérique. — Elle se compose de deux parties : une antérieure, libre, longue de 3 cm., dans laquelle sont reçues l'apophyse crista-galli et la faux du cerveau ; une postérieure, en partie comblée par le corps calleux. Cette dernière partie de la scissure est cachée superficiellement par l'arachnoïde cjui passe comme un pont d'un bord à l'autre et constitue le plancher de V espace ou confluent sous-arachnoïdien antérieur (voy. fig. 203). Si on déchire ce feuillet dense et qu'on écarte les lèvres de la fente, on aperçoit au fond la portion réfléchie du corps calleux avec son genou ou extrémité antérieure et son bec, qui se prolonge en pointe jusque vers le chiasma. Les fibres transversales du genou et du bec sont croisées par deux faisceaux blancs longitudinaux à direction antéro-postérieure, qui, au niveau du genou, se continuent en partie avec les nerfs de Lancisi et au niveau du bec se séparent à angle obtus pour traverser l'espace perforé antérieur et aboutir au lobule de l'hippocampe; on donne à ces faisceaux le nom de pédoncules du corps calleux ou bandelettes diagonales. Ils sont accompagnés par les artères cérébrales antérieures.
Excavation centrale. — L'excavation centrale, que borde en arc de chaque côté la dernière circonvolution temporale, est recouverte par un épais feuillet de l'arachnoïde qui passe d'une circonvolution à l'autre et du chiasma à la pro-
[CHARPY.]
2Sk
NEVROLOGIE.
lubôrance; ce feuillet ferme en dessous le grand confluent inférieur ou confluent ventral , un des principaux réservoirs du liquide céphalo-rachidien. De la sur.'ace de la toile arachnoïdienne on voit émerger les nerfs optiques, les artèi'es carotides, la tige pituitaire, les nerfs moteurs oculaires communs (fîg. 96). L'arachnoïde étant enlevée, on ohserve un creux profond; sur un cerveau reposant dans sa calotte crânienne, c'est une pyramide étroite, à hase superficielle correspondant à l'opercule arachnoïdien, et dans laquelle la plupart des organes sont indistincts; si, au contraire, le cerveau repose par sa convexité sur un plan horizontal, sa base ramassée et infléchie se distend, le creux s'étale et laisse voir la structure de ses parois. Toute sa périphérie est occupée par l'hexagone artériel
Coip" call.
Tamel. opl.
Rac. c.xt.
Po'e însuL
PU fcdcif.
Band. diag.
FiG. 203. — Espace perforé antérieur. — En partie d'après Foville.
de Willis et par la partie initiale de ses branches efférentes; c'est-à-dire qu'on y trouve en avant les artères cérébrales antérieures et les sylviennes, sur les côtés les communicantes postérieures et les choroïdiennes, en arrière les cérébrales postérieures. Ces vaisseaux ayant été reconnus et excisés, l'excavation se trouve divisée en plusieurs parties par le chiasma optique et les pédoncules cérébraux.
Le chiasma optique est une masse blanche, en carré long, comparée pour sa forme à la lettre Chi des Grecs ; il est couché horizontalement sur la tige de l'hypophyse et sur la partie antérieure de la tente pituitaire. Des deux angles antérieurs partent les nerfs optiques, qui reposent d'abord sur les gouttières optiques latérales, puis pénètrent par les trous de même nom dans la cavité orbitau-e. Les deux angles postérieurs donnent naissance à deux faisceaux de
HExMISPHÈRES CÉRÉBRAUX. 285
fibres blanches, bandelettes optiques, qui contournent en arc l'excavation, puis la face externe des pédoncules cérébraux et vont, de plus en plus aplatis, se terminer derrière la couche optique, dans les corps genouillés.
En avant du chiasma, et sur la ligne médiane, se voit la lamelle grise optique ou lame terminale de forme triangulaire, attachée par sa base au chiasma sur lequel elle se prolonge. Son soi^imet s'avance entre les pédoncules calleux, et forme en avant de la commissure blanche antérieure la lame rostrale ou précommissurale. Elle est très mince et très molle; la moindre traction la déchire et produit un trou qui conduit au ventricule moyen, car elle appartient au cerveau intermédiaire, le cerveau des couches optiques, dont elle est la partie la plus antérieure. — En dehors d'elle, s'étend de chaque côté Vespace perforr antérieur, portion basale du cerveau antérieur, soudée latéralement au cerveau intermédiaire. Cet espace est quadrilatère, à grand axe parallèle à la bandelette optique qui le borde en arrière; le chiasma, le bord postérieur du lobule orbitaire et le pôle du lobe temporal forment les autres côtés. Une légère saillie, pli falciforme ou limen insulœ, le sépare en dehors de La scissure de Sylvius avec laquelle il se continue. Sa surface est lisse, de couleur grise, quelquefois partiellement ou même entièrement blanche. Son nom de perforé lui vient des nombreux trous dont il est criblé et qui servent de passage aux artères et veines du corps strié. Cet espace est parcouru obliquement, de son angle antéi'o-inlerne au pôle temporal, par un tractus blanc ou bandelette diagonale constant, mais plus ou moins apparent, qui n'est que le prolongement du pédoncule du corps calleux. Sur son bord antérieur se voit le trigone olfactif, dont les racines externe et interne se portent sur la substance perforée qu'elles traversent. Par sa face supérieure invisible, il se continue avec l'extrémité antérieure du corps strié. Toutes ces connexions nous sont expliquées par l'embryologie ; c'est en effet la base du cerveau antérieur (espace perforé) qui donne naissance au lobule olfactif et aux corps striés.
L'espace perforé antérieur (substance ou lame perforée, quadrilatère perfore) est une Tégion olfactive petite chez riiomme, large chez les animaux osmatiques. Elle ne se voit bien qu'en écartant les parties voisines, chiasma et circonvolutions, qui la cachent et en enlevant l'artère sylvienne, qui rampe à sa surface et s'y attache par de nomlireux rameaux. Sur le cerveau en place, elle est complètement couverte par l'extrémité ou pôle du lobe temporal qui se projette au-dessous d'elle. On aperçoit alors une sorte de bas-fond dont la forme est celle d'un quadrilatère allongé, les deux grands côtés étant l'un antérieur, l'autre postérieur.
Le côté antérieur, taillé en biseau, est la portion antérieure de la troisième. circonvolution frontale, qui s'unit en dedans à la première pour former le pôle frontal et se dirige transversalement en dehors vers la scissure de Sylvius. Sur la partie interne de celte circonvolution, on remarque une saillie, la tubérosUé olfactive ou trigone, d'où partent deux racines olfactives blanches, l'une interne, l'autre externe, qui côtoient les parties correspondantes du bord antérieur de l'espace; quelquefois une racine moyenne s'enfonce directement en arrière dans l'espace perforé. — Le côté postérieur est la bandelette optique qui du chiasma se porte obliquement en dehors et en arrière; elle adhère à la substance (ju'elle recouvre. — Le côté interne est formé en avant par une arête mousse, qui marque le point de jonction de la face interne et de la face inférieure orbitaire de l'hémisphère, en airière par la lamelle optique. — Sur le côté externe curviligne à concavité interne nous trouvons une crête saillante, le pli falciforme, et derrière elle, le bord interne du sommet (lu lobe temporal, fortement échancré par Vlncisure limbique. Cette crête sépare l'espace perforé de la scissure de Sylvius proprenient dite, et confine au pôle du lobe de l'insula; la scissure de Sylvius débouche donc dans l'espace perforé en franchissant cette sorte de détroit, le pli falciforme, qui manque d'ailleurs chez la plupart des animaux adultes; c'est pourquoi cet espace a pu être appelé vallée de Sylvius,
[Cil A RPV.]
286 NÉVROLOGIE.
Il y ;i (iiialro .-m^les : deux antérieurs qui soiil interne et externe; deux postérieurs, qui se dislinpiient de la même lacon.
Nous voyons donc que cette région est étroilenient contournée et en partie pénétrée par les deux seuls nerfs (jui naissent du cerveau même, le nerf olfactif et le nerf optique. Nous vovons aussi que les pôles des trois lobes frontal, temporal et l'insula répondent à trois de ses aufi'les.
La surface de l'espace perforé est lisse, d'une couleur grisâtre de ton très variable. Tantôt elle est complètement grise, tantôt entièrement blan^ie, ou le plus souvent d'un gris plus foncé dans sa ])artie antérieure, presque blanc au contraire en dehors; d'autres fois enfin, la substance grise se rassemble en deux bandes, appelées par quelques auteurs circonvohttions olfactives externe et interne, qui se dirigent l'une en debors vers le pôle temporal l'autre en dedans vers le bec du corps calleux, et sont toutes deux longées par les racines du pédoncule olfactif. Sur le .côté interne, en arrière du trigone olfactif, Retzius a signalé un tubercule, bien marqué chez les animaux osmatiques.
11 nous reste encore à indiquer deux particularités importantes, ce sont les vaisseaux et la bandelette diagonale.
« La surface est crevée d'un g'rand nombre de trous vasculaires distribués avec une assez grande régularité. Alignés sur des lignes parallèles à la direction du bord antérieur du (piadrilatère, ils forment plusieurs rangs régulièrement espacés. Dans chacun de ces rangs, le diamètre des trous augmente de dedans en dehors. Ceux qui occupent la diagonale blanche figurent des ovales, dont le grand diamètre est transversal comme cette couche elle-même. Ceux qui occupent l'espace gris, antérieur à cette même diagonale, représentent des ovales allongés à grand diamètre antéro-postérieur (Foville). » Par ces orifices passent quelques veines et surtout des artères centrales, qui vont de l'artère syl vienne au corps strié.
La bandelette diagonale a été signalée par Vicq d'Azyr sous le nom de pédoncule antérieur du corps calleux, par Foville sous celui de bandelette diagonale, diagonale blanche, et sous ce même nom redécrile avec plus de soin par Broca qui en a indiqué les connexions olfactives. C'est la partie horizontale ou basale du pédoncule du corps calleux. En effet, ce ruban de substance blanche, sortant de l'angle intérieur et interne, traverse l'espace et aboutit au côté externe sans suivre un trajet rigoureusement diagonal; ce trajet est d'ailleurs un peu variable, il est parallèle à la bandelette optique et à la racine olfactive externe; ([uelquefois le ruban est reporté tout à fait en arrière. 11 se termine dans l'extrémiié de la cinquième circonvolution temporale. Au delà de son émergence à l'angle interne, la bandelette se réfléchit au-devant du bec du corps calleux et se continue avec les nerfs de Lancisi. Si les classiques l'ont à peine indicfuée, c'est que dans la majorité des cas elle n'est pas apparente. Elle varie comme par exemple les stries acoustiques : tantôt complètement superficielle et visible, ou superficielle par places, ramassée en ruban compact ou bien éparpillée sur le quadrilatère, elle est, le plus souvent, enfouie sous une couche de substance grise, qu'il faut gratter ou enlever par un courant d'eau, pour qu'on reconnaisse le faisceau médullaire. Mais, superficielle ou profonde, elle existe toujours; d'ailleurs, même à travers la substance grise, on soupçonne sa présence par la direction transversale caractéristique des orifices vasculaires sur son trajet.
La bandelette diagonale divise l'espace perforé en deux parties : une antérieure d'un gris plus foncé, bien que moins foncé encore que la lamelle optique, et qu'on appelle la substance grise de Sœnimering, élargie surtout en dehors et pénétrée par les lUets de la racine olfactive moyenne; une postérieure ou partie innominée.
L'espace perforé est la véritable base de la vésicule hémisphérique ; c'est son bile vasculaire, c'est aussi le point d'attache du corps strié, formation basale qui n'est en quelque sorte que la couche supérieure de la substance grise perforée énormément agrandie et projetée dans les cavités ventriculaires.
En arrière du chiasma est une surface losangique, circonscrite par les bandelettes optiques et la face interne des pédoncules cérébraux.
Nous l'avons déjà décrite à propos du plancher du ventricule moyen. Elle comprend d'avant en arrière :
Le tuber cinereitm, avec la tige et le corps pituitaire. Le tuber présente luimême de chaque côté une petite saillie, ou éminence latérale, qui correspond peut-être au lobe inférieur de certains vertébrés (Retzius);
Véminence vasculairc (Retzius), élevure médiane, homologue du sac vascu-
HEMISPHERES CEREBRAUX.
CInasina
laire des poissons; et à côté d'elle deux élevures' très légères, tubercules prémamiUaires ;
■ Les tubercules mamillaires dont les bras se perdent en dehors dans l'espace perforé latéral, sous la bandelette optique (p. 269). Simples chez l'embryon humain et chez un grand nombre de mammifères, ils sont doubles chez les singes supérieurs et chez l'homme. Quelquefois un sillon antéro-postérieur les subdivise et forme, comme chez le lapin, deux tubercules latéraux à côté des tubercules médians ;
L'espace perforé postérieur ou interpédonculaire.
Les pédoncules cérébraux, qui plongent dans la base du cerveau au-dessous des couches optiques, nous sont connus. Sur leur face interne se voit l'émergence du nerf moteur oc. commun. Leur face externe est croisée et contournée par la bandelette optique, le nerf pathétique et l'artère cérébrale postérieure.
En arrière des pédoncules, l'excavation est limitée par le bourrelet du corps calleux, extrémité postérieure large et renflée qui termine cette commissure en arrière comme le genou en avant. Il étend ses fibres blanches transversalement d'un hémisphère à l'autre. Au-dessous de lui sont les tubercules quadrijumeaux antérieurs avec la glande pinéale; entre les tubercules et le bourrelet, la partie mo venue de la fente
dekchat. -- ^ yE,p.perf.ant.
Fente de Blchat.
— L'excavation que nous venons de décrire est contournée, dans la portion qui est en arrière du chiasma, par la /en te de Bicliat ou grande fente cérébrale, fen té tra n sversa le du cerveau. La fente de Bichat impaire, médiane, symétri- C[ue, a la forme d'un fer à cheval dont la concavité regarde en bas et en avant (fig. 203). On lui reconnaît deux parties latérales et une partie médiane ou moyenne. — La partie latérale s'étend d'avant en arrière, le long du bord inféro-interne de l'hémisphère, depuis l'espace perforé antérieur, où elle semble se continuer avec la scissure de Sylvius, jusqu'au bord externe du bourrelet calleux ; elle a pour lèvre supérieure la bandelette optique et le pédoncule cérébral, pour lèvre inférieure le bord libre arqué de la cinquième circonvolution temporale ou circonvolution de l'hippocampe. — La partie moyenne ou médiane, partie transversale de la fente, est placée horizontalement entre le bourrelet du corps calleux, qui lui sert de lèvre supérieure, et les tubercules quadrijumeaux qui sont sa lèvre inférieure; elle se continue de chaque côté avec la partie latérale. Pour la voir sur un encéphale entier dont on a la base sous les yeux, il faut soulever le cervelet et le porter en avant; on aperçoit alors, au fond de
Tuber
Einin. lai
Tub. mmn
PC'd. cérébi
Esp.p- piosl.
FiG. 204. — Région centrale de la base.
Grossie. — D'après Retzius.
CHARPY
2£8 XÈVROLOÙIE.
l"i'si)ace qui s(''pai'(' le cervelet du cerveau (fente cérébrale antérieure) et sous le hourrelet, un vide devenu béant, par lequel s'engagent dans le troisième veniricule un repli d(> pie-mère et la glande pi néale; c'est la partie moyenne (1(> la fente de Jiicliat.
I.a fente de Bichat n'est au fond que le sillon qui sépare les couches optiques de riiémispbère, le cerveau intermédiaire du cerveau antérieur. Ce n'est pas une fente réelle, il n'y a pas de perforation de la paroi. A son niveau, la voûte ou l)ase primitive du cerveau hémisphérique a été refoulée dans les ventricules par une invagination de la pie-mère épanouie en plexus choroïde; elle persiste à l'état rudimentaire d'un feuillet épithélial, qui se continue sur les deux lèvres avec la membrane épendvmaire. La fente est donc fermée par la pie-mère et son revêtement épithélial.
Extrémité postérieure de la scissure interhémisphérique. — Cette partie de la scissure qui s'étend sur une longueur de 6 cm. à partir du bourrelet du corps calleux est libre dans toute son étendue; elle est remplie par la base de la faux du cerveau.
On a signalé dajis le champ de l'excavation des formations médullaires inconstantes que nous mentionnerons brièvement.
Slrie blanche du luber cinereum. — Gudden la connaissait déjà. Lenhossék l'a constatée neuf fois sur trente cerveaux humains, toujours unilatérale et à gauche. Elle existe aussi chez le chien. Cette bandelette, d'un blanc net, large de 1 millimètre, se détache en pinceau de la partie postérieure du tubercule mamillaire autour duquel elle s'enroule, traverse le tuber cinereum à 4 ou .5 millimètres du pédoncule cérébral, passe sur la bandelette optique, en dessous si Ton regarde un cerveau par sa base, et s'enfonce dans l'espace perforé antérieur. Les coupes montrent qu'elle s'y recourbe en décrivant un arc à convexité antérieure et qu'elle finit en pinceau au niveau du pilier antérieur de la voûte, L'auteur pense que la strie ])lanche est un faisceau détaché du pilier antérieur du trigone céréliral; il naît comme lui du tubercule mamillaire, suit un trajet parallèle bien qu'écarté, et le rejoint au-dessus du tuber. (Lenhossék. Beobachtungen am Geliirn des Menschen. Anat. Anzeiger. 1887.)
Retzius Ta vue tantôt uni et tantôt bilatérale. Il présume que c'est un système normal, qui ne se montre qu'exceptionnellement à la surface. Déjerine, comme Lenhossék, rattache la stria alba aux fibres aberrantes du trigone.
Il est probable que la bandelette mamillaire décrite par Trolard comme une formation inconstante, entre l'espace perforé antérieur et l'espace postérieur, est la même que la strie de Lenhossék. (Appareil nerveux de l'olfaction, 1890.)
Terminologie. — Pour désigner chacun des traits anatomiques de la surface cérébrale, il s'est créé un langage qui, en englobant pèle-méle tous les termes dont se servait chaque observateur pour son compte personnel, est, par là même, rempli de significations ambiguës ou même contradictoires. Broca a essayé de le l'éformer; dans sa Nomenclature cérébrale, 1878, il a posé les règles claires, précises de la terminologie des circonvolutions, et indiqué un système simple et uniforme, pour classer et dénommer les saillies et anfractuosités des hémisphères. Les anthropologistes français se sont conformés à cette terminologie dont Broca donnait à la fois le précepte et l'exemple ; il est regrettable que les médecins n'en aient pas tenu un compte suffisant et parlent souvent un langage difîérent de celui des anatomistes. Les auteurs de langue allemande ont uniformisé leurs désignations par la Nomenclature anatomique de 1895.
Nous nous conformerons, à quelques détails près, à la terminologie fixée par Broca. — Voici d'abord les définitions essentielles :
Un lobe est une partie de l'hémisphère limitée par des scissures.
Une scissure est une fente fondamentale, que l'on reconnaît telle à sa précocité embryologique, à sa constance, à sa profondeur, à sa répartition chez les animaux.
Une circonvolution est une saillie allongée qui présente une forme sensiblement fixe et déterminée.
Un sillon est une fente allongée, de valeur secondaire, qui sépare deux circonvolutions d'un même lobe.
Une incisure est une dépression, ordinairement en fossette ou en étoile, en tous cas à court trajet, qui subdivise une même circonvolution en branches ou plis. Ainsi, l'incisure sépare les parties d'une même circonvolution; le sillon, deux circonvolutions d'un même lobe; la scissure, deux ou plusieurs circonvolutions de lobes différents. Cependant l'usage fait encore appeler sillons certaines incisures remarquables par leur fixité et leur universalité.
Le mot pli, autrefois synonyme de circonvolution, n'indique plus maintenant qu'une partie de circonvolution, de préférence étroite et courte. — On appelle p/t de passage celui qui réunit deux lobes à travers une scissure; il y en a dans toutes les scissures à leurs extrémités et souvent sur leur trajet. — On nomme pli cV anastomose celui qui, dans un même lobe, réunit deux circonvolutions entre elles.
JJnpôle est le point commun d'où partent, en rayonnant, un certain nombre de circonvolutions.
Le terme lobule est un des plus mal définis. Il désignait d'abord un ensemble restreint de circonvolutions; c'est ainsi qu'on disait le lobule de l'insula, ou encore le lobule orbi taire, c'est-à-dire la face orbitaire des trois circonvolutions frontales. Ces dénominations disparaissent. Aujourd'hui, lobule signifie amas de plis circonscrit. Tantôt le lobule est une partie d'une seule circonvolution, ainsi le lobule quadrilatère de P' ; le lobule du pli courbe de P^ le lobule de l'hippocampe de T°; — tantôt les plis qui le constituent appartiennent à deux circonvolutions, comme le lobule paracentral, formé aux dépeni des deux circonvolutions rolandiques.
Dans une circoif^olution, on appelle pied la partie supposée initiale, le point d'où on la fait partir, ce qui au fond est conventionnel; et tête^ son autre extrémité. Une racine est un pli d'insertion, ordinairement court et étroit, par lequel le pied s'attache à une circonvolution voisine; elle ne représente donc qu'une partie du pied. Chaque circonvolution est désignée par une lettre majuscule, celle du nom de son lobe, avec un exposant qui indique l'ordre numérique, que l'on compte toujours de haut en bas et sans reprendre ou changer s'il y a une seconde face en retour sur le lobe. Ainsi F'^ signifie troisième circonvolution frontale, au-dessous de F^ et de F^. Les sillons sont désignés de la même manière, seulement avec une lettre minuscule : t-, deuxième sillon temporal.
Il y a quatre grands lobes et deux petits; les grands sont les lobes frontal, pariétal, temporal et occipital; les petits, le lobe du corps calleux et le lobe de l'insula.
[CHARPY.]
XÉVROLOGIE.
Lo lobe frontal a quatre circonvolutions : F', F', F^ ot Fa. Le lobe pariétal en a trois : P', P^ et Pa. Le lobe temporal, cinq : 7'', T'\ P, T' et P. Le lobe occipital, six : 0', OS 0\ 0'% 0% 0\ Le lobe du corps calleux, une seule : C. Le lobe de l'insula, cinq : /', P, F, I\ /^.
Le scbéma ci-joint peut servir de moyen mnémotechnic[ue pour se rappeler le nombre et la direction des circonvolutions des grands lobes.
On remarque les trois pôles : frontal, temporal, occipital ; les trois circonvolutions pariétales, quatre frontales, cinq temporales, six occipitales : 3, 4, 3, 6; et enfin la direction des lignes, deux verticales ou transversales, et les autres longitudinales.
L'usage, plus fort que toute grammaire, a modifié sur certains- points la
nomenclature de Broca et la modifiera encore.
Broca lui-même avait remplacé les noms de quatrième frontale F^ et de troisième pariétale P', par ceux plus compréliensifs de frontale ascendante Fa et de pariétale ascendante Pa. Les deux autres pariétales sont plus clairement désignées par les mots de pariétale supérieure et de pariétale inférieure, tout en conservant leurs exposants P^ et P'^. On dit cuneus au lieu de sixième occipitale, et circonvolution de l'hippocampe au lieu de cinquième temporale. Ces termes spéciaux ont l'avantage d'être un relai pour la mémoire et de présenter aux yeux l'image d'un objet défini avec les localisations physiologiques qui s'y rattachent.
FiG. 205.
Lobe tenip.
Schéma des circonvolutions.
LOBES ET SCISSURES
La première division du manteau, la plus généi'ale, est sa division en lobes, puisqu'un lobe est formé par la réunion de plusieurs circonvolutions.
Avec Broca, nous avons appelé scissure toute fente qui sépare deux lobes. Comme c'est la fente elle-même qui fait distinguer les lobes et les précède, il faut, pour être jugée telle, qu'elle se signale par un certain nombre de caractères anatomiques importants. Tout d'abord les scissures du cerveau humain s'observent sur la grande majorité des cerveaux gyrencéphales ; elles existent chez tous les primates, et, à l'exception de la scissure occipitale, chez tous les mammifères non primates. En second lieu, et pour cette même raison de précocité zoologique, elles sont précoces dans leur apparition chez l'embryon ; leur date est antérieure au sixième mois (quatrième et cinquième mois). Enfin, au point de vue morphologique, et abstraction faite des anomalies inévitables dans
CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES.
tout organe, elles sont constantes, dans leur existence et clans leur forme, et toujours profondes.
Il y a quatre scissures interlobaires : la scissure de Sylvius, S ; la scissure de Rolando, R; la scissure occipitale, 0; la scissure sous-frontale, L (initiale de limbique). Elles séparent quatre grands lobes : le lobe frontal, le lobe pariétal, le lobe temporal, le lobe occipital; et deux petits : le lobe de l'insula et le lobe du corps calleux. On y ajoute une petite scissure intra-lobaire, la calcarine, K, qui devrait être le cinquième sillon occipital, car elle sépare la cinquième circonvolution occipitale de la sixième ou cuneus; mais elle a mérité le nom de scissure par sa fixité zoologique et sa précocité embryonnaire.
Sillons totaux et sillons corticaux. — En se fondant sur un caractère morphologique que présentent certaines anfractuosités, dans la période fœtale, Ilis a divisé les fentes de la surface hémisphérique en deux g-roupes : les sillons totaux ou fissures, et les sillons corticaux. 1" Les sillons totaux aiïectent la totalité de la paroi de la vésicule hémisphérique, et se projettent en saillie dans l'intérieur de cette vésicule; ils sont en outre constants et précoces. A la fissure ou sillon
SllL parici.
Rolando
FiG. 206
Sillon olf.
r' F. de Sijl.
. — Scissures et circonvolutions fœtales. Fœtus de 7 mois. (D'après Kœllilier.)
le sillon de Rolando, le sillon inter-pa-
lotal de Sylvius correspond en projection intérieure le corps strié; à l'occipitale, la convexité de la corne postérieure du ventricule latéral; à la calcarine, l'ergot de Morand; à la fissure de l'hippocampe, la corne d'Ainmon; à la fissure collatérale, l'éminence collatérale ou de jMalacarne.
On voit que la scissure de Rolando et la sous-frontale ne rentrent pas dans les sillons totaux. — 2" Les sillons corticaux, sillons proprement dits et non plus fissures, sont limités à l'écorce cérébrale et ne font aucune saiUie dans les ventricules.
A son tour, Pansch a réparti les sillons corticaux en trois catégories : les sillons primaires, secondaires et tertiaires. Les sillons primaires ou principaux apparaissent de bonne heure {G" mois); ils sont relativement constants dans leur forme et leur existence; ils sont profonds. Ils comprennent riétal, le second sillon frontal, le sillon olfactif, le sillon en II, et le sillon occipito-temporal (ou 4^ tcmporo-occipital); le premier sillon frontal et le sillon calloso-marginal sont des sillons primaires douteux. Les sillons secondaires et tertiaires sont plus tardifs (7" mois et au delà), plus irréguliers à tous les points de vue; les sillons tertiaires répondent à ce que nous avons appelé incisures.
I. Scissure de Sylvius. — La scissure de Sylvius, S, porte le nom de Le Boë Sylvius, anatomiste du xvn" siècle. Elle s'étend obliquement sur la face externe de l'bémispbère, séparant le lobe temporal qui est au-dessous, du lobe frontal et d'une partie du lobe pariétal qui sont au-dessus. C'est la scissure la plus anciennement connue, car elle se voit au premier coup d'œil sur le cerveau, encore bien mieux s'il s'agit d'un cerveau fœtal.
Elle se compose de deux parties : le tronc et les branches. Ces deux portions sont coudées presque à angle droit l'une sur l'autre; la première appartient à la face inférieure du cerveau, la seconde à la face externe.
Tronc de la scissure. — Le tronc est cette portion indivise, qui se fait remarquer par sa situation sur la face inférieure ou base du cerveau, et par sa direction transversale. C'est cette portion que plusieurs auteurs, Broca entre autres,
[CHAnPY.l
XEVROLOGIK.
Lob. orbit. {front.)
Esp. perforé {Ironc)
ont appelée vallée de- Sylviu><, ou partie basllaire. Sa loiigueux' est de 3 cm. (lotnniençant près de la ligne médiane sur le coté de la lame grise optique, elle s'étend transversalement en dehors jusqu'au pôle de l'insula, ou mieux jusqu'à la crête qui sépare l'insula de la vallée de Sylvius et qu'on appelle le pli falciforme ; chez les animaux osmatiques, ce pli est remplacé par une circonvolution olfactive externe, atrophiée chez l'homme, séparant nettement les deux parties de la scissure dans la profondeur. Dans ce ti-ajet, la scissure, fermée par des méninges résistantes, est en rapport avec le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, saillantes et aiguës chez l'homme, qui s'enfoncent dans la dépression de la surface.
En réalité, cette portion que limite en dehors la racine externe olfactive, n'appartient pas à la scissure ; son écorce profonde (espace perforé antérieur) est un territoire olfactif c[ui dépend du rhinencéphale. La scissure vi^aie commence au pôle de l'insula.
Branches de la scissure. — Dès qu'elle apparaît sur la face externe, au niveau du pôle de l'insula, la scissure s'élargit considérablement en formant la fosse ou excavation de Sylvius, c[ui fait suite à la fosse embryonnaire et renferme le lobe de l'insula; en même temps elle se divise en trois branches, qui.
toutes sont profondes, c'est-à-dire qu'elles aboutissent au sillon de Reil et coupent le manteau PU faiciforme danstoute son épaisseur. On distingue une branche postérieure S, une branche horizontale antérieure s' et une branche ascendante s.
1" Branche postérieure, S ; scissure Sijiv.{br.post.) cle Sylvius proprement dite. — La branche postérieure est celle c[ue l'on a en vue cjuand on parle de la scissure de Sylvius en général; elle est la plus longue, la plus facile à voir sans préparation (voy. fig. 209).
Elle part à angle obtus du tronc dont elle est le prolongement, se dirige en arrière et après un trajet de 5 à 6 cm. se relève pour finir par le rameau terminal ascendant, qui lui-même aboutit au lobule du pli courbe. Son trajet est arqué à concavité antérieure plus ou moins accentuée.
Insula (fosse de Sylo.)
Sillon de Reil
Pôle temp.
Fio. 207. — Scissure de Sylvius.
Le tronc ou vallée de Sylvius et la fosse ou excavation, vus sur la Ibasc du cerveau.
La branche poslérieure est profonde de 2 et 3 cm., surtout dans sa partie Initiale qui correspond à la fosse de Sylvius. Dans l'excavation sont contenus le lobe de l'insula, les divisions de l'artère cérébrale moyenne et une quantité notable de liquide céphalo-rachidien circulant dans le canal sylvien. Les deux lèvres, l'une supérieure, l'autre inférieure, surplombent la large fosse de Sylvius et se projettent au-dessus d'elle en forme de couvercles ou opercules que nous décrii-ons plus loin.
2° Branche horizontale, antérieure, s' ou pour d'autres auteurs s". — Cette branche est plus importante que la suivante, car elle est plus précoce dans son apparition et plus fixe comme existence. Elle est absolument constante chez l'homme et l'est aussi chez les singes anthropoïdes. Elle se détache du tronc commun au niveau du pôle insulaire, et se dirige horizontalement en avant, sur une longueur de 2 à 4 cm., en séparant la portion moyenne de la troisième frontale d'avec sa portion orbitaire. On la trouve presque toujours sur la face
Br. ascend.
Opère, pariél.
\ \ ---"'' -^i^- Fosse de Sylvius
Br.anl.-- jr-'' / -y/^. - p. tewp.
Op. orbil /- / I I
y ^' \\+ Wï aU'AI .
FiG. 208. — Formation des opercules de la scissure de Sylvius.
Côté gauclie. — Schéma deBroca.
externe de l'hémisphère, quelquefois sur le bord sourcilier, plus rarement sur la face orbitaire.
3° Branche ascendante, s. — La branche ascendante, appelée encore branche verticale, se détache à angle obtus de la branche postérieure, à peu près au même point que la branche horizontale antérieure; elle a la même longueur et la même profondeur, c'est-à-dire qu'elle arrive jusqu'au fond de la scissure que longe le sillon de Reil. Sa direction est verticale, presque toujours inclinée un peu en avant, jamais en arrière. Elle naît tantôt au même point que la branche horizontale antérieure en formant un V avec elle, plus souvent à quelques minimètres (5 à 10) en arrière, en formant un U, plus rarement enfin par une branche commune, en Y. La partie de la troisième frontale interceptée entre ces branches est le cap. Dans son trajet ascendant, elle s'enfonce dans le creux du premier méandre de la circonvolution, entre le pied qui est en arrière et le cap qui est en avant.
Cette branche est tardive dans son apparition embryonnaire et zoologique ; car elle fait défaut, même chez les anthropoïdes, et n'est pas constante chez l'homme; elle peut manquer sur certains cerveaux imparfaits.
[CJIARPY.]
29/t NÉVROLOGIE.
Coinmo on l'a vu au chapitre de renibryologie, p. 42, la scissure de Sylvius commence (lés la lin (kl deuxième mois embryonnaire ou au commencement du troisième mois par une dépression sur la face exlcrno de riiémisphére; cette dépression est le hile de Thémisphère rénil'orme, elle représente une partie corticale fixée au tronc du cerveau, ne se projetant que faiblement à l'extérieur, pendant que le reste du manteau libre d'attache se développe circulairement autour d'elle et la fait paraître de plus en plus profonde. C'est, on peut dire, la seule scissure dont on connaisse exactement le mode de formation. Par son extrême précocité, par son origine qui n'est autre que l'attache de l'insula au corps strié, l)ar sa continuité constante, en ce sens qu'elle n'est jamais interrompue par des plis de ])assage, la scissure de Sylvius ne ressemble à aucune autre et ne peut même être assimilée aux sillons totaux embryonnaires de His. Elle existe chez presque tous les mammifères; elle fait pourtant défaut chez le tapir.
La dépression béante circonscrite par la saillie des lobes voisins porte le nom de fosse de Syloius (iig. 200), terme que quelques anatomistes appliquent encore chez l'adulte à l'excavation fermée qui loge l'insula. D'abord verticale, la fosse ne tarde pas à devenir oblique en arrière, à mesure que se forme le lobe occipital qui semble par là influencer tout l'hémisphère antérieur. Bientôt les lobes voisins se projettent vers elle en saillies arrondies qui vont à la rencontre l'une de l'autre, par-dessus le fond de la dépression lisse et bombée, représentant l'insula rudimentaire; ces saillies portent le nom d'opercules (couvercles). 11 y en a quatre : l'opercule temporal, l'opercule pariétal qui deviendra l'opercule rolandiquc, l'opercule frontal, futur cap de F' et l'opercule orbitaire. La fente qui sépare l'opercule orbitaire de l'opercule frontal sera la branche horizontale antérieure de la scissure, celle qui sépare l'opercule frontal de l'opercule fronto-pariétal sera la branche ascendante. Ainsi que nous l'avons déjà dit, la branche horizontale apparaît la première (lin du 4° mois ou commencement du 5""); elle marque une étape importante, la troisième circonvolution frontale prenant le type qu'elle conservera chez les anthropoïdes. La branche ascendante se montre au 8° mois seulement, la circonvolution a dès lors deux flexuosités, caractéristiques du cerveau humain et du développement du langage articulé. Ecker a montré que la branche ascendante naissait d'abord de la branche horizontale antérieure, d'où une forme d'Y qui se transforme progressivement en V et en U par l'accroissement du cap frontal. A la naissance, on trouve encore souvent la forme en V; la fosse de Sylvius n'est pas encore totalement fermée, et une petite fossette centrale laisse apercevoir le pôle de l'insula.
II. Scissure de Rolando. — La scissure de Rolando, R, nom donné par Leuret en l'honneur d'un anatomiste italien qui a décrit en 1829, après Vicq d'Azyr d'ailleurs, la scissure en question et les circonvolutions qui la bordent, est une fente transversale, située au centre de la face externe de l'hémisphère et séparant le lobe frontal du lobe pariétal. C'est le sillon central d'un grand nombre d'auteiu's étrangers, à la suite de Huschke. Elle est en effet au centre de la calotte hémisphérique, ou du moins sa partie moyenne est à égale distance des extrémités antérieure et postérieure du cerveau; aussi est-ce toujours elle qu'il faut déterminer en premier lieu pour s'orienter au milieu des lobes et des circonvolutions. Sa position centrale, sa non-interruption, les deux circonvolutions parallèles et continues qui la bordent, la feront distinguer facilement, au moins en dehors d'anomalies importantes, des sillons pré- et postrolandiques qui pourraient donner le change. Elle se montre au cinquième mois de la vie intra-utérine.
Elle suit un trajet obliquement ascendant en haut et en arrière, depuis la scissure de Sylvius à laquelle elle confine, jusqu'au bord supérieur, de l'hémisphère qu'elle dépasse un peu. La longueur est de 8 à 9 cm. L'angle qu'elle forme avec ce bord supérieur ou bord sagittal est ouvert en avant et aigu, c'est ['angle rolando-sagittal, ou angle rolandique. Cet angle est de 70" en moyenne. Il est utilisé en chirurgie pour déterminer la position de la scissure sur la voûte crânienne.
Son trajet est flexueux et présente ordinairement deux courbes ou genoux dont les convexités sont en sens inverse.
Son extrémité inférieure est fermée par le pli de passage fronto-pariétal inférieur qui la sépare de la scissure de Sylvius. — Son extrémité supérieure arrive jusqu'au bord sagittal qu'elle entaille d'une incisure; souvent elle se prolonge sur la face interne de l'hémisphère. Elle est fermée par le pli de passage fronto-pariétal supérieur, qui unit la pariétale ascendante avec la tête élargie de la frontale ascendante et constitue ainsi le lobule para-central. Fréquemment cette extrémité, à partir du bord sagittal, se coude brusquement et se prolonge en arrière sur une longueur de 10 à 15 mm., en une queue ou crochet qui embrasse dans sa concavité la concavité en sens inverse de la
Genou inf. Croch. de Rolando Sci.ss, s. front.
Sciss. occ. ext.
Sill. occip. ant.
Tronc de Sylvius Incis. occip.
FiG. 209. — Lobes et scissures de la face externe du cerveau.
Le lobe pariétal est en bleu, le lobe temporal en rose. — R, Rolando; S, Sylvius; s, branche ascendante; ii', branche horizontale antérieure.
scissure sous-frontale à sa terminaison. Par cette queue postérieure, qui rappelle l'inflexion contraire de l'extrémité inférieure, l'extrémité supérieure de Rolando se trouve reportée à 1 cm. et plus en arrière, ce qui entraîne certaines difficultés pour calculer les angles d'inclinaison ou déterminer les rapports topographiques; pratiquement, il vaut mieux ne pas en tenir compte.
III. Scissure occipitale. — La scissure occipitale, 0, scissure perpendic7^laire de quelques auteurs, pariéto-occijjitale de la Noniencl. anatomique, sépare le lobe pariétal du lobe occipital. Sa direction est transversale, c'est-àdire perpendiculaire au grand axe de l'hémisphère. A cheval en quelque sorte sur le bord sagittal, elle se prolonge sur les deux faces, externe et interne ; de là deux branches, appelées par abréviation scissures occipitales externe et interne.
1° Scissure occipitale interne. — Cette branche, perpendiculaire interne (voy. fig. 211) de plusieurs auteurs, occupe la face interne de l'hémisphère; elle va du bord supérieur dé l'hémisphère au bord externe de l'arc qui entoure le corps calleux. Son trajet est oblique en bas et en avant. Sa longueur atteint 3 cm., sa profondeur 1 à 3 cm.
[CHARPY.] '
NEVROLOGIE
A sa paiilc inférieure, la scissure occipitale se jette dans la scissure calcarine. Elle forme avec elle un Y dont la branche commune, longue de 2 cm. et plus, semble constituée également parles deux scissures; mais l'anatomie comparée montre que cette tige appartient exclusivement h la calcarine, et que môme chez l'homme un pli de passage profond isole la branche occipitale d'avec l'autre branche.
Cette anfractuosité est continue sur tout son trajet. En écartant les lèvres, on remarque deux plis de passage profonds qui sont constants. Ce sont les j:) lis de passage internes de Gratiolet, qui les distinguait en supérieur et inférieur. Le pli supérieur est le pli de passage pariéto-occipital interne ; le pli inférieur est le pli cunéo-limbique .
2" Scissure occipitale externe. — Cette branche, appelée ewcove perpendiculaire externe, diffère à plusieurs points de vue de la branche interne avec laquelle elle se continue sur le bord sagittal. Elle coupe transversalement la face convexe de l'hémisphère, mais à l'inverse de la branche interne elle est presque toujours comblée par des plis de passage superficiels et réduite à de courts tronçons; ce n'est qu'à titre d'anomalie rare qu'on observe une fente continue longue de 4 à 5 cm.
rf) oit
Les deux plis de passage sont ceux auxquels Gratiolet attachait tant d'importance comme caractéristique du cerveau humain, premier et second plis de passage pariéto-occipitaux.
Tous deux sont, en règle générale, Perpend.eœt S. imr Rolrmdo S ci', que superficiels, volumineux et sinueux.
Le premier, qui unit la circonvolution pariétale supérieure avec la première occipitale, longe le bord sagittal et décrit une anse à convexité inférieure ; le second, qui va de la pariétale inférieure à la deuxième occipitale, est au-dessous et en dehors du premier, et décrit une courbe à convexité supérieure. Les deux plis se touchent au milieu par leur convexité, et c'est entre ces deux sommets que passe le sillon interpariétal, pour aller se prolonger plus ou moins loin sur le lobe occipital. Le caractère polymorphe de la scissure occipitale tient aux grandes variations que ces plis peuvent présenter dans leur profondeur, leur volume et leurs flexuosités. Ordinairement elle se compose de deux tronçons, qui sont : ['incisure sagittale constante sur le bord supérieur de l'hémisphère, aboutissant de l'occipitale interne, et le petit sillon occipital transverse situé entre les deux phs, sur un plan postérieur à l'encoche. En prolongeant la direction de ces incisures qui marquent l'occipitale externe, on arrive plus bas, entre le lobe temporal et le lobe pariétal, à un sillon assez constant qui a la même position transversale et porte le nom de sillon occipital antérieur.
A l'inverse de l'homme, la plupart des singes, mais non tous, possèdent deux plis de passage internes st<per/icïeis qui comblent la scissure occipitale interne, et au contraire deux plis de passage profonds qui laissent ouverte la scissure externe. Celle-ci apparaît comme une fente profonde et continue, dont la lèvre postérieure, formée par le bord antérieur du lobe occipital, se projette en opercule ou calotte sur la lèvre antérieure ou pariétale qu'elle recouvre. Elle porte en France le nom de perpendiculaire externe, en Allemagne celui de fente simienne.
S. parall. i' Sylvius
FiG. 210. — Cerveau simien (macaque).
Face externe. (D'après Eberstaller.) en rose.
•Le lobe frontal est teinté
CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES.
IV. Scissure sous-frontale ou calloso-marginale. — La scissure sousfrontale, marquée L parce qu'elle est une partie de la scissure limbique des mammifères osmatiques, est la scissure calloso-marginale des auteurs anglais, dénomination qui ne peut donner qu'une idée fausse de ses rapports ; c'est le sulcus cinguli de la Nomenclature anatomique. En général bien manifeste, elle occupe sur la face interne de l'hémisphère l'espace courbe qui sépare le lobe frontal du lobe calleux en avant et du pariétal en arrière.
Son trajet est celui d'un S italique, dont la branche intermédiaire aux deux crochets serait rectiligne. Née sous le genou du corps calleux, elle contourne la
Se. s. front, (p. ascend.)
Sois, occip
Rolando S. paracent. Pli fronlo-limb. moy. (pré-oval.)
f Se. front. (pori .moy .
Pli fronto-limb . anl.
Se. calcar.
Sois. s. fr.
'\p. aniér.)
Incis. occipj.
FiG. 211. — Lobes et scissures de la face interne du cerveau.
Le lobe pariétal en bleu, le lobe temporal en rose, le lobe du corps calleux en gris. — 0, scissure occipitale ; K, lacalcarine; L (limbique), la sous-frontale ou calloso-marginale.
circonvolution qui borde cette commissure, devient comme elle horizontale, puis l'abandonne vers le quart postérieur pour remonter vers le bord sagittal de l'hémisphère où elle se termine. De là trois parties : une antérieure, oblique et courte; une moyenne, horizontale; une postérieure (r. marginalis àeXa. Nom. anat.), ascendante, remarquable par les crénelures de ses bords qui lui ont fait donner le nom de scissure festonnée. La longueur totale est de 13 à 14 cm. ; la profondeur, inférieure à 1 cm. dans la portion initiale, atteint son maximum dans la portion terminale. Il est à remarquer que, dans ses parties moyenne et postérieure, la scissure n'est pas taillée perpendiculairement, mais obliquement dans l'épaisseur de l'écorce; elle regarde en dedans et en haut, et son fond est plus près du corps calleux que son entrée.
Les trois portions ne sont pas seulement distinctes par les changements de direction, mais encore par la présence de deux plis de passage, un à chaque coude ; ces plis fronto-limbiques interrompent la scissure quand ils sont superficiels, ou s'ils sont profonds lui donnent une configuration en escaher. Ils sont en outre accompagnés d'incisures, qui de la scissure se prolongent sur la face
[CHARPY
298 NÉVROLOGIE.
interne de la première frontale; celle qui suit le pli postérieur et limite en avant le lobule paracentral ou lobule ovalaire est Fincisure préovalaire ou
xillon paracentral.
Les scissures que nous venons de décrire délimitent quatre grands lobes et deux plus petits. Les grands lobes sont les lobes frontal, pariétal, temporal et . occipital ; les petits lobes, le lobe de l'insula et le lobe du corps calleux.
Le lobe frontal est limité sur la face externe par la scissure de Sylvius en bas, par la scissure de Rolando en arrière ; sur la face interne par la scissure sous-frontale, sur la face inférieure par la branche horizontale de la scissure de Sylvius. Il comprend quatre circonvolutions, une transversale ou ascendante, la frontale ascendante, et trois longitudinales ou antéro-postérieures qui sont les première, deuxième et troisième frontales.
Le lobe pariétal a pour limites : sur la face externe ou convexe, en avant la scissure de Rolando qui le sépare du lobe frontal, en arrière la scissure occipitale externe qui le sépare du lobe occipital, en bas la scissure de Sylvius qui l'isole du lobe temporal ; sur la face interne, le vestige d'une scissure qu'on voit chez les non-primates, le sillon sous-pariétal qui le sépare très imparfaitement du lobe du corps calleux, tandis qu'au contraire la scissure occipitale externe le détache nettement du lobe occipital. Il comprend trois circonvolutions, une transversale ou pariétale ascendante, et deux longitudinales, antéro-postérieures, les pariétales supérieure et inférieure.
Le lobe temporal est séparé en haut des lobes frontal et pariétal par la scissure de Sylvius; en arrière, par toute sa base, il est partiellement fusionné avec le lobe occipital, sans scissure limitante, borné seulement par quelques sillons transversaux inconstants.il confine sur la face inférieure et interne au corps de l'hémisphère ; la fente de Bichat s'interpose à ce niveau entre le corps hémisphérique et le bord du manteau. On compte cinq circonvolutions temporales, toutes longitudinales, les première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième temporales.
Le lobe occipital est séparé du lobe pariétal par les scissures occipitale externe et interne, mais continu en partie avec le lobe temporal, comme nous venons de le voir. Ses six circonvolutions, toutes longitudinales, s'échelonnent régulièrement de la première à la sixième.
Le lobe du corps calleux, qui occupe la face interne, est formé d'une seule circonvolution enroulée autour du corps calleux, séparée de lui par le sillon du corps calleux, séparée des lobes frontal et pariétal par la scissure sous-frontale et le vestige de la scissure sous-pariétale.
Le lobe de l'insula, enfoui dans la scissure de Sylvius, sur la face externe de l'hémisphère, est limité par les bords profonds du lit de cette scissure, bords qui constituent le sillon circulaire de Reil et s'interposent entre l'insula d'une part, les lobes frontal, pariétal et temporal de l'autre. Il comprend cinq circonvolutions dites de l'insula et disposées en sens radié.
Quatre lobes sur six ont une disposition en pyramide à sommet mousse ; ce sommet porte le nom de jMie et constitue l'extrémité libre du lobe. On recon-
CIRCONVOLUTIONS CEREBRALES. 299
naît un pôle frontal, temporal, occipital, et un pùle de l'insula. Il n'y en a pas pour le lobe pariétal, ni pour le lobe calleux.
Le nombre des lobes et des circonvolutions est fixe ; seul le nombre des plis secondaires peut varier. Il y a en tout 24 circonvolutions.
' première frontale F*
- , „ , , , . , ,. \ deuxième frontale F?
Lobe frontal. — 4 cu'convolutions . . • •. e t i cî
I troisième Irontale t"
\, frontale ascendante Fa
f pariétale supérieure P^
Lobe pariétal. — 3 circonvolutions | pariétale inférieure P"
( pariétale ascendante Pa première temporale T* deuxième temporale T- Lobe temporal — 5 circonvolutions <( troisième temporale 7'^
quatrième temporale T'" cinquième temporale (ou de l'hippoc.) T'^ première occipitale 0' deuxième occipitale 0-
, , •■il n ■ 7 .■ I troisième occipitale 0^
Lobe occipital — 6 circonvolutions < ... • ■+ ,„ ni
^ ^ quatrième occipitale 0*
I cinquième occipitale 0°
[ sixième occipitale (ou cuneus) 0*^
Lobe du corps calleux — 1 circonvolution. Circonvolution du corps calleux C.
I première insulaire /* )
\ deuxième insulaire /- > insula antérieur
Lobe de l'insula — o circonvolutions J troisième insulaire P )
I quatrième insulaire F" ) . , ,, .
; V ., . T ■ TK \ insula postérieur \ cinquième insulaire /*' )
La division du cerveau en lobes a une grande importance morphologique, car elle repose sur l'anatomie comparée et sur le développement embryologique ; mais elle paraît n'avoir comme application qu'une valeur topographique, utile, nécessaire même pour l'orientation, et non une valeur fonctionnelle. C'est ainsi que les centres moteurs sont à cheval sur le lobe frontal et sur le lobe pariétal, que la scissure de Rolando réunit plus qu'elle ne les sépare; ce dernier lobe possède des centres visuels dont la majeure partie ressortit pourtant du lobe occipital. Chaque lobe contient des centres supérieurs d'association.
Il en est de même des circonvolutions. Chacune d'elle n'est qu'un agrégat de •centres qui peuvent n'avoir aucun rapport fonctionnel; ainsi la troisième circonvolution frontale appartient par son origine à l'exercice du langage et par sa terminaison à la région olfactive. Les sillons ou scissures qui séparent les circonvolutions sont revêtus d'une couche corticale dont l'importance physiologique est peut-être aussi grande que la couche superficielle qui recouvre le dos ou crête de ces mêmes circonvolutions ; tel est le cas de la fonction visuelle dans la scissure calcarine. Nous ne devons donc pas voir dans les circonvolutions, pas plus que dans les lobes, des entités anatomiques ou des organes ; ce ne sont que des formes dont la raison d'être nous échappe encore.
Quant à la cause générale du plissement cortical, elle est la conséquence, comme l'a montré Baillarger, de la loi géométrique qui règle le rapport des surfaces avec les volumes. Les volumes croissent comme les cubes des diamètres, €t les surfaces comme les carrés seulement. Pour que la surface hémisphérique s'accroisse autant que le volume du cerveau, il faut qu'elle se replie sur elle-
[CIIARPY.]
300 NÉVROLOGIE.
même comme ia muqueuse de l'intestin grêle. Aussi la plupart des animaux de petite taille sont-ils lissencéphales (cerveau lisse), alors que les espèces de taille moyenne ou grande sont gyrsncép/iales (cerveau plissé). Nous avons vu plus haut que, grâce à ce plissement, la surface de l'hémisphère triplait d'étendue et mesurait 2000 cm. carrés et plus. Malgré la richesse de ses circonvolutions qui l'ont fait classer dans une catégorie à part, celle des archencéphales, le cerveau humain n'a pas compensé entièrement l'amoindrissement cortical qui résulte du grand développement de sa masse, et sa surface rapportée à cette masse est inférieure à celles des animaux.
Il n'existe pas entre les sexes de différence spécifique, ni dans la précocité du développement ni dans les formes adultes. Le cerveau de la femme présente en général une plus grande simplicité et une plus grande régularité dans le plan de ses circonvolutions et les variations en sont moins nombreuses. Mais ces caractères ne diffèrent pas de ceux que l'on observe dans son système osseux ou musculaire. Telles sont les conclusions de ceux qni ont étudié à ce point de vue un grand nombre de cerveaux (Eberstaller, Retzius).