XI. — NERF SPINAL — 1 1" paire
La onzième paire crânienne est le nerf spinal ou accessoire de Willis ; spinal, parce que c'est le seul nerf crânien qui se prolonge sur la moelle; accessoire, parce que Willis, dans sa classification, le réunissait dans une paire commune avec le glosso-pharyngien et le pneumo-gastrique, et le considérait comme un accessoire de ces deux nerfs. Le spinal est un nerf exclusivement moteur.
11 importe de distinguer deux portions dans le nerf spinal, une portion supérieure ou bulbaire, une portion inférieure ou médullaire. La portio7i bulbaire se compose de quatre à cinq filets radiculaires, qui sortent horizontalement du sillon collatéral postérieur ou sillon des nerfs mixtes, derrière la moitié inférieure de l'olive, sur une étendue verticale de 10 mm., comprise entre la dernière racine du pneumogastrique dont les racines spinales se distinguent par leur bifidité et la première racine du spinal bulbaire, dont elle continue la ligne d'émergence. Cette portion devient la brandie interne du spinal qui, dès sa sortie du crâne, se fusionne avec le pneumogastrique, et par lui va innerver les muscles du larynx, du pharynx et le cœur. Là j^ortion médullaire, beaucoup plus longue et ascendante, comprend six ù sept filets qui s'échelonnent
STRUCTURE DU TRONC r.ÉHÉBI^M.
verticalement sur une élencluo de 5 cui. depuis le cinquième nerf cervical, jus- (jues et y comjjris le premier nerf cervical ; ces racines émergent, un ])eu en avant (un quart de millimètre) des racines postérieures do la moelle, de la lèvre antérieure du sillon collatéral postérieur, enlie les racines postérieures e( le ligament dentelé. Les plus élevées, qui correspondent au premier nerf cervical, sortent du fond même du sillon, confondues avec les racines de ce nerf. La portion bulbaire devient la brancbe externe du spinal, destinée à deux muscles du cou, le sternomastoïdien et le trapèze.
Nous examinerons successivement les origines des deux portions.
I" Portion médullaire du spinal. Spinal médullaire. — Le spuial iiiédulldire, spinal inférieur, est l'accessoire tip'tixil de Schwalbe.
Son noyau d'origine, noyau moteur du
spinal, f)ccupe la corne antérieure de la
moelle cervicale; il n'est autre (jue le
groupe externe ou latéral des cellules de
celte corne, le gioupe interne étant réservé
aux racines motrices des cinq premières l*'"- -9'*- <-»ngme MppariMUe du
paires cervicales. Lest par erreur qu on a
... , I- ■ 1 1 111- 1 moelle et le liiilbe .sont vus par leur
indique aulretois la colonne cellulaire de rare postérieure.
la corne latérale, qui d'ailleurs à ce niveau
esta peine reconnaissable. Ce noyau commence en haut, un |)eu au-dessus du premier nerf cervical, dans l'espace qui sépare ce nerf de l'extrémité inférieure de l'olive; en bas, il finit entre le cin({uième et le sixième nerf cervical ou au niveau du cinquième.
Dans sa partie infor'iciire, entre le quatrième et le sixième nerf cervical, il occupe surtout la partie postérieure du groupe externe do la corne antérieure ; au milieu, dans son territoire moyen, du deuxième au quatrième nerf, il tient tout le groupe externe ; et dans son territoire supérieur, ou du premier nerf cervical, il est placé an milieu de la corne antérieure. Cette extrémité supérieure est d'ailleurs mal définie, car à ce niveau la corne antérieure se transforme pour devenir le noyau de l'hypoglosse, et on rencontre une zone transitionnelle mixte d'où naissent la liernière racine de l'hypoglosse, la première du spinal et les filets les plus élevés du premier nerf cer\ ical. Le noyau est disposé en chapelet ; sur sa coupe transversale, on observe huit à dix cellules en couronne, en tout semlilables aux cellules i-afliculairos motrices des cornes antérieures, c'est-à-dire c[irolles pri'sentent une grande taille, de riches ramilK-ations protoplasmiques, un fort cylindre-axe et qu'elles sont en contact avec le plexus des collatérales qui leur viennent soit des cordons voisins soit des racines postérieures.
Les racines qui sortent à l'état pénicillé de ce novau, comme cylindre-axes des cellules, et qui constituent sur le même plan un, deux, rarement trois et quatre fascicules de fibres fortes, présentent un trajet intra-médullaire remarquable à un double point de vue. Tout d'abord au lieu de se diriger en avant, comme les racines motrices ordinaires de la moelle, elles se dirigent en ai'i ière et en dehors pour aller rejoindre les racines postérieures, en avant desquelles elles
NÉVROLOGIE
sortent de la moelle. Pour arriver à la lèvre antérieure du sillon collatéral postérieur, elles traversent successivement la formation réticulée, le faisceau pyramidal croisé, en avant de la substance de Rolando, et le faisceau cérébelleux, c'est-à-dire le champ postérieur du cordon latéral. En second lieu, elles sont
coudées en Z dans le plan Dès son origine
vertical des cellules du groupe externe, chaque fibre se dirige horizontalement en dehors sur un court trajet; arrivée hors de la substance grise dans la formation réticulée, elle se coude à angle droit, monte verticalement au milieu de cette formation, puis se coude de nouveau (genou des racines du spinal), pour traverser alors horizontalement tout le cordon latéral, en ligne droite ou encore en ligne courlie à
Fig. 29o. — Noyau d'origine du nerf spinal. Coupe passant au niveau du 2* n. cervical.
- Emergence
■ ■ F. rdlic.
concavité antérieure et externe, et venii' sortir près des racines postérieui'es Cette double inllexion fait que le trajet total de la fibre ne peut se suivre que sur des coupes frontales ; on comprend aussi que la dernière racine du spinal puisse n'émerger qu'au niveau du quatrième nerf cervical, alors que par sa branche verticale elle peut naître de cellules placées beaucoup plus bas, vers le cinquième nerf cervical.
Toutes les fibres du spinal ne présentent pas ce trajet coudé et ascendant. Un certain nombre sont directement horizontales ou faiblement infléchies, ce qui serait particulièrement le cas, d'après Kœlliker, des petits faisceaux antérieurs,
quand les racines sortent par deux ou trois faisceaux parallèles. On a également signalé des fibres à trajet infléchi descendant.
2° Portion bulbaire du spinal. Spinal bulbaire. — Le spinal bulbaire ou supérieur est encore appelé V accessoire du pneumogastrique. Schwalbe et d'autres auteurs tendent à le séparer complètement du spinal médullaire et à le rattacher au nerf pneumogastrique ; il naît du même noj'au que ce dernier nerf, il se fusionne avec lui au delà du ganglion jugulaire, il est composé sur-
Fis. 290.
— Trajet intramédullaire des racines du Spinal.
Coude en Z.
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
toiil (le libres lines cl non de fibres fortes comme les racines médullaires. C'est cette portion qui correspond au tiers ou à la moitié inférieure de l'olive, entre la dernière racine du nerf vague et la première du spinal bulbaire; la séparation des deux portions est doncà la poiiile de l'olive.
Son noyau d'origine est le noyau aniliigu, nuclens amhiguus, colonne cellulaire qui donne aussi naissance au pneumogaslrif[uc et au giosso-jiharyngien, et que nous décrirons avec ces nerfs. Le spinal a pour territoire la partie la plus inférieure du noyau ambigu. Ses libres sortent horizontalement et non plus inllécliies, en avant du corps restiforme et de la racine du tiijnmeau ; leur trajet n'estpas direct; elles se dirigent d'abord en arrièn», puis se coudent pourreprendre un trajet antéro-postérienr, comme le font les libres du nerf vague. Kodliker signale un second noyau d'origine assez important, placé en dehors du noyau ambigu, et composé d'îlots espacés.
Tandis que la plupart des auteurs reronnaissent ipie le spinal bulbaire naît d'un noyau commun avec le glosso-pharyngien et le nerf vague et que logiquement on doit le considérer comme une jiartie de ce dernier nerf, Dai'kschewitsch, dont les études sont déjà, anciennes, a soutenu l'unité du spinal : pour lui, il n'y a qu'un noyau d'origine, qui s'étend du cinquième nerf cervical au tiers inférieur île l'olive et c'est celte portion olivaire, confondue à tort suivant lui avec la partie inférieure du nucleus ambiguus, qui est l'origine des libres bulbaires.
Sur les origines du Spinal : Roller, iJer centrale Verlauf des N. accessorius, in Zeitschr. f. Psi/ch. 1S81. C'est Roller qui a découvert le trajet infléchi des racines du spinal et leur origine dans le groupe externe de la corne antérieure : — /JnrkKrhein'/arh . l'eber dcn Ursprung des N. accessorius. in Arcli. /'. .{11(11011110 KSS.j: — Decs. Communications diverses en 1887, 1890, IS'.ll.