IX. — NERF GLOSSO-PHARYNGIEN. — 9e paire
Le nevî glosso-pharyngien, nerf de la neuvième paire, est un nerf mixte typique ; il possède un ganglion, deux espèces de racines, et sadistribution est nettement limitée à un arc viscéral ; il a pour territoire lepharynx. Sa communauté d'origine et de terminaison dans la moelle avec le pneumogastrique fait qu'un certain nombre d'anatomistes, Kœlliker et autres, réunissent ces deux nerfs sous le nom de vago-glosso-pharyngien. Son origine apparente est dans le sillon des nerfs mixtes, au-dessus de celle du pneumogastrique, au-dessous de celle de l'auditif.
1° Portion motrice. — Les fibres des cellules motrices naissent du noyau ambigu, dans la partie la plus élevée de ce noyau que nous avons décrit à propos du pneumogastrique. De là les fibres se dirigent, comme celles de ce dernier nerf, en arrière vers le plancher du ventricule, puis se recourbent en genou, pour se joindre aux fibres sensitives et prendre avec elles un trajet antérograde jusqu'au sillon collatéral. A ce niveau, on voit sortir cinq ou six filets qui se réunissent en deux faisceaux, lesquels à leur tour vont constituer le tronc du
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
glostiO-pharyiigien. Coiniiie puiir le nerf vague, les fibres inolrires sont fortesel peu nombreuses; les fibres sensilives sont fines et prédominent en nombre. On n'a pas constaté de décussation partielle.
2° Portion sensitive. — Son origine est dans le ganglion j)élrenx ou d'Andersch, situé à la base du crâne. Les cellules de ce ganglion unipolaires, mais à prolongement en T, émettent une brancbe ])ériphérique qui se distribue à la muqueuse de la langue et du pharynx, une branche centrale qui se dirige vers le bulbe, pénétre par le sillon collatéral, traverse en ligne droite ou légèrement arquée, au milieu de la racine du trijumeau, et se divise en deux liranches terminales, l'une ascendante, l'autre descendante. La hranche ascendante courte est presque horizontale, elle aboutit au novau dorsal ; la hranche descendante longue [)énètre dans le faisceau solitaire. De là deux noyaux lennmaKX, au milieu desquels les fibres sensitives dé|)loient leurs arborisations terminales.
1° Noyau dorsal ou de l'aile grise, noyau scnsUif proprement dil. — Nous avons décrit ce noyau de l'ade grhe à propos du pneumogastrique dont il est la principale terminaison. II nelaisseau contraire qu'un leri'itoire très restreint au glosso-pharyngien, <jui se distribue àsa partie su[)érieure étroite de plus en plus profonde; tandisque le faisceau solitaire qui ne recevaitque quelques fibres du nerf vague ab-;orbe la grande majorité de ( (dles de la neuvième paire.
2° Faisceau solitaire. — Ce faisceau, appelé ainsi faisceau solitaire par Lenhossèk (I88j), faisceau respiratoire par Krause, bandelette solitaire par Duval,
/tac. du ,jt. pli.
Voie sensit.
centr.
F. $olil.
li du pu. g.
Cellule!' du f. sol.
Fig. 298. — Le Faisceau solitaire.
Figure SL'hématiiiue montrant les rac. sensitives descendantes du glosso-pharyngien et du pneunio'.rastrii]ue et leur colonne de cellules nerveuses terminales.
racine ascendante ou descendante du vago-glosso-pharyngien par d'autres auteurs, représente bien réellement, comme nous venons de le voir, la racine descendante ou mieux les branches descendantes des racines sensitives du
NÉVROLOGIE
pneumogastrique et du glosso -pharyngien unies à leur noyau terminal ; il est l'équivalent de la branche descendante d'une racine postérieure. On le reconnaît à l'œil nu sur des pièces durcies, grâce à sa coupe nette et arrondie ; il est quelquefois dédoublé ; son volume est relativement plus grand chez l'homme que chez les animaux.
Il est situé dans la formation réticulée, en dehors et en avant du noyau dorsal du pneumogastrique, en dehors des racines de ce nerf qui émergent de sa face interne. Examiné dans sa longueur sur une coupe frontale, il montre un trajet oblique qui le porte de plus en plus en dehors, à mesure qu'il s'élève, en même temps qu'il suit une ligne courbe à concavité externe; c'est ainsi qu'à son origine inférieure, il est à 1 mm. de la ligne médiane, à 4 au niveau du bec du calamus, à 7 mm. à sa terminaison. En bas, sa limite est peu précise ; perdue dans le faisceau cunéiforme, elle répond à l'entrecroisement sensitif ou à l'extrémité inférieure de l'olive; sûrement, elle ne dépasse pas le premier nerf cervical [Kœlliker]. En haut, le faisceau atteint le milieu du plancher ventriculaire, c'est-à-dire la dernière racine du glosso-pharyngien et la première de l'acoustique. Sa longueur totale mesure près de 2S mm. Il est pyriforme à grosse extrémité supérieure; il va donc toujours croissant de bas en haut, car son U. qui mesure en bas 0"""'10 a 20 atteint en haut lmm4.
Dans la constitution du faisceau solitaire entrent deux éléments difïérents, les racines médullaires des nerfs mixtes et la substance grise.
Les racines sont les branches terminales descendantes du glosso-pharyngien et du pneumogastrique, échelonnées régulièrement; celles du glosso-pharyngien, qui sont les plus élevées, sont aussi de beaucoup les plus nombreuses. Leurs fibres fines présentent de nombreuses divisions et émettent d'abondantes collatérales qui peuvent s'étendre jusqu'aux noyaux gris voisins ; les terminaisons arborisées en buisson entourent les cellules nerveuses comme il arrive pour la corne postérieure. D'après Ilis et Kœlliker, il faut à ces deux nerfs joindre le nerf de Wrisberg, dont les fibres descendantes iraient se terminer dans la partie la plus élevée du faisceau.
La substance grise est une colonne gélatineuse détachée de la substance gélatineuse de Rolando (l'autre partie étantaffectée à la racine descendante du trijumeau). Elle occupe ordinairement la face interne du faisceau; dans certains points elle l'entoure en anneau; elle peut aussi se reporter à la face externe ou encore s'interposer entre les fibres. On y trouve un nombre restreint de cellules nerveuses assez petites, de forme multipolaire; d'autres se disposent en traînées le long des fibres radiculaires efférentes qui sortent surtout par la face ventrale. Ces cellules, avons-nous dit, entrent en contact par leurs prolongements protoplasmiques avec les arborisations terminales des nerfs mixtes. Mais où va le cylindre-axe qu'elles émettent? on ne le sait pas sûrement, bien que tout fasse présumer qu'après un trajet ascendant il traverse le raphé, pour se mêler au faisceau sensitif et devenir voie cérébrale consciente. On peut penser aussi que soit par quelques-unes de leurs fibres, soit par des collatérales, les cellules du faisceau solitaire entrent en relation avec les noyaux moteurs des nerfs mixtes ou même avec d'autres parties du bulbe, telles que le noyau de l'aile grise, ainsi que IlekU'a observé.
Cramer, qui place l'origine inférieure du faisceau solitaire dans la corne postérieure, fait remarquer qu'on a constaté plusieurs fois sa dégénération dans le tabès et que dans certains cas il y avait une dégénération concomitante de la corne et des cordons postérieurs.
Les racines du glosso-pharyngien, fibres motrices et fibres sensitives réunies, traversent horizontalement la partie latérale du champ de la coupe, en suivant un trajet oblique qui les porte en avant et en dehors. Elles émergent du sillon des nerfs mixtes, au-dessous de l'auditif, par cinq à six filets, qui se groupentbientôt en deux faisceaux, l'un antérieur, l'autre postérieur plus volumineux ; ceux-ci s'unissent dans le ganglion d'Andersch, véritable ganglion rachidien, que les fibres motrices traversent simplement alors que les fibres sensitives y possèdent leurs cellules d'origine.
Sur le Glosso-pharyngien voy. Holm (cité plus haut); — RoUer, Centralverlauf d. Nervus glosso-pharyngeus in Arch. f. micr. Anat. 1881.
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