C. gen. iiit
Fig, 324. - Racines et centres ganglionnaires optiques. Face latérale gauche du tronc cérébral.
libre, sa face supérieure ou dorsale est adhérente au plancher du troisième ventricule et notamment à la lamelle grise optique ou larne terminale du cerveau intermédiaire. Les quatre angles se continuent avec les nerfs et les bandelettes optiques.
3" La bandelette optique ou tractus optique sort de l'angle postérieur du chiasma. Conformée en faisceau plat, libre par sa face inférieure, mais adhérant par sa face supérieure à la base du cerveau, elle se porte en arrière et en dehors entre l'espace perforé et le tuber cinereum, suit la grande fentedeBichat dont elle constitue en partie la lèvre interne, contourne en spirale le pédoncule cérébral et arrive aux corps genouillés. Dans la plus grande partie de ce trajet, la bandelette est sus-jacente à la cinquième circonvolution temporale qui la déborde et la masque quand on regarde le cerveau par sa base. Sur les côtés du pédoncule cérébral et de la partie postérieure de la couche optique, elle se divise en deux racines, l'une externe, l'autre interne.
]ja racine externe est de beaucoup lai)lus considérable. Elle se divise en deux
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
branches, une branche anlérieure destinre à la coiicho optique el. au corps genouillé externe, une branche postérieure jtour le tubercule quadr. antérieur. La branche antérieure enveloppe et pénètre le corps genouillé externe ; un faisceau central se termine dans ce ganglion, un faisceau profond qui passe en dessous s'enfonce dans la couche optique et s'épuise dans la couche médullaire de sa partie basale , un faisceau su[)erriciel contourne la face libre du corps genouillé et va par le plus grand nombre de ses fibres se répandre sur la couche optique, dans son stratum zonalo, par quelques autres s'adjoindre à la branche du tubercule quadrij umeau. La branche j)ostérieure, forte chez i)eaucoup d'animaux, notamment chez les ongulés, les carnivores, petite chez l'homme et chez les singes, passe entre les deux corps genouillés et se continue avec le bras du tubercule quadr. antérieur, racine intermédiaire de Gratiolet. Ce ganglion reçoit donc des fibres optiques par deux voies, directement de la bandelette, indireclcrnent de la nappe radiculaire qui rampe à la surface du corps genouillé externe et du piilvinar ; toutes lui arrivent par le bras a)ilc'rieur. — La racine interne, bien moins développée, aboutit au corps genouillé interne et par lui est en relation avec le tubercule quadrij umeau postérieur.
Trajet réel des fibres optiques; entrecroisement. — Il importe de distinguer dans le chiasma et labandelette deux systèmesde fibres qui sont sans rapport entre eux et suivent seulement une route commune, les fibres optiques qui sont sur un plan antérieur, les fibres commissurales qui sont postérieures à celles-ci. La commissure inférieure oude Gudden occupe la partie postérieure du chiasma, passe toute entière dans la racine interne de la bandelette optique et par elle aboutit au corps genouillé interne ; elle est étrangère au système optique et appartient vraisemblablement à la voie acoustique. Dès lors nous n'avons à nous occu|)er ici ni de la racine optique interne, ni du corps genouillé interne, ni des tubercules quadr. postérieurs.
C'est par la méthode de l'atrophie expérimentale, en extirpant un seulœilou les deux veux aux animaux nouveau-nés, et en observant dans les voies optiqu(.>s les atrophies consécutives, que Gudden a élucidé le trajet réel de la conduction visuelle. D'autre part l'étiule minutieuse des atrophies et des dégénérations pathologiques chez l'homme, consécutives à la perte du globe ou à des lésions de dilTérentcs régions du cerveau, est venue contrôler et accroître le résultat des expériences, en môme tem|)s que l'observation directe des pièces traitées par la méthode de Golgi révélait de linos [larticularités déstructure. Tous les points fondamentaux sont aujourd'hui établis.
Le chiasma est le lieu de l'entrecroisement des fibres du nerf optique. Cet entrecroisement ou cléciissation est total chez les vertébrés non mammifères, oiseaux, amphibies, reptiles, poissons ; tout le nerf ojUiqne droit |)asse dans la bandelette oj)tique gauche et inversement. Il est encore total chez un certain nombre de mammifères, le cobaye, la souris, lecheval, le bœuf, le mouton. 11 est partiel chez d'autres, le lapin et les carnivores, chien, chat, les singes et l'homme ; mais encore cbezeux c'est la partie croisée qui l'emporte de beaucoup ; la partie directe, surajoutée, est secondaire. Gudden avait j)ensé que le croisement total est lié à la vision monoculaire, tandis que la vision binoculaire, dans laquelle les champs visuels se superposent quand on fixe un objet, com-
NÉVROLOGIE
porte un croisement seulement partiel ; riionime a la vision binoculaire la plus parfaite, puisque ses deux yeux sont presque parallèles. Mais celte explication neseconcilie guère avec les différences que nous venons de citer chez des mammifères très voisins, ni avec ce fait que des oiseaux à vision binoculaire, tels que la chouette, ont pourtant un croisement complet.
Il y a donc dans le chiasma un faisceau croisé qui d'un nerf optique passe à la bandelette opposée ou hétéronyme, centrolatérale, et un faisceau direct, qui va à la bandelette du même côté, homonyme, homolatérale. Dans le nerf optique de l'homme, qui compte d'après Saizer 438,000 fibres sur un champ de 9 mm. carrés, le faisceau direct représente au plus le tiers du faisceau croisé. Il a pour territoire d'origine la partie externe delà rétine, partie temporale, laquelle n'est que le tiers de la partie interne et nasale, puisque le plan de séparation est un méridien vertical ]>assanten dehors du punctum cœcum, par la point de fixation de la macula lutea. Ce point reçoit des fibres des deux moitiés ou si l'on veut des deux faisceaux, de sorte que la destruction de l'un d'eux n'abolit jamais entièrement la vision centrale. Le faisceau croisé part de la rétine interne et nasale, traverse le chiasma dans son centre et passe dans la bandelette opposée (voyez la figure 321).
La position respective des deux faisceaux paraît être la suivante. Le faisceau direct occupe la partie externe du nerf optique et du chiasma et la partie supéroiiiterne de la bandelette, tandis que le faisceau croisé, qui dans le nerf optique et le chiasma est en dedans du faisceau direct, se place dans le champ inférieur et externe de la bandelette. Au reste, dans celle-ci, la répartition est moins bien déterminée, car à côté d'auteurs qui n'admettent pour le faisceau direct que des fibres disséminées, d'antres {Tschatissoiv, Mœllev) reconnaissent chez l'homme et chez iessinges un doublefaisceau direct dans la bandelette ou mieux sa dissociation en deux petits faisceaux, l'un interne et l'autre externe.
Il n'existe pas de co)n))iissure arquée antérieure, c'est-à-dire de fibres allant d'une rétine à l'autre en contournant le bord antérieur du chiasma ; le croisement à angle très obtus d(!s fibres les plus antérieures a pu faire croire à des fibres réfléchies. Signalons encore un faisceau distinct des faisceaux précédents, \e faisceau inaculaire. Issu de la région de la macula lutea, point central de l'œil qui possède une structure rétinienne spéciale et une acuité physiologique supérieure, le faisceau maculaire, qui n'a guère en surface que la moitié du faisceau direct, suit la partie externe du nerf optique, puis se place dans sa partie centrale, et garde cette position dans le chiasma et la bandelette.
Le faisceau maculaire n'est au fond qu'une partie spéciale des faisceaux directs etcroisés, la partie de ces faisceaux qui correspond au centre de la rétine; aussi ses fibres sont-elles à leur tour en partie directes et en partie croisées.
Arrivées au corps genouillé externe, les fibres directes et croisées de chaque bandelette passent par la racine externe et la racine intermédiaire et vont se distribuer dans ce ganglion, dans la couche optique et dans le tubercule quadrijumeau antérieur.
On a décrit encore d'autres racines optiques sur lesquelles on est mal fixé.
4o Racine descendante. — S. Stilling croit avoir reconnu une racine descendante qui se prolongerait jusqu'au bulbe, et Perlia parle d'une racine semblable qu'il aurait constatée cliez des oiseau-x après extirpation de l'œil. Ces observations n'ont pas été confirmées.
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
2" Racine basale. — Obcrstcinor, Bcchterew, Flerlisig, T.sclianssow sip;nalo>nt tous une racine basale représentée par des fibres qui s'étendent du tubor cinereuin ou de la substance grise du troisième ventricule à la bandelette optique et au cliiasnia, dans la partie postérieure de celui-ci. Ces fibres sont nettes chez le lapin; Edingcr les signale aussi chez les oiseaux et les poissons. On a pu supposer que ces fibres, qui abandonnent le chiasnia ou la bandelette pour pénétrer dans la base du cerveau, sont des fibres pupillaires, f[ui traversent la paroi du ventricule moyen et vont à la partie antérieure du noyau moteur oculaire commun provoquer les mouvements réllexes de la pupille. Cette hypothèse de lîecliterew parait infirmée par les ilernicrs travaux de Held.
On décrivait autrefois une racine optique dans la partie supéi'icure et antérieure du chiasma, au point où il adlière à la lamelle optique; mais il n'y a là qu'un rapport de contiguïté, la lamelle optique est une simple dépendance du plancher vontriculaire.
3" Tractus pédonculaire transverse. — Nous avons décrit plus haut (p. 30. o) ce faisceau inconstant, ([ue Gall connaissait déjà, et (jue liroca a reconnu être beaucoup plus fréquent à gauche c(u'à droite. Nous avons vu que, né de la région du tubercule quadr. antérieur, il contourne la partie moyenne du jiédoncule cérébral et s'enfonce sous ses libres inférieures à un niveau très variable. Apparent ou non, il se laisse poursuivre jusqu'au sillon du nci-f moteur oc. commun: il y pénètre et s'enfonce entre le locus niger et le ruban de Itcil. On ne le confondra pas avec le tccnia pontis ni avec un faisceau aberrant du ]jii^d |iédonculaire, faisceau arciforme ou en écharpe de Féré.
Sa signification anatomique est obscure. On sait qu'il ne dégénère pas, alors que le faisceau pyramidal qu'il recouvre est complètement atteint. Pour Brissaud et Féré, ce serait un faisceau aberrant du ruban de Reil; pour Schwalbe, peut-être une racine dorsale du moteur oc. commun. Bcchterew lui assigne pour terminaison un petit noyau coni([ue du pédoncule cérébral, situé entre le noyau rouge et le locus niger, noi/aii du Irartiix pédonculaire, et croit qu'il unit le nerf o[)tique avec la formation réticulée. Pci'lia a vn un de ses faisceaux aller au noyau du mol.our commun, et Brissaud dans un cas a i)bser\ é qu'il se jetait ilans la liandelelte optique en avant du corps genouillé externe.
Guddon a fait quelques recherches expérimentales. L'ablation d'un (cil chez un lapin jeune fait-Tlégénérer du côté opposé le tubercule quadrijumeau antérieur et le tractus pédonculaire : celte expérience est à peu près ni''gativc chez le chien, et d'autre part la destruction du tubercule qu. antérieur est sans inlluence sur le tractus (|ui semble en émaner.