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A. — ÉLÉMENTS DE SOUTIEN DES CENTRES NERVEUX

Le tissu de soutien des centres nerveux est connu dejuiis Virchow sous le nom de névroglic. Son origine et ses caractères anatomi(pies ont fait l'objet de

NÉVROLOGIE

nombreuses discussions et aujourd'hui seulement l'accord s'est établi à peu près unanimement sur les points principaux. Nous envisagerons ici uniquement les éléments de ce tissu en les considérant soit isolément soit dans leurs connexions avec les éléments voisins. L'étude de leur répartition sera faite à propos des diverses régions des centres.

Les éléments de la névroglie sont représentés par des cellules de forme généralement étoilée, munies de prolongements nombreux et richement ramifiés. On les rencontre dans toute l'étendue de la substance blanche et de la substance grise de même que dans la rétine qui est, on le sait, un dérivé des vésicules cérébrales. Ces éléments peuvent être partagés en deux catégories : 1» les cellules épendymaires, 2° les cellules de Deiters.

La plupart d'entre eux, sinon tous, dérivent de l'épithélium de la plaque médullaire, ou mieux des spongioblastes de Ilis, et sont les homologues des éléments de soutien des organes sensoriels (auditif, gustatif et olfactif).

1" Cellules éoendymaires. — Les cellules épendymaires (fig. GO et 01), comme leur nom l'indique, tapissent les cavités du tubeencéphalo-médullaire, formant une seule couche qui a tous les caractères d'un épithéliuni cylindrique à cils vibratiles. Par son extrémité profonde, chaque cellule émet un prolongement qui s'enfonce radiairement dans la profondeur. La méthode de Golgi a montré que ce ]U'olongement, au inoins chez les embryons et les animaux jeunes, traversait toute l'épaisseur de la paroi médullaire ou cérébrale et se terminait à la surface de celle-ci sous la pie-mère, soit par une espèce d'extrémité en crochet (Retzius), soit par un épaississement conique. Pendant son trajet chaque prolongement émet de petites branches latérales variqueuses, surtout abondantes dans la substance grise. Jamais il ne s'anastomose avec les prolongements des cellules voisines.

Au niveau de la moelle épinière et dans les régions qui correspondent aux sillons longitudinaux antérieur et postérieur les cellules épendymaires présentent des dispositions particulières, résultant de ce qu'elles sont serrées les unes contre les autres,

Cellules de Deiters (Rg. 02). — Appelées encore « cellules-araignées » (.lastrowitz), ou « cellules en pinceau » (Boll). Ces cellules sont disséminées dans toute l'étendue des centres nerveux. On les a réparties en deux groupes qui diffèrent par leur situation : le premier groupe comprend des cellules superficielles, logées tout à fait â la périphérie soit de la moelle, soit du cerveau (et cervelet) et en rapport par des prolongements radiés avec la pie-mère. Le second groupe comprend des cellules profondes, lesquelles n'ont pas de relations avec la surface et envoient leurs prolongements dans toutes les directions.

Fig. 60.

(D'après Schiefferdecker

et li-OSSEL.

Epithélium de revêtement du ventricule latéral du chat.

Fig. Gl.

Cellules épendymaires de la moelle d'un embryon humain de 23 cm. (d'après V. Lenhossek), méthode de Golgi.

CE. Cavité ventriculaire. — P. Prolongements périphériques des cellules épithéliales.

— Les cils vibratiles sont agglutinés en un bâtonnet plus ou moins onduleux.

ÉLÉMENTS DE SOUTIEN

T^os cellules siiperncielles, comme les cellules profoiulos, n'ouL donc aucune connexion avec le canal central. Ramôn y Cajal et v. Lenhossék les considèrent comme des cellules épendymaires déplacées et privées secondairement de toute relation avec la surface épendymaire, mais tandis que Ramôn y Cajal pense que c'est le cas pour toutes, Lenhossék et Krelliker sont d'avis que seulement celles qui se forment dans les premiers stades du développement ont celte origine. Celles qui naîtraient pins tard proviendraient des cellules de la couche gomunale de l'ébauche médullaire.

Les cellules de Deilers possèdent un corps cellulaire relativement petit et un noyau assez volumineux. Elles émettent des ])rolongemenls librillaircs ])aifois extrêmement nombreux. C'est là l'opinion la jdus généralement répandue, maiscertains auteurs décrivent tout antreiuent les relations des cellules et des librilles. D'après Ranvier les fibrilles de la névroglie ne partent pas des cellules, mais ne font que les traverser (fig. 63). «Elles passent à cùlé du noyau et sont plongées dans le proloplasma ([ui l'entoure. Lorsqu'elles émergent de la cellule, le protoplasma les accompagne encore sur une certaine longueur et souvent en unit deux ou irois qui se séparent ensuite (Janvier). »

Les cellules névrogliques seraient donc simplement en contact avec les fibrilles. Il paraît probable cependant que cette absence de connexions entre cellules et fibrilles est secondaire et que, originellement, celles-ci ne sont que des prolongements cellulaires. Plus tard ces prolongements, subissant une dilfércncialion particulière, tendent à s'individualiser de plus en plus. En même temps la cellule s'atrophie |>eul-èlre, en tous cas perd de ]>lus en plus de son importance par rapport aux librilles et ne semble plus avoir avec elles que des rapports du voisinage.

Quoiqu'ileiisoit les cellules de Deilers sont logées entre les cellules nerveuses et dans les interstices des fibres (fig. 63). Leurs prolongements se répandent de toutes [taris et s'entrelacent de façon à former un feutrage délicat. Elles afïeclenl avec les vaisseaux des relations étroites, les accomjiagnent en leur constiliiant des sortes de gaines. Il paraît même établi qu'elles enirent en contact avec les ra|)illaires et jouent ainsi un rôle dans le transjtort et la dissémination des liipiides iiulrilifs (fig. 6i).

Fig. G2. — CelUiles do la névroglie (métiioilc lie Goi.Gi) de la moelle d'un embryon Imiiiaiii de 30 cm.

A. CcUulc supcrlicielle. — B. Cellule de la substance grise.

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B. — ÉLÉMENTS DE SOUTIEN DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES ET DES GANGLIONS NERVEUX

Nerfs périphériques cérébro-spinaux. — Les éléments de soutien des nerfs et dos ganglions sont tous d'origine et de nature conjonctives.

Dans les nerfs les fibres nerveuses (fig. 65) sont groupées en faisceaux (faisceaux secondaires de W. Krause) dont le nombre varie selon la taille du tronc nerveux. Oes faisceaux, orientés dans la direction même du nerf, s'envoient de distance en distance des anastomoses qui s'échappent à angle aigu et vont re-

Fig. 63. (D'après Ranvier). — Traité tech. d'HistoL, 2e éd., 1880.

Coupe transversale d'un cordon antérieur de la moelle épinière du bœuf. — a, fibres de la névroglie; t, tubes nerveux coupés transversalement; c, cylindre-axe; f , tube nerveux de petit diamètre; V, vaisseau sanguin entouré d'un manchon de névroglie.

joindre plus ou moins loin un faisceau voisin. Il s'ensuit qu'un nerf ne résulte pas du groupement de faisceaux parallèles et indépendants mais représente plutôt une formation plexiforme (W. Krause).

Chaque faisceau nerveux secondaire est entouré directement par un sj'slème de lamelles concentriques (fig. 63, Gp), le périnèvre ou gaiiie lamclleuse (Ranvier).

Les lamelles de la gaine lamelleuse sont plus ou moins abondantes suivant

ÉLÉMENTS DE SOUTIEN

les iiprfs. « Lps nerfs les ])lus Qiis (il en esl, (|ui, au voisinage de leurs (erminaisons i)éri|ih(''rii|ues, sont réduils à un seul tube nerveux) |)Ossèdent une gaine lauielleuse extrêmement simple constituée par une membrane conneclive enroulée en forme de tube (gaine de Henlc). Sur les faisceaux nerveux d'un diamètre notable, cette gaine est formée par plusieurs lames superj)osées. Enfin sur les plus gios faisceaux nerveux et même queI([uefois sur de petits nerfs situés superficiellement ou dans des régions qui sont soumises à des frottements ou à des pressions (la main, les doigts, la plante du pied), cette gaine acfjuiert

Fie. G4. — (D'après M. Lavdowsky).

Cellules névrogliques de l.a moelle épinière du chat en connexion par leurs prolongements avec des vaisseaux capillaires.

une épaisseur considérable, et se montre composée d'un grand nombre de couches concentriques » (Ranvier).

Quel que soit d'ailleurs le nombre des lamelles leur structure est toujours essentiellement la môme. Des faisceaux C!:>njonctifs aplatis placés les uns à ciMé des autres ou entrecroisés, mélangés à des éléments élastiques, se groupent de façon à former une membrane d'épaisseur variable, souvent percée de trous. Sur chacune de ses faces, ou seulement sur une seule, cette membrane est rcvélue d'une couche continue de cellules plates. La gaine lamelleuse des dernières ratnifications nerveuses est même réduile à cette simple couche endothéliale (gaine de llenle) (fig. 6G). L'existence d'éléments élastiques (grains, fibres ou (tlaipies) dans la gaine lamelleuse rend compte de l'aspect moiré particulier que

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prennent les faisceaux nerveux frais quand on les isole. La rétraction de ces

Fig. 60. — (D'après Key et Retzius, emprunté à Schwai.be). Coupe transversale duscialique de l'homme.

La partie inférieure gauche de la flgure a été laissée inachevée. On reconnaît les faisceaux de fibres nerveuses (F«) entourés de leur périnèvre ou gaine lamelleuse, gp. Le tissu conjonctif péri-fasciculaire ou épinèvre, Ep, renferme de la graisse, Gr. A l'intérieur des faisceaux de fibres nerveuses les travées anastomosées représentent le «issu conjonctif intra-fasciculain; ou endonèvre, Ed.

éléments plisse délicatement la gaine dans le sens transversal et produit ces stries faciles à constater à la lumière réfléchie.

Ajoutons enfin que les diverses lamelles ne sont pas indépendantes mais s'unissent les unes avec les autres par des feuillets irrégulièrement disposés et recouverts eux aussi d'un endothélium (système de tentes de Ranvier).

Le tissu conjonctif pénètre à l'intérieur des faisceaux nerveux où il prend le nom d'endonèvre (Key et Retzius) ou de tissu conjonctif intrafasciculaire. Il est disposé : soit sous forme de lames qui partent des couches les plus internes de la gaine lamelleuse et décomposent le faisceau secondaire en une quantité plus ou moins considérable de faisceaux primaires (W. Krause) ; soit sous forme de fibrilles distinctes et de cellules connectives qui s'insinuent dans les interstices des fibres nerveuses auxquelles elles constituent des gaines, gaines fibi^illaires, souvent incomplètes et situées en dehors de la membrane de Sclwann. L'endonèvre ne renferme pas de fibres élastisques.

Enfin tous les faisceaux nerveux (secondaires) sont entourés et réunis ensemble par une masse commune de tissu conjonctif, Vépinèvre de Key et Retzius, Ms.su conjonctif périfasci-

Fia

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