C. deiiiicirn
G. ileSctirpa
lÀnui'-on
G. spiral {Corli)
Fiff. 209.
Origine et lei'iiiiiiaison du uerf arousli(Hie. Figure .scliémati(|uo.
NÉVROLOGIE
sépare les deux nappes de fibres et les rejette l'une en dedans, l'autre en dehors. La racine qui passe en dedans du corps restiforme est la racine antérieure ou interne, pour nous racine vestibulaire, puisque nous savons qu'elle est la continuation des nerfs de ce nom ; la racine qui passe en dehors est la racine postérieure ou externe, pour nous racine cochléaire.
Disons de suite qu'une des grandes difficultés dans l'intelligence des origines bulbaires du nerf auditif tient à la profusion des ternies synonymes pour désigner les racines et les noyaux ; il n'y en a pas moins de vingt à vingt-cinq. Nous adopterons les dénominations les plus claires et les plus simples.
1° Nerf cochléaire. — Le nerf cochléaire, branche cochléaire, branche limacienne du nerf acoustique, a son noyau d'origine dans le limaçon de l'oreille interne, accessoirement dans le sacculeet le canal demi-circulaire inférieur. I^e limaçon contient en etïet des cellules nerveuses bipolaires, découvertes par Corti (1851), et disposées en une bande qui porte le nom de ganglion spiral ou ganglion de Corti. Le prolongement périphérique des cellules bipolaires se termine librement entre les cellules épithéliales sensorielles et conduit à la cellule les impressions sonores. Le prolongement central, essentiellement nerveux, sedirige vers le bulbe et se réunit aux prolongements voisins pour constituer le nerf cochléaire. Celui-ci est donc l'équivalentd'une racine postérieure ; il est formé par l'ensemble des prolongements centraux des cellules bipolaires du ganglion spiral.
Etroitement confondu, dans son trajet libre, avec le nerf vestibulaire et formant avec lui un seul tronc, il s'en sépare de nouveau dans la fossette latérale du bulbe, et pénètre dans le bulbe en devenant la racine cochléaire. Tronc et racines se distinguent du nerf vestibulaire par la finesse plus grande de leur fibre et l'époque plus tardive de leur myélinisation.
La. racine cochléaire est dite postérieure ^àv la plupart des auteurs, parce qu'elle se dirige en arrière de la racine vestibulaire, et comme à son origin e elle lui est au contraire antérieure, le limaçon étantsitué en avant du vestibule, les deux racines se croisent en X dans leur trajet, — externe ou superficielle , parce qu'elle est presque à la surface du corps restiforme, — inférieure, parce qu'elle occupe un plan inférieur, elle est tout entière intra-bulbaire, alors que la racine vestibulaire est intra-protubérantielle.
Arrivée au bord antérieur du corps restiforme, elle se dirige en dehors et en arrière, contourne en arc de cercle la face externe de ce corps restiforme et sur cette face externe s'engage dans une masse ganglionnaire, le noyau antérieur. Sur tout son trajet, elle est infiltrée de nombreuses cellules nerveuses, l'usiformes, isolées ou groupées, qui occupent surtout sa partie externe, au point de la rendre noueuse.
Le territoire terminal delà racine cochléaire est représenté par deux noyaux principaux, entre lesquels passent les fibres nombreuses en émettant incessamment leurs collatérales, le noyau antérieur et le tubercule acoustique latéral qui en est une dépendance. Chez l'homme, le tubercule acoustique est rudimentaire et n'est qu'un centre très accessoire. Il n'est pas impossible qu'il y ait encore d'autres terminaisons moins importantes.
A) Noyau acoustique antérieur. — Ce noyau, dit encore latéral ou ventral ou
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
accessoire ou ganglion acoustique, est situé sur la face externe du ]ji'(i(incnle ci''réljelleux inférieur et arrive jusqu'à sa jonction avec la face antérieure. Tout ù l'ait en a\'ant, il est presque en deliors tlu bulbe, appliqué contre la face externe do la racine cociiléaire, en deilans du flocculus, et s'y détaclie en relief comme un ganglion appendiculé; plus loin, il est en dedans da cette même racine, entre elle d'un côté et de l'autre la racine vestibulaire avec le corps restiforme. Sa longueur verticale est de S mm. ; sa coupe transversale est celle d'un triangle dont la base antérieure mesure 2 mm., la hauteur 3. 11 contient des cellules nerveuses arrondies, plutôt petites, 23 à 3j fi, et très serrées; ces cellules sont capsulées comme celles des ganglions rachidiens.
B) Tubercule acoustique. — Le noyau antérieur étant traversé par la racine cociiléaire est par là nn'in:,- divisi' en deux parties : une interne et antérieure, c'est celle que nous venons de décrire, une latérale et postérieure, située sur la face externe de la racine et qu'on appelle encore le tubereule acoustique . Le tubercule acoustique des neurologistes est donc la portion latérale du noyau antérieur : mais comme les anatomistes décrivent sur le planclier du ventricule un renllemcnt qui répond au noyau ])Ostérieur et qu'ils nomment le tubercule acoustique (v. page 299), il est nécessaire de distinguer ces deux parties d'ailleurs assez rapprochées l'une de l'autre : nous appellerons tubernile arotis/iqiie latéral la saillie située sur la face externe du corps restiforme et qui est une dépendance (lu noyau antérieur, et tubercule acowitique pntt/'ricur la snillie ilu plancher ([ui l'épond aux noyaux postérieurs du nerf veslibulaire.
Au reste le tubercule acoustique latéral est à peine indiqué chez l'homme; il y est à l'état atrophique. Chez certains animaux au contraire, chez le chat notamment, il est saillant, bien développé; son écorce est stratifiée en trois couches, et ses cellules, très petites, de 10 à ont des prolongements protoplasmiques à terininaison buissonnante : quelquesunes sont fusiformes.
Le noyau antérieur, avec son tubercule latéral, est la A'raie terminaison du nerf cociiléaire, car il s'atrophie soit après la section du nerf soit après la desti'uction du limaçon. Arrivée entre les deux parties du noyau, la racine cociiléaire se bifurque à angle droit en branches ascendante et descendante à très court trajet; chaque branche subit des dichotomisations successives qui abandonnent de nombreuses collatérales et se terminent par des arborisations d'une extrême richesse. Les cellules du noyau entrent en contact avec ces plaques terminales du nerf sensoriel, et aussi avec d'autres arborisations qui paraissent venir <les stries acoustiques; à leur tour, elles émettent des cylindre-axes qui entrent dans les voies centrales de l'audition.
Il est bien certain que la grande majoriti; des fibres cochléaires se lermine dans le noyau antérieur; mais il n'est pas impossible qu'un petit nombre d'entre elles aille au delà, sur la face dorsale, pour aboutir à quelque centre inconnu. Quant aux sti'ies acoustiques ou barbes du calauius qui sendjlent au premier abord continuer quelques-unes des racines postérieures, nous verrons plus loin qu'il n'en est rien et qu'elles émergent du tubercule acoustique lui-iii(''mi' (Vii\ . lig. 317).
2° Nerf vestibulaire. — l.a hiunche vestibulairo du nerf acousiique luiil. comme la hiMiiche cochléaire, d'un ganglion silué dans l'oreille interne, le ganglio7i de Scurpa, dont les cellules égalenienliiipolaires ont un prolongementpériphérique qui se (erniine dans les taches acousli([ues de i'ulricule et des canaux demi-circulaires supérieur ethorizontal,et un prolongement central qui devient fibre de la branche vestibulaire. Dans la fosselle du bulbe, les fibres vestibiilaires se séparent du tronc commun de l"aconsli(|ue, cl consliluenl la racine vestibulaire qui pénètre dans la protubérance. Ces libres sont plus grosses, et leur gaine de myéline se forme plus tardivement.
Iaï racine vestibulaire, vacine antérieure d'un grand nomlire d'auleurs, — racine interne ou profonde, — racine supérieure parce qu'elle s'engage dans la protubérance et non dans le bulbe, se dirige en arriére et en dedans, passeentre le noyau acouslii|ue antérieur et le pétloncnle cérébelleu.x inféi'ieur qui sont sur son C(jlé e.'^lerne, et la racine du trijumeau (|ui est à son coté interne ; elle arrive près du plancher du quatrième ventricule. Là elle se divise en deu.x branches, une branche ascendante très courte ([iii de suite s'irradie
NÉVROLOGIE
par arborisations dans les noyaux voisins, le noyau postérieur et celui de Deiters; une brandie descendante, très longue et compacte, tout à fait comparable à la brandie descendante du trijumeau et surtout des nerfs mixtes. Cette branche descendante est la racine ascendante de l'acoustique de Roller et des classiques à sa suite.
Le champ de terminaison du nerf vestibulaire occupe un large espace sur le plancher du ventricule. 11 comprend l'aile blanche externe delà partie bulbaire, la fossette antérieure de la partie protubérantielle et entre les deux, au niveau des stries acoustiques, presque toute la largeur du plancher, y compris le tubercule acoustique postérieur, en débordant par-dessus le sommet de l'aile grise. Il n'y a pas un noyau terminal, mais plus encore que pour la racine cochléaire un territoire terminal, qui embrasse plusieurs noyaux. Les observateurs les plus récents, qui ont suivi la méthode de Golgi, sont d'accord pour admettre que ce territoire comprend le noyau postérieur, le noyau de Deiters avec le noyau vestibulaire de Bechterew qui en est une dépendance, et le noyau de la racine descendante {Kretliker , Hcld, Martin). Martin ajoute à ces terminaisons principales des fibres radiculaires que l'on voit, chez le cliat du moins, quitter le faisceau principal un peu éparpillé d'ailleurs, et finir, soitpar leur tige, soit par de longues collatérales, autour des cellules disséminées qui s'intercalent dans la racine vestibulaire, ainsi que dans un îlot spécial du noyau acoustique antérieur.
Noyau postérieur. — • Appelé encore noyau principal, ou dorsal interne, vestibulaire, triangulaire, ce noyau un peu diffus présente sur la coupe transversale une figure triangulaire dont le sommet mousse regarde en avant, dont la base large occupe le plancher ventriculaire. Cette base ou surface ventriculaire atteint sa plus grande largeur au milieu du plancher, où les stries acoustiques la divisent en deux moitiés; à ce niveau, elle n'est séparée du sillon médian que par le noyau du funiculus teres et se prolonge en dehors jusqu'au pédoncule cérébelleux inférieur. Dans sa partie bulbaire, elle longe le bord externe du noyau de l'hypoglosse et s'étend par-dessus le sommet de l'aile grise, en repoussant vers la profondeur l'origine du glosso-pharyngien ; dans sa partie protubérantielle, elle suit le cùté externe du noyau moteur externe (e. teres) et recouvre l'origine profonde du facial. Les cellules de ce noyau sont petites, 25 à 30 f, et espacées, comme elles le sont aussi dans le noyau suivant.
Noyau de Deiters — Le noyau de Deiters, noyau latéral ou externe, dorso-externe, noyau à grandes cellules, est situé également sous le plancher, mais en dehors du précédent : il se prolonge en haut jusqu'au même niveau que le noyau postérieur, en bas il descend plus loin que lui. Ses cellules multipolaires sont remarquables par leur grande taille ; elles atteignent jusqu'à 100 u chez l'homme, et plus encore chez beaucoup d'animaux.
Ses rapports avec la branche vestibulaire ne sont pas sûrement établis : un certain nombre d'auteurs nient toute relation acoustique ; d'autres en font le lieu de terminaison de la branche descendante.
En arrière et en dehors de ce noyau, on en trouve un autre situé à l'angle externe du plancher ventriculaire, qui porte le nom de noyau angulaire ou noyau do Beciiterew : Kœlliker le regarde comme n'étant que la partie externe du noyau de Deiters. Il reçoit comme lui une partie des fibres acoustiques.
Racines descendantes. — La branche descendante du nerf vestibulaire est remarquable par sa longueur et son volume : aussi Roller l'a-t-il reconnue dès 1880 et lui a donné le nom de racine ascendante du nerf acoustique. Il la considérait comme naissant du noyau cunéiforme ou de Burdach et comme constituant une racine spinale de l'acoustique.
Elle est de tous points comparable à la forte racine descendante du glosso-pharyngien et du pneumogastrique qui constitue le faisceau solitaire. On la suit jusque vers le territoire inférieur du bulbe, près de l'entrecroisement sensitif. Elle est située sur le même plan antéro-postérieur que la racine descendante du trijumeau et en arrière d'elle : dans sa partie
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
supérieure, elle est superficielle et répond au lubercule neousti([ue postérieur. On sait qu'elle émet de nombreuses collatérales, mais son noyau terminal n'est pas nettement rléterniiné. Pour les uns c'est le noyau ilc Deitcrs, pour d'autres c'est une colonne ccUulaii'c qui l'accompagne, un noyau descendant , pareil à celui du faisceau solitaire, et qui se continuerait en bas avec le noyau cunéiforme [Kœlliker).
Racines cérébelleuses. — Plusieurs auteurs (Durai, Edinger, Sala) admettent que toutes les libces du jii'rt \'i'sLi liulaire no se terminent pas dans les noyaux du bulbe et de la protubérance, mais qu'un certain nombre continuent directement leur trajet et vont par le corps restiforme aboutir au cervelet, constituant ainsi la racine cérébelleuse du nerf acoustique. V. Gehuchten n'est pas éloigné de croire que quelques libres de la brancbc ascendante ont en effet cette destination. Mais Fleclisig, Bechterew, Kœlliker contestent toute relation directe. Pour eux les relations sont indirectes, elles sont établies par des fibres qui vont des noyaux dorsaux, et surtout du noyau postérieur au cervelet, en suivant la partie interne du péiloncule cérébelleux inférieur. Ces fibres aboutiraient soit aux ganglions centraux du cervelet [Beclitereip) soit à l'écorce du flocculus [Stscherbach]. Cramer n'a constaté lui aussi que des rapports médiats : il indique pour le nerf cochléaire des fibres qui émanent du noyau ac. antérieur et passent dans le pédoncule du flocculus, pour le nerl -^-estibulaire, des fibres qui vont des noyaux de Becbterew et de Deiters aux noyaux du toit dans le cervelet.
Sur les racines et les noyaux bulbaires de l'acoustique : Rnller, Eine aufsteigende Acusticus-wurzel, Arch. f. micr. Ànat. 1880; — Dechtereir, Uober den acbten Hirnnerven, Neiii'ol . Cenlralbl. 188.5 et Ueber don Ursprungdes Ilœrnerven, Neurolog. Centralbl. 1887: — Sala. Origine de l'acoustique, Arch ital. de Biologie, 1891 et Avch . /'. micros. Anat. 18',).'!; — Held. Die Endigungsweise der scnsiblen Nerven, Arcli. /'. Aiiiit. 1892 et Arc/i. /'. Anat., IS'.ili; — Martin, Zur Endigung der Nervus aeustirns. Ann/. Anzeiger, 189i.
VII. — NERF FACIAL ET NERF INTERMÉDIAIRE DE WRISBERG. — 7 paire.
nevï facial, nerf do la seplièiiio |);iin', ost un noi'f exclusivement uioleur destiné aux muscles f)e;uicier.s de la face et (lu cou, muscles qui sont surlout expressifs ou mimiques Mais il est accompa;^nié, depuis son origine l)uli)aire jusqu'à son coude dans le rocher, par un cordon nerveux, signalé par Wrisberg, cordon qui aboutit au ganglion géniculé et dont la nature sensitive est aujourd'hui hors de doute. La septième paire crânienne constitue donc un nerf mixte, dans lequel il y a lieu de décrire une grosse portion motrice, le nerf facial, et une petite portion sensitive, le nerf intermédiaire de Wrisberg.