‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 89 sur 368 · C. godr · texte numérisé non relu

C. godr

Faisc. de Vicq d'Azyr Uncus

FiG. 246. — Le trigone cérébral (d'après Hirschfeld).

Vu dans le sens antéro-postérieur.

la cloison qui leur adhère, tandis qu'en arrière ils sont libres et recouverts par Tépendyme du ventricule moyen.

La partie des piliers antérieurs que nous venons de décrire est libre et se voit sans préparation ; mais au delà, c'est-à-dire au-dessous du trou de Monro, est une portion adhérente, engagée dans la base du cerveau, qu'on appelle les }-acines du trigone. Chaque racine plonge dans la substance grise du troisième ventricule, et se dirigeant en bas et en arrière, à travers le tuber cinereum, aboutit au côté externe et postérieur du tubercule mamillaire, dont elle constitue en ce point la capsule blanche, adjacente au noyau gris externe de ce ganglion. De la partie antérieure et interne de ce même tubercule mamillaire part un second faisceau compact, qui monte en haut et en dehors sous la substance grise du troisième ventricule, puis se coude horizontalement pour se terminer dans le tubercule antérieur de la couche optique.

Comme ces deux cordons, la racine du trigone et le faisceau ascendant, se croisent en X à leur émergence du tubercule mamillaire, ils semblent être la continuation l'un de l'autre, et depuis Vicq d'Azyr jusqu'à Meynert on a admis que le pilier antérieur se contourne en anse ou en 8 de chiffre dans le tu])ercule mamillaire, pour se terminer réellement dans la couche optique ; de là la dis-

TRIGONE CEREBRAL.

tlnction de deux racines pour chaque pilier, une racine ascendante et une racine descendante, la racine ascendante (descendante pour d'autres auteurs) allant du tubercule antérieur optique au corps mamillaire, la racine descendante (ou ascendante) de ce corps mamillaire au trou de Monro. Mais Gudden, confirmé par Monakow, a montré que le tubercule mamillaire est composé de deux noyaux cellulaires différents : un externe d'où émerge le pilier antérieur, un interne d'où part le faisceau de la couche optique. Ils sont bien distincts, et, pour éviter toute confusion, Forel a proposé d'appeler faisceau de Vie// (fAzyr le cordon qui va de la couche optique au corps mamillaire (racine ascendante de Meynert).

Le pilier antérieur nait donc du tubercule mamillaire, des cellules nerveuses do son noyau externe; mais comme, au niveau du trou de Monro, il est plus

C opl

Triqone

Blfuro

S ■plu m

■■ Genou

- - Faisc. olf.

Comm. bl. anl.

■■■ Esp. perf.

--.Band. diag.

Tub. main.

FiG. 247. — Faisceau olfactif du trig-one.

Le pilier antérieur se bifurque et donne le faisceau olfactif qui descend en avant de la comraiss. blanciie.

volumineux qu'à son émergence mamillaire et que le corps du trigone a une section plus large que ses piliers réunis, il faut admettre qu'il a d'autres origines. Ces fibres accessoires lui viennent : 1" encore du tubercule mamillaire par la strie blanche aberrante (faisceau aberrant du trigone) que nous avons décrite à la base du cerveau ; 2° des fibres du septum lucidum, de son bord postéro-inférieur ;, 3" probablement des fibres de l'espace perforé antérieur, qui longent le pédoncule du corps calleux, en avant de la commissure blanche antérieure; peut-être aussi des fibres du tuber cinereum.

Faisceau olfactif du pilier antérieur. — Ce faisceau traverse le septum lucidum, passe en avant de la commissure blanche et, parvenu sur les côtés du bec ■calleux, devient partie intégrante et principale du pédoncule du corps calleux dont il partage la terminaison.

Foville, le premier, avait expressément décrit et fîg-uré une bifurcation des piliers antérieurs du trigone; il avait reconnu que chaque pilier antérieur possède, outre sa branche postérieure classique, une branche antérieure qui passe en avant de la commissure et va a'unir au lobe olfactif.

[CHARPY.]

NEVRÛLOGIE.

Zutkorkandl l'a étudiée récemment en détail chez les osmatiques et chez Ihomme, et lui a donné le nom de faisceau olfactif de la corne d'Ammon. Au moment où le pilier antérieur de la voûte longe le bord postérieur du septum lucidum, il se bifurque: la grosse masse compacte descend en arrière de la commissure blanche pour se dirig-er vers le tubercule mamillaire, tandis que la partie antérieure, sensiblement moindre et éparpillée {faisceau olfactif), s'engage à travers la paroi du septum lucidum qu'elle parcourt verticalement, et contribue à former sa couche blanche externe. Au niveau de l'angle postéroinférieur, les fibres se rassemblent pour passer en avant de la commissure antérieure, atteindre le carrefour de l'hémisphère, entre le bec du corps calleux et l'espace perforé, et se jeter dans le pédoncule antérieur du corps calleux qu'elles constituent entièrement, d'api es Zuckerkandl. en majeure partie seulement, suivant la plupart des auteurs, le reste étant formé par les nerfs de Lancisi. On sait que ce pédoncule, arrivé sur l'espace perforé, le traverse sous le nom de bandelette diagonale et aboutit au lobule de l'hippocampe. Zuckerkandl admet qu'à l'angle interne, au tournant de l'hémisphère, le pédoncule calleux ne passe pas tout entier dans la bandelette diagonale, mais qu'une partie s'en détache pour suivre la gouttière qui sépare la lame perforée du tubercule olfactif et aboutir au pédoncule olfactif avec la racine olfactive interne.

3- Piliers postérieurs. — Les piliers postérieurs naissent des angles, au niveau de la Ivre. Aplatis en ruban, et non arrondis en colonne comme les piliers antérieurs, de plus très divergents, ils se portent en arrière et en bas en contournant le pulvinar. puis se recourbent en avant comme le ventricule lat^^ral et se terminent dans la corne d'Ammon. Presque dès leur origine, au niveau du bourrelet, ils se sont divisés en deux branches : une branche postérieure ou externe, pars fixa, très courte, qui s'éparpille à la surface de la corne d'Ammon; une branche antérieure ou interne, pars marginalis, branche libre, compacte, qui passe dans la fimbria, et par elle, longeant le bord concave de la corne d'Ammon, va se terminer au lobule de Thippocampe.

Les deux branches des piliers postérieurs sont toutes deux notablement amoindries chez l'homme et chez les microsmatiques, mais principalement la branche postérieure ou pars fixa qui est réduite sur Talveus de la corne à un ruban très grêle. Les animaux osmatiques au contraire, avec une voûte plus large et plus épaisse, des tubercules mamillaires plus volumineux, ont une fimbria plus grosse et surtout un énorme alveus.

Bourrelet Venir.de V. C.calL

Sepivjn

'Ventricule de "Verga ou ventricule du trigone. — L n anatomiste italien, Yerga.

a découvert en 1851 un espace libre qu'on observe chez tous les nouveau-nés entre le trigone et le corps calleux, mais qui s'oblitère peu après la naissance et ne persiste que très rarement chez l'adulte. Ce ventricule se présente comme une fente étroite sur la coupe; il est triangulaire, son sommet se continue avec le ventricule du septum lucidum par un canal appelé aqueduc ; sa base est en arrière, confondue avec la base de la lyre et formée par l'union du bom-relet calleux avec le trigone; les deux côtés sont fermés par les bandelettes du trigone adhérentes au corps [calleux. 11 mesure environ 13 mm. dans le sens antéro-postérieur chez le nouveau-né.

Tngone PU. anl.

FiG. 248. — Ventiicule de Verga.

Cerveau de nouveau-né.

SEPTUM LUCIDUM.

Les parois seraient alors tapissées par un feuillet épendymaire (Tenchini). On l'a vu dilaté par hydropisie.

Chez quelques animaux, notamment chez le cheval, ce diverticule s'étend jusqu'au bourrelet du corps calleux et s'insinue entre son feuillet supérieur et son feuillet réQéchi.

Les rapports des nerfs de Lancisi, de la bande diagonale, de l'espace perforé, des pédoncules du corps calleux et des pédoncules du septum lucidum sont encore obscurs sur plusieurs points, même de l'anatomie extérieure, et les auteurs sont souvent en désaccord.

On consultera : Foville, Systèine nerveux cérébro-spinal, 1844; — Broca, Le grand lobe limbique, 1878 et Recherches sur les centres olfactifs, 1879;

— ZucKERKANDL, Dtts Ricchbimclel des Ammonshornes, 1888; — Trolard, Appareil central de l'olfaction, 1889; — Brissaud, Anatomie du cerveau, 1893.

— Retzius, Das Menschenhirn, 1896.

Page 1