‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 104 sur 194 · XII. — NERF GRAND HYPOGLOSSE. — 12- paire · texte numérisé non relu

XII. — NERF GRAND HYPOGLOSSE. — 12- paire

Le novï grand hypoglosse on plus siaipleuicul riij-poy lusse (le pctii h'ipo- (7^osse, appellation tombée en désuétude, étant le lingual, branche du trijumeau) est un nerf exclusivement moteur destiné aux muscles de lii langue. Son origine a[)parente ou émergence est dans le sillon, dit de l'hypoglosse ou collatéral antérieur, qui, sur la face antérieure du bulbe, sépare la pyramide de l'olive.

Path.

TriJ. mot.

[mastic.)

. A', mixte

Noyau d'origine. — Son nogau d'origiiie, noyuK principal, est la continuation du groupe interne des cellules de la corne antérieure. Dès le milieu de la région cervicale, les deux groupes de cellules radiculaires que nous avons décrits dans la corne antérieure de la moelle, sont allectés à des nerfs différents ; le groupe externe devient le noyau d'origine du spinal, surtout par sa colonne postérieure; le groupe interne donne naissance aux racines antérieures des premiers nerfs cervicaux. On peut voir au collet du bulbe que les racines du premier nerf cervical sont continuées sans interruption par celles de l'hyjtoglosse ; il en est de même de leur colonne cellulaire, malgré l'interposition d'une zone de transition un peu confuse.

Le noyau de rhv|ioglosse a la longueur de l'olive, soit 18 mm. environ, sur une

épaisseui- antéro-postérieure de I mm..") (;t une largeur de 2 mm. 3. Dans la partie inférieure ou sous-ventriculaire du bulbe, il est situé en avant du canal central et en rajjjxn t avec sa substance grise, en arriére du croisement sensitif; en dehors est la formation réticulée, endedans il s'adosse au noyau opposé dont il n'est séparé que par le raphé, et cette contignité explique |)eut-élre la fréiiueiu^e des lésions bilatérales de l'hypoglosse dans les maladies centrales ; le noyau du spinal est en arrière et en dehors. Dans la jiarlie ventriculaire, de beaucoup la plus considérable, il présente les rapports suivants. En dehors cl un peu en arrière est le noyau sensitif terminal des nerfs vague et glosso-pharyngien ; endedans, les noyaux homonymes confinent au sillon médian du plancher et au raphé, séparés l'un de l'autre par une épaisse couche plexiforme ; en avant, estlalormation réticulée grise. La face dorsale ou |)nsti''i'ieu rc^lu noyau esl sous-jacente au

V\'fi. — Noyaux d'oriiciiie îles IN.

crâniens inotcnrs. schéiiiaUquc.

Les noyaux sont vus latéralenieuL a ti'avers le tronc cérébral supposé transparent.

NÉVROLQGIE

plancher veiitriciilaire el correspond à Vaile blanche interne o\x triangle de l'hypoglosse, partie inférieure du funiculus teres (v. p. 298) ; mais une couche plexifornie épaisse de fibres médullaires, capsule du noyau de l'hypoglosse, s'interpose entre le groupe cellulaire et l'épendyme et donne au triangle de l'hypoglosse sa couleur blanche.

Dans cette même couche médullaire et du cûté interne, le long du sillon, on remarque un groupe de petites cellules nerveuses nuiltipolaires, souvent divisé en deux sous-groupes externe et interne ; ce groupe, qui contribue à donner à l'aile blanclie sa forme bombée, s'étend en colonne continue jusqu'aux stries acoustiques, et atteint son plus grand développement au delà de l'extrémité supérieure du noyau de l'hypoglosse, en dedans de la pointe du noyau du glosso-pharyngion. Il porte le nom de noyau médian du plancher, noyau interne, ou encore iioi/au du funiculus teres ; sa signification est inconnue.

L'extrémité supérieure de l'hypoglosse répond à l'extrémité supérieure de l'olive et à la base de l'aile blanche, un peu au-dessous de la strie acoustique

lli/pool. N. de l'aile grise Acoust [r.desc.)

Fig. 293. — Origines du nerf hypoglosse et d'un des nerfs mixtes (glosso-pharyngicn ou

pneumogastrique) .

Coupe transversale par la partie supérieure de l'ulive. Grossie trois fois.

la plus basse; son extrémité inférieure, étroite, est sur le même niveau que celle de l'olive.

Le noyau est composé de deux parties, de cellules nerveuses et d'un plexus nerveux.

Les ceZ^Hies rac^icii/aires ressemblent à celles des cornes antérieures de la moelle ; elles sont très grandes, jusqu'à 60 à 70 fx ; elles émettent un cylindreaxe dirigé en avant et en dehors, et de riches prolongements proloplasmiques

([iii rayonnent (M1 tous sens; les oxpaiislmis des cellules les ]ilus inlernes vont s'entrelacer avec celles du côté opposé, comme l'a vu v. Uielinchlen, et former, ainsi (|uo dans la moelle, nne commissure protoplasiiiii|U('. On com|)le de .'iO à 50 cellules sur une coupe ; elles sonl uiélangées de petites cellules peu nombreuses, de 25 à .'50 fj.. Les cellules radieulaires sont i é|)arties chez l'honime en deux groupes, externe et interne.

Le plexus nerveux {fibres propres l'Ii y|)oglosse, de Kocli) est un des plus considérables ijui existent dans les nerfs crâniens et n'a de com|)arable (jue celui du moteur oculaire commun. Il remplit dans l'intérieur du noyau tous les intervalles intercelliilaires (plexus central) et entoure le noyau entier d'une capsule blanche épaisse, bien marquée surtout sur les faces externe, |»ostérieure et interne (plexus jiéi iphérique). On y leconnait des libres médullaires grosses et petites (|ui pénétrent par devant et |)ar côté, et des arborisations terminales complexes. Ce plexus est inextricable. On admet hvpotbétiquement qu'il renferme la terminaison de fibres nerveuses ou de collatéiales de |)rovenances variées : du faisceau |)yrami(lal qui commaiuleaux mouvemenis du côté opposé, de fibres sensitives tlu pneumogastrii|ue ou du glosso-j)harvngien servant aux voies réfb^xes, et de fibres commissurales, issues soit des cylindre-axes moteurs, soit de cellules commissurales ; celles-ci, en outre des commissures protojilasmi([ues, associent entre elles, parconjugaison nerveuse, les cellules d'un même noyau el les deux noyaux droit et gauche l'un a\ ec l'autre. Cramer, sur des moelles fcclales, a confirmé récemment l'existence de cette commissure bilatérale. On fait observer que les mou vements de la langue, comme ceux d(^ I'omI, nécessitent une granile synei'gie et (|ue les deux moitiés fonctionnent presque constamment ensemble.

Origines secondaires. — Le noyau que nous venons de déci'ife est, le nnyau principal li'nrigiiic (lu uoii' il y|M)^'l()sso. le noyau classique reconnu en 184.3 par SLiiiing. On a siguali' (l'uuli'es ui-i^'iui\^. ilout il'Mix seuleaient niérilent d'être indiquées, ce sont le noyau accessoire el le noyau de Itnlli'r.

1° Noyau accessoire. — lndi(|ué par Meynci't conune noyauanli''rirur,]>ni'l)u\"al enuinie nuyaii accessoire ou anli'ro-evterne, il occupe la substanc(^ réticuli'c, en a\ ;ml et en deliors du noyau principal ; il n'est bien marqué que dans le territoire iiilÏTieur de l'iLypoglosse. Duval le considère coiunie une des origines dos fibres motrices; Kocli, pour qui il représente le prolongement du grou|)e anléro-extcrne de la coi'ne antérieure, source du spinal médullaire, admet l'opinion de Duval et. présume que chez les oiseaux il est ne'uie \(' noyau principal. 11 y a des expériences contrailictoircs faites chez le lapin par quelques observateurs (méthode des atrophies). Kadliker dislingue deux catégories d'éléments nerveux : 1° de grandes cellules, distribuées do chaque coté des racines de l'iiypoglosse ilans la substance réticulée, cl qui, par leur caractère l'qiars, ne UK'ritcid p.is le nom de noyau : elles paraissent fournir iiuelipn^s filjres radiciilaii'cs : 2" beaucoiq) plus en dehors et ]irès de la parolive dorsale, de ])etiti's cellules ipii u'i^inctlciil ccrin m.'incnt aucuin^ racine. La question l'Cste donc indi'ci^e.

Noyau de Roller. — S(urs nom de neyau veniral. iioi/nu à pr/i/rs cellules. Roller a signalé un gi'oupe ari-ondi cl si^rn' de cellules, hi plnpin l pclitos, de 1 .'i p, mêlées de quelques grands éléments, el rcnieriiiani un riche |ilcxus cdnnne le noyau principal. Ce noyau est situé innnédiatement en avant du noyau principal, l'u dehors d.'s racines de l'hypoglosse ; il est asymétrique d'un coté à l'aiilri'. lail s(iu\ent défaut sui' une coupe et n'est bien mart|ué qu'à la partie supérieure du terrilmre du nerf. Aucune (di-ervalion ]iositive ne prouve qu'il donne naissance à des libres de l'hypoglosse.

Trajet des fibres. — Xées des cellules du noyau |)riiiei|i:il el peut-être du novau accessoire, les libres i-adieulaii'cs se dirigent tdiliiiuemeiit en avant el en

NÉVROLOGIE

dehors, passant successivement entre la couche sensitive et la formation réticulée, puis entre l'olive et la parolive interne, entre l'olive et le faisceau pyramidal. Assez souvent un faisceau traverse la partie interne de l'olive ou même sa cavité centrale, ou plus rarement la pyramide antérieure. Ces variétés se reconnaissent même extérieurement à l'émergence de certaines fibres. Ce trajet est rarement rectiligne, ordinairement arqué, à concavité externe embrassant l'olive, ou encore en S ; en outre, près de l'origine, il subit des coudes et des plissements brusques. Il se fait sur un plan horizontal, excepté pour les racines les plus élevées qui sont légèrement descendantes, et les plus basses qui sont ascendantes.

Une décussation ou croisement partiel, par laquelle une partie des fibres du noyau droit traverserait le raplié pour aller sortir au côté gauche ou inversement, est formellement niée par tous les observateurs. La section ou l'extirpation du nerf hypoglosse provoque une atrophie limitée à son noyau homolatéral (Mingazzini). Mais récemment v. Gehuchlen, sur un embryon de poulet, a constaté par la méthode de Golgi que des cylindre-axes radiculaires sortaient par la face dorsale du noyau, traversaient le raphé et pénétraient dans le noyau opposé pour devenir racine émergente de ce noyau. La question est donc à reprendre chez l'homme.

L'émergence des racines de l'hypoglosse se fait dans le sillon collatéral antérieur ou dans les lèvres de ce sillon, par 10 à 12 filets en éventail qui se réunissent en deux faisceaux, lesquels, hors de la dure-mère, constitueront le tronc unique du nerf grand hypoglosse. Chez la plupart des animaux, le nerf sort en dehors et non en dedans de l'olive (Ohersteinei').

Voyez : Koch, Untersuch. ûber die Ursprung (l.Nem'us liypoglossus, in Avch. f. microsc. Anatomie, 1888.

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